| Fiche | |
|---|---|
| Nom : | Hamlet |
| Auteur : | William Shakespeare |
| Date de publication : | 1603 |
Hamlet
Cette oeuvre est une tragédie majeure du théâtre élisabéthain mettant en scène le prince Hamlet du Danemark, confronté au meurtre de son père et à la trahison de sa mère, explorant les thèmes de la vengeance, de la folie, du doute, de la mort et de la conscience morale, tout en interrogeant la nature de l'action humaine et le sens de l'existence à travers une intrigue profonde et psychologiquement complexe.
Résumé de l'histoire
La tragédie Hamlet s'ouvre dans le royaume du Danemark, marqué par une atmosphère d'inquiétude et de désordre moral. Le prince Hamlet est profondément affecté par la mort récente de son père, le roi, et par le remariage précipité de sa mère, la reine Gertrude, avec Claudius, frère du défunt et nouveau souverain. Ce double événement plonge Hamlet dans une mélancolie profonde et un sentiment de trahison. L'apparition du spectre du roi défunt bouleverse l'ordre établi et révèle une vérité terrible : Claudius a assassiné son frère pour s'emparer du trône. Cette révélation place Hamlet face à une mission écrasante : venger son père tout en luttant contre ses propres doutes.
Le spectre exige justice, mais Hamlet hésite à agir immédiatement, craignant une illusion démoniaque ou une manipulation surnaturelle. Cette incertitude nourrit son conflit intérieur et fait de lui un personnage profondément introspectif. Contrairement aux héros de vengeance traditionnels, Hamlet réfléchit, analyse et questionne chaque impulsion. Il se méfie de l'action irréfléchie et cherche des preuves tangibles avant de frapper. Cette quête de vérité révèle son intelligence aiguë mais aussi sa paralysie morale. Le prince est partagé entre son devoir filial, sa conscience éthique et la peur de commettre une erreur irréparable.
Pour dissimuler ses intentions et observer son entourage, Hamlet décide de feindre la folie. Ce masque lui permet de parler librement et de mettre à l'épreuve les réactions de Claudius et de la cour. Cependant, cette folie simulée brouille les frontières entre lucidité et déséquilibre réel. Les autres personnages, notamment Polonius, attribuent son comportement étrange à un amour contrarié pour Ophélie. Celle-ci, prise entre l'obéissance à son père et son attachement à Hamlet, devient une victime silencieuse du jeu politique et psychologique qui se déploie autour d'elle.
Afin de confirmer la culpabilité de Claudius, Hamlet organise une représentation théâtrale reproduisant le meurtre de son père. Cette «pièce dans la pièce» constitue un moment clef de l'intrigue, révélant la puissance de l'art comme moyen de vérité. La réaction paniquée de Claudius face à la scène confirme ses crimes aux yeux d'Hamlet. Pourtant, même à ce moment décisif, le prince renonce à le tuer lorsqu'il le surprend en prière, craignant de lui offrir une mort rédemptrice. Ce choix illustre la complexité morale d'Hamlet, incapable de dissocier justice et spiritualité.
La spirale tragique s'intensifie lorsque Hamlet tue accidentellement Polonius, caché derrière une tapisserie. Cet acte irréversible entraîne une série de conséquences dramatiques. Ophélie, déjà fragilisée, sombre dans une folie réelle marquée par des chants énigmatiques et une profonde détresse émotionnelle. Sa mort, probablement par noyade, symbolise l'écrasement de l'innocence dans un monde corrompu. La culpabilité et la violence s'étendent désormais à tous les personnages, rendant toute rédemption impossible.
Laertes, frère d'Ophélie, revient au Danemark animé par une soif de vengeance semblable à celle d'Hamlet, mais dépourvue de ses scrupules moraux. Claudius exploite cette colère pour orchestrer un duel truqué entre les deux jeunes hommes. Ce complot révèle la nature manipulatrice et tyrannique du roi, prêt à sacrifier quiconque pour conserver le pouvoir. Le duel devient le théâtre d'une fatalité inéluctable, où le poison, la trahison et la violence se rejoignent dans un dénouement sanglant.
La tragédie s'achève dans une accumulation de morts : Gertrude, Claudius, Laertes et enfin Hamlet lui-même. Avant de mourir, Hamlet parvient à accomplir sa vengeance et à révéler la vérité au royaume. Son dernier acte consiste à transmettre le pouvoir à Fortinbras, prince de Norvège, rétablissant ainsi un ordre politique fragile mais nécessaire. Hamlet se conclut comme une méditation profonde sur la condition humaine, où l'action, le doute, la conscience et la mort s'entrelacent. Shakespeare y propose une vision tragique du monde, dans laquelle la lucidité intellectuelle n'empêche ni la souffrance ni la destruction, mais confère une dignité poignante à l'existence.