| Fiche | |
|---|---|
| Nom : | L'Avare |
| Auteur : | Molière |
| Date de publication : | 1665 |
L'Avare
Cette oeuvre met en scène Harpagon, un homme obsédé par l'argent, dont l'avarice entraîne des situations absurdes et comiques, offrant une critique des excès et des défauts humains dans un cadre bourgeois.
Résumé de l'histoire
L'histoire commence avec Harpagon, un homme bourgeois dominé par une obsession maladive pour l'argent. Il ne pense qu'à accumuler et protéger sa fortune, au point que toutes ses relations, même familiales, sont subordonnées à son avarice. Harpagon vit dans la peur permanente que son argent soit volé ou gaspillé, et il méprise ceux qui ne partagent pas sa passion pour l'économie excessive. Son caractère rigide et son avarice excessive provoquent des tensions avec ses enfants et ses domestiques, qui subissent ses caprices et son manque de générosité. Sa soif d'argent est si intense qu'il est prêt à marier ses enfants pour des raisons financières plutôt que sentimentales. Cette obsession sert de moteur à l'intrigue et crée le comique de situation, car toutes les interactions autour de lui deviennent des occasions de souligner son ridicule. Harpagon est ainsi présenté comme un homme dont les passions sont dévorantes, mais qui reste aveugle à ses propres contradictions et à ses travers.
Harpagon a deux enfants : Élise, sa fille, et Cléante, son fils. Chacun est confronté aux excès pécuniaires de leur père, ce qui complique leur vie amoureuse. Cléante est amoureux de Mariane, une jeune femme, tandis qu'Élise aime Valère, un jeune homme de condition modeste mais honnête. Cependant, Harpagon entend marier ses enfants selon ses propres intérêts financiers : il souhaite épouser Mariane lui-même et impose à Élise un mariage arrangé avec un homme riche mais indésirable. Ces projets créent des conflits et des malentendus comiques, puisque les enfants cherchent à contourner l'autorité de leur père pour préserver leur bonheur. La tension entre amour et argent est ainsi au coeur de l'intrigue, et elle révèle combien l'avarice d'Harpagon contrôle et déforme les relations humaines autour de lui. Molière utilise cette situation pour dénoncer, avec humour, l'absurdité de placer l'argent au-dessus des sentiments et de la raison.
Les domestiques et les voisins participent également au comique de la pièce. Harpagon est entouré de personnages qui subissent son autorité et sa paranoïa : son intendant, maître Jacques, et sa cuisinière, Frosine, jouent un rôle clé dans les intrigues et les négociations. Frosine, en particulier, agit comme entremetteuse et profite de la cupidité d'Harpagon pour obtenir des avantages. Les dialogues révèlent la ruse et l'ingéniosité des autres personnages face à la tyrannie pécuniaire de Harpagon, ce qui accentue le ridicule du vieil avare. Molière montre ainsi que l'avarice est non seulement un défaut moral, mais qu'elle rend son possesseur vulnérable aux manipulations et aux situations absurdes. La pièce se déroule dans un cadre bourgeois où l'argent et les intérêts personnels dominent, et chaque personnage agit pour défendre ses propres désirs tout en se jouant des obsessions d'Harpagon.
L'intrigue progresse avec la révélation du vol d'une cassette d'argent d'Harpagon, qui déclenche une série de quiproquos et de poursuites frénétiques. Harpagon est prêt à accuser tout le monde, y compris ses proches, et devient paranoïaque, multipliant les accusations et les menaces. Cette situation met en scène le comique de situation et le comique de caractère : l'avare se ridiculise par ses réactions excessives et son obsession du gain. Les dialogues sont vifs et pleins d'ironie, montrant à quel point l'argent est au centre de toutes les préoccupations et à quel point Harpagon est incapable de raisonner ou de faire confiance aux autres. Les enfants, les prétendants et les domestiques profitent de cette agitation pour tenter de faire valoir leur amour ou leurs intérêts personnels. L'action atteint un sommet lorsque le trésor est découvert, provoquant des réactions extrêmes et absurdes, qui mêlent humour et critique sociale.
Harpagon organise des mariages arrangés dans le but de maximiser sa fortune, sans se soucier des sentiments de ses enfants. Les intrigues amoureuses deviennent alors des instruments de comédie, car chaque personnage cherche à déjouer ses plans. Cléante et Valère utilisent des stratagèmes pour rapprocher Mariane et Élise de leurs véritables amours, créant des situations pleines de malentendus et d'humour. Harpagon, aveuglé par sa cupidité, ne perçoit pas la manipulation qui se joue autour de lui, ce qui accentue son ridicule. Les dialogues comiques soulignent la tension entre l'avarice et le coeur, et Molière met en scène le décalage entre les désirs humains sincères et les obsessions matérialistes. La pièce se construit ainsi sur des contrastes entre amour, argent et pouvoir familial, offrant une critique fine de la société et des excès humains.
Finalement, grâce à des stratagèmes habiles et à la découverte des véritables intentions de chacun, les mariages d'amour peuvent avoir lieu malgré la tyrannie pécuniaire d'Harpagon. La cassette d'argent, objet central de l'intrigue, est retrouvée grâce à des révélations inattendues, rétablissant l'équilibre et permettant aux jeunes de s'unir selon leur volonté. Harpagon, humilié mais soulagé de retrouver sa richesse, accepte à contrecoeur les choix de ses enfants, même s'il continue de montrer sa nature avare. Cette résolution montre que, malgré les excès et les défauts, l'ingéniosité et la sincérité peuvent triompher des obsessions matérielles. Molière combine humour et morale, mettant en lumière la futilité de l'avarice lorsqu'elle entre en conflit avec l'amour et la raison. L'action se dénoue dans un mélange de comique, de critique sociale et de rétablissement de l'ordre familial.
L'Avare se conclut sur une réflexion sur les excès humains et les travers de la société bourgeoise du XVIIe siècle. Harpagon incarne l'avarice poussée à l'extrême, et sa fixation sur l'argent rend son existence absurde et ridicule. Les enfants, par amour et intelligence, parviennent à contourner ses obsessions, ce qui souligne la supériorité des sentiments et de la raison sur l'avidité. La pièce mêle comédie de caractère, comédie de situation et satire sociale pour dénoncer les excès de l'argent et l'absurdité des comportements humains. Le spectateur est ainsi invité à réfléchir sur les dangers de l'obsession matérielle et l'importance de l'équilibre entre richesse et relations humaines. L'humour, la vivacité des dialogues et la finesse psychologique des personnages font de cette oeuvre un classique intemporel de Molière, où la critique sociale s'allie au comique pour un divertissement intelligent et moral.