| Fiche | |
|---|---|
| Nom : | Tartuffe |
| Auteur : | Molière |
| Date de publication : | 1664 |
Tartuffe
Cette oeuvre met en scène l'hypocrisie religieuse à travers le personnage de Tartuffe, un faux dévot manipulant une famille bourgeoise pour son profit, offrant une critique sociale et morale pleine d'humour et d'ironie.
Résumé de l'histoire
L'histoire débute dans la maison d'Orgon, un bourgeois influent, qui accueille Tartuffe, un homme présenté comme un modèle de piété et de vertu. Orgón est immédiatement séduit par l'apparente dévotion et la modestie de Tartuffe, et il le considère comme un guide moral indispensable. Aveuglé par cette admiration, Orgón fait peu à peu passer Tartuffe avant sa propre famille, ignorant les avertissements et critiques de ses proches. Sa confiance aveugle envers Tartuffe révèle la facilité avec laquelle l'hypocrisie peut séduire les personnes crédules et les manipuler. La pièce introduit ainsi le thème central : le conflit entre apparence et réalité, entre dévotion feinte et véritables valeurs morales. Les autres membres de la famille, notamment Elmire, l'épouse d'Orgon, et Damis, son fils, perçoivent immédiatement le danger que représente Tartuffe. Molière installe dès le début une tension entre naïveté, ruse et vigilance, donnant le ton comique et critique de la pièce.
Tartuffe commence à s'immiscer dans la vie de la famille, exploitant la crédulité d'Orgon pour servir ses propres intérêts. Il flatte, manipule et s'impose comme un modèle moral absolu, tout en poursuivant ses ambitions personnelles et matérielles. Orgon est tellement aveuglé par l'image pieuse de Tartuffe qu'il refuse d'écouter raison et de protéger sa famille. Les dialogues mettent en évidence l'ironie dramatique : le spectateur connaît la duplicité de Tartuffe, alors qu'Orgon reste convaincu de sa sincérité. Cette tension crée un comique de situation intense, où la naïveté d'Orgon contraste avec la malice de Tartuffe et l'intelligence des autres personnages. La pièce illustre ainsi les dangers de l'hypocrisie et de la confiance excessive dans les apparences. Tartuffe devient un prédateur social, utilisant la religion comme un outil pour asseoir son pouvoir et obtenir richesse et influence.
Elmire, l'épouse d'Orgon, joue un rôle clé dans la révélation de la duplicité de Tartuffe. Elle comprend rapidement les intentions de Tartuffe et élabore un plan pour exposer son hypocrisie. Elmire met en scène une situation où Tartuffe tente de la séduire, tout en étant écouté secrètement par Orgon. Cette scène met en lumière la ruse de Tartuffe et la vigilance d'Elmire, tout en soulignant l'aveuglement total d'Orgon face à ses manipulations. Le comique de caractère se mêle ici au comique de situation : le public assiste à la confrontation entre naïveté, duplicité et intelligence. La pièce montre ainsi que la vérité peut être révélée par la perspicacité et l'ingéniosité, même face à la tromperie la plus habile. Elmire incarne la prudence et la lucidité, qualités essentielles pour déjouer les faux dévots.
Parallèlement, d'autres personnages secondaires apportent des commentaires ironiques et critiques sur Tartuffe. Cléante, ami d'Orgon, tente de raisonner ce dernier et de le convaincre de l'imposture de Tartuffe, mais se heurte à l'orgueil et à l'aveuglement de son ami. Dorine, la servante, utilise son intelligence et son esprit vif pour guider les jeunes amants et déjouer les plans de Tartuffe. Ces personnages créent des situations comiques et des dialogues pleins de vivacité, qui exposent le ridicule et la manipulation de Tartuffe. La tension monte lorsque Tartuffe tente de s'emparer des biens d'Orgon et de marier sa fille Mariane contre son gré. Les stratagèmes se multiplient, mêlant quiproquos, malentendus et ruses, ce qui accentue le comique et renforce la critique sociale et morale de la pièce.
Les conflits atteignent leur paroxysme lorsque Tartuffe, sûr de son emprise sur Orgon, se montre ouvertement intéressé par Mariane et réclame les biens de la famille. Orgon, encore aveuglé, défend Tartuffe contre ses propres enfants et proches. Mais Elmire, grâce à sa ruse, réussit à mettre Orgon en position de voir la véritable nature de Tartuffe. La révélation de sa duplicité provoque la colère et la stupeur d'Orgon, qui réalise enfin qu'il a été trompé. Cette défaite de Tartuffe met en lumière le triomphe de la raison, de la prudence et de la lucidité sur la manipulation et la fausse dévotion. Molière montre que l'hypocrisie peut séduire mais finit toujours par être démasquée.
Dans le dénouement, l'autorité et l'intelligence prévalent. Alors que Tartuffe tente de punir Orgon et de s'emparer de sa maison, un coup de théâtre survient : le roi intervient et ordonne l'arrestation de Tartuffe, protégeant ainsi la famille et rétablissant l'ordre. Ce retournement final illustre la justice et la morale, mettant un terme à l'avidité et aux manipulations du faux dévot. Les personnages retrouvent leur équilibre, et la paix revient dans la maison d'Orgon. La pièce se termine sur un mélange de satisfaction morale et de comique, soulignant que la vigilance et l'intelligence permettent de déjouer les intrigues et les abus d'autorité.
Tartuffe se conclut comme une critique sociale et morale intemporelle. Molière dénonce l'hypocrisie religieuse et la naïveté des individus séduits par les apparences, tout en offrant un comique subtil et vif. La pièce illustre les dangers de la confiance aveugle et de l'obsession pour les valeurs superficielles, et célèbre l'intelligence, la prudence et la justice. Les dialogues, riches en ironie et en reparties, permettent au spectateur de rire tout en réfléchissant sur la nature humaine. Les personnages, variés et complexes, offrent un panorama des comportements sociaux et des excès humains. L'oeuvre demeure un classique de la comédie française, combinant humour, critique sociale et morale universelle, et témoigne de l'intemporalité des thèmes de Molière.