Les délires de mon inconscient
Auteur :
Sylvain Maltais
Sylvain Maltais
Date de publication :
Le 1er janvier 2024
Le 1er janvier 2024
Ce recueil de poèmes est inspiré de mes rêves nocturnes, que je revis et transforme en images et émotions à travers une écriture poétique.
1 - Île carrée
Je vivais sur une île aux angles trop parfaits,
Carré posé sur l'eau, défiant l'horizon,
Moitié maison tranquille aux murs pleins de secrets,
Moitié cimetière noir, gardien de mes saisons.
Je quittai cette terre en fuyant à la nage,
Vers l'océan sans fond, poussé par un appel,
Cherchant je ne sais quoi, trésor ou simple mirage,
Puis je revins chargé d'un sens encore irréel.
Deux fois je fis le pas, deux fois la mer m'engloutit,
Comme un cycle obstiné dicté par l'inconscient,
L'île, muette et carrée, attendait que je grandis,
Entre vie et trépas, rêve et recommencement.
2 - Tunnel de glace
Je glissais à l'éclair dans un tunnel de glace,
Rectangulaire et net, taillé comme un cristal,
Parabole inversée suspendue dans l'espace,
Descendant vers le sol, vertige vertical.
Les parois, lisses et froides, reflétaient ma pensée,
Tranchées au couteau, sans faille ni détour,
Chaque seconde arrachait un fragment du passé,
Et le temps se brisait sous l'élan de mon parcours.
Plus vite encore je fus, jusqu'au seuil du tonnerre,
Là où le son s'efface et devient vibration,
Mon corps n'était plus chair mais une onde légère,
Filant dans la glace au coeur de l'accélération.
3 - L'avion
En hiver, à l'arrière, dans la voiture immobile,
Le moteur murmurait une attente sans fin,
J'attendais, encore, dans ce silence fragile,
Que ma mère revienne apaiser mon chemin.
L'impatience grandit, je poussai la portière,
Cherchant une raison à ce retard étrange,
Mais le sol disparut, trahissant la matière,
Et l'air me révéla un vertigineux mensonge.
Car je me tenais là, sur la queue d'un avion,
Un Boeing en plein ciel, défiant toute logique,
Entre l'enfance et l'abîme, suspendu sans raison,
Porté par le délire de mon rêve onirique.
4 - Marcher sur l'eau
Je marchais sur la baie, miroir bleu et profond,
Entre deux monts dressés comme des veilleurs anciens,
L'eau portait mes pas lents, défiant l'horizon,
Et le ciel se taisait sous mes pas incertains.
Des abysses surgit un requin noir immense,
Ombre vive glissant dans le ventre des flots,
Il passa sous mes pieds, frôlant ma conscience,
Sans briser l'équilibre ni troubler mon repos.
Je restai suspendu dans ce calme étrange,
Ni peur ni courage, mais un accord secret,
Comme si l'inconscient, en silence, m'apprend
Que même la menace peut suivre son trajet.
5 - Deux soleils dans un ciel de nuit
C'était le jour pourtant, mais le ciel se faisait nuit,
Un voile noir posé sur l'heure la plus claire,
Le monde respirait dans une étrange insomnie,
Comme si l'aube avait oublié la lumière.
Au coeur de ces ténèbres brûlaient deux soleils,
Jumeaux de feu suspendus dans l'abîme sombre,
Ils perçaient l'obscurité d'un double réveil,
Fendant la nuit du jour, dissipant chaque ombre.
Je restai fasciné par ce paradoxe ardent,
Jour sans clarté, nuit traversée de flammes,
Mon inconscient peignait, calme et déconcertant,
Un ciel où se confondent la raison et l'âme.
6 - Deux lunes en plein jour
Le jour brillait, calme, mais privé de son feu,
Un ciel clair s'étendait, silencieux et vaste,
Et là, suspendues, deux lunes dans les cieux,
Éclairaient l'azur d'une lueur contrastée et faste.
Etrangeté douce, mystère suspendu,
Leurs reflets pâles dansaient sur mon esprit,
Comme si la nuit avait pris le jour pour lieu
Et que le temps lui-même jouait un jeu interdit.
J'avançais, étonné, sous ce double miroir,
Où la lumière solaire semblait s'être tue,
Et mon inconscient peignait sans aucun hasard
Un monde inversé, où le réel se perd et se tue.
7 - L'araignée de dix mètres
Je marchais dans la forêt où l'ombre s'étendait,
Sentant derrière moi une présence immense,
Dix mètres de cauchemar qui silencieusement me guettait,
Création d'un génie, reflet de malveillance.
Aucune toile ne retenait sa force obscure,
Mais sa patte d'énergie jaillissait comme un feu,
Lumière jaunâtre, spectre à la fois pure et impure,
Et mon coeur, tremblant, s'ouvrait à ce vertige affreux.
Pourtant je demeurais, fasciné et téméraire,
Seul à pouvoir affronter ce monstre d'ombre et de feu,
Entre peur et courage, folie et lumière,
Je me dressais, défiant ce géant mystérieux.
8 - Labyrinthe verticale
Je gravissais, je plongeais dans un labyrinthe sans fin,
Vertical et cruel, aux pièges acérés et froids,
Trappes et piquets jalonnaient mon chemin incertain,
Et chaque faux pas murmurait un sombre émoi.
Je savais où la sortie attendait, là-haut ou là-bas,
Mais mes pas se perdaient dans l'ombre des couloirs,
Chaque tournant semblait défier ma volonté et ma foi,
Et l'évasion se jouait entre espoir et désespoir.
Entre ciel et abîme, je dansais avec l'illusion,
Témoin de ma raison ballottée par le vertige,
Mon inconscient créait cette folle prison
Où la sortie brille, mais se refuse au prodige.
9 - Le pacte
Dans un coin sombre d'une forêt nordique et muette,
Je surpris une sorcière au secret bien gardé,
Tissant avec le Diable une alliance discrète,
Où le feu de l'interdit semblait tout embraser.
Fière, elle souriait, les yeux brûlants d'audace,
Comptant les fruits noirs de sa magie implacable,
Chaque geste scellait l'étrange et sombre espace
Où le mystère se mêlait au pouvoir impénétrable.
Et moi, témoin fragile de ce sombre accord,
Je frémissais devant cette danse interdite,
Songe éveillé où le bien et le mal s'accordent,
Dans le souffle glacé d'une forêt infinie.
10 - Tête à prix
Un nain chauve, armé, pointait son fusil vers moi,
Chaque balle sifflait, éclatant dans le vent,
Mais mon corps restait intact, défiant la loi,
Comme si l'invisible me protégeait en avant.
Son regard furieux brûlait de vain désespoir,
Chaque tir résonnait dans ce rêve étrange et noir,
Pourtant je marchais libre, immobile dans le sort,
Comme si le danger n'était qu'un jeu, un décor.
Entre peur et invincibilité, je flottai,
Témoin de ce duel absurde et silencieux,
Mon inconscient riait, là où la peur se noie,
Et transformait la menace en mystère précieux.
11 - Édifice dans les airs
Allongé sur le bois luisant d'une riche demeure,
Je contemplais l'édifice brisé devant mes yeux,
La base anéantie, tombée dans l'ombre et la peur,
Tandis que le sommet flottait dans un ciel bleu.
Aucun pilier ne le soutenait, nul lien ne le tenait,
Et pourtant il restait, suspendu dans l'air immobile,
Comme défiant la gravité, le temps et ce qu'on sait,
Spectre silencieux, étrange et fragile.
Le soleil éclaire ce rêve d'architecture folle,
Où le réel et le fantastique se confondent et dansent,
Mon inconscient tisse des mondes hors de toute boussole,
Entre la chute et l'apesanteur, entre crainte et transe.
12 - Capsule
Une capsule écrasée chez le voisin surpris,
Appela une marche aux desseins incertains,
Croisade sans réponse, aux chemins interdits,
Où la mort respirait derrière chaque détour humain.
Sur des planches étroites, suspendues dans le vide,
Nous marchions trop haut pour espérer un retour,
Puis vint le saut, l'abîme, décision intrépide,
Je plongeai sans filet, fidèle au rêve en cours.
Je renaquis soudain dans un lagon perché,
Au sommet d'un arbre, encore prêt à tomber,
Mais le monde changea d'échelle à la descente engagée,
Et je ne chutai qu'un mètre... trompé par la réalité.
13 - Trois filles fantômes et heureuses de l'être
Trois filles flottaient, ombres légères et souriantes,
Fantômes ravis d'un sort que je ne comprenais pas,
Elles parlaient des joies d'une vie sans contraintes,
Où le corps n'enchaîne rien et le temps s'efface là.
Elles glissaient, libres, dans l'air froid et léger,
Décrivant avec fierté ce monde où tout est possible,
Ni peine ni souffrance, rien ne peut les entraver,
Et leur bonheur spectral semblait presque indicible.
Je restai surpris, écoutant leurs voix aériennes,
À croire que la mort offre parfois plus que la vie,
Que l'âme peut danser sans chaînes ni haine,
Et que l'inconscient invente des joies infinies.
14 - La femme monstre au grand pouvoir sur les hommes
Sur les rives d'un lac, sous le regard des bois,
Je vis une jeune fille jouer d'un pouvoir cruel,
Elle frappait un homme, et dans l'eau, sans effroi,
Savourait chaque geste, joie sombre et irréelle.
Sa force semblait naître de cette domination,
Et je la suivis, curieux du secret de son art,
Mais bientôt son visage trahit sa vraie nature,
Monstre révélé, glace dans mon coeur et mon regard.
Terrifié par le mal qu'elle pouvait semer,
Je fuyais ses eaux, fuyant son pouvoir funeste,
Car sous la beauté, la mort venait se cacher,
Et mon inconscient sculptait ce cauchemar céleste.
15 - Les ours du champ
Je marchais dans un champ, calme et silencieux,
Quand soudain apparut un ours, immense et fier,
Son pas résonnait sur l'herbe comme un écho nerveux,
Et mon coeur bondit, étreint par l'ombre et l'air.
Mais bientôt je compris que je n'étais pas seul,
Derrière le premier surgissait toute une colonie,
Des ours innombrables, troupe sombre et sans seuil,
Marchant vers moi dans une étrange symphonie.
Terrifié et fasciné par cette force sauvage,
Je reculais, conscient de leur monde ancien,
Et mon inconscient peignait sur le champ sauvage
Un cortège de géants, libres et sans lien.
16 - Rencontre de deux types : Dieu
Deux adolescents, aux pensées sombres et rebelles,
Erraient dans l'ombre, prêts à semer le mal,
Quand surgit devant eux, étrange et irréelle,
Une figure divine au visage original.
Nain bleu aux oreilles pointues, discret et sage,
Il corrigeait leur fougue par des gestes mesurés,
Leçons murmurées par un souffle hors âge,
Éveillant leurs coeurs à la lumière du secret.
Je regardais, surpris, ce guide inattendu,
Dieu prenant la forme d'un être si singulier,
Et dans ce rêve étrange, mon esprit reconnut
Que même le mal peut un instant se voir jugulé.
17 - La status
Dans le coin sombre d'une vaste pièce tranquille,
Sur une table brune reposait une statuette,
Petite, dix centimètres, mais d'une vie subtile,
Elle se mouvait seule, défiant toute facette.
Je la remettais en place, parlant doucement,
Expliquant qu'un objet ne peut vivre ni marcher,
Mais elle persistait, obstinée et charmante,
Ignorant mes mots, continuant de danser.
Fascination et frustration mêlaient mon esprit,
Ce rêve animait ce qui ne devrait pas bouger,
Et l'inconscient, malicieux, jouait ainsi
Avec la frontière fragile entre réel et imagé.
18 - Des anges de lumière
Allongé sur mon lit, dans ma chambre silencieuse,
Une femme y siégeait, douce et lumineuse,
Elle fit entrer des anges par la fenêtre ouverte,
Créatures de clarté, d'une présence experte.
Elle me les présenta, chacun dans son rôle précis,
Expliquant leur tâche avec un calme infini,
Et son regard apaisait mon âme en suspens,
Comme si chaque mot effaçait un lourd tourment.
Sa voix me guida vers un futur révélé,
Et dans cette paix profonde, je me sentis mourir,
Mais libre, soulagé, comme renaissant scellé,
Sous la lumière pure, prêt enfin à m'accomplir.
19 - Le déluge pétrifié
Dans ma cuisine, l'eau montait à vue d'oeil,
Tourbillons et vagues rugissaient dans le vent,
Chaque souffle gonflait un déluge sans orgueil,
Et l'orage semblait fondre le monde en tourment.
Puis soudain, tout s'arrêta, figé dans le temps,
Les vagues suspendues défiant la gravité,
Comme si la mer elle-même refusait le mouvement,
Transformant l'élan en pierre, arrêtée à jamais.
Je restai là, fasciné par ce monde pétrifié,
Questionnant l'inconscient sur ce paradoxe brutal,
Pourquoi ce flot rebelle s'était-il immobilisé,
Suspendu entre l'eau et le ciel, énigme abyssale.
20 - La corde faisant le tour du monde
Sur un bateau solitaire, je tirais du fond marin
Une ficelle mince, fragile mais infinie,
Elle glissait entre mes doigts, longue jusqu'au lointain,
Et semblait porter le poids d'une antique magie.
On me révéla bientôt son secret silencieux,
Elle faisait le tour du monde depuis deux siècles passés,
Témoin discret des siècles, des cieux et des lieux,
Jamais avant aujourd'hui on ne l'avait remarquée.
Je contemplais cette corde, lien entre passé et présent,
Chaque fibre vibrait des histoires oubliées,
Et mon inconscient m'offrait, en ce moment flottant,
Un fil éternel, mystère de l'humanité enlacée.
21 - Les tombes du pôle sud et le monstre de neige et de glace
Au coeur du pôle sud, sous l'hiver éternel,
Nous creusions des tombes dans la terre gelée,
Moi et d'autres âmes, silencieux et fidèles,
Sous un ciel blanc et lourd, où tout semblait figé.
Surgit alors un monstre, façonné de glace et de neige,
Son regard semblait interroger sans un mot,
«Que faites-vous ici?» murmurait-il avec sortilège,
Dans ce coin perdu, défiant le froid et le chaos.
Sa présence imposante figeait nos gestes fragiles,
Et pourtant il ne nous attaquait, ni ne brisait,
Il observait seulement, curieux et immobile,
Spectre d'un rêve où le réel et le gel se mêlaient.
22 - Démon enfermé dans une friteuse et la grande guerre
Un démon cruel, semant malheur et chaos,
Je l'enfermai vite dans une friteuse ardente,
Espérant que son mal ne franchisse nos dos,
Captif du métal, l'ombre semblait inexistante.
Mais un scientifique, curieux et distrait,
Le libéra par erreur, éveillant la tempête,
Et moi, à l'hôpital, puis soudain projeté,
Je montai sur un quai où la guerre s'apprête.
Des faisceaux lumineux déchiraient le ciel noir,
Comme des éclats d'une bombe nucléaire,
Champ de bataille immense, chaos et désespoir,
Où l'inconscient peint sa violence planétaire.
23 - Le chien parlant
Alors que je vaquais à mes gestes familiers,
Un chien blanc surgit, jappant dans l'air tranquille,
Mais bientôt je compris, à l'écoute concentrée,
Que ses mots n'étaient pas cris, mais paroles subtiles.
Il me parla comme l'homme, clair et précis,
Dévoilant un secret que nul n'avait deviné :
«Je sais maintenant parler», murmura-t-il, surpris,
Et son regard sage semblait m'inviter à écouter.
Étonné et fasciné, je restai immobile,
Devant ce chien devenu messager du rêve,
Mon inconscient jouait, espiègle et habile,
Transformant l'animal en voix qui m'élève.
24 - Le bébé aux yeux étranges
Dans la cave inondée, l'eau m'arrivait au cou,
Je flottais, frissonnant sous des ombres furtives,
Quand apparut un bébé, étrange et silencieux,
Aveugle et immobile, d'allure non humaine, vive.
Ses yeux hors de sa tête, en oeufs se touchant par les pôles,
Pointaient vers le ciel, mystérieux et glacés,
Race supérieure, étrangère à notre rôle,
Sa présence fascinait, et pourtant me glaçait.
Entre mes jambes effleurées par des prédateurs visqueux,
Je dérivais, tremblant dans ce monde inversé,
Mon inconscient peignait un univers mystérieux,
Où la peur et l'étrange se mêlaient en beauté.
25 - Picasso en musique
Sur un fond bleu vif, éclatant comme l'aurore,
S'étirait une ligne rouge, impulsion légère,
Telle une éclaboussure peinte sans effort,
À côté un cercle imparfait, comme une prière.
Au-dessus flottait un mot : "Stairway to Heaven",
Et mes oreilles captaient des sons brefs, des beeps,
Parasites et rythmes bizarres, presque irréels,
Transformant l'image en symphonie de fuites et de cris.
Je contemplais, fasciné, cette oeuvre étrange,
Où la vue et l'ouïe se mêlaient en couleur et son,
Mon inconscient tissait un monde hors de l'échange,
Où le visuel et l'auditif dansent à l'unisson.
26 - L'amour impossible
Soudain j'appris que Jean-Pierre avait une belle,
Et qu'en secret, je l'avais volée à son coeur,
Il surgit en fureur, ses yeux brûlant d'étincelle,
Et je dus fuir, pressé par sa rage et sa douleur.
Je courus, haletant, fuyant sa vengeance ardente,
Jusqu'à semer ses pas dans un labyrinthe incertain,
Puis je trouvai refuge en classe, en paix apparente,
Où l'examen battait son rythme sur le parchemin.
Et là, stupéfait, je vis quelqu'un lire mes mots,
Une de mes histoires capturant son esprit,
Il l'appréciait, étonnamment, et dans ce chaos,
Je sentis un rare bonheur, fragile et infini.
27 - Les croix du passé
Je mangeais en silence, famille réunie sauf mon père,
Quand un mot de ma mère éveilla un feu en moi,
Rébellion soudaine, je quittai la cuisine austère,
Pour me retrouver, mystère, chez ma grand-mère autrefois.
Les fenêtres closes gardaient la pénombre intacte,
Des toiles blanches roulées, défiant le jour,
Je cherchais l'interrupteur, tâtonnant l'espace exact,
Jusqu'à éclairer la pièce et retrouver mon parcours.
Quatre cierges brûlaient en carré sur une table,
Et partout, des crucifix penchés vers la gauche,
Chaque croix droite semblait fragile et instable,
Dans ce passé figé où le temps et le rêve se touchent.
28 - Jus de raisin
Je tenais une bouteille, verre brillant et froid,
Remplie de jus de raisin, couleur sombre et vive,
Et malgré mon dégoût, je bus, lourd de ce choix,
Chaque gorgée un effort, chaque souffle une dérive.
Je savais combien mon corps refusait ce breuvage,
Le goût amer, la texture, tout me répugnait,
Mais quelque force invisible guidait mon passage,
M'imposant de finir ce nectar que je haïssais.
Et pourtant, en buvant, étrange sentiment naquit,
Entre haine et devoir, un instant de défi,
Mon inconscient me montrait qu'on accomplit parfois,
Ce que le coeur refuse, mais que l'âme consent, sans émoi.
29 - L'âge d'or des machines
Un vieil ordinateur, prodige oublié du temps,
Fonctionnait pourtant, défiant les années,
Sur un système dit mort depuis longtemps,
Il dévoilait des possibles que nul n'aurait imaginés.
Je l'exploitais sans limite, savourant chaque pixel,
Jusqu'à ce qu'un curieux brise l'ordre fragile,
Et que le chaos naisse, éclatant et cruel,
Ruinant les merveilles de ce monde agile.
De retour chez moi, noir, moderne, brillant et froid,
Un autre ordinateur trônait, parfait et hautain,
Mais mon coeur restait ailleurs, fuyant ses lois,
Et je regrettais l'âge d'or, ancien et humain.
30 - Les jouets voyant la vie en noir
Je suivais l'ancien maître d'une usine oubliée,
Tout en noir, imposante, sombre et majestueuse,
Son passé brillant semblait déjà s'y effacer,
Et l'ombre de son empire rendait la vue douloureuse.
Il me montra l'entrée, pavée de pierres froides,
Cadres et murs peints d'un noir profond et sinistre,
Et dans une poubelle, secrets toxiques et maudits,
Où des mutants dormaient, nés de l'ombre et du désastre.
L'usine, pittoresque, semblait pleurer ses souvenirs,
Beauté et désolation mêlées dans son coeur noir,
Et je compris que même les jouets pouvaient finir
Par voir la vie ainsi, corrompue, sombre et illusoire.
31 - Verseau héonté
Tous les regards se tournaient vers cette âme isolée,
Doigts accusateurs, murmures lourds et insistants,
Je ne comprenais pas le tort qui lui était donné,
Et l'air vibrait d'un jugement froid et pesant.
Je vis qu'il était Verseau, étrange et solitaire,
Et soudain je crus que c'était là sa seule faute,
Comme si le ciel reprochait sa nature singulière,
Et que son signe astral scellait sa lutte et sa faute.
Je restai témoin, triste devant cette folie,
Où le hasard des astres semblait punir l'inconnu,
Et l'inconscient me montra, dans sa poésie,
Que l'ombre du monde pèse parfois sans vertu.
32 - Le pont des marais
Au coeur d'un marais vaste, clair et infini,
Un pont de bois fragmenté s'étirait sous mes pas,
Chaque planche un défi, chaque pas un pari,
Et l'eau m'attirait, glaciale, sous ses éclats.
Je glissai, je tombai, mais repris ma route,
Persévérant sur ces morceaux vacillants,
Chaque échec renforçait ma volonté coûteuse,
Et mes mains cherchaient le bois, sûr et tremblant.
Enfin, j'atteignis l'autre rive, plaine encadrée de forêts,
Où l'horizon s'ouvrait après l'épreuve du marais,
Mon inconscient m'avait montré sa patience secrète,
Et la beauté des efforts, au bout des ponts brisés.
33 - Les cavernes de glace
J'errais dans une caverne de glace éclatante,
Clarté intense, plus vive que le jour lui-même,
L'eau bleue, profonde de deux mètres, ondulante,
Chaleur étrange qui caressait mon corps et mon âme blême.
Je nageais à travers ce miroir de cristal pur,
Me reposant sur des bords carrés, parfaits et froids,
Dédale de galeries où chaque pas m'assure
Que l'inconscient crée des mondes sans lois.
Sur un cube de glace je montai, touchant presque le ciel,
Vertige doux, sensation d'infini et de hauteur,
Et je compris que ce rêve était un précieux modèle
De beauté froide, chaude, et d'étrange splendeur.
34 - Des vampires si méchants ?
Dans l'escalier sombre, je descendais avec crainte,
Trois vampires se fondant aux murs comme ombres,
Leur présence diabolique éveillait ma plainte,
Antéchrist incarnés, effaçant mes pensées rondes.
La femelle s'approcha, ses crocs frappèrent mon cou,
Et soudain je devins l'un d'eux, changé, fascinant,
Tout ce que j'aimais semblait perdre son goût,
Je suivais l'ombre et le sang, attiré par l'instant.
À droite, elle se tenait, danger et désir mêlés,
Haine et amour en duel, extrêmes qui m'enchaînaient,
Et je me demandais si c'était pour elle que j'avais cédé,
Dans ce monde nocturne où les coeurs et le sang régnaient.
35 - La marche plus vite que la bicyclette
Je marchais dans un chemin perdu sous la neige,
Divisé en parties comme un puzzle glacé,
À pleine vitesse, filant sans aucune manège,
Pensant chevaucher une bicyclette effacée.
Mais en baissant la tête, révélation surprenante,
Mes pas rapides défiaient l'invention elle-même,
Chaque foulée me portait, libre et vacillante,
Vers l'ancienne école où le passé sème.
Le vent me caressait, mes pensées en cavalcade,
Entre souvenirs d'enfance et neige immaculée,
Mon inconscient créait cette course paradoxale,
Où marcher surpassait tout engin imaginé.
36 - 9 de trèfle !
Dans une école, autour d'une table étrange,
Je jouais aux cartes, règles inventées,
Seuls des trèfles peuplaient ce jeu en revanche,
Et le neuf revenait, obstiné, répété.
Je distribuais sans fin, chaque main semblable,
Le neuf surgissait, fidèle comme un écho,
Même avant le départ, le destin implacable
Montrait sa présence, persistante et sans repos.
Rêve de cartes folles, répétition mystérieuse,
Où l'inconscient tisse un monde particulier,
Chaque neuf de trèfle, figure précieuse,
Défiant le hasard avant qu'on ait commencé.
37 - Vampire moderne
Dans une chambre étrange, l'ordinateur grondait,
Possédé par un démon, sombre et perfide,
Nous devions l'exorciser avant qu'il n'attaque ou se fige,
Et ma grand-mère veillait, sage et déterminée.
Elle ordonna d'agir quand l'écran serait éteint,
Et d'un rituel discret, le malin fut chassé,
La machine de mon ami retrouva enfin son chemin,
Et l'air se fit calme, le danger momentanément passé.
Mais bientôt, je découvris, tremblant et surpris,
Que mon propre ordinateur cachait le même secret,
Ainsi mon inconscient, joueur et indécis,
Me montrait que le mal peut frapper où on ne l'attend jamais.
38 - L'urine de mon frère
Je revenais pressé, l'autobus derrière moi,
Hâtif à l'hôpital pour ma première journée,
Quand mon frère malicieux, souriant plein de joie,
M'aspergea d'urine, éclat de sa vanité.
De la tête aux pieds, ce liquide me submergea,
Et malgré le dégoût, je gardai mon pas calme,
Je marchai dans la clinique, les yeux devant moi,
Essayant d'ignorer sa farce et son charme.
Une cuillère de miel tomba sur le sol glissant,
Je tentai de la nettoyer, mais tout resta collant,
Ainsi mon inconscient me montra, souriant et piquant,
Que même les petites misères laissent un parfum persistant.
39 - Crime inaudor
Je cherchais une tasse, cadeau pour ma mère,
Dans un magasin calme où tout semblait figé,
Une dame aux lunettes, immobile et austère,
Restait hypnotisée, fixant les portes sans bouger.
Je m'approchai doucement, intrigué par son air,
Et soudain elle revint, pressée de s'éclipser,
Comme si le temps suspendu avait repris sa guerre,
Et je quittai le lieu, un peu surpris et détaché.
Un homme en noir surgit, l'air louche et furtif,
Mais la justice s'abattit, silencieuse et précise,
Je restai, témoin d'un monde soudain vif,
Puis repris ma route, indifférent à la crise.
40 - La fête pour adulte
Assis près d'un ami, je goûtais la fête en éclats,
Les rires et la musique se mêlaient dans l'air chaud,
Je tournais les yeux, curieux de ce qui se passa,
Et vis des enfants jouer, éclatant sous le halo.
Ils avaient dix ans, douze peut-être, turbulents,
Tous garçons sauf une fille, tranquille à mes côtés,
Sa présence douce, éclatante, un peu intrigante,
Contrastait avec le tumulte et les rires pressés.
Entre les adultes et ce monde juvénile,
Je me sentais observateur d'un drôle équilibre,
Mon inconscient créait un rêve subtil, fragile,
Où la fête et l'innocence dansent sans équivoque ni fibre.
41 - Faire le mort
Dans la maison des aïeux, la cuisine murmurait,
Des voix familières flottaient comme un passé vivant,
Puis vers l'arrière-cour nos pas se dirigeaient,
Et la piscine brillait d'un appel hésitant.
Mon parrain parlait de vagues, de surf et de vent,
Ses mots glissaient sur moi sans vraiment m'atteindre,
Je plongeai dans l'eau claire, lentement, consciemment,
Laissant mes peurs en surface, sans les contraindre.
Au fond, immobile, je jouais à disparaître,
Je faisais le mort, serein, défiant le temps,
Sans manquer d'air, je doutais de mon propre être,
Et ce jeu silencieux devenait mon présent.
42 - École / Rêve hyperréaliste
À la station vitrée, l'autobus tardait à venir,
Mon regard scrutait le nord-est, impatient et seul,
Je montai enfin, pressé, sans rien pouvoir retenir,
Et l'école m'attendait, fermée, dans un voile de deuil.
Je croisai une fille aux cheveux foncés et ronds,
Flânant dans les couloirs, lunettes sur le nez,
Je visitai la cafétéria, les sciences et les ponts,
Midi arriva, je partis, laissant des affaires oubliées.
Mais le rêve me ramena sur la scène passée,
L'école ouverte malgré sa fermeture apparente,
Je pris mon sac, furtif, coeur battant, observé,
Et je me vis derrière la maison, moi-même dansante.
43 - La chair humaine
Dans la cafétéria, face à moi, un plat interdit,
De la chair humaine posée sur l'assiette froide,
Un os étrange, cercles liés, tangente qui s'éprit,
La margarine à côté semblait douce et anodine, sans fraude.
Je me préparai à manger, mais le coeur se nouait,
Chaque bouchée une lutte entre peur et nécessité,
Parfois la faim me poussait, parfois l'angoisse me fuyait,
Et le regard des autres semblait juger ma fragilité.
La nuit répétait ce cauchemar en trois reflets,
À chaque rêve, l'horreur et l'angoisse se mêlaient,
Entre désir et répulsion, mon inconscient jouait,
Dans un cercle infini où la chair et l'esprit se liaient.
44 - Le cerveau
Je vis un cerveau, fragile et mystérieux,
Posé devant des yeux avides de science et d'art,
Un généticien, aux idées un peu curieuses,
Se disputait avec sa femme, écartant tout écart.
Rouge, bleu, jaune, disait-il, il faut organiser,
Diviser la matière grise en éclats éclatants,
Ou bien l'enfermer dans le crâne, en sécurité,
Chaque argument résonnait, vif et persistant.
Les voix s'élevaient, se heurtaient et se taisaient,
L'inconscient peignait la scène en couleurs éclatées,
Entre chaos et raison, l'esprit s'émerveillait,
Devant ce cerveau vivant, à jamais animé.
45 - Tortue
Entre deux fenêtres, dans un salon immobile,
Deux araignées, rouge et noir, tissaient leurs destins,
Par terre, des bébés tortues avançaient dociles,
Leurs yeux curieux scrutaient ce monde qui leur est humain.
L'une s'approcha, tête levée, regard étrange,
Comme un petit être jugeant l'inconnu venu,
Son oeil fixe sondait mon âme et sa dérange,
Éveillant dans mon rêve un frisson inattendu.
Le salon devint théâtre de vies silencieuses,
Araignées et tortues dans un ballet discret,
Mon inconscient mêlait la peur et la précieuse,
Magie et mystère sous la lumière du secret.
46 - Cheval blanc
Un meurtre sans visage ouvrait l'étrange décor,
Puis la fuite affolée sous un ciel métallique,
Un insecte géant, sans ailes et pourtant fort,
Planait, prédateur froid, d'une menace électrique.
Nous courions dans des rues bordées de maisons closes,
Quand surgit, éclat pur dans la peur qui grandit,
Un cheval blanc, limpide, aux allures grandioses,
Sauveur silencieux lancé contre l'infini.
Au bord du précipice, le lac ouvrait son miroir,
La bête se rapprochait, implacable et fidèle,
Je sautai vers l'abîme avec l'espoir en noir,
Mais elle resta, m'ôta l'anneau. et rompit le réel.
47 - Hors la loi
Face à la maison luxueuse, je restais figé,
Des enfants m'incitaient, malice dans le regard,
J'entrai à pas feutrés, craignant d'être surpris ou jugé,
Fouillant les papiers traînant, secret éphémère et hagard.
Mais la main prise dans le sac dévoila ma peur,
Un homme corpulent, élégant, me fit face,
Son regard pesant, chargé de menaces et de fer,
Je tendis des billets, prix de mon audace.
Cent dollars pour le silence, pacte fragile et froid,
Hors la loi pour un instant, je fis retour discret,
Le coeur battant, l'esprit en éveil, loin de l'émoi,
La maison resta derrière, gardienne de secrets muets.
48 - Badminton
Je frappais le volant avec grâce et aisance,
Sur le terrain, chaque geste semblait danser,
Puis je laissai ma place, goûtant au silence,
Et m'assis sur le banc, le souffle apaisé.
Un instant plus tard, je vis sous mes yeux clairs,
Que le banc flottait au coeur d'un étrange décor,
Un aquarium vide, sans poissons ni lumière,
Où l'air et l'eau semblaient confondre leur sort.
Le badminton disparu dans ce monde suspendu,
Je regardai les reflets d'un monde irréel,
Mon inconscient jouait, en maître inattendu,
Transformant le jeu en un rêve visuel.
49 - Pauvre bébé
Je gardais le bébé, fragile et silencieux,
Quand ma mère m'appela, pressante et sévère,
«Va chez ta tante», dit-elle, le ton anxieux,
Je quittai la maison, le coeur lourd, solitaire.
Arrivé sur place, l'ombre d'un oubli cruel
M'accueillit : le petit dormait dans le froid,
Oublié dans le frigo, prison glacée et fidèle,
Mon esprit frissonna, secoué par ce choix.
Le temps semblait s'arrêter, cruel et impitoyable,
Je pris le bébé, coeur battant, âme en émoi,
Réveil de l'inconscient, scène impardonnable,
Rêve terrible où l'erreur me montrait ma loi.
50 - Château
Dans un château vaste, aux pierres dorées et froides,
J'entrai dans la salle où trônait le roi,
Ses serviteurs luttaient, âmes intrépides et droites,
Contre une araignée verte, immense, digne de loi.
Tarentule géante, table de pool sous ses pattes,
Elle surgissait tous les trois cents ans, implacable,
Sa couronne stérile marquait sa malice et ses écarts,
Et son cou étrange la rendait féroce et redoutable.
Un inconnu m'expliqua le destin de ce monstre,
Qui voulait du roi la fin, le trône détrôner,
Mais chaque serviteur, vaillant, resta comme un roc,
Pour protéger le souverain, jusqu'au dernier pied.
51 - Fou
Au coeur de la cour, tous les yeux braqués sur moi,
On murmurait mon sort, me jugeant déjà fou,
Leurs voix comme des chaînes, frappant mon émoi,
«Un mois, puis tu seras déplugué, dit-on sans détour.»
Je sentais le temps glisser, cruel et précis,
Chaque mot comme un écho, serrant mon esprit,
Le monde s'effaçait autour, ne laissant que ceci :
Le vertige de l'attente et l'ombre de ma vie.
Et pourtant dans ce rêve, étrange et silencieux,
Je percevais la lueur d'un au-delà curieux,
Où le fou pouvait sourire, malgré les jugements odieux,
Libre d'être lui-même, égaré dans les cieux.
52 - Planète des singes
Dans le salon tranquille, mes yeux s'évadent,
Au-delà des murs, un monde se déploie,
Des singes en costume, comme des nobles, parade,
Leurs gestes imitent l'homme, leur air sans émoi.
Ils marchent, détachés, sous le ciel indifférent,
Leurs regards malicieux défient ma raison,
Leurs rires cristallins résonnent doucement,
Comme l'écho étrange d'une autre saison.
Je reste figé, entre peur et fascination,
Leurs vies se mêlent aux rêves de ma nuit,
Sur cette planète folle, étrange création,
Je contemple l'inconnu, où l'humain s'oublie.
53 - Étranglé par mon frère
Je franchis le seuil, encore embrumé de nuit,
Mon frère surgit, ses mains serrent ma gorge,
Un souffle coupé, la peur en furie,
Je lutte contre l'ombre qui soudain me lorgne.
Puis l'espace d'un instant, il relâche son emprise,
Le calme trompeur glisse comme un miroir,
Mes bras se tendent, la colère se précise,
Et la revanche jaillit, flamboyante, noire.
Le chaos s'apaise, le duel devient silence,
Dans ce rêve où l'amour se mêle à la haine,
Je découvre en moi une étrange violence,
Écho des liens fraternels, douloureux et sereins.
54 - Baiser d'une personnage semblable à ma mère
Dans le miroir flottant de mes songes troublés,
Une figure familière aux traits étrangement changés,
Je frôlais ses lèvres, et l'étrange s'invitait,
Ombre de ma mère, jeune, mais jamais retrouvée.
Le temps s'effilochait sous un ciel de velours,
Son visage dansait, hors mémoire et contours,
Étrange frisson mêlé d'attirance et d'effroi,
Un instant suspendu, que mon esprit déploie.
Je m'abandonnais là, entre désir et mystère,
Le réel s'évanouissait dans un souffle éphémère,
Et dans ce rêve fou, interdit et singulier,
Se tissaient les liens de l'inconscient, insensés.
55- Bière
Avant l'école, l'ombre d'un matin étrange,
Je bus la bière, liquide doré, plein d'étrange échange,
Deux tiers engloutis, un geste presque rituel,
Le reste s'écoula dans le lavabo irréel.
Le parfum houblonné flottait comme un nuage,
Dans ma chambre encore endormie, ce voyage,
Entre enfance et témérité fugace,
Chaque gorgée marquait le temps qui s'efface.
Et puis je partis, sac sur le dos, coeur léger,
L'étrange rituel secret que nul n'a deviné,
Dans le miroir du rêve, l'ordinaire se fait rare,
Bière, matin, école : un passage singulier et bizarre.
56 - Église en musique
Dans l'église aux voûtes d'un bleu sombre et profond,
Chaque mur respirait au rythme d'un son,
La musique tissait des éclats lumineux,
Transformant l'ombre en un univers mystérieux.
Les parois dansaient, vibrant sous les accords,
Chaque note éclatait comme un souffle du dehors,
Les couleurs s'épanouissaient, fluides et étranges,
Dans ce sanctuaire où le réel se dérange.
Je marchais en silence, enveloppé de lumière,
Où le son et la couleur se fondaient en prière,
Église vivante, coeur battant dans l'inconscient,
Où chaque note devient ciel et firmament.
57 - Parc
Dans le parc aux sentiers qui serpentaient sans fin,
Je marchais, inspecteur de l'ombre et du matin,
Chaque arbre, chaque allée me parlait en secret,
Révélant des mondes que mon regard captait.
Puis une maison surgit, silencieuse et grave,
J'en franchis le seuil, l'escalier me leva,
Chaque marche résonnait d'un écho mystérieux,
Et quelque chose se fit, dont je perdis le lieu.
Le souvenir s'éteint, laissant un voile flou,
Mais l'instant reste vif, étrange et un peu fou,
Parc, maison, escaliers : énigmes éphémères,
Que l'inconscient garde dans ses lanternes claires.
58 - Hélicoptère qui passe partout
Dans la plaine immense où mes pas s'éparpillent,
Je fuis le vent lourd des ombres qui vacillent,
Les herbes se plient sous la course effrénée,
Et l'horizon s'éloigne, jamais rassuré.
Des blocs d'appartements surgissent comme des murs,
Ombres verticales dans un ciel qui murmure,
Chaque fenêtre reflète un éclat de frayeur,
Et l'hélicoptère gronde, maître de ma peur.
Je bondis, je dévale, coeur pris dans la tourmente,
L'acier au-dessus vibre, menace incessante,
Mais dans ce rêve fou où l'inconscient m'emporte,
Je trouve, dans la fuite, l'ivresse de la porte.
59 - Pauvre frérot
Dans le sous-sol épais où chuchote la nuit,
La visite sourit sous des lampes sans bruit,
Mais derrière une porte le cri se déchire,
Une voix prisonnière implore de sortir.
Je crois mon frère absent, tapi dans l'ombre noire,
Quand je le vois soudain, gardien sans regard,
À l'extérieur figé, les mains sur le bois,
Tenant la porte close comme on retient un choix.
Les hurlements résonnent, fissurant le décor,
Et mon coeur se contracte sous le poids du remords,
Rêve trouble où l'inconscient inverse les rôles,
Pauvre frérot perdu dans ses propres geôles.
60 - L'échelle
J'étais là-haut, suspendu dans l'air étroit,
Le sous-sol m'appelait de son souffle froid,
L'échelle dressait ses barreaux hésitants,
Promesse de descente, piège du présent.
Je tends le pied vers l'ombre, prêt à m'y glisser,
Mais le monde se plie sans jamais s'expliquer,
Je me retrouve enfermé dans le bois vertical,
Coincé dans l'entre-deux, ni haut ni bas, fatal.
Les barreaux me serrent comme un doute ancien,
Le temps se fige au creux de ce lien,
Rêve absurde où l'esprit, pris dans sa propre échelle,
Ne monte ni ne chute, prisonnier du réel.
61 - Tornade
Dans une rue nocturne aux façades serrées,
Les édifices veillaient, muets et penchés,
L'ombre coulait au sol comme une encre épaisse,
Et mon pas résonnait, fragile promesse.
Au loin, la tornade enroulait son vertige,
Un gouffre de vent noir, hurlant son prodige,
Elle glissait vers moi, avalant la nuit,
Broyeuse de silences, de murs et d'ennuis.
Je restais là, figé, face au ciel disloqué,
Sentant mon inconscient prêt à s'effondrer,
Rêve brutal où tout s'avance sans détour,
La peur marche droit vers moi, sans fuir, sans retour.
62 - Esclave
Trop près de la demeure aux mythes enlacés,
J'errais, naïf, fasciné par ses secrets glacés,
Capturé par le faste et l'ombre de ses lois,
Vêtu de bleu comme eux, je pliais sous le joug froid.
Derrière les grilles, une bête aux yeux de nuit
Poursuivait les vivants, colosse sans répit,
Le soir, sa tête énorme emplissait la fenêtre,
Gardienne du mépris, surveillant nos êtres.
Alors j'ai fui, porté par un sursaut d'orgueil,
Jusqu'au cratère d'une montagne en deuil,
Là, des balles-pommes au sol, armes dérisoires,
Et face au monstre enfin, j'ai défié le cauchemar.
63 - Vampire II : Comme on se rencontre
Dans la maison obscure aux murs pleins de silence,
Je découvre une fille à l'étrange élégance,
Sous sa peau pâle vibre un secret ancien,
Un vampire vivant, miracle inhumain.
Fier de toucher du doigt le mythe et la légende,
Je cours porter la preuve à une autre présence,
Ma voix tremble d'orgueil, de savoir interdit,
Quand son regard s'abaisse et me glace l'esprit.
Sur son cou une marque, rouge aveu nocturne,
Le même signe obscur, la même loi taciturne,
Rêve cruel où l'on croit révéler un mystère,
Mais où l'on apprend trop tard qu'il était déjà partout.
64 - Extensions
Mon ami d'informatique, aux gestes précis,
Branchait les câbles d'or sous des regards surpris,
Des extensions RCA glissaient dans la lumière,
Pour que la vidéo traverse murs et poussière.
Chaque fil se tordait comme un serpent discret,
Transportant des images vers une pièce secret,
Le salon se dédoublait, reflets en cascade,
Et le rêve technologique s'étirait en promenade.
Je suivais la danse des connexions fugaces,
Où l'écran se multipliait dans l'espace,
Rêve de flux et de circuits, d'un monde en réseau,
Où l'inconscient joue les techniciens dans son château.
65 - Sous-sol Frankenstein
Dans le sous-sol de béton d'une maison d'hier,
Le plancher se fissure comme un mensonge amer,
L'eau envahit la pièce, miroir d'un vieux passé,
Et des profondeurs jaillit l'horreur déchaînée.
La bête me bondit, monstre marin en rage,
Je lutte avec une force née du naufrage,
Puis soudain le titan devient jouet dérisoire,
Poupée de vingt centimètres, faux roi du cauchemar.
Je la brûle en haut, mais la peau reste encore,
Deux yeux noirs me fixent, devant et dans le décor,
Je reviens, je consume ce doute persistant,
Car l'inconscient sait feindre la mort. puis attendre son temps.
66 - Deux petits voleurs
Avec ma mère, nous roulions sous un ciel pâle,
Elle s'arrête, descend, et je reste en escale,
Le moteur murmure, témoin silencieux,
Quand deux mains s'aventurent vers ce monde précieux.
Les voleurs s'immiscent, rapides et discrets,
Leurs gestes furtifs trahissent leur projet,
Je reste figé, spectateur impuissant,
Face au crime minuscule sous mes yeux tremblants.
La voiture devient théâtre d'un vol furtif,
Ombres qui glissent dans un instant fugitif,
Rêve où l'inconscient mêle peur et observation,
Et où la passivité révèle sa propre prison.
67 - Crâne d'oeuf
À midi, aux échecs, Ziad quitte la partie,
Je descends dans le métro, étrange et infinie,
Les escaliers roulants s'inversent sous mes pas,
Montée à contre-courant d'un monde qui me dépassa.
À la sortie, le paiement pèse comme un sort,
Mon frère gît, ventre rouge, ombre de son corps,
À côté, un crâne long, fer et machoire apparente,
Témoignage de fatigue, de lutte épuisante.
Il me dit, voix basse, que ce soir il ne viendra,
Que l'épuisement l'empêche de franchir notre pas,
Rêve où l'inconscient mêle la peur et le réel,
Et où la vie se brise en fragments irréels.
68 - Le retour d'Al Capone
Dans l'appartement clos, avec Éric je me tiens,
Quand la mafia sicilienne frappe à coups anciens,
Ils viennent pour le tueur, ombres au regard dur,
Et l'air sent le plomb froid, la peur et l'aventure.
Je fuis sans me retourner, poussé par l'instinct,
Je vole une van-citerne, mon salut incertain,
Le moteur gronde bas comme un serment brisé,
Je dévale la pente, le passé à mes côtés.
Puis je remonte la côte, défiant la raison,
Les grilles de sécurité cèdent sous l'illusion,
Rêve de fuite et de crime, de violence qui pardonne,
Où l'inconscient rejoue le retour d'Al Capone.
69 - Ascenseur du lac
Dans la pièce suspendue au-dessus des eaux calmes,
Le silence m'enveloppe et berce mes âmes,
Le lac s'étend profond, miroir des secrets,
Où le temps semble fléchir sous des cieux muets.
Un ascenseur bleu s'enfonce sans fin,
Portant Jésus tranquille dans son lent destin,
Trois jours sous l'eau, sans un souffle, sans fracas,
Le monde retient son souffle, figé dans ses pas.
Le rêve me happe dans cette lente plongée,
Entre ciel et profondeur, le sacré est figé,
Vision absurde et sacrée où tout se suspend,
Et où l'inconscient joue avec l'infini du temps.
70 - Le Titan
Dans la maison glaciale où chaque pas pesait,
Je devais évacuer, avancer malgré la neige épaisse,
La salle de bain m'appelait, abri fragile et secret,
Mais le chemin était rude, chaque pas une prouesse.
Quelqu'un me devança, silhouette audacieuse,
Mon père arriva, imposant, figure précieuse,
Je me glisse à plat ventre, luttant pour passer,
Sous son poids immense, je tente de me relever.
Un pied, puis l'autre, le titan me comprime,
Mais ma force obstinée cherche à briser ce crime,
Rêve de lutte, de corps et d'espace confiné,
Où l'inconscient façonne un combat presque sacré.
71 - Guerre
À ma mère je confie un secret brûlant,
J'ai volé dans le ciel d'un conflit étincelant,
Jet rugissant sous mes mains, tonnerre au-dessus,
Dans la guerre du Golfe, j'ai vu mourir les cieux.
Le cockpit vibrait, tremblant sous chaque tir,
Mes ailes fendantes portaient la peur et le désir,
Les nuages se pliaient sous la puissance de l'acier,
Et mon coeur battait, pris entre rage et fierté.
Je raconte enfin, la voix lourde de remords,
Les cieux et les flammes hantent encore mes accords,
Rêve où l'inconscient mêle gloire et confession,
Et où la guerre s'écrit dans le souffle et la tension.
72 - Drôle de vidéo
Chez mon cousin, l'écran scintillait doucement,
Il me montra un objet étrange, fascinant,
Ni fils ni courant ne l'animaient vraiment,
Car l'eau seule faisait tourner ce firmament.
La cassette buvait l'eau comme un coeur avide,
Chaque goutte réveillait l'image fluide,
Le film se déroulait, magique et surprenant,
Dans ce flux liquide où le temps était mouvant.
Rêve où la technologie se fait élan de vie,
L'inconscient invente des lois infinies,
Et l'eau devient moteur d'un monde imaginaire,
Où l'ordinaire se plie à l'extraordinaire.
73 - Vampire III : L'intérieur de la forteresse
Dans la grande salle, plancher vieux et silencieux,
Un vampire cruel prenait les yeux d'un être pieux,
La fille gémissait, âme enchaînée, esclave,
Et l'ombre étendait son emprise dans la nave.
Son regard se posa sur moi, glaçant et profond,
Je pris la fuite, pressé de quitter ce donjon,
Il me suivit jusqu'au sommet, montagne étrange,
Gazon vert, doux comme terrain de golf, où tout change.
Là, ses griffes glissèrent sur le sol sans pouvoir,
Libéré enfin de l'emprise noire du soir,
Rêve où l'inconscient tisse peur et délivrance,
Et où la fuite devient signe de renaissance.
74 - Vampire IV : Le congélateur
Dans une maison vaste où l'ombre s'étendait,
Une remise cachait un secret glacé,
Le congélateur fermé retenait ses morts,
Des vampires endormis, silence de la mort.
Mais plus tard, ils surgirent, libres et légers,
Errant dans la maison, étrangement dégagés,
Personne ne bougeait, nul ne semblait voir,
Ces créatures froides dans leur étrange pouvoir.
Rêve où l'inconscient joue avec peur et lois,
Le gel devient prison, puis fuite de soi,
Et dans ce palais vide, la nuit prend sa place,
Tandis que l'horreur danse, tranquille et tenace.
75 - Quel sol ?
Je descendais les marches, coeur léger et troublé,
Quand soudain je compris que mes pieds ne touchaient rien,
Le sol s'était éloigné, invisible et voilé,
Et je flottais doucement, suspendu au matin.
Chaque marche s'étirait sous mon pas suspendu,
L'air semblait me porter, mystère inconnu,
Le monde se dérobait, étrange et irréel,
Et mon esprit flottait dans ce vertige cruel.
Rêve où l'inconscient défie toute gravité,
Où le corps devient plume, et la terre oubliée,
Et dans ce flottement, fragile et aérien,
Je marchais sans toucher, entre ciel et chemin.
76 - Yoda
Grâce à des antennes fines, captant le futur,
Je vis les films de Lucas, rêves en murmure,
Yoda jeune s'ébattait dans un lac azuré,
Sous un vert éclatant que nul ne saurait égaler.
Le semi-cratère s'étendait, parfait et précis,
Chaque feuille, chaque pierre, oeuvre d'un art exquis,
Le monde semblait synthétisé par magie,
Chaque détail travaillait la beauté infinie.
Mais un jeune témoin, vêtu de noir et agile,
S'empara de la scène, talent subtile,
Et mon émerveillement fut emporté soudain,
Rêve où l'inconscient mêle le futur au chemin.
77 - Caverne au III
Échappé des machines au joug psychopathe,
Je glisse dans une caverne où l'ombre s'éclate,
Araignées géantes tissent le silence noir,
Et le temps se suspend sous ce plafond d'histoire.
Sur les parois gravées, trois barres et une diagonale,
Marques de ce qui fut fait, vestiges ancestraux et fatals,
Une araignée s'avance, monstrueuse et sage,
Chapeau de bois et toiles voile son visage.
Je poursuis ma route, le blanc éclatant m'aveugle,
Le bois des poutres encadre l'espace qui me scrute,
La bête me laisse, et le mystère se fait lumière,
Rêve où l'inconscient mêle peur, fuite et matière.
78 - AC/DC is Back
Un tuyau d'égout glacé serré dans mes mains,
Je sens le métal froid, rugueux, ancien,
Puis surgit de nulle part un arc de violon,
Et mon esprit s'envole au rythme de la passion.
Je fais chanter le bois, je frappe les cordes vives,
L'air s'accélère, fugace et presque naïve,
Chaque note s'envole, sauvage et électrique,
Comme AC/DC résonnant dans un monde frénétique.
Le métal et la musique se mêlent dans le vent,
Rêve où l'inconscient devient orchestre éclatant,
Et moi, violoniste d'un cauchemar rock'n'roll,
Je joue la folie, rapide, entière, sans contrôle.
79 - Secte du Futur
Dans l'église du futur, je m'assois, silencieux,
Écoutant le prêcheur aux mots impérieux,
Il se dit Dieu, roi de mensonges et de loi,
Mais son trône de mensonge vacille sous ma voix.
« Vous êtes marié à moi », clame-t-il, méprisant,
Ses mots me glacent, résonnent comme un chant,
Une vieille femme, fragile, au regard ardent,
M'implore d'agir contre ce profanateur tyrannique et présent.
Rêve où l'inconscient mêle peur et décision,
Où l'autorité se brise sous la réflexion,
Je deviens spectateur et acteur d'un duel mental,
Entre dogme imposé et volonté personnelle.
80 - La cuisine feu
Chez un voisin, j'entends l'alerte qui me glace,
La cuisine de mes parents brûle en une audace,
Je cours sans réfléchir, le coeur vibrant de peur,
Et j'arrive, témoin d'un feu qui consume la demeure.
Mais l'élément obéit à ma main décidée,
Un simple seau d'eau suffit pour tout effacer,
La flamme s'incline, se meurt en un instant,
Et le chaos s'éteint sous ce geste puissant.
Rêve où l'inconscient transforme danger en jeu,
Où le feu obéit, où je suis maître des lieux,
Un monde où la peur cède à une force tranquille,
Et où l'impossible devient simple et facile.
81 - Tordeuse d'Univers
Dans un monde où les règles se plient et se défont,
Je marche incertain, suspendu à l'horizon,
Les étoiles ondulent, le temps se tord et s'élance,
Et l'univers lui-même semble danser en silence.
Une voix murmure, glaciale et mystérieuse,
Que ma mère frôle la vie, mais sa fin est pressée,
Quiconque goûte à l'éclat de l'instant précieux
Voit l'ombre approcher, comme un souffle tordu et silencieux.
Je contemple ce cosmos où tout se retourne,
Où chaque désir s'unit à la peur qui m'entoure,
Rêve où l'inconscient plie l'espace et le temps,
Et transforme amour et vie en vertige inquiétant.
82 - Accidenté du dimanche
Je tentais la rue, chantier instable et glissant,
Mes pas glissent, précaution perdue dans le vent,
Le béton humide, traître sous mes chaussures,
Me retient prisonnier, frôlant la blessure.
À côté, le compresseur rugit sans pitié,
Deux âmes s'effondrent dans un trou creusé,
La roche tombe, avalanche de pierres et de peur,
Enterrant la vie sous son poids, sans faveur.
Rêve où l'inconscient tord l'ordinaire du temps,
Où la chute et le hasard se mêlent violemment,
Et où l'on observe, impuissant et glacé,
La fragilité du corps, du destin, de la gravité.
83 - Laboratoire obsène
Je franchis le seuil d'un laboratoire froid,
Où l'on scrute et analyse chaque éclat de moi,
La spécialiste m'accueille avec un sourire étrange,
Mais son geste brutal fait vaciller mon échange.
Elle s'écrase sur mon dos, éclat de jouissance,
Riant du chaos qu'elle provoque par sa puissance,
Un plaisir méchant brise l'ordre et la raison,
Et mon esprit chancelle sous cette intrusion.
Rêve où l'inconscient mêle science et transgression,
Où l'autorité se tord en perverse obsession,
Et où le corps devient théâtre de jeu cruel,
Sous le masque froid d'un laboratoire artificiel.
84 - Échec et dollars
Je marchais vers l'arène aux cases noires et blanches,
L'esprit prêt à livrer bataille sur les planches,
Les rois déjà tremblaient au fond de ma raison,
Mais la porte se ferma faute de provision.
Les pièces dans ma tête valaient plus que l'argent,
Stratégies, sacrifices, calculs élégants,
Pourtant le monde réel, froid et sans détour,
Exigeait des dollars avant le moindre tour.
Rêve où l'inconscient oppose esprit et matière,
Où le talent s'incline devant la barrière,
Et l'échec n'est pas mat sur l'échiquier du soir,
Mais dans la poche vide du joueur sans pouvoir.
85 - Distorsion Corps / Âme
Par mégarde, mon âme glissa hors de ma peau,
Je vis mon corps figé comme un vieux manteau,
Pris de panique, je revins dans la chair,
Refermant le mystère, prison volontaire.
Mais le souvenir brûlait comme un savoir ancien,
Je me rappelai le geste, la clé, le chemin,
Cette faille secrète entre souffle et matière,
Où l'esprit se détache sans bruit ni lumière.
Alors je sortis encore, lucide et conscient,
Spectateur de moi-même, double vacillant,
Rêve où l'inconscient enseigne son pouvoir,
Et où l'âme apprend à quitter - puis choisir - son miroir.
86 - Cheveux électrique
Dans l'autobus qui glisse entre deux stations,
Une fille approche, douce interruption,
Elle peigne mes cheveux, éclairs disciplinés,
Une tresse étrange au bout, symboles gravés.
Elle murmure soudain, sans détour ni détour :
«Voilà cinq ans déjà que je te cours après, jour après jour»,
Je réponds simplement, naïf et désarmé :
«Non», comme si le temps m'avait tout effacé.
Alors sa main saisit la mienne en silence,
Le courant passe, chargé d'une lente évidence,
Rêve où l'inconscient tresse désir et retard,
Et où l'amour attend, patient, à l'arrêt du hasard.
87 - Lit double !
Je me vois dans un lit aux draps silencieux,
À côté d'une fille, présence sans aveu,
Le matelas respire entre deux solitudes,
Et la nuit s'étire en douce exactitude.
Le lit est double, promesse inachevée,
Nos corps tournés chacun vers son côté,
Dos à dos, gardiens d'un espace fragile,
Proches et lointains, étrangement immobiles.
Rêve où l'inconscient mesure la distance,
Entre partage et retenue, entre absence,
Et dans ce lit trop grand pour deux silences,
Le sommeil garde intacte la frontière du sens.
90 - Le dragon
Dans un aquarium tiède aux reflets de mystère,
Vivait un bébé dragon, fragile et légendaire,
Ses yeux brûlaient déjà d'un feu mal contenu,
Au fond du bocal bleu, ancien monde disparu.
Je le nourrissais de billes, rituels dérisoires,
Pour calmer sa faim et détourner l'histoire,
Car autrefois vivaient là de petits êtres bleutés,
Schtroumpfs minuscules, naïfs et menacés.
Rêve où l'inconscient mêle soin et danger,
Où l'on protège le monstre pour sauver le passé,
Et dans ce bocal clos, fragile univers,
Je gardais l'équilibre entre enfance et enfer.
91 - À la recherche de Mary Jane
Huit ans déjà, je cherche son ombre perdue,
Coincée dans un monde où le temps s'est perdu,
Une maison inconnue s'ouvre devant mes pas,
Et mon coeur tremble à l'idée qu'elle soit là.
Je trace des signes, incantations en l'air,
Espérant qu'elle franchisse le voile de pierre,
Mais la magie échoue, silencieuse et froide,
Car son nom, oublié, rend le sort morose et maussade.
Rêve où l'inconscient mêle amour et rituel,
Où l'oubli d'un détail rend le monde irréel,
Et je reste seul, entouré de mystères anciens,
Cherchant Mary Jane au fil des mondes incertains.
92 - Le lac carré est de retour !
Mes jambes plongent dans une rivière glaciale,
Devant moi s'étend un lac carré, colossal,
Assez grand pour un pétrolier se perdre au loin,
Et au centre tourbillonne un abîme sans fin.
L'eau aspire les rivières avec force et fracas,
Mais moi, je reste là, immobile dans ce bras,
Étonné de ne pas suivre le courant furieux,
Spectateur impuissant d'un chaos silencieux.
À gauche, deux chalets veillent sur le bord,
L'un des grands-parents, l'autre jaune et mort,
Rêve où l'inconscient tord l'eau et l'espace,
Et où je flâne au bord d'un lac plein de menace.
93 - La suçe
Dans la rue je passe les journaux, voltigeant,
Avec mon frère, acrobaties défiant le temps,
Chaque maison un obstacle, un saut, un frisson,
Et soudain, nous pénétrons dans une étrange maison.
Un lit défait, et suspendue à une corde,
Une suçe balance, étrange objet que l'on aborde,
Puis, en un clin d'oeil, je suis dans ma salle à manger,
La réalité vacille, commence à se mélanger.
Par la fenêtre, des violons jouent chez le voisin,
Mais les lumières s'éteignent, silence soudain,
Tous les instruments disparaissent, magie ou hasard,
Rêve où l'inconscient danse entre étrange et bizarre.
94 - Le Tibétain
Je marchais sur la route quand le monde s'y figea,
Des centaines de corps bloquaient chaque pas,
Une voix cria soudain, tranchante et sans détour :
« On devrait tous les tuer ! » - glaçant discours.
Alors surgit un Tibétain au regard profond,
Silencieux, posé, étranger au tumulte du front,
Il parla à chacun, mot après mot discret,
Comme on apaise un feu sans jamais le nommer.
Les foules se dissipaient, éclairées, transformées,
Chacun repartait seul, le visage apaisé,
Rêve où l'inconscient oppose rage et sagesse,
Et où une voix suffit à dissoudre la violence.
95 - Apofinus
Ma soeur me questionne, le regard empli d'ombre,
« Est-il venu le temps de la fin ? » me demande, sombre,
Je réponds sans peur, d'une voix pourtant fragile :
« Oui », le mot s'envole, clair et subtil.
Puis surgit la question, étrange et saisissante :
« Es-tu le messie ? » murmure-t-elle, pressante,
Et d'une autre bouche, comme guidée par une force autre,
Répond « Oui ! » - écho étrange, souffle qui déborde.
Rêve où l'inconscient confond voix et destin,
Où le soi se divise, où le mystère s'éteint,
Et dans ce dialogue entre moi et un autre moi,
La fin et le messie s'entrelacent sous mes doigts.
96 - Astérix
Je lisais les pages d'une bande dessinée,
Quand les cases s'éveillèrent, vie animée,
Les images devinrent figurines à ma main,
Et je pus jouer le monde comme un enfant divin.
Le village s'étendit, chaque maison, chaque arbre,
Sous mes doigts, l'univers prenait forme et marbre,
Je déplaçais les objets, réinventais les chemins,
Créant et recréant ce monde ancien et malicieux.
Rêve où l'inconscient transforme l'art en jeu vivant,
Où l'imagination prend chair et devient géant,
Et moi, maître des cases et des petites vies,
Je façonnais l'aventure au gré de mes envies.
97 - Le muleau-zèbre
Allongé sur mon lit, je tourne la tête, surpris,
Un petit muleau repose là, paisible et gris,
Son poil noir scintille du cou jusqu'à la queue,
Son visage pâle, étrange, me fixe et me lieu.
Je tente de l'apprivoiser, main tendre et lente,
Mais bientôt je sens qu'il guide ma présence, insistante,
Échange silencieux, étrange réciprocité,
Où l'un dompte l'autre dans une douce complicité.
Rêve où l'inconscient mêle innocence et pouvoir,
Où un animal hybride enseigne sans un regard,
Et moi, captif volontaire de ce lien mystérieux,
Je découvre la magie dans ce monde silencieux.
98 - Gard en dessous !
Dans un bloc gris, je monte au deuxième étage,
Chaque mur uniforme semble figé par l'âge,
Puis je saute dans le vide, sans peur ni contrainte,
Et l'air me porte, suspendu, ma chute est feinte.
Le sol m'accueille tendre, tapis de gazon doux,
Mes pieds s'enfoncent à peine, miracle inattendu,
Pas de blessure, juste l'étonnement d'un saut,
Où la gravité plie sous le charme du tableau.
Rêve où l'inconscient défie loi et hauteur,
Où le danger se change en tendre protecteur,
Et moi, flottant au-dessus d'un monde sûr et vert,
Je découvre la liberté dans ce sol ouvert.
99 - Angus Young, le criminel ?
Sur l'autoroute, le vent fouettait nos visages,
Moi et mon frère, en quête d'un étrange personnage,
Angus Young filait, guitare en main et vélocité,
Criminel ou musicien, défiant la réalité.
Les cordes hurlantes accompagnaient sa course folle,
Chaque note électrique semblait briser le sol,
Nous pédalions, haletants, dans cette poursuite insensée,
Mais l'artiste fugace restait toujours avancé.
Au centre d'achat, il disparut comme un éclair,
Guitare et vélo fondus dans l'air du supermarché clair,
Rêve où l'inconscient mélange rock et danger,
Et où l'impossible devient jeu à partager.
100 - Vampire V : Vampire mécanique
Sur l'autoroute nocturne, à l'envers de la raison,
Mon frère guidait la route par pure mémorisation,
Les épaules au volant, les yeux tournés vers l'ombre,
Je criais les dangers, et le destin se décombre.
Chez des visages connus mais privés de mémoire,
Même le grand-père m'était devenu territoire noir,
Quatre porte-clefs brillaient, dont un schtroumpf rieur,
Tandis que le village révélait ses buveurs de peur.
Les camions devenaient dragons au battement des cils,
Serviteurs ailés d'un peuple immortel et subtil,
Tous tentaient de me mordre, cercle lent qui se referme,
Un seul presque y parvint - et je restai hors du terme.
101 - Vampire VI : Vampire innocent
Je venais de rencontrer une fille au rire léger,
Nos mains mêlées, les cartes dansaient sur le parquet,
Le temps s'étirait dans nos jeux et nos paroles,
Comme si l'univers entier avait trouvé son rôle.
Mais l'aube approchait, et sa mère lui dit de partir,
Un voile de lumière effaçait l'ombre du soir,
Alors je compris, avec une chance un peu folle,
Que ma main avait touché une famille de vampires.
Pourtant, elle resta, défiant la clarté du jour,
Son innocence brillait malgré le monde sourd,
Rêve où l'inconscient mêle le danger et la tendresse,
Et où l'amitié survit même face à la jeunesse.
102 - Décomposition vivante
Je vis un ami, frêle et malade,
Ses forces s'éteignaient, son corps malade,
Les maladies l'engloutissaient, lentes et voraces,
Et je restais impuissant face à leur audace.
Je touchai ses mains, froides comme l'hiver,
Frissons parcourant mes doigts, fragile repère,
Son souffle s'échappait dans un souffle de détresse,
Chaque battement semblait un appel à la tendresse.
Rêve où l'inconscient montre l'éphémère chair,
Où la fragilité humaine devient miroir sévère,
Et moi, témoin silencieux de sa lente disparition,
Je garde en mémoire la froideur de ses mains, sensation.
103 - Infraction
Avec ma famille, nous franchîmes la porte interdite,
Le salon nous accueillait, l'air chargé de fuite,
Un pas résonna, et la sonnette cria sa loi,
Le coeur battant, je me levai, tremblant de moi.
Quatre policiers, sévères, parlaient en mon nom,
Une famille installée là, hors de toute raison,
Je les écoutai, et leur récit frappait mon oreille,
Mais je restai calme, niant toute merveille.
Ils s'en allèrent, laissant silence et mystère,
Rêve où l'inconscient teste l'audace et la manière,
Et moi, au milieu du salon, sourire discret,
Je garde la trace de l'infraction que j'ai faite.
104 - La terrible invasion des coquerelles/termites
Je luttais contre des insectes, gros comme un pois,
Coquerelles et termites, grouillant sous mes doigts,
Un par un, je les chassais, les écrasais, les défiais,
Mais chaque victoire semblait à jamais oubliée.
Dix minutes passèrent, et le sol se recouvrit,
De milliers de petites vies revenant sans répit,
Mon coeur battait face à cette marée persistante,
Comme si le temps lui-même les rendait vivantes.
Rêve où l'inconscient joue avec l'effort vain,
Où l'ordre s'efface, et la lutte devient chemin,
Et moi, perdu dans un cycle de vie et de retour,
Je compris que parfois, tout recommence toujours.
105 - Fétus
Sur la table claire, un plat d'eau tranquille,
Trois fétus reposaient, fragile et fragile,
Deux étaient jumeaux, liés par un fil subtil,
Et je me penchai, attentif, sur ce monde fragile.
Je tentais d'enlever le cordon, tâche délicate,
Chaque geste pesait, chaque mouvement était une pacte,
Entre soin et mystère, entre vie et attention,
Je frôlais la naissance avec une étrange tension.
Rêve où l'inconscient explore l'origine et le lien,
Où l'être naissant défie ma main et son chemin,
Et moi, silencieux, dans ce plat d'eau suspendu,
Je touchais l'éphémère, le secret absolu.
106 - Briquet
Avec mon cousin, le temps semblait complice,
Un simple briquet passa de main en maléfice,
Il devint une arme au destin incertain,
Je tirais dans le vide, la fumée pour refrain.
Aucune balle en vue, seulement des nuages,
Épais comme un doute enfermé dans la cage,
Le feu parlait plus fort que le bruit attendu,
Et l'air se chargeait d'un mensonge répandu.
Puis la tante surgit, geste bref, sans détour,
Un bois incandescent chercha le bord de ma bouche en retour,
Brûlure minuscule mais symbole violent,
Où l'enfance vacille dans un rêve troublant.
107 - Soleil de minuit
À une heure du matin, le jour refusait de fuir,
Le ciel gardait la clarté d'un étrange avenir,
Je marchais vers un ami, le temps comme suspendu,
Quand surgit une inconnue au regard jamais vu.
Elle portait le mystère des rencontres nocturnes,
Éclairée par un soleil défiant la lune,
Sa présence flottait, fragile apparition,
Comme un rêve hésitant entre veille et illusion.
Plus loin, la forêt m'engloutit dans son silence,
Je plongeai mes mains dans une eau lourde et dense,
Boueuse comme la nuit sous ce jour trompeur,
Où l'âme se lave sans jamais perdre sa peur.
108 - Le protecteur
À mes côtés marchait un gardien de métal,
Visage sans émotion, regard froid et fatal,
Un protecteur d'acier, surgit de l'irréel,
Dressé contre la nuit et ses ombres cruelles.
Autour de nous glissaient d'étranges silhouettes,
Formes sans chair ni voix, menaces incomplètes,
Elles tentaient l'approche, traversant le décor,
Comme des peurs anciennes revenues encore.
Pour me garder vivant, il levait sa carabine,
Visait des têtes vides, d'une précision divine,
Chaque tir fendait l'air, chassant l'angoisse noire,
Pendant que je survivais, prisonnier de sa mémoire.
109 - Pont à piéton
Je marchais sur un pont suspendu dans le vent,
Guidé par un câble froid, rigide et rassurant,
Sous mes pas, l'eau frémissait d'un silence profond,
Quand soudain le chemin se fendit en deux fronts.
À l'instant de la brèche, le métal vibra fort,
Une musique brutale jaillit comme un sort,
«For those about the rock, we salute you !» criait
Un tonnerre invisible que la nuit portait.
Sous le pont, dissimulé dans l'ombre et la ferveur,
Le groupe jouait pour l'abîme, défiant la peur,
Moi, figé entre deux rives, bercé par ce signal,
Je compris que le rêve était un rite tribal.
110 - Destination la planète mise en quarantaine
Je filais dans l'espace à la vitesse de l'éclair,
Enfermé dans un vaisseau aux parois de lumière,
Mon esprit dépassait le temps, le froid, la distance,
Chaque seconde éclatait comme une délivrance.
De mon épée d'étoiles je frôlais l'infini,
Touchant des soleils morts, des futurs endormis,
Le cosmos se pliait sous ce geste insensé,
Comme si l'univers voulait être blessé.
Puis le vaisseau s'arrêta près d'un monde banni,
Planète en quarantaine, aux crimes réunis,
Où voleurs et menteurs gravitaient sans pardon,
Reflet sombre et troublant des failles de ma raison.
111 - L'araignée X-Men
Je marchais dans un couloir, un bébé contre moi,
Quand sur le mur tremblait une ombre, un rien, un poids,
Une araignée minuscule, grain de sable inquiet,
Que je voulus détruire avant qu'elle n'existait.
Mais plus elle fuyait mes gestes maladroits,
Plus son corps grandissait, défiant chaque loi,
Elle prit l'air soudain, déploya ses pouvoirs,
Et mes peurs lui servaient d'élan et de savoir.
De la taille de ma main, elle fondit sur moi,
Aucune fuite possible, aucun cri, aucune voie,
Alors par la pensée, ultime autorité,
Je l'écrasai d'un souffle : la peur s'est inclinée.
112 - Fantastic Four
Sur une ferme étrange, sous un ciel indécis,
Trônait une bête, mi-biblo, mi-cheval gris,
Ses jambes de bois, pourries et usées en dedans,
Inspiraient la peur, l'étrangeté au passant.
On disait : «Ne l'approche pas, elle mordrait !»
Je restai à distance, mon regard s'y perdit,
Chaque geste, chaque souffle de cette créature,
Faisait vibrer mon coeur d'une étrange ouverture.
Plus tard dans un sous-sol, discussion et mystère,
Un bras s'étira, long comme un fil de lumière,
Pour offrir à la bête une feuille d'érable fine,
Et le monde s'ouvrit à cette magie clandestine.
113 - Bison en vue !
Sur le boulevard des Laurentides, étrange ballet,
Des chevaux blancs galopaient comme en secret,
Et des bisons lourds, majestueux et puissants,
Déambulaient sur la route, libres et imposants.
Les voitures se taisaient face à ce cortège sauvage,
Chaque pas résonnait, rythmé par un autre âge,
Le vent portait la poussière et les sabots étincelants,
Comme un rêve où la ville devient sauvage et mouvant.
Je marchais au milieu de ce monde irréel,
Où la nature reprenait ses droits essentiels,
Bisons et chevaux, dans un ballet sans fin,
Peignaient sur l'asphalte le souvenir divin.
114 - Soucoupe-sol
Dans le sous-sol calme, parmi l'ombre et le bois,
Je fixais un fauteuil, sans savoir ce que je vois,
Lorsque le sol se fendit, craquant sous l'étrange loi,
Et une soucoupe surgit, défiant toute joie.
Le béton se plia, comme un métal vivant,
La lumière émergea, blanche et fascinant,
Chaque éclat de verre, chaque planche se transforma,
En vaisseau aérien, de science-fiction né là.
Je restai figé, mi-effrayé, mi-curieux,
Contemplant ce prodige surgir sous mes yeux,
Le sous-sol n'était plus, devenu portail d'ailleurs,
Où l'impossible dansait entre crainte et splendeur.
115 - 3 pieds !
Dans une pièce tranquille, près de l'école endormie,
Une musique flottait, douce et infinie,
Je posai mes bas sur un pied incongru,
Car, étrangement, j'en avais un de plus que prévu.
Trois pieds sous mes jambes, défiant la raison,
Chaque mouvement créait sa propre chanson,
Les sons tourbillonnaient, bizarres et légers,
Comme si mon corps voulait la musique partager.
Je marchais, je dansais, étrange équilibre flottant,
Le monde me regardait, ébahi et captivant,
Et dans ce rêve fou, je souris sans détour,
Car trois pieds me portaient au rythme de l'amour.
116 - Retourne à la rivière !
Sur le quai tranquille, près des eaux qui murmurent,
Un fantôme surgissait, et les filles frémissent et fusturent,
Son voile spectral flottait au vent comme un cri,
Effrayant les passants sous le ciel blanchi.
Pour sauver mon grand-père, dans ce rêve étrange,
Je pris son corps sans vie, au bord de ce mélange,
Et le jetai dans la rivière aux reflets argentés,
Espérant que les flots l'emportent et le protègent à jamais.
Les eaux s'animèrent, frissonnantes et profondes,
Le fantôme s'éloigna, perdu dans l'ombre du monde,
Et moi je restai là, le souffle suspendu,
Témoin d'un mystère que la nuit avait rendu.
117 - Futur à la meurtre !
Dans un futur sombre où la lumière s'éteint,
La technologie glissait entre mains de requins,
Des armes silencieuses frappaient sans laisser trace,
Et les vies s'effaçaient dans ce monde en disgrâce.
Les rues étaient vides, hantées par l'angoisse,
Chaque regard cachait peur et froide audace,
Les ombres se faufilaient, invisibles, mortelles,
Sous un ciel de métal où la justice chancelle.
Je marchais, témoin de ce chaos étouffant,
Cherchant un souffle humain dans ce monde vacillant,
Et dans ce rêve noir, je priais pour demain,
Où la vie vaincrait l'ombre, et la peur s'éteindra enfin.
118 - II, III : Électronique Informatique
Dans une maison sombre, je tombai frappé derrière,
Le monde se troubla, et je sombrai dans la poussière,
À mon réveil, un champ vaste s'étendait devant mes yeux,
Le soleil me guidait, et mes pas étaient nerveux.
Je courus vers ma demeure, l'esprit en ébullition,
Pour construire un ordinateur, fruit de ma passion,
Trois écrans alignés, réseaux et câbles en miroir,
Pour tracer, analyser, et comprendre chaque hasard.
Dans ma chambre, la machine vibrait et chantait,
Les données dansaient, révélant ce que je cherchais,
Et moi, maître du code, observant ce monde discret,
Je découvrais des secrets que le hasard avait cachés.
119 - IV, XIII : Extra-Terrestre
Devant ma maison, vingt âmes s'évanouissaient,
Une par minute, et le monde les reprenait,
Je restais immobile, observant ce mystère,
Leurs pas disparaissaient dans l'air froid et clair.
Une lumière jaune, étrange et fascinante,
Jaillit d'un OVNI, luisante et vibrante,
Elle caressait le ciel d'un halo irréel,
Comme si l'univers révélait son secret éternel.
Je me retournai, et mon regard se perdit,
Quatre paquets de cartes, puis treize surgirent ainsi,
Dans ce rêve fou, logique et magie se mêlaient,
Et je compris que l'inconscient seul décidait.
120 - Méli-mélo
Je portais Mélissa, si petite dans mes bras,
Dans l'escalier tremblant de songes et d'émois,
Elle murmura qu'un fantôme, calme et assis,
Veillait sur le divan, invisible à la nuit.
Je me tournai soudain, changé de lieu, de temps,
Sur le boulevard St-Martin, à midi pourtant,
Le vingt-trois décembre, la nuit tombait en plein jour,
La neige effaçait le monde dans un silence lourd.
Chez moi, l'ombre courait, Batman sans raison,
Se muant en loup-garou dans la même maison,
Puis la bête, sans cri, sans explication,
Se jeta d'un pont, avalée par l'illusion.
Super Bugs Bunny !
À la cafétéria, les néons clignotaient sans fin,
Midi devenait trouble, instable comme un destin,
Une naine surgit, sacoche aux signes obscurs,
Je fuis ses objets noirs, pressentant l'injure.
Je cours dans un sentier de bois, haletant, perdu,
Des sapins de Noël brillent là où je n'ai jamais cru,
Sous terre, un bloc de ciment murmure mon nom,
Deux voix parlent de moi, figé dans l'étrangeté du son.
Je me vois soudain autre, Bugs Bunny surdimensionné,
Casque-télé sur la tête, corps lourd, esprit enchaîné,
Je crie : « Elle m'a eu ! Je suis possédé. » sans retour,
Un capuchon rouge brûle mon épaule, sceau du détour.
122 - Jeux vidéo
Dans un monde d'écrans, je pris mon avion de feu,
Les autres s'élançaient, leurs scores brillaient mieux,
Mais dans un éclat, Albator surgit dans le ciel,
Et le vaisseau visa filait, précis et éternel.
Les commandes dans mes mains vibraient de tension,
Chaque obstacle franchi, chaque cible, chaque mission,
Les minutes s'effaçaient, rapides comme l'éclair,
Et l'univers du jeu m'enveloppait de mystère.
À la fin, je triomphai, contre tous les pronostics,
Le coeur battant fort, défiant le temps et la logique,
Même surpassé en points, je goûtai à ma victoire,
Dans ce ciel virtuel, j'écrivis ma propre histoire.
123 - Vampire VII : La fille hypocrite
Sous le ciel d'acier, la glace se fendit en flammes,
Éclats et étincelles glissaient, menaçant mes jambes,
Je sautai par-dessus, le feu s'éteignit sous mon pas,
Et l'autobus arriva, mais ma carte n'était plus là.
Je courus chez le comptable, coeur battant à l'unisson,
Dans la maison, un ami naïf, une fille en illusion,
Vampire souriante, dents aiguisées comme un acier,
Je luttai pour contenir sa force, ne pas me faire piéger.
Chaque retour de l'ami pressé me privait de parler,
Elle rendit ma carte, mais m'offrit un piège à accepter,
Pour partir, il fallait l'emmener, captive de mon choix,
Et je restai suspendu entre crainte, devoir et émoi.
124 - L'horrible intérêt
Assis à la table, un carré modeste et tranquille,
Annie me parla, son regard vibrant et subtile,
D'un ton innocent, elle confia sa nouvelle passion,
Pour l'informatique, son coeur battait en émotion.
Les mots glissaient comme des circuits invisibles,
Chaque phrase dessinait des codes sensibles,
Je la voyais rêver de machines et de lumière,
Un monde numérique qui la fascinait entière.
Je restai là, spectateur de sa douce révélation,
Étonné par l'intensité de cette étrange attraction,
Et dans ce simple instant, le réel et le virtuel,
S'entremêlaient pour créer un moment essentiel.
125 - Jell-O ?
On me força à filmer, trois plats translucides,
Des vagues colorées, des formes timides,
Je voulais refuser, fuir cette étrange mission,
Mais la menace planait, glaciale, sans raison.
Chaque tremblement de Jell-O sur l'écran luisait,
Comme un défi cruel que mon âme affrontait,
Les couleurs dansaient, mais mon coeur était lourd,
Sous le joug invisible de ce sinistre détour.
Pourtant je collabore, entre peur et défi,
Capturant ces gelées sous un ciel assombri,
Et dans ce film étrange, reflet de mon tourment,
Se mêlent courage et frissons incessamment.
126 - L'enlèvement à travers les dimensions
Dans la demeure dorée, je veille sans repos,
Responsable des murs, des trésors et des échos,
Quand soudain apparaît, derrière un cadran précis,
Une porte étrange menant aux mondes infinies.
À travers ses contours, l'univers se déplie,
Un être mystérieux s'y glisse et puis s'enfuit,
Ma femme emportée, hors du temps et de l'air,
Vers des lieux inconnus, vers des cieux solitaires.
Je franchis la frontière où s'effacent les lois,
Espérant retrouver la lumière de sa voix,
Chaque dimension s'ouvre, chaque ombre se fige,
Et mon coeur suspend son vol dans ce vertige.
127 - Potage !
Je portais mes légumes, fraîche moisson du jardin,
Maïs et feuilles vertes, dons précieux de mes mains,
Devant moi défilaient des passants hésitants,
Les filles s'éloignaient, le choix toujours fuyant.
Au loin je la vis, Annie, éclat de lumière,
Et mon coeur se serra dans cette atmosphère,
Je croisais mes doigts, espérant qu'elle s'éloigne,
Craignant qu'elle ne vienne et que tout ne témoigne.
Le potage offert dans la brise du matin,
Attendait les mains prêtes à goûter ce festin,
Mais l'ombre de l'anxiété planait sur mon chemin,
Dans ce rêve étrange où l'espoir se fait vilain.
128 - "Show" spectaculaire
Dans un hall vibrant, la scène éclatait de métal,
Le son grondait fort, un univers presque fatal.
Le guitariste arriva, en Porche sur la plateforme,
Guitare en main, maître d'un monde en pleine forme.
Je vibrais aux accords, aux éclairs des projecteurs,
Aux cris et aux riffs, aux frissons des coeurs.
Mais un voile me prit, un doute soudain surgit,
N'étais-je que spectateur d'un rêve qui me fuit ?
Car je vis alors que tout n'était qu'illusion,
Film projeté, trompeuse et belle illusion.
Le fracas s'éteignit, mais en moi resta la flamme,
D'un show spectaculaire gravé au fond de mon âme.
129 - La frustration de Jésus
À Jérusalem, sous un ciel lourd et grave,
Jésus débat avec sages, âmes et esprits,
Leurs paroles s'entrechoquent, le sens s'échappe,
Chaque mot résonne comme un écho qui trahit.
Il secoue la tête, frustré par l'incompréhension,
Leurs erreurs lui brûlent le coeur comme le feu.
Ses yeux cherchent la clarté, une juste raison,
Mais tout s'efface, il s'éloigne, amer et silencieux.
«Je ne reviendrai que lorsque...» murmure-t-il,
Sa voix se perd dans les ruelles du passé.
Le monde reste confus, les sages immobiles,
Et le vent porte son exil, lourd et obstiné.
130 - T.N.T.
Dans la réserve, sous un ciel de poussière dorée,
Un chanteur indien faisait vibrer sa voix fière,
Il entonnait «T.N.T.», le rock en liberté,
Sans batterie, nos pieds faisaient trembler la terre entière.
Chaque pas résonnait comme un tonnerre rugissant,
Le sable volait, nos coeurs battaient en cadence,
Les tambours invisibles frappaient dans le vent,
Et la chanson explosait, pure résonance.
Les montagnes semblaient danser avec nos pieds nus,
Le feu du rock brûlait dans l'air silencieux,
Chacun devenait l'instrument que la musique a voulu,
Un chant qui éclate, puissant et audacieux.
131 - Peace & Love
Devant le miroir, je contemple mon reflet,
Cheveux noirs comme la nuit, longs et épais,
Ma barbe s'étire, fine et double, secret parfait,
Comme un sage ancien guidant l'éternité.
Chaque mèche semble danser avec le vent,
Chaque trait de mon visage respire la paix,
Dans ce reflet, je découvre un serment,
Un souffle de mystère, un écho jamais las.
Les yeux se perdent dans ce noir infini,
La barbe divisée dessine un chemin sacré,
Peace & Love inscrit dans mon âme ravie,
Je deviens le sorcier de ce monde enchanté.
132 - Revenche II
Dans l'ombre d'un rire, j'ai vengé la farce,
Le frère malicieux cru toucher mon dos,
Mais la ruse et la hâte m'offrent ma carapace,
Un morceau de bois devient bouclier aussitôt.
Le couteau frôle l'air, l'éclat de la colère,
Soudain, nos regards se croisent, étincelle,
Le jeu devient combat, subtil et nécessaire,
Où chaque geste parle, chaque souffle révèle.
Je danse entre danger et éclats de lumière,
Ma vengeance accomplie, la paix s'installe enfin,
Sous l'ombre d'un rire, la prudence me libère,
Et le bois protecteur scelle ce destin.
133 - Le pire cauchemar de Jaws
Ma bouche s'ouvre sur un monde étrange et tort,
Une molaire couchée, défie toute raison,
Horizontale et vaste, son abîme me gorge,
Et ma main s'y glisse avec effroi et passion.
Chaque doigt explore le vide de cet étrange tombeau,
Où le dentier devient caverne inquiétante,
L'étrange puissance de ce lieu me rend si beau
Dans la peur et la fascination étouffante.
Je retire ma main, le souffle court, en suspens,
Le cauchemar mord, souriant dans mon reflet,
Une dent géante, bouche d'un océan,
Me laisse frissonner, et rêve encore discret.
134 - Cataclysme du Ciel
Allongé sur l'herbe aux verts éclats profonds,
Je scrute le ciel où la nuit et le jour s'entrelacent,
La lune et Saturne s'embrassent dans un ton,
Et l'anneau éclatant reflète leur étrange audace.
Les étoiles frémissent sous ce duel céleste,
Chaque collision illumine l'horizon mêlé,
Le temps se plie, le cosmos devient une fête,
Où l'univers danse, sombre et enflammé.
Je reste immobile, fasciné et suspendu,
Sous ce théâtre cosmique où le ciel se déchire,
Et dans ce chaos, je sens l'infini répandu,
Comme si chaque instant pouvait enfin me conduire.
135 - L'infirmière gardienne
Dans le sous-sol sombre où je me tiens isolé,
Une infirmière veille, aux cheveux dorés,
Venue pour un corps que l'on dit affaibli,
Elle s'attarde trop, sa sollicitude me suit.
Elle veut laver mon lit, ordre et rituel,
Ignorant que trois jours plus tôt déjà l'étincelle,
D'une propreté fraîche, avait tout recouvert,
Et je l'empêche, prudent, de ce geste trop sévère.
Sa présence m'enveloppe, douce et insistante,
Gardienne des murs, attentive et charmante,
Je navigue entre soin, inquiétude et liberté,
Sous le regard d'or, qui veille sans me lâcher.
136 - Dangereux dentiste
Dans un édifice d'État aux étages infinis,
L'ascenseur me recrache, essoufflé, étourdi,
Les murs sentent l'argent, le pouvoir, la blancheur,
Je pousse une porte lisse : cabinet sans chaleur.
Le dentiste sourit, propose ses services,
Mais quand il penche enfin vers mon cri immobile,
Son visage se tord, devient masque infernal,
Monstre né sous le néon, cauchemar médical.
Je saisis un outil, métal froid de survie,
Le frappe, le silence éclate, je fuis la folie,
Vers l'ascenseur salvateur, battement du coeur,
Je quitte ce lieu clinique, hanté par la peur.
137 - L'armée des ténèbres
Sous la pelouse verte surgit un mont spectral,
Trois pics menaçants percent l'air matinal,
Les Simpsons rient, balançant leur tête folle,
Champignon vénéneux sortant des abîmes sans boussole.
Un sorcier cruel cherche un livre ancien et secret,
Dans un meuble caché, j'abrite le précieux sujet.
Requins soldats marchent sur sable et pierre,
Le soir tombe, je fuis, l'ombre me poursuit, sévère.
L'autobus glisse, fuyant sous mes yeux effrayés,
L'armée des ténèbres approche, je suis pressé.
Le livre serré contre moi, mon coeur bat plus fort,
Je cours dans la nuit, craignant l'ombre qui dévore.
138 - Emploi futur
Dans un futur proche, je franchis des portes d'acier,
Une firme immense m'ouvre ses bras éclairés.
Aux côtés du patron, je deviens bras droit,
Chaque geste, chaque idée, avec lui prend son droit.
Une mystérieuse fille aux cheveux d'ébène
Me suit en silence, gardienne de ma scène.
Son regard discret éclaire mes pas assurés,
Complice invisible de mes victoires assurées.
Dans ce monde brillant où le travail est roi,
Je tisse mes rêves, portés par sa voie.
Futur prometteur, entre ombre et clarté,
Je marche confiant, guidé par sa fidélité.
139 - Very Full
Je remplis le réservoir, fidèle au devoir,
Mais l'essence déborde, danse sur le noir.
Le tuyau s'échappe, l'envol est capricieux,
Et la voiture rit de ses gestes audacieux.
Elle se balance, d'un côté à l'autre en cadence,
Comme un navire fou pris dans une étrange danse.
Chaque goutte qui tombe éclaire un peu le chaos,
Dans ce ballet d'essence où je perds mes repères, hélas !
Rire et frayeur mêlés, spectacle sans fin,
Mon frère observe, impuissant, ce destin.
Et moi, au milieu, je contemple la folie,
D'un simple plein devenu comédie infinie.
140 - La prédatrice diabolique
Dans l'ombre d'un vieil étage je bricole en silence,
Les fils s'entrelacent sous mes mains en cadence.
Au loin, une sorcière danse un rituel interdit,
Sur un sol ensanglanté où deux noms se sont inscrits.
Sa puissance croît, caméléon de chair et d'esprit,
Elle prend mille visages, son pouvoir est maudit.
Je la scrute en infrarouge, témoin impuissant,
Voyageur d'ombre seul, observant l'instant troublant.
Un homme la traque, mais tombe dans son piège,
Et moi, figé, je vois sa cruauté qui m'assiège.
Spectateur prisonnier d'un monde froid et noir,
Je contemple le chaos, incapable d'y mettre espoir.
141 - Le vaisseau d'Or
Sur un quai brillant, mon vaisseau d'or m'attendait,
Fier fruit de mes mains, mes proches à mes côtés.
Chaque planche, chaque voile, éclatait sous le soleil,
Et l'air vibrait d'un souffle à la fois doux et vermeil.
Près d'une cabine, deux ficelles apparurent,
Rouge et noire, s'agitant, comme des âmes pures.
La rouge, audacieuse, voulait l'aiguille enchantée,
Mais je la retiens, car ce trésor m'est destiné.
Le bois résonne, le métal chante sous nos pas,
Mystère et magie flottent dans le parfum du marais.
Le vaisseau est mon royaume, et je le défends encore,
Gardien des fils ensorcelés, dans l'éclat de l'aurore.
142 - Les deux montagnes de l'illusion
Annie marchait dans un monde flottant de mirages,
Ses cheveux d'or brillaient comme un doux éclairage.
Deux collines semblaient se dresser sous le ciel clair,
Mais la vérité s'y cachait, fragile et éphémère.
Les montagnes trompeuses jouaient avec les regards,
Illusions façonnées par le vent et le hasard.
Ce qui paraît réel n'est qu'ombre et fantaisie,
Et l'esprit découvre le jeu de l'artifice ici.
Sous l'or du jour, la jeune fille souriait doucement,
Écho des formes perdues dans un monde changeant.
Tout ce qui brille n'est pas ferme, tout ce qui monte se dissout,
L'illusion danse, légère, comme un souffle flou.
143 - La note cauchemardesque
La prof d'anglais surgit, sévère et lumineuse,
Ses mots frappaient mon esprit d'une force mystérieuse.
«Tu as gravi des points, ton score s'est élevé,
Mais cinquante-huit pourcent... et tu restes échoué.»
Mon coeur bondit, surpris par ce cruel verdict,
Le rêve me berçait, puis devint dramatique.
Le chiffre me clouait comme un glaçon glacé,
Échec et progrès mêlés dans ce monde agité.
Je quittai la classe, perdu dans mes pensées,
Chaque chiffre résonnait, un écho obsédé.
Cauchemar d'examen, entre espoir et défaite,
La note, implacable, sur mon front s'apprête.
144 - L'armée des ténèbres II : La peste spectrale
Je fuyais dans la forêt, vert profond, dense et sombre,
Sous les feuilles bruissait un pas, un souffle qui m'encombre.
Une ombre connue me poursuivait, fléau spectral en furie,
Son corps noir comme la nuit portait la peste infinie.
Je tirai sur son bras, la carabine éclatant la peur,
Le membre devint blanc, immaculé, étrange lueur.
Pas de sang, pas de vie, juste un souffle glacé,
Et la voix résonnait : « Tu ne pourras m'échapper ! »
Alors je courus plus loin, coeur battant, pieds légers,
Chaque arbre semblait un piège où l'ombre voulait m'attraper.
La forêt verte tremblait sous ce sinistre ballet,
Fuir la peste spectrale, mon seul et ultime souhait.
145 - Les deux silhouettes
Dans l'ombre d'un cadre, une silhouette se glissait,
Blonde et mince, vêtue de noir, son corps se frottait.
Chaque geste était étrange, chaque mouvement fluide,
Et le cadre semblait vibrer sous sa danse timide.
Puis soudain, derrière elle, une seconde apparut,
Identique en tout point, reflet que l'esprit tordit.
Deux présences dans l'ombre, un mystère à déchiffrer,
Énigmes de chair et d'ombre que je devais regarder.
Leur danse silencieuse suspendait le temps autour,
Et dans ce cadre étroit se jouait un étrange jour.
Blonde et noire, double et folle, elles semblaient se fondre,
Dans mon rêve incertain, je ne pouvais que les sonder.
146 - Les chutes d'eau
Je flottais dans les airs, léger comme un nuage,
Au-dessus d'un grand fleuve étiré sans rivage.
Sous moi grondaient les eaux, sauvages, affolées,
Chutes vives et brutales, sans cesse dévalées.
À mesure j'avançais, le vacarme montait,
Des cataractes géantes le monde tremblait.
L'écume blanche hurlait sa colère profonde,
Comme si la terre ouvrait les veines de son monde.
Mais trois chutes surtout captivaient mon regard :
Deux bombées vers le dehors, puissantes comme un rempart,
La troisième rentrait vers un coeur intérieur,
Symbole obscur gravé dans l'eau de mon rêve en fureur.
147 - L'armée des ténèbres III: L'urgence de l'évasion
Penché sur une carte aux frontières incertaines,
Je traçais mon salut loin des ombres prochaines.
Les spectres murmuraient derrière chaque détour,
Et le temps me pressait comme un compte à rebours sourd.
Le papier frémissait sous la pointe de ma main,
Vivante était la carte, complice du destin.
À chaque signe inscrit surgissait un passage,
Des routes inconnues, nées d'un simple traçage.
Ainsi je fuyais l'ombre par le dessin et l'encre,
Inventant l'évasion pour ne pas me laisser vaincre.
Dans ce monde mouvant façonné par l'esprit,
La fuite devenait acte, et la peur, un écrit.
148 - Les fleurs de papier
On me confia la tâche étrange de tout ranger,
Des fleurs nées du hasard qu'il fallait classer.
Tulipes de papier, rouges, jaunes, fragiles,
Poussant dans la nature d'un monde impossible.
Certaines avaient l'âge de trois printemps à peine,
D'autres portaient dix-huit hivers dans leurs veines.
Elles parlaient entre elles d'un ton grave ou léger,
Comme si le temps savait aussi fleurir et penser.
Je les écoutais vivre, racines dans le néant,
Leurs voix froissaient l'air comme du papier vivant.
Et moi, perdu entre science et poésie,
Je classais l'inclassable au coeur de mon esprit.
149 - Dormir sur une table
Je dormais suspendu sur une table blanche et pure,
Au-dessus de mon lit, étrange et sans allure.
Le monde tournait lentement dans un vertige subtil,
Et mon rire éclatait, étrange et fragile.
Ma mère entra doucement, pas un bruit dans l'air,
Son regard effleurant ce théâtre éphémère.
Ma tête penchée en arrière touchait le lit,
Et mon esprit s'envolait dans un rire interdit.
Fou ou libéré, je glissais dans l'illusion,
Rythme psychédélique, folie en fusion.
Suspendu entre réel et délire éclatant,
Je vivais ce rêve comme un feu tourbillonnant.
150 - Psycho
Dans les couloirs de l'école, je glissais sans un bruit,
Quand Annie surgit, éclatante, un salut qui m'éblouit.
Ses longs cheveux frisés flottaient comme un vent secret,
Et moi, les miens sales, courbés, je restais muet.
Une voix me frôla, douce et pleine de lumière,
Elle murmura qu'Annie m'aimait, révélant la vérité entière.
Un choc vibrant me traversa, intense et profond,
Comme si l'univers lui-même me soufflait ce don.
La surprise se mêlait à l'étrange sentiment,
Le coeur battant fort, je marchais dans ce couloir mouvant.
Tout devint clair, étrange et merveilleux instant,
Où la vérité éclata, brutale et fascinante.
151 - Psycho II
Dans la salle d'examen, le français me tourmentait,
Je jouais avec des tortues, doucement je rêvais.
Leurs carapaces brillantes glissaient sous mes mains,
Un univers étrange, loin du stress quotidien.
Soudain, apparut Annie, vêtue de brun discret,
Un sourire lumineux, et sa voix douce me disait :
« Bonjour ! » en écho dans ce monde suspendu,
Et chaque mot semblait une caresse inattendue.
Je quittais mes épreuves pour cette conversation,
Où rires et murmures brisaient toute tension.
Entre bébés tortues et éclats de lumière,
Un rêve simple et fou, suspendu dans l'air.
152 - L'armée des ténèbres IV: Traqué par les Bleus
Fuyant l'ombre bleue des forces en maraude,
Je filais dans ma machine, esquivant la fraude.
Un véhicule inventé, fruit de mon esprit,
Glissait sur la route où le danger s'éprit.
Un écran devant moi révélait le chaos,
La police approchait, implacable, sans repos.
Les sirènes hurlaient dans l'air froid de la nuit,
Mon coeur battait au rythme des poursuites infinies.
Derrière un édifice, je grimpai sur la montagne,
Cherchant le refuge où le souffle ne m'étrangle.
L'évasion m'emportait loin des Bleus oppresseurs,
Dans un rêve où je suis maître de mes propres heures.
153 - Le repos
Allongé sur le dos d'un chien au poil blanc,
Je glissais dans un sommeil doux et apaisant.
Son manteau soyeux m'enveloppait de chaleur,
Berçant mon esprit, effaçant toute peur.
Chaque souffle de l'animal était une brise,
Un murmure tranquille que mon rêve avise.
Je me laissais flotter dans ce nuage vivant,
Dans l'écrin moelleux de ce géant apaisant.
Sous ce pelage immense, le temps semblait s'arrêter,
Le monde disparu, seule la paix pouvait exister.
Un refuge doux, tendre, où mon âme se repose,
Sur ce chien blanc, fidèle, que le rêve me propose.
154 - Psycho III
Dans un couloir calme de l'école LeVirage,
J'ouvris une porte, entrouverte avec courage.
Le local de maths s'éclaira de sa présence,
Annie s'avança, douce, pleine d'assurance.
Ses mots vinrent flotter, légers comme le vent,
Chaque syllabe me touchait, instant émouvant.
Le temps sembla suspendu dans cette classe muette,
Où le coeur écoutait plus que toute recette.
Je restai figé, surpris par cette rencontre,
Son regard et sa voix, douce onde qui me monte.
L'école s'effaçait, ne restait que ce lien,
Annie et ses mots dessinant un matin ancien.
155 - X-Placard
Chez ma grand-mère, un secret bien caché,
Le placard s'ouvrit, un passage à découvrir.
Entre deux étages, une chambre m'était offerte,
Où mystère et étonnement venaient se mêler.
Un bain tiède attendait, enveloppe apaisante,
Elle s'y plongea, éclat de vapeur et de joie.
Puis vint mon tour, l'eau m'entoura doucement,
Et le bain se transforma, douce surprise sous mes doigts.
Le lit m'accueillit, étrange et confortable,
Comme si la pièce jouait des tours invisibles.
Le secret du placard, gardien de douce magie,
Me laissait flotter entre rêve et réalité fragile.
156 - Psycho IV
Le téléphone hurle, son écho me saisit,
Je décroche et sa voix glisse jusqu'à moi.
Annie parle, douce et claire, comme un cri,
Mais soudain ma colère éclate sans émoi.
Toutes les rancunes, tous les mots retenus,
S'élancent en tempête, brûlant dans ma gorge.
Chaque injustice, chaque tort jamais perdus,
Se déverse sur elle, comme un orage forge.
Puis le silence tombe, lourd et oppressant,
Je respire enfin, au coeur de cette tempête.
La voix d'Annie tremble, fragile et vacillant,
Et le rêve s'achève, mémoire de ma conquête.
157 - Terrier de tortue
Sous l'îlot de cuisine, un monde se cachait,
Une famille de tortues s'y était installée.
Leurs carapaces brillent dans l'ombre discrète,
Et sous les meubles, leur vie silencieuse s'entête.
Je vis l'une d'elles, courageuse et légère,
Glisser par un trou minuscule, défi extraordinaire.
Trois fois son corps s'y plia, en silence et mystère,
Jusqu'à ma chambre, frôlant l'air comme une chimère.
Étrange ballet, entre l'espace et le temps,
Elle voyage en secret, défiant tout le penchant.
Dans ce petit monde, chaque geste est éclatant,
Et le rêve me sourit, témoin d'un instant vivant.
158 - Déboîtement impossible
Je contemple mon dos et tremble de stupeur,
Un os du bassin se détache avec ardeur.
D'un quart de mètre, il sort, défiant la nature,
Je le remets en place, frôlant l'inquiétude obscure.
Mais aussitôt surgissent, innombrables et vives,
Des fourmis qui grimpent, avides et furtives.
Mes jambes sont envahies par ce petit cortège,
Je frappe, je me débats, dans un fracas de siège.
Le corps et l'esprit en lutte, dans un étrange ballet,
Entre os récalcitrant et insectes pressés.
Le rêve s'évanouit dans un souffle suspendu,
Et je reste figé, encore par l'ombre éperdu.
159 - La mutation à la Alcapone
Je portais le manteau brun des rois de la combine,
Trafiquant traqué, reclus dans une chambre orpheline.
Mon père me parlait d'ombres et de jours comptés,
Une corde à la main, comme un destin noué.
Mais mes yeux se perdaient dans les murs brun foncé,
La peur se dissolvait en teintes déformées.
Dehors, près d'une école mangée par le passé,
Je parlais à une vieille, hors du temps figé.
Avant l'acte final, je rêvais de puissance,
D'abattre un poteau, d'écraser la sentence.
Assis face au verre d'un restaurant muet,
Je compris trop tard : la mort avait choisi à côté.
160 - Attention: Ne pas écoeuré!
Sur le balcon suspendu aux vents de la nuit,
Sous mes pieds tremblants, une araignée surgit,
Noire et fragile, tissant son fil de mystère,
Je lance un filet d'or, éclat lumineux de pierre.
Mais l'ombre rebelle se libère et me suit,
Huit pattes tenaces, cramponnées à ma vie,
Je cours, je gigote, emporté dans la fuite,
Elle m'accroche encore, obstinée et impunie.
Et quand enfin je souffle, le silence revient,
Sa tête a changé, étrangère à son ancien,
Ressemblant à une fourmi, étrange métamorphose,
Mon rêve me sourit, entre peur et osmose.
161 - Chenille à poile pas comme les autres
Une tortue étrange glisse sous mes yeux,
Dix fois plus longue que large, aux reflets mystérieux,
Segmentée comme une chenille en mille éclats,
Chaque carapace un secret que le temps éparpille là.
Cent pattes frémissent, comme un souffle impatient,
Elle se plie et se tord, danse au gré du vent,
Je la prends doucement par l'arrière, curieux,
Pour découvrir ses plis, son monde silencieux.
Son corps se déploie, étrange et fascinant,
Entre rêve et cauchemar, elle semble vivante,
Dans ce ballet étrange, je me perds, contemplatif,
La tortue-chenille m'emporte dans un rêve intensif.
162 - La bête noir
Au coeur d'une fête, rires et éclats flottent,
Parmi mes amis du Virage, la joie se dénote,
Un chien noir surgit, silhouette profonde et fière,
Son regard m'enveloppe d'une étrange lumière.
Je le prends dans mes bras, chaleur inattendue,
Sa fourrure d'ébène, douce comme une nuit tendue,
Silence et confiance se mêlent dans ce contact,
Un instant suspendu, loin de tout impact.
Autour de moi le monde continue sa danse,
Mais lui, sombre compagnon, me guide en silence,
Entre rêve et veille, il devient confident loyal,
La bête noire s'apaise dans mon étreinte idéale.
163 - The Ultimate Power
Allongé sur mon lit, je vois la lumière danser,
Le plafond devient théâtre d'une énergie à dompter,
Mon bras tendu, le poing chargé d'un feu instable,
Tel un fil de dix mille volts, vibrante et palpable.
La lampe s'envole, obéissant à ma volonté,
Les rideaux se déploient sous ma force insensée,
Les étoiles vertes arrachées, suspendues dans l'air,
Je maîtrise l'espace, tout devient mon univers.
Je scrute chaque objet, choix suspendu et précis,
Le troisième à dominer devient le prochain défi,
Dans ce rêve éclatant, je suis maître absolu,
Entre lumière et pouvoir, mon inconscient a survolu.
164 - Psycho V
Déguisé, je retourne aux couloirs du passé,
L'école résonne, souvenirs figés et glacés,
Je cherche mes amis, mais le regard se fige,
Annie m'observe, vengeance en son vertige.
Assis à ma place, je tente de méditer,
Son oeil dans l'ombre me suit, prêt à m'ébranler,
Chaque geste devient lourd, chaque souffle un secret,
Son ressentiment plane, silencieux et parfait.
Je me fonds dans le décor, mais elle m'a surpris,
Présence vengeresse qui transperce mes abris,
Dans ce rêve inquiétant, le temps semble suspendu,
Et mon inconscient tremble sous ce duel inattendu.
165 - Fusion diabolique
Dans la forêt sombre, parmi les conifères géants,
Je découvre une roche, cercle de dents menaçants,
Fusion étrange s'opère, mon corps devient pierre,
Chaque molaire diabolique s'incruste sur ma chair.
Poussière de dents sur mon dos, froid et cruel,
Je sens leur pouvoir glisser, un lien surnaturel,
Mes pensées se tordent, ce que j'aimais se corrompt,
Sous l'emprise de la pierre, mon esprit s'affront.
Même l'amour cher s'incline à cette magie noire,
Mon coeur lutte en vain, mes mots deviennent illusoires,
Dans ce rêve obscur, je suis prisonnier du mal,
Fusion diabolique, où le monde devient astral.
166 - Psycho VI
Au milieu des cartes, rires et gestes éclatants,
Un mur me sépare d'Annie, regard perçant, fascinant,
Je fais mon spectacle, comme toujours pour briller,
Ignorant le danger que l'ombre pouvait me jeter.
Aux toilettes, le piège se révèle dans le silence,
Annie et ses alliées, prêtes à punir ma présence,
La chef me reproche des secrets dévoilés,
Je fais semblant de ne pas voir, de tout ignorer.
Puis en classe, son regard perce enfin mon écran,
« Il faut que je te parle », dit-elle, solennellement,
Entre peur et curiosité, mon coeur se suspend,
Dans ce rêve troublant, le passé et l'angoisse se mêlent.
167 - Psycho VII
À l'heure du midi, l'école bruisse et respire,
Annie s'assoit enfin, mon coeur commence à s'ire,
Son sourire dissimule un dessein bien caché,
Chaque mot qu'elle prononce semble me piéger.
Quand je reviens, elle s'est déjà évanouie,
Comme ombre furtive fuyant ma vue éblouie,
La tension persiste, le mystère m'accompagne,
Chaque silence pèse, chaque pensée se bagne.
Dans l'autobus bondé, le secret se révèle,
Le véhicule voisin abrite la diabolique et cruelle,
L'inconscient s'amuse, mêlant peur et fascination,
Je navigue entre rêve et éveil, dans cette étrange vision.
168 - Le secret de la peur des filles
Dans un univers où tout défie la raison,
Je cherche en silence la source de ma question,
« Pourquoi crains-tu les filles ? » murmure le vent,
Les lois sont inverses, chaque instant surprenant.
Tout s'éteint soudain, seule brille une lumière,
Point blanc éclatant, éclaire l'infini mystère,
Autour, un bleu indigo comme un voile cosmique,
Se tisse l'espace d'une danse énergétique.
Puis surgissent des étoiles, myriades scintillantes,
Éclairant la peur, la rendant presque vivante,
Dans ce rêve étrange, peur et beauté se mêlent,
Et l'inconscient parle, tandis que l'âme s'éveille.
169 - Psycho VIII
Dans la classe silencieuse, le temps semble suspendu,
Je me tiens derrière Annie, regard confus, perdu,
Chaque geste qu'elle fait devient une énigme subtile,
Et mon esprit vacille, entre peur et fragile.
Les chuchotements flottent, l'air est chargé de secrets,
Son dos devient un mur, un labyrinthe discret,
Je scrute, j'hésite, chaque souffle me déstabilise,
Le jeu invisible du rêve m'ensorcelle et me grise.
Dans ce monde figé, l'inconscient se déploie,
Annie est à la fois menace et douce loi,
Entre désir de comprendre et crainte instinctive,
Je reste prisonnier de cette scène furtive.
170 - Les entrailles du bâtisseur
Au fond d'un tunnel, sombre et profondément creusé,
Je marche aux côtés d'un Transformer animé,
Les parois étroites vibrent sous chaque pas,
Mécanique vivante, mystérieuse, presque au-delà.
Face à Nostradamus, chef des formes en mouvement,
Ses yeux brillent d'un savoir ancien et fascinant,
D'un corps mécanique il devient camion géant,
Métamorphose magique, spectacle éblouissant.
Chaque engrenage, chaque métal semble respirer,
Le tunnel résonne d'une énergie à captiver,
Dans ce rêve profond, le bâtisseur m'emmène,
Vers un monde où machines et magie se mêlent sans peine.
171 - Le plan ultime: Les Châteaux d'Or
Je marche droit au coeur d'une terre luxuriante,
Végétation éclatante, vie dense et vibrante,
À ma gauche surgit un château d'or parfait,
Cubes immaculés, aucun souffle ne l'a défait.
Un chemin transversal coupe ma route en croix,
Une église d'or se dresse, miroir de ma voix,
Chaque mur brille d'un éclat éternel et pur,
La lumière caresse ces murailles si sûres.
Je me retourne, et dans le ciel bleu resplendissant,
Un château plus grand se dresse, triomphant,
Son visage rayonne d'une victoire éclatante,
Mon esprit contemple ce plan ultime, fascinante.
172 - Psycho IX
Dans la rue, je marche, Donnais à mes côtés,
Nous parlons d'informatique, le monde léger,
Mais Annie surgit, reflet secret et miroir,
Je tente de l'ignorer, son oeil semble voir.
Deux maisons plus loin, elle habite, étrange lien,
Télépathie invisible, ses gestes suivent les miens,
Tout ce que je fais, elle le répète en silence,
Étrange complicité, étrange ressemblance.
Chez moi, je me retrouve en jeans seulement,
Je chasse les sacs de vidange, acte purifiant,
Chaque geste banal devient rituel et libérateur,
Dans ce rêve troublant, l'inconscient se fait narrateur.
173 - Ccoooolll! Un fantôme!
Au premier étage, ma maison s'endort,
Un trou dans le plancher révèle un sort,
Je tends la tête, le sous-sol m'attire,
L'eau menace, prête à surgir et m'inspirer le pire.
Je tourne mon regard, et dans l'air flottant,
Un fantôme nuage apparaît, étrange et fascinant,
« Cccooolll ! » murmuré, excitation mêlée de peur,
Je le scrute attentif, suspendu à son humeur.
Il hésite, danse entre menace et jeu,
Son voile blanc frôle mon univers devenu flou,
Entre curiosité et frisson, je reste immobile,
Dans ce rêve étrange, le surnaturel devient subtil.
174 - Une autre histoire de Ski dans le désert!
Au milieu de l'océan, la tempête se prépare,
Attachés par un câble, flottant sur l'onde rare,
Le capitaine craint les flots, la houle déchaînée,
Mais je trace ma route, vers ma maison retrouvée.
Dans l'entrée, une rivière oubliée resurgit,
Un trou de béton m'interpelle, mais je le franchis,
La galerie s'embrase sous les flots renaissants,
L'eau bondit et s'élance, spectacle fascinant.
Un arc-en-ciel éclate entre mes pieds et les eaux,
La tête d'une tortue vivante entre mes doigts, cadeau,
Le rêve mêle chaos, beauté et éclats de vie,
Et mon inconscient sourit de cette folie infinie.
175 - The Ultimate Dog
Allongé parmi chiens, calme et reposé,
Leurs respirations flottent, doux souffle posé,
Mais l'un se détache, esprit vibrant et profond,
Et par télépathie, sa voix perce mon horizon.
Ses mots sont des échos, tissés dans mon esprit,
Compagnon silencieux, ami au langage infini,
Je sens son coeur battre, l'étrange lien qui nous unit,
Entre humain et chien, une conversation infinie.
Dans ce rêve flottant, mystère et chaleur se mêlent,
Chaque regard canin devient un secret qu'il révèle,
The Ultimate Dog parle, et le monde se tait,
Mon inconscient sourit à ce dialogue discret.
176 - Mickey Mouse XXX
Allongé face au divan, calme et détendu,
Julie Masse s'étend sur moi, sourire inattendu,
« Veux-tu m'épouser ? » demande-t-elle en éclat,
Je secoue la tête, refus clair, sans débat.
« Pourquoi ? » insiste-t-elle, malice dans le regard,
Je réponds sans détour, l'honnêteté comme rempart,
« Je ne te connais pas assez, juste désir sans amour, »
Elle rit, rusée, sûre que notre sort pourrait courir.
Le rêve tangue entre audace et vérité,
Entre humour, provocation et sincérité,
Dans ce délire, mon inconscient joue et s'amuse,
Chaque dialogue devient une étrange ruse.
177 - Le pied du 666
Je tombe sur des papiers, secrets bien cachés,
Le chiffre 666 y brille, sombre et gravé,
Partout où l'encre danse, son signe se glisse,
Murmure invisible d'une société en coulisse.
Ses lignes se répètent, partout sur mes yeux,
Comme un pied posé, puissant et silencieux,
Chaque symbole pèse, influence et intrigue,
Je sens l'inconnu se mêler à ma logique.
Dans ce rêve étrange, le monde se dévoile,
Chiffres et mystères tissent leur voile,
Et moi, simple spectateur de cette révélation,
Je marche au bord de l'étrange fascination.
178 - L'héritage: Les 5 fusées
Je reviens à la vie, après un long sommeil,
Mémoire effacée, mystère dans le soleil,
On me parle de mon corps ouvert comme écrevisse,
Exploration macabre, vérité et malice.
On me montre l'héritage, cinq fusées en bloc,
Rouge et jaune brillent, chacune comme un roc,
Fiches techniques étalées, révélant l'étrange,
Ces machines ont des coeurs, émotions qui dérangent.
Entre mort et renaissance, rêve et réalité,
Mon inconscient danse avec la bizarrerie,
Cinq fusées vivantes, souvenirs en fusion,
Portent l'héritage d'une étrange résurrection.
179 - Ça c'est de la bibite !
Devant une muraille d'or, au désert rouge ardent,
Je me tiens sous le soleil, observant le néant,
Un insecte colossal, humanoïde et terrifiant,
Fourmi au crâne de termite, je le tiens haletant.
Son corps est étrange, sa force défiant mes mains,
Je croyais l'avoir vaincu, mais son venin est vain,
Un passant murmure, vérité froide et cruelle,
Ces créatures invincibles, leur poison m'émerveille.
Sous le ciel éclatant, sable et or s'entrelacent,
Je contemple ce monde où la peur prend place,
Entre courage et horreur, mon rêve se déploie,
Bibite étrange et monstrueuse, gardienne de loi.
180 - Quand je dis: «Je débarque maintenant» tu m'écouteras la prochaine fois!
Dans la voiture de mon frère, impatient je suis,
« Je débarque maintenant ! » criai-je avec un cri,
Mais lui vise le dépanneur, moi la liberté,
Furax, je descends, même si l'engin est lancé.
La porte me reste dans les mains, étrange surprise,
Objet insolite que je brandis avec franchise,
Mon frère ne revient pas, indifférent au drame,
Je ramène mon butin, fier de mon acte infâme.
Entre urgence et absurdité, le rêve s'éclaire,
Chaque geste exagéré devient légendaire,
Dans ce délire fou, mon inconscient rit,
Et moi, avec la porte, je poursuis ma nuit.
181 - Oh Merde! Psycho X
Au deuxième étage, je marche près des livres et des étagères,
L'école du Virage respire un calme étrange et clair,
Par hasard, Annie surgit, sourire discret et lourd,
Je poursuis ma route, le couloir s'étire autour.
Face à la classe de Français, elle m'arrête un instant,
« Attends-moi », dit-elle, d'un ton à la fois doux et piquant,
Je patiente, coeur un peu tendu, esprit flottant,
Puis nous avançons ensemble, pas après pas, lentement.
Le couloir s'étend, mélange de lumière et de peur,
Entre routine et tension, le rêve prend sa couleur,
Chaque geste, chaque regard, devient énigmatique,
Et l'inconscient joue, rendant l'instant dramatique.
182 - Les dieux Ovnisien
Du ciel descendent des O.V.N.I., dieux proclamés,
« Le plus fort ne vit rien sans le faible », ont-ils clamé,
Nous habitons leurs vaisseaux, confort et soin nous entourent,
Mais leur présence invisible plane, mystère qui nous court.
Heureux dans le métal flottant, l'air résonne doux,
Jusqu'à la fille aux cheveux frisés qui refuse le joug,
Elle s'enfuit, croyant choisir, loin du contrôle imposé,
Mais dehors, ténèbres et désolation viennent l'assaillir en secret.
Ses larmes crient l'angoisse, solitude et regret,
L'O.V.N.I. envoie deux cylindres, pour la sauver peut-être,
Entre pouvoir et liberté, rêve étrange et cruel,
Les dieux invisibles veillent, silencieux et immortels.
183 - La colère de l'Ultimate Power
À l'arrêt de l'autobus, rencontre étrange et brève,
Une fille provocante, ses paroles m'émeuvent,
Une main touchée par hasard déclenche la fureur,
Je m'éloigne, furax, face à sa paranoïa en demeure.
Montagne abrupte, 75° sous mes pas,
Traqué par des hommes, le danger là-bas,
Balles géantes volent, rougeurs flamboyantes,
Je slalome entre les arbres, esquive éclatante.
Un arbre ancien murmure, secret et conseil,
« Nommes-les, et tes pouvoirs deviennent vermeil »,
Je prononce 32X. et la peur s'installe dans leurs yeux,
L'Ultimate Power s'éveille, mon inconscient victorieux.
184 - Une serre qui pousse !
Dans une serre immense, vaste comme une ville,
Quelqu'un augmente le feu, le souffle devient subtil,
La chaleur s'élève, la vie explose en furie,
Végétation vertigineuse, danse infinie.
Les plantes s'élancent, tiges et feuilles en flamme,
Arbres millénaires brisent murs et panorama,
Chaque racine, chaque branche, un rugissement vivant,
La serre se transforme, monde nouveau et flamboyant.
Sous ciel de verre éclaté, la jungle s'empare,
Les siècles de croissance font trembler chaque phare,
Dans ce rêve exalté, puissance et nature fusionnent,
Et mon inconscient contemple la vie qui résonne.
185 - Unreal Continue: Psycho XI
Assis sur ma chaise, le monde semble suspendu,
Annie s'approche, ses pas calmes et contenus,
Avant que je ne pense, ses bras m'enlacent,
Étreinte soudaine, où mon souffle se lasse.
Ma conscience murmure, voix familière et claire,
« Je t'avais dit que cela arriverait, prépare-toi à voir »,
Étonnement et destin se mêlent dans l'instant,
Émotion profonde, imprévisible et brûlante.
Dans ce rêve fragile, entre réalité et sensation,
Chaque geste d'Annie devient révélation,
L'inconscient rit, me montre l'inévitable vérité,
Et je demeure, surpris, dans cette étreinte improvisée.
186 - Le faux diable
Aux années 1800, je marche dans le temps,
Un homme s'avance, étrange et rassurant,
Il nie être le diable que tous redoutent,
Son savoir futur, contre les peurs s'ajoute.
« Tu sais plus que le XVIIe siècle n'aurait cru,
Moi du futur, je porte un monde inconnu, »
Il explique calmement que l'Apocalypse le trahit,
Mais que son rôle est emprunt, illusion infinie.
Entre passé et futur, mystère se dessine,
Le faux diable me parle, vérité qui fascine,
Connaissance et mensonge s'entrelacent, subtils,
Et mon inconscient flotte dans ces instants graciles.
187 - Ovni 2: Albator enlève mes frères
Dans la voiture de mon frère, je lève les yeux,
Deux vaisseaux bruns d'Albator percent les cieux,
Trois lumières scintillent, mystérieuses et froides,
Ils nous suivent, menaçants, dans la rue en ode.
Je descends, courageux, me plaçant en proie,
La lumière m'enlace, frisson qui me noie,
Mais les engins choisissent de ne pas me prendre,
Mon frère disparaît, emporté dans l'éther tendre.
Seul face au silence, le danger me fixe,
La peur et l'inconnu se mêlent en matrice,
Dans ce rêve étrange, où l'espace se tord,
Albator emporte l'âme, et laisse mon coeur fort.
188 - La psychologue
Dans l'appartement, elle scrute, analyse et juge,
Chaque geste observé, chaque mot qu'elle refuse,
Psychologie constante, commentaire incessant,
Je cherche l'évasion, esprit oppressé et tremblant.
Je sors dans la rue, espérant la fuir,
Mais son ombre me suit, morale à me tenir,
Dans l'entrepôt je me regarde, chemise noire au vent,
Mais nu sous tout, vulnérable, mon coeur battant.
Au loin une ancienne amie passe, indifférente et fière,
Je cours, rouge de peur, dans l'air frais et clair,
Fuyant les regards, l'inconscient me presse,
Dans ce rêve troublé, solitude et fuite se tressent.
189 - Le diable
Assis au restaurant, mon père me sourit,
Offrant richesses et trésors que tout coeur envie,
Mais je refuse, car nul besoin ne m'habite,
L'attrait du pouvoir laisse mon esprit en fuite.
Soudain la vérité perce, sombre et glaciale,
Le père que je connais devient diable infernal,
Ses mains s'enroulent, étreinte mortelle et froide,
Je suffoque, la peur me mord, le temps se déchaîne et rôde.
Par un miracle, je romps l'emprise soudaine,
Je cours, échappant à l'ombre qui m'entraîne,
Entre danger et chance, mon inconscient se joue,
Et je respire encore, libre, dans ce rêve fou.
190 - La terre promise
Je rencontre ses cheveux foncés sans prévenir,
Figure inconnue, étrange, qui vient me séduire,
Ses yeux reflètent un monde doux et silencieux,
Présence mystérieuse, que je ressens précieuse.
Nous marchons ensemble dans la neige immaculée,
Chaque pas laisse une trace que le froid ne peut effacer,
Le vent caresse nos visages, souffle léger et pur,
Et mon coeur devine ce lien tendre et sûr.
À la fin du rêve, lumière douce et promise,
Je découvre que c'est elle, ma complice, ma mise,
Dans ce monde blanc et calme, l'amour se révèle,
Et mon inconscient sourit à cette beauté fidèle.
191 - Le sang des Impures
Dans le magasin vaste, je cherche un cadeau,
Pour mon frère, un ordinateur, éclat nouveau,
Mais mon regard croise une fille étrange et obscure,
Un détail me glace, fascinant et impur.
Entre ses yeux et son nez, un vide étrange s'étend,
Une veine vert fluo brille, pulsation déroutant,
Fragment manquant, beauté perturbante et cruelle,
Mon esprit observe, mêlé de peur et d'étincelle.
Le monde s'éclaire sous ce vert lumineux,
Révélant le bizarre, l'étrange et le dangereux,
Dans ce rêve troublant, l'inconscient se déploie,
Et je contemple le mystère, mêlé de malaise et de joie.
192 - Psycho XII: BiChat
Dans ma chambre endormie, Annie ouvre la porte,
Et soudain le monde change, réalité qui m'emporte,
Un chat me guide, escalier et édifice public,
Tandis qu'un autre diabolique poursuit mes pas frénétiques.
Je le touche, le chat sombre en ultime tourment,
Pour sauver l'innocent, je brise le sort violent,
Dans la cuisine industrielle, un concombre surgit,
Déguisement de malice, piège qui m'envahit.
Je reviens au point de départ, figé et muet,
Annie me réveille, et je reste en retrait,
Fuir est impossible, le rêve se referme enfin,
Mon inconscient observe, cruel et facétieux chemin.
193 - Jaws au Zoo
Sur la plaza bordant la mer, je marche, pensif,
Un aquarium de béton s'élève, imposant et massif,
Une femme me parle, calme et assurée,
« N'aie crainte des requins, leur force est à respecter. »
Plus tard, je la vois nager avec le géant marin,
Quatorze mètres de muscle et de dents qui font du chemin,
Chaque mouvement fascine, beauté et danger mêlés,
Le prédateur blanc devient majesté et réalité.
Je reste là, observateur, coeur à la fois pris et libre,
La peur cède place à l'émerveillement qui vibre,
Dans ce rêve flottant, la nature impose son empire,
Et mon inconscient contemple le sauvage qui s'inscrit.
194 - La terre promise II
Allongé sur la rampe, l'usine comme horizon,
Je contemple le mouvement, chaque pièce en action,
Une fille s'approche, puis s'éloigne avec légèreté,
Son regard croise le mien, curiosité révélée.
Elle fait demi-tour, glisse et se place à mes côtés,
Chaque pas semble écrit par un souffle du destin secret,
Le temps suspend son vol, souffle chaud et silencieux,
Et je sens la proximité vibrer, étrange et précieux.
Finalement, elle se serre contre moi, douce étreinte,
Le monde autour s'efface, seule la chaleur empreinte,
Dans ce rêve suspendu, mon inconscient sourit,
Et je demeure, surpris, par cette étreinte qui me choisit.
195 - Psycho XIII: L'impossible et la mère
Dans la maison d'Annie, je me tiens sur la pointe des pieds,
Sa mère insiste, je sens un piège caché sous ses souhaits,
Pressé de fuir, chaque seconde devient un danger,
L'air de la pièce vibre de secrets et d'ombres mêlées.
Quand elle part vers la cuisine, prétendant chercher,
Je file silencieux, mon coeur prêt à éclater,
Car je sais qu'elle manigance pour ramener l'impossible,
La fille aux yeux de tempête, force invisible et indicible.
En me retournant, ma peur devient réalité,
Annie descend, furieuse, avec l'intention révélée,
Mais je suis déjà loin, libre dans la fuite,
Et la mère, seule complice, s'efface dans la nuit.
196 - Psycho XIV: La peur de revenir en arrière
Assis avec mes amis, le monde semble calme et lent,
Annie apparaît, près de moi, regard discret mais présent,
Je n'ose bouger, craignant qu'un geste ne l'attire,
Chaque respiration devient un souffle qui pourrait la séduire.
Elle s'éloigne enfin, laissant l'air moins pesant,
Mais bientôt je pars, l'autobus m'attend, pressant,
À l'embarquement, le manque d'argent me fige et retient,
Et je retourne en arrière, coeur serré et esprit en lien.
Le retour à l'école est une marche sous tension,
Chaque pas semble écho de ma propre hésitation,
La peur de reculer et l'angoisse de l'avance se mêlent,
Et mon inconscient sourit, captif de ces ritournelles.
197 - A New Ultimate Story
Dans l'appartement public, je cherche l'ombre et le retrait,
Filles autour de moi, je glisse vers un coin discret,
Une pièce isolée, refuge fragile et secret,
La porte se ferme, et l'air devient calme et concret.
Sur le lit, les draps bougent, danse étrange et fluide,
Je forge dans le tissu bleu une forme qui me guide,
Sans toucher, je crée, mais le contrôle m'échappe,
Mon inconscient rit, et l'éveil devient une trappe.
Je sais que je dors, pourtant je combats pour rester,
Entre rêve et désir, l'esprit commence à flotter,
La chambre devient monde où je joue et m'égare,
Dans ce rêve ultime, je goûte à l'illusion rare.
198 - Psycho XV: La Honte
Dans l'école, Annie me fixe, puis disparaît,
Je la suis, obligé de quitter les lieux de paix,
Boutique ou chemin, aucun échappatoire offert,
La tension monte, colère éclate dans l'air.
Les mots blessants volent, disputes enflammées,
« Je suis heureuse ! » clame-t-elle, défi lancée,
Nous franchissons l'au-delà du commerce et du bruit,
Dans un appartement, nos corps nus font leur nuit.
Je reprends mon bas, dernier vestige d'un lien,
Résolution gravée : je ne la reverrai plus, en rien,
Le rêve s'achève sur l'ombre de l'affront et de la fuite,
Mon inconscient scelle la honte, en éclat absolu, sans suite.
199 - Le don de la grosse bille
Dans l'autobus en marche, une fille me tend la main,
Une grosse bille brillante, cadeau étrange du destin,
Je la mêle aux petites, curiosité et mystère,
Le poids dans ma paume pèse comme un secret à faire.
Le sac déborde, billes échappées en chaos,
Je débarque juste à temps, le monde tangue et flamboie,
Réalité vacille, je comprends que je dors,
Et la magie du rêve m'emporte loin de tout décor.
Une voiture rouge traverse mon corps sans mal,
Je me tiens debout, invincible et total,
Plus d'attaches, plus de liens avec ce monde qui dort,
Libre je suis, dans l'infini de mon subconscient qui s'explore.
200 - Le Mage
Dans le restaurant je marche, mon coton-vaté oublié,
Le videur me barre le chemin, imposant et glacé,
Je passe malgré tout, ma veste devient cuir éclatant,
Et soudain je sais que je rêve, roi-mage flottant.
Je tends ma volonté vers une blonde aux yeux clairs,
Visage marqué par la vie, pureté qui éclaire,
Sous mon enchantement, elle lutte et résiste,
Mais dans son regard limpide, mon coeur s'insiste.
Entre pouvoir et désir, le rêve s'embrouille,
Volonté et résistance dansent dans une houle,
Je goûte la magie de l'inconscient qui me guide,
Roi-mage éveillé, là où le réel se vide.
201 - Yes! Des chips digne du nom !
Du haut de la maison, je scrute le monde en bas,
La cour s'étend, pavée de chips géantes à l'infini, las,
Chaque morceau plus large qu'une brouette, éclat doré,
Un festin surréaliste que mon esprit vient de créer.
Ils couvrent le terrain, doux chaos croustillant,
Un tapis improbable, délicieux et captivant,
Je marche parmi eux, émerveillé et ravi,
Chaque pas crisse sous le miracle croustillé de la vie.
Rêve sucré-salé, folie de l'inconscient en fête,
Les chips géantes dansent sous mes yeux en pirouette,
Je ris, fasciné par ce banquet devenu terrain,
Et savoure ce délire où le réel n'a plus de frein.
202 - Bonjour Russie
À l'écran s'allume la guerre dans la neige lointaine,
Soldats et explosions, fracas d'une lutte ancienne,
La dynamite crache ses flammes jaunes et rouges,
Le chaos danse, cruel, dans ce monde qui bouge.
Chaque détonation éclate comme un éclair furieux,
Les couleurs se mêlent, brûlantes, dans un ciel anxieux,
Je regarde, spectateur, le drame qui se répète,
Et mon esprit frissonne devant la violence concrète.
La Russie en feu s'étend sous mes yeux troublés,
Les bruits, les flammes, deviennent rêves tourmentés,
Dans ce cauchemar vivant, l'inconscient observe et note,
La fureur des hommes, et l'éclat des bombes en éclats de cendre et de flotte.
203 - L'armée des ténèbres V: Les petits Kong
Dans la cuisine pressé, Miquette réclame le dehors,
Je l'envoie courir, mais derrière la porte un effort,
Une armée de gorilles attend, gigantesque et sauvage,
Prête à briser l'entrée, envahir ma cage.
Je tente de sauver ma chienne, elle hésite, se retient,
Les singes frappent, lancent des pierres, brisent le chemin,
Mais la porte résiste, solide comme un rempart,
Et je lutte, tendu, gardien de ce fragile havre rare.
À force de peine et courage, je referme le trou,
Les Kong se heurtent, furieux, à mon combat fou,
Dans ce rêve où chaos et force se mêlent en furie,
Mon inconscient érige ma porte comme ultime magie.
204 - Pauvre X-Files
Mulder s'éveille, surpris par un fil insidieux,
Tendu comme un serpent, menaçant et silencieux,
Il lutte un instant, repousse cette ligne vivante,
Mais le fil revient, brun rouille, force inquiétante.
Vide de substance, il attire et fascine un moment,
Puis bondit à nouveau, imprévisible et dément,
Mulder le saisit, le guide vers la chambre close,
Attaché au lit et au bureau, prison imposée et morose.
Fil capricieux et brun, danse de cauchemar éveillé,
L'inconscient joue ici, ses règles sont défiées,
Entre lutte et contrôle, la peur devient un art,
Et dans ce rêve X-Files, Mulder tient son regard.
205 - Futur Shop
Dans la cafétéria, je vois deux mondes séparés,
Chefs d'un côté, nous de l'autre, en silence isolés,
Un mur nous divise, barrière de hiérarchie et d'air,
Je me sens étranger, flottant dans ce curieux univers.
Mon supérieur crie un nom qui me laisse perplexe,
« Ton compilateur de C ! » clame-t-il avec complexe,
Je n'ai jamais codé, pourtant le mot résonne fort,
Comme si l'inconscient forgeait ses lois en ce décor.
Rêve d'employé, mélange de travail et de mystère,
Un compilateur imaginaire, cadeau ou chimère,
Entre humour et étonnement, je flotte dans ce lieu,
Où la logique du monde s'incline devant mon esprit curieux.
206 - Psycho XVI: L'après guerre
Dans l'autobus en marche, Annie monte, visage changé,
Épave de drogues et d'ombre, beauté éteinte, dérangée,
Je détourne le regard, tremblant devant ce sinistre sort,
Elle reflète la prophétie que jadis je portais fort.
Je pense à mes mots anciens, sorcier qu'elle avait cru,
Maintenant le temps me donne raison, elle s'efface, perdue,
Je lui dis « Non » et tourne le dos, ferme et distant,
Elle glisse dans l'abîme, emportée par le destin mouvant.
La chauffeuse interdit l'arrêt que l'ombre voulait rejoindre,
Protection étrange ou destin cruel, mystère à dépeindre,
Je reste seul, témoin de ce rêve où le passé se mêle,
Où l'inconscient écrit l'histoire que la réalité révèle.
207 - Le docteur miracle
Sur le bureau d'école, je me tiens concentré,
Une fille aux cheveux noirs comme la nuit m'a trouvé,
Elle me tend son dos, os brisés à réajuster,
Je calcule, je replace, avec soin et minutie mes gestes assurés.
Ses vertèbres s'alignent sous mes mains attentives,
Chaque articulation retrouve sa course et ses dérives,
Elle tourne la tête, un frisson traverse la pièce,
Mystère silencieux, magie et science en délicatesse.
Docteur de l'étrange, je touche l'inconnu et le réel,
Chaque os repositionné devient un symbole immortel,
Dans ce rêve étrange où l'étrange et l'humain se mêlent,
Je deviens artisan des corps et des mystères éternels.
208 - La vérité déguisé
Dans les allées du Jean-Coutu, les aiguilles dansent,
Filles invisibles ou présentes frappent en cadence,
Chaque coup sur mon dos semble un message secret,
Un murmure étrange m'assure qu'elles sont intéressées.
Une voix sans corps, que nul autre ne peut entendre,
Me souffle des vérités que mon esprit veut comprendre,
Mais je doute, je ris, incrédule devant ce signe,
Pensant que l'invisible délire ou que la drogue l'incline.
Entre réalité et rêve, mon esprit se perd,
Coutures et murmures tissent un monde à découvert,
La vérité se cache sous des habits déguisés,
Et mon inconscient observe, joueur, à travers ce ballet.
209 - Satan?
Je m'éveille en sursaut, coeur frappant dans la nuit,
Une peur sourde m'étreint, glaciale et infinie,
Mes lèvres hurlent l'ordre, voix brisée par l'effroi :
« Hors de ma vue, Satan ! » s'échappe de ma voix.
L'ombre du rêve s'efface, mais son écho persiste,
Un souffle maléfique semble rôder, subsiste,
Je cherche à fuir l'ombre que mon esprit a forgée,
Mais l'angoisse du cauchemar reste imprimée.
La chambre devient théâtre de lutte invisible,
Le mal y danse, et je crie, seul, invincible,
Entre sommeil et éveil, mon coeur s'est rebellé,
Et mon inconscient m'a confronté à l'impensé.
210 - Pink Floyd
Chez ma soeur je pénètre, et l'air devient léger,
Elle tend un disque, cadeau aux reflets argentés,
« De l'air » s'inscrit en lettres sur ce double joyau,
Pink Floyd murmure déjà des mondes hauts et beaux.
Le plastique craque sous mes doigts curieux et tendres,
Chaque note s'élève, prêt à mon âme s'étendre,
Les guitares flottent, les voix me prennent et m'emmènent,
Vers des paysages où le rêve et la musique se mêlent.
Dans ce simple geste, un univers s'ouvre à moi,
Entre les murs familiers, la magie fait sa loi,
Un souffle, un son, et le temps se met à danser,
Pink Floyd et le rêve se sont enfin rencontrés.
211 - L'armée des ténèbres VI: Les démons
Je cherche des langages morts dans un magasin stérile,
Rayons vides, savoir absent, savoir inutile,
Puis l'antiquaire m'ouvre une chambre hors du temps,
Un vinyle d'Europe y dort, chargé de chants troublants.
On murmure qu'un chef d'esprits noirs hante ce lieu,
Je fuis vers la sortie quand s'abattent les cieux :
Une armée sans visage me tire vers la pièce,
Mains invisibles en grappes, désespoir et rudesse.
Je frappe le néant, le bois n'atteint rien,
Alors je nie leurs lois, je renie leur destin,
Hors de la physique, je brise leur pouvoir :
N'existant plus pour moi, ils disparaissent dans le noir.
212 - Bonjour le tigre
Dans un sous-sol clos, un homme sans visage
Passe une corde entre mon cou et mes flancs en gage,
« On devient fort dans l'épreuve », dit-il en s'en allant,
Laissant derrière lui le silence et le tourment.
Alors surgit le tigre, seigneur aux pas feutrés,
Je grimpe au cadre étroit, la corde pour seule clef,
Suspendu entre peur et instinct de survie,
Je fuis le gros matou, les nerfs crispés, l'esprit en sursis.
Je frappe les murs, encore, la corde comme espoir,
Vingt fois je tente la fuite, vingt fois le même noir,
L'épreuve s'éternise, le piège reste entier,
Et le rêve m'enseigne que lutter, c'est déjà résister.
213 - Mauvais choix pour certains mais pas pour l'autre !
Je revis mes amis dans l'école d'autrefois,
Un livre remis, un sourire, souvenirs en voix,
La fille que je craignais n'y était point présente,
Et je montai seul, dans les locaux absents.
Entre murs silencieux, un trésor se dévoile,
Un livre de chimie, imprimé, riche de détails,
Je parcours ses pages, absorbé par l'éclat
Du savoir immobile où mon esprit s'égare là.
Puis elle arrive, rayonnante, et prend place en face,
Conversation chaleureuse, douceur qui embrasse,
Mauvais choix pour certains, mais pour moi une chance,
Un instant suspendu, où le temps prend sa danse.
214 - L'appâter
Sous le voile du soir, je garde la demeure,
Devant la porte sombre, dans l'ombre et la peur,
Un chat noir apparaît, ses yeux comme des flammes,
Je le guide à l'intérieur, soumis à mes trames.
Silencieux, il avance, mystérieux et prudent,
Chaque pas résonne dans le hall étourdissant,
L'obscurité le suit, et moi, je retiens ma voix,
Telle une ombre gardienne au coeur de ses lois.
Puis la porte se ferme, un frisson dans la pièce,
L'animal captif du lieu, et moi seul dans la liesse,
Mission accomplie, étrange et fugace ballet,
Sous la nuit, le chat noir devient mon secret muet.
215 - Apparemment sans défaut?
Je descends vers le sous-sol, ombre et silence m'accompagnent,
Un chat blanc m'appelle, ses miaulements légers me gagnent,
Je tends la main, je le flatte, doux éclat de sa fourrure,
Chaque caresse révèle des taches, comme une ombre qui murmure.
Sa pureté se trouble, noirceur naissante sur son blanc,
Comme si chaque geste, chaque souffle, portait un secret latent,
Je regarde, fasciné, ce contraste naître sous mes doigts,
Beauté immaculée troublée, révélant ses lois.
Ainsi le chat m'entraîne, mystère et lumière mêlés,
Apparemment parfait, mais déjà par l'ombre touché,
Je reste là, témoin, au seuil du sous-sol interdit,
Où la pureté se heurte au monde, fragile et infinie.
216 - Rome se dégrade
À Rome je marchais, aux côtés de ma soeur,
Un fleuve immense s'étendait, reflet de douleur,
Ses eaux noircies, chargées de détritus et d'ombre,
Chaque nappe de pétrole semblait que la vie succombe.
Les flots emportaient tristesse et éclats ternis,
Comme un miroir brisé où le passé s'est enfui,
Les pierres anciennes pleuraient leur gloire perdue,
Sous la crasse et le noir, leur beauté se déçue.
Pourtant je traversais, mêlé au courant amer,
Le coeur serré par l'éclat d'un monde éphémère,
Rome se dégrade, mais je marche, témoin silencieux,
Dans ce fleuve corrompu, entre ciel et lieux.
217 - L'Homme-Corbeau
Dans l'ombre d'un lieu froid, l'écran s'illumine,
Un homme se métamorphose en corbeau qui domine,
Autour de lui, les regards cherchent à le contenir,
Mais son rire psychédélique commence à tout frémir.
Ses traits se déforment, l'humanité s'efface,
L'instant se tord, se fige, perd toute grâce,
Il tend ses mains noires vers mon souffle et mon coeur,
Et l'air se fait poison, révélant sa fureur.
Puis soudain tout s'éteint, l'obscurité s'étend,
Comme un écran clos, l'univers devient néant,
Et je reste là, figé, pris dans la peur du corbeau,
Spectateur prisonnier d'un monde devenu chaos.
218 - Psycho XVII: La poursuite
Dans les rues désertes où la nuit s'étire,
Je portais ma balayeuse, marchant sans rire.
Mais derrière moi, l'ombre d'Annie se glissait,
Chaque pas que je faisais, elle me suivait.
Je fis un virage, un détour, un U rapide,
Espérant semer la blonde silhouette intrépide.
Je me réfugiai dans un appartement clos,
Ses yeux d'inquiétude croisant les miens aussitôt.
Dehors, le noir m'engloutit comme un voile épais,
Je scrutai derrière moi, mais rien n'était concret.
Le silence reprit, et le souffle de la nuit,
Peut-être avais-je semé Annie. ou non, qui le suit ?
219 - Vampire VIII: Le vieux vampire
Sur la montagne brûlée où l'avion s'écrasa,
Je survivais seul, face au soleil qui m'éblouit.
Deux filles tombées sous le vieux vampire là-bas,
Leurs cris perdus dans le vent que la roche oublie.
J'appelai le monde vivant, cherchant des alliés,
Deux policiers vinrent, hardis, à mes côtés.
Mais le vampire joua, miroir noir à l'éclat trompeur,
Et leur esprit naïf succomba à sa ruse de peur.
Alors je me dressai, seul contre l'antique mal,
Le jour n'éclairait rien de son coeur infernal.
Dans ce duel silencieux, entre roche et ciel clair,
Je fus l'ultime espoir, affrontant l'ombre millénaire.
220 - L'armée des ténèbres VII: Cataloguer !
Dans une salle vaste où la lumière pâlit,
Chaque visage fut capturé, chacun sans choix.
Des gorilles veillaient, impitoyables, sans répit,
Sous leur regard sombre, nous étions tous aux abois.
Mais des voix rebelles brisaient le lourd silence,
Chantant Nirvana, défiant l'ombre et la peur.
Je criais à pleins poumons, vibrant en cadence,
Partageant la fureur de cette étrange lueur.
Nos âmes cataloguées, pourtant libres en esprit,
Dans ce théâtre noir où l'autorité s'impose.
Le chant de la révolte traversait l'ennui,
Et transformait la peur en une douce osmose.
221 - L'armée des ténèbres VIII: L'évasion
Dans un bâtiment divisé, prisonnier je restais,
Entre redressement et entrepôt, ma rage brûlait.
Chaque couloir, chaque mur semblait un piège parfait,
Mais l'envie de fuir mon âme en feu guidait.
Le labyrinthe étroit, gardé d'un oeil sévère,
Ne pouvait contenir ma volonté insurgée.
Avec ruse et fracas, j'éloignai la gardienne austère,
Pour passer la petite porte, libre, effrontée.
Trois ombres me suivirent, massives et menaçantes,
Sur les grilles je bondis, mon coeur tambour battant.
Mais le monde réel m'arracha à l'ombre vacillante,
Un jappement de Miquette brisa l'ultime moment.
222 - La machine à tuer les dinosaures
Dans un centre d'acier, la haute technologie brillait,
Michel à mes côtés, mais sa force ne s'éveillait.
On m'avait formé pour être arme, précision incarnée,
Telle une machine vivante, prête à tout affronter.
Le test final m'attendait, un vert monstre à dompter,
Sur une chute rugissante, sa mâchoire à m'effrayer.
Son poids trahit sa force, l'ombre de lui-même tombait,
Et sans mon coup final, sa chute le condamnait.
J'étais victorieux, la machine en moi complète,
Tandis que l'autre échouait, sa peur muette.
Entre acier et rugissement, le destin s'apprête,
À choisir le survivant où la gloire s'entête.
223 - Est-ce réel ?
Après l'écran noir, le frisson s'éteignit à peine,
Nos voix pleuraient le film, sa fin pauvre et vaine.
Chaque plainte résonnait, partageant notre peine,
Ignorant que la fiction bientôt briserait la scène.
Soudain le monde se plia, les ombres prirent vie,
Le danger du film surgit, masquant tout ce qu'on vit.
Cri et peur se mêlaient, la fiction nous suivit,
Et nos coeurs battaient fort sous la même nuit.
Était-ce réel, ou le rêve se jouait de nous ?
Le cauchemar envahit chaque coin de nos genoux.
La frontière s'effaçait, entre l'écran et le cours,
Nous étions acteurs d'horreur dans le reflet du jour.
224 - Le baiser de la mort
Dans ma chambre douce, la lumière frôlait les murs,
Une fille apparut, son pas léger comme l'azur.
L'air vibrait de vie, chaque souffle semblait pur,
Et je restai allongé, perdu dans ce futur.
Mes yeux s'ouvrent puis se ferment, en un instant volé,
Elle glisse près de moi, comme l'ombre d'un secret.
Sournoisement, ses lèvres trouvent les miennes, frôlées,
Et mon coeur se fige, prisonnier d'un doux effet.
Quelques battements s'arrêtent, le temps suspend son cours,
Étrange orthodoxie d'un instant hors du jour.
Je reste figé, ébloui, dans ce baiser sans détour,
Écho silencieux d'un rêve qui défie l'amour.
225 - Ce n'est pas du Jello, c'est la foule alternative !
Pris au coeur d'une foule, serré comme un souffle rare,
Chaque corps se confond, se mêle en un même hasard.
Je saute une chaise, cherche un visage dans le noir,
Mais le flot humain m'enserre, me retient quelque part.
Des cris éclatent soudain, éclairs dans l'air agité,
« Capitaine Carotte ! » résonne, étrange vérité.
Je chancelle, perdu dans ce chaos entremêlé,
Et me demande où je suis, dans quelle réalité.
Les masses vibrent, mouvantes comme gelée mouvante,
Chaque pas est combat, chaque souffle une attente.
Je suis pris dans l'étrange, la foule étouffante,
Et cherche à comprendre ce monde surprenant, fascinant.
226 - L'arrière scène
Dans une dimension où le temps semble suspendu,
Je marche derrière la scène d'un conflit inattendu.
Deux géants se dressent, titanesques et absolus,
Le monde se divise sous leur pouvoir étendu.
L'un, sage et ancien, vêtu d'une robe blanche,
Ses yeux portent l'histoire, son souffle calme et dense.
L'autre, sombre robot, machine noire et étrange,
Émane un froid sans vie, menace en silence.
Autour d'eux, les êtres flottent, pris entre deux cieux,
Leurs choix se reflètent dans les yeux de ces dieux.
Je contemple le théâtre, mêlé de peur et d'aveux,
L'arrière-scène d'un rêve où tout devient sérieux.
227 - La croisière s'amuse
Sur une croisière étrange, nous errions mon frère et moi,
Dans un bar aux lumières dansantes, la foule faisait loi.
Une fille aux cheveux foncés passa, esquissant un au revoir,
Son visage demi-ovale s'effaçait, laissant flotter le noir.
Aux cartes je me risquai, les rois serrés dans ma main,
Six au départ, douze à l'instant, défiant tout chemin.
Le paquet semblait vivre, les règles s'étaient envolées,
Le hasard jouait sa danse, et moi, je restais ébloui et troublé.
Je quittai le bar, mais la serveuse me retint doucement,
Une feuille rose s'offrit, secret du coeur du firmament.
Nom et adresse y brillaient, un mystère à déchiffrer,
Écho d'un rêve flottant que je devais emporter.
228 - Qu'il en soit ainsi!
Cloué dans mon lit, le corps en guerre contre moi,
La douleur me parlait plus fort que chaque loi.
J'ai crié vers le ciel mes questions sans refuge :
« Pourquoi vivre ainsi, prisonnier de ce déluge ? »
Dieu répondit sans colère, d'une voix sans détour :
« Si c'est là ton désir, alors quitte ce jour. »
Mon âme se détacha, légère comme un soupir,
Glissant hors de la chair, prête à ne plus revenir.
Mais au seuil de la lumière, un doute me transperça :
Et si tout n'était pas fait ? Et si je restais là ?
La peur me ramena brutalement à mon sang,
Je me réveillai vivant, tremblant... mais présent.
229 - L'armée des ténèbres IX: Cybernone
Dans l'ombre d'un cinéma, je regardais l'horreur,
Un homme offert au métal, au nom de la peur.
Son esprit s'ouvrait docile aux promesses sans âme,
Et l'acier remplaçait l'homme, la foi devenait lame.
Redressé comme un pion sur l'échiquier du pouvoir,
Un oeil rouge infrarouge remplaçait son regard.
Rapide, dur, programmé pour traverser l'enfer,
On lui vola sa pensée pour en faire une arme de fer.
Devant le long couloir, les portes criaient la mort,
Des soldats fous hurlaient des chiffres plus forts.
Alors mon coeur fuyait dans sa cage d'acier :
Je voulais le sauver, refuser qu'il soit sacrifié.
230 - Psycho XVIII: A 2 coin de rue!
À deux coins de rue, je m'arrête, frêle et glacé,
La maison d'Annie devant mes yeux s'est dressée.
Le souffle court, le coeur battant dans ma poitrine,
Je redoute l'ombre qui derrière veille et s'incline.
Les lampadaires jettent des éclats de lumière,
Sur le trottoir vide, l'attente devient pierre.
Chaque pas que je pourrais faire me semble un crime,
Chaque silence pèse comme un lourd paradigme.
À moins d'un souffle, le monde autour se fige,
Et l'air que je respire devient froid, presque liquide.
Je reste là, figé, tremblant à la lisière,
À deux coins de rue, entre désir et chimère.
231 - Le requin
Sur une flotte fragile, flottant dans l'eau mouvante,
Un requin glissait près de moi, silhouette menaçante.
Autour, des enfants riaient, cruels et moqueurs,
Leur malice m'atteignait, gonflant mes peurs.
Je nageais vers la rive, cherchant à m'échapper,
Chaque vague semblait vouloir me happer, me briser.
Le danger me pressait de tous côtés, oppressant,
Je sentais la mort rôder, invisible et pesante.
Mais l'ombre affamée choisit une autre proie à sa faim,
Les enfants cruels tombèrent, engloutis soudain.
Moi, ébahi, je restai seul, tremblant mais sauf,
Dans l'eau mouvante, le calme reprit son souffle doux.
232 - Labyrinthe
Avec Mélissa, ma nièce, nous franchîmes la frontière,
Curieux de l'autre côté, malgré le vent de la guerre.
Mais des militaires fous surgirent, purs chasseurs,
Leurs cris et leurs pas faisaient vibrer nos coeurs.
Nous courûmes sans relâche, à travers champs et ruelles,
Fuyant la folie, leurs yeux rouges et cruels.
Puis surgit un labyrinthe de panneaux de bois,
Refuge mouvant où le danger perdit sa voix.
Là, nous trouvâmes d'autres âmes, cachées et prudentes,
Accueillies comme des frères, leur peur résonnante.
Le chaos et la fuite cédèrent à la chaleur d'un abri,
Un sanctuaire secret où enfin nous vîmes la vie.
233 - Hacker à la Nasa
Avec un ami, dans l'ombre, nous franchîmes la barrière,
Un objet immense, un milliard de secrets à découvert.
Les sirènes hurlaient, policiers à nos talons,
Pourtant nous filâmes, défiant toutes les prisons.
Chez moi, il refusa, la peur l'avait cloué au sol,
Je pris l'objet, inconscient du risque qui s'y envol.
Dans les toilettes, je le manipulai, tremblant et curieux,
Sans savoir que chaque geste attirait l'oeil dangereux.
Le monde semblait suspendu, l'adrénaline montait,
Chaque bruit, chaque pas, à la vie me rappelait.
Mais dans ce rêve fou, je restai maître du destin,
Entre audace et folie, guidé par mon propre chemin.
234 - L'écrivain
Dans l'ancienne école, je franchis les couloirs familiers,
Une prof de français me parla d'un livre à publier.
Je demandai son nom, ses yeux me jetèrent un éclat,
Comme pour dire : «Tu me taquines, tu ne sais pas encore ça.»
Je répétais ma question, curieux et insistant,
Mais son silence resta, mystérieux et fascinant.
Cinq petits objets, sur les crayons, tombaient sans fin,
Et je les relevais, défiant le désordre du destin.
Chaque chute me rappelait l'étrangeté du lieu,
Le rêve mêlait l'étrange et le quotidien confus.
Entre énigmes et gestes, je cherchais la vérité,
Dans ce monde de curiosité, je restai captivé.
235 - Ovni 3: Le secret du capitaine
Dans le vide de l'espace, un vaisseau glissait en silence,
Deux malins s'y faufilèrent, jouant avec la chance.
Mais un être étrange, mi-humain, mi-machine en éclat,
Les vit, et les fit disparaître, sans un mot, sans débat.
Le capitaine, loin de louer la disparition des intrus,
Se mit en colère contre la créature qu'il avait cru.
Il reprocha l'audace, l'avoir montré avant l'heure,
Le secret du vaisseau éclata dans toute sa froideur.
Leurs destins s'entrelacent dans ce monde mécanique,
Où chaque faux pas devient fatal, dramatique.
Dans le silence spatial, résonne l'ordre strict et dur,
Le mystère reste entier, sous l'éclat de l'azur.
236 - L'armée des ténèbres X: L'épidémie
Dans une ferme isolée, l'ombre rôdait sans fin,
Moi et mon ami fuyions l'Armada du destin.
Une bactérie sinistre transforma l'air en danger,
Les hommes marchaient comme morts, mais leurs pensées trahissaient.
Nous quittâmes les lieux en véhicules hurlants,
La peur au coeur, traqués par les esprits dévorants.
À la station-service, mon ami disparut en un instant,
Deux filles zombifiées attendaient, dissimulant leur tourment.
Cherchant refuge loin des yeux de l'horreur affamée,
Je gravis les escaliers, le passé laissé derrière moi.
L'armée des ténèbres me poursuivait, impitoyable et pressée,
Piégé entre le ciel et l'enfer, je ne pouvais reculer, ni fuir la voie.
237 - L'armée des ténèbres XI vs Vampire IX: La nouvelle forteresse
Dans la nuit profonde, deux intrépides s'aventurent,
Vers la demeure d'un vampire aux ombres pures.
Ils franchissent tombe et coffre avec audace,
Mais le maître des ténèbres les jette hors de sa place.
Au-dessus de sa maison, il plane et commande,
Le Monstre de Pierre bâtit des murs qui s'étendent.
Bruns et immenses, sinistres et rocailleux,
Sous un soleil partiel, la forteresse prend feu.
Sur une montagne désertique, je contemple au loin,
Le vampire dangereux, maître des lieux, souverain.
Son pouvoir s'étend sur la terre qu'il protège,
Et dans le vent sombre, la peur en moi s'érige.
238 - Tu es mort à telle heure !
À l'école du Virage, le rock résonnait fort,
AC/DC en spectacle, je vivais le décor.
Une seconde fois je repris le même chemin,
Ignorant que l'heure scellerait mon destin.
Midi passa, et le directeur leva la voix,
«Es-tu Sylvain le Sept-Iliens?» dit-il tout bas.
Mon identité révélée, le verdict retentit,
Une sentence étrange que nul ne prédit.
«Tu dois partir maintenant, car mort tu seras,
À quatorze heures précises, aujourd'hui ici-bas!»
Je sentis le frisson d'un destin si brutal,
Et l'étrange horloge marquait un sort fatal.
239 - L'armée des ténèbres XII: Entre deux temps
Un Rabbit juif sur le pont tenait sa Bible,
La foule le bouscula, indifférente, fragile.
Je levai les yeux, et là dans le firmament,
Dieu sous forme étrange m'expliqua le moment.
Je flottai dans les airs, l'océan s'étendait,
Une fille à mes côtés, envoûter, captivée.
Une pieuvre immense, flottant au-dessus des flots,
Tendait un objet maudit, révélant ses échos.
Je refusai le présent, avertissant le danger,
Mais d'autres pieuvres surgirent, l'air étranger.
Dans l'eau infinie, nos corps tombèrent en tourbillon,
Écrasés comme avions, par l'ombre de l'illusion.
240 - Bizarre de courrier
À ma porte reposait un étrange colis noir,
Parsemé de signatures comme un arc-en-ciel d'espoir.
Des roses, des verts, des formes dans le vent,
Chacune semblait murmurer un secret captivant.
Je l'observais, curieux, mais sans le toucher,
Craignant que son mystère vienne me déranger.
Chaque couleur brillait comme une étoile perdue,
Un monde inconnu, silencieux et inattendu.
Dans le calme, le paquet gardait son secret,
Comme un souffle ancien que je ne pouvais percer.
Je laissai la boîte à sa sombre destinée,
Et son énigme resta là, paisible et scellée.
241 - Drôle d'Ordi
Chez mes grands-parents, je gravis le second étage,
Un ordinateur m'attendait, calme et sage.
Ses lumières clignotaient comme des yeux curieux,
Révélant un monde étrange derrière ses lieux.
Je montai encore, un étage plus haut s'ouvrit,
Un four étrange qui d'un écran me sourit.
Quand j'ouvris la porte, là-bas au fond scintillait,
Un univers numérique que le micro-onde cachait.
Le réel et le virtuel se mêlaient sans bruit,
Chaque pixel du four semblait murmurer la nuit.
Émerveillé, je restai, partagé entre deux mondes,
Où le quotidien banal et le rêve se confondent.
242 - Ah! Les histoires de Castor!
Devant le miroir, je scrutais mon reflet,
Mes incisives brillantes semblaient se révéler.
Sous la surface claire, un étrange secret,
Une dent de castor tentait de se dévoiler.
Elle poussait, silencieuse, au travers de ma chair,
Comme un petit trésor venant d'un monde étrange.
Je contemplais l'étrangeté, le mystère ouvert,
Un souffle de la nature au sein de mon échange.
Mélange de réel et de fantaisie audacieuse,
Cette dent cachée me fascinait sans détour.
Dans le miroir, l'inconscient se montre précieuse,
Et le castor surgit, messager de mes rêves fous.
243 - Chrétienneté: Les martyres
Dans un monde où le vaudou régnait sans détour,
Je gravis leur siège, défiant leur pouvoir cruel.
Le chef flottait, maître de la nuit et du jour,
Ses yeux lançaient l'ombre d'un secret arc-en-ciel.
Je proclamai haut: «Dieu existe!» avec courage,
Mais un chapeau noir jaillit, poudre bleue en éclat.
«Tu crois! Ah! Ah!» ricana la sombre image,
Et l'air se chargea de mystères et de combats.
Pourtant au fond de moi, la foi brûlait légère,
Face à l'injustice, face aux rires et aux feux.
Dans ce rêve étrange, j'étais l'âme téméraire,
Un martyre des songes, porteur de cieux précieux.
244 - Chrétienneté II: Les manipulations
Dans un recoin du Paradis, hors du regard sacré,
Une fille pure reposait sur des nuages fragiles.
Un démon ricanant, le coeur noir et rusé,
Lui offrit une robe rouge aux promesses hostiles.
Sur Terre, au Moyen Âge, avant la poudre et le feu,
Le même esprit sombrait dans l'art de diviser.
La jeune âme marchait parmi les hommes fiévreux,
Attisant sans le savoir la colère du chef brisé.
Alors le démon frappa, semant l'ombre et l'effroi,
Une arme noire jetée comme un germe de guerre.
Ainsi naquit la haine, non par force mais par foi
Manipulée, tordue, jusqu'à déchirer la chair.
245 - L'absence
Je m'éveillai trop tard, le jour déjà usé,
Quatorze heures trente-huit gravées comme un verdict.
Autour de moi, des voix au regard fatigué
Me dirent : trois mois perdus, dissous, énigmatiques.
Je crus au mot « coma », à l'ombre d'un sommeil,
À un gouffre du corps, à une panne de chair.
Mais non : on me parla d'un autre faux soleil,
D'une fuite chimique hors du temps et de l'air.
Je restai là, absent même en étant revenu,
Cherchant dans ma mémoire une trace, un reflet.
Trois mois volés au moi, sans adieu ni salut,
Comme si mon esprit s'était lui-même oublié.
246 - Cône
Je voyageais au coeur de cônes blancs géants,
Cathédrales de craie dressées contre le ciel.
Leur flanc lisse portait des étages flottants,
Où mes pas résonnaient d'un écho irréel.
Des ponts suspendus liaient ces formes parfaites,
Passerelles de silence au-dessus du néant.
Je marchais sans savoir si la route était faite
Pour fuir vers un ailleurs ou revenir au temps.
Dans ces architectures nées d'un rêve pur,
Je sentais mon esprit devenir géométrie.
Et moi, simple voyageur d'un monde sans fissure,
Je glissais dans le cône de mon inconscient infini.
247 - La fuite des abominations
Dans l'ancienne école aux murs fatigués du temps,
La biologie m'attendait comme un piège annoncé.
Le maître promettait un réseau triomphant,
Un vernis numérique que mon esprit rejetait.
Je rangeais mes casiers séparés par la distance,
Le temps refusait d'avancer, lourd et vicieux.
Ma montre me liait à cette fausse importance,
Je la quittai enfin pour marcher un peu mieux.
La vaisselle coulait dans les couloirs du savoir,
Et je choisis le retard comme acte de survie.
Dehors, la classe fuyait le local et son pouvoir :
Parmi les absentes, je trouvai ma place, à l'abri.
248 - Le Roi Nazaire
Avec les miens je montais l'édifice austère,
Escaliers solennels, épreuves sans visage,
Un royaume administratif, froid et sévère,
Où l'on classe les âmes avant leur passage.
Sans numéro sacré, nul droit d'avancer plus loin,
Je repartis en secret, drapé de laine et d'ombre,
Deux couvertures faisaient de moi un roi sans coin,
Suivant des filles vers des machines au coeur sombre.
La spirale me livra un fantôme du passé,
Brune figée, perdue dans un sommeil interdit,
Puis une porte de lumière sembla m'appeler -
Mais le rêve ferma le trône avant le paradis.
249 - Psycho XIX: L'examen
Dans l'école du Virage, brûlait un souffle ardent,
Un examen insoutenable me pressait de ses chaînes,
Le français en feu, le ministère comme tyran,
Et Annie riait, déchaînant moqueries et peines.
Les crayons glissaient, un coup-ongle tombé,
Un démon invisible semblait murmurer le chaos,
Pourtant je bâtissais, calculatrice improvisée,
Alors que mes camarades sombraient dans les maux.
Dieu sifflait les réponses, la lumière me guida,
Sur le toit, avec Annette, la vérité éclata,
Le ciel ne s'écroula pas, le fardeau s'éloigna,
Et l'âme soulagée respira, la victoire en éclat.
250 - Nargue moi!
Dans le noir du stationnement, la nuit m'enveloppait,
À mes côtés, une fille, et le silence m'escortait,
Trois géants en t-shirt jaune éclataient de rires,
Leurs moqueries fusaient, cherchant à me faire fuir.
Mais un seul coup de poing, la surprise et la foudre,
Fit tomber l'orgueil massif, leur arrogance en cendre,
Ils s'effondrèrent là, tels des rocs renversés,
Et je repris ma route, calme, l'ombre me caressant.
Seul sous les lampadaires, je marchai, détaché,
Comme si rien ne s'était produit, rien n'avait éclaté,
La nuit gardait son secret, la brise me chuchotait,
Que parfois la force naît quand la peur se tait.
251 - L'automne en été
Sous le ciel de juillet, un érable se dressait,
Ses feuilles déjà tombées, l'été semblait s'effacer,
La pelouse s'étendait, parsemée de souvenirs,
Comme si l'automne venait déjà tout saisir.
Les vents chauds murmuraient des secrets contrariés,
Et les branches nues frémissaient dans la clarté,
Chaque feuille morte brillait d'un éclat doré,
Étrange saison, où le temps semble se tromper.
L'été se voilait d'un manteau d'automne douce,
La nature confuse, en habits d'or et de mousse,
Je marchais parmi ces tapis de mémoire fanée,
Et l'étrange magie m'emportait, ébloui, étonné.
252 - Faucheur gros comme une tête d'humain
Dans un terrain clos, un faucheur rôdait sans fin,
Grillage en sentinelle, je guettais son chemin,
Ses jambes comme des fils, longues et menaçantes,
Je les brisai d'un geste, pour qu'il cesse ses avances.
Mais l'ombre revint, plus lourde que jamais,
Se posant sur ma tête, défiant ma paix,
Gros comme mon esprit, étrange créature arachnéenne,
Son regard silencieux, sa présence m'enchaîne.
Je sentais le frisson grimper, noir et pressant,
Luttant contre ce faucheur au corps inquiétant,
Dans ce rêve étrange, entre peur et fascination,
Je défiais l'impossible, gardant ma raison.
253 - Psycho XX: La lettre
Une enveloppe attendait, posée dans le silence,
Son papier murmure des mots pleins de sens,
Portant un nom, différent du mien, étrange coïncidence,
Sylvain Meunier y figurait, signature en évidence.
La main tremblante ouvre le pli délicatement,
Chaque mot d'Annie résonne, doux et troublant,
Un message secret, chargé de souvenirs flottants,
Entre attente et mystère, mon coeur devient pensant.
Je contemple l'écriture, indice d'un monde lointain,
Où l'amitié et le destin s'entrelacent en chemin,
Cette lettre m'invite à sonder l'âme d'un humain,
Et à rêver d'histoires qui jamais ne prennent fin.
254 - Un jouet pas comme les autres
Dans le sous-sol sombre je construisais en silence,
Un sous-marin étrange, divisé en trois segments,
Chaque pièce s'assemblait avec étrange patience,
Mais le centre manquait, emportant tout avancement.
Deux tuyaux noirs suspendus comme des ponts mystérieux,
Reliaient les parties, promesses d'aventures sous-marines,
Je cherchais en vain, mes gestes devenaient anxieux,
Le coeur du jouet perdu, au milieu des machines.
Malgré l'absence, je rêvais des profondeurs secrètes,
Où ce sous-marin pourrait voguer entre ombre et lumière,
Chaque pièce retrouvée révélerait des portes discrètes,
Et dans ce monde clos, naîtrait un rêve de pionnier.
255 - Chrétienneté III: Le but
Je parlais avec Dieu dans un silence habité,
Lui demandant l'heure de quitter ce rivage,
Car la Terre me semblait vide de vérités,
Et mon coeur fatigué aspirait au voyage.
Il me répondit doux, sans foudre ni détour :
« Tu ne peux pas partir, ce n'est pas encore l'heure.
Des liens te retiennent, plus forts que ton détour,
Ta famille s'appuie sur toi, sur ton oeuvre. »
Alors j'ai compris le sens caché du chemin :
Rester, non par peur, mais par devoir profond,
Achever ici-bas ce projet entre mes mains,
Car parfois le but divin... c'est le monde des vivants.
256 - L'armée des ténèbres XIII: Contre ma soeur
Dans le salon obscur, la nuit étend son voile,
Ma soeur face aux ombres aux desseins diaboliques,
Des créatures sournoises brisaient chaque étoile,
Leurs yeux de feu cherchant nos vies héroïques.
Le combat éclata, fracas et ombres mêlées,
Je m'approchai plus tard, le silence pesant,
Une fillette de soie, feignant d'être tombée,
Je la repoussai dehors, le coeur battant.
Mais elle n'était point morte, trompeuse et farouche,
Ses ruses renaissaient dans l'ombre des couloirs,
Je sus que chaque traque, chaque éclat qui me touche,
Forgeait un monde étrange, où s'emmêlent nos soirs.
257 - L'armée des ténèbres XIV: Les phases
Je regardais un film, un Nautilus sous la mer,
Glissant dans l'abîme où s'éteint la lumière,
Puis soudain je fus dedans, au coeur de l'univers,
Aux côtés des missiles rouges et jaunes, mystère fier.
Étrange espace sans murs, l'eau refusait de pénétrer,
Des voix de généraux hurlant vengeance et guerre,
Leurs soldats à l'assaut voulaient mon âme foudroyer,
Dans ce monde où l'ombre flottait sans barrière.
Puis le submersible changea, navette et engin mêlés,
Colombie et phase initiale dans une même danse,
Deux formes, deux mondes, aux confins d'un rêve enlacé,
Où le temps et l'espace se perdent dans la transe.
258 - Chrétienneté IV: La prière
Je priais sur mon lit aux draps bleu et blanc apaisants,
Demandant à Dieu guidance et réconfort rassurant,
Mais une forme surgit, bras de mort menaçant,
Ombre d'un démon voulant troubler mon instant.
Il tordait les étoffes, inquiétant et funeste,
Cherchant à me briser, à détourner ma quête,
Mais je restais ferme, refusant son geste,
Mon coeur tendu vers Dieu, lumière dans la tempête.
Dans la nuit silencieuse, l'effroi voulait régner,
Pourtant ma voix monta, pure, refusant de plier,
Car l'âme qui dialogue avec l'Éternel est protégée,
Et nul démon ne peut sa foi véritable ébranler.
259 - Le parlement
Avec mon frère, nous cherchions un lieu mystérieux,
Un parlement dissimulé, derrière un voile précieux,
Les murs masqués de papier, grandeur trompeuse,
Nous laissaient indifférents, curiosité silencieuse.
Alors nous gravîmes les collines, fiers et légers,
Deux géants de terre veillant sur ce secret caché,
Du sommet, le monde semblait s'étirer et rêver,
Et le parlement, oublié, ne pouvait nous captiver.
Le vent caressait nos joues, promesse de liberté,
Loin des salles froides et des discours arrêtés,
Dans ce rêve suspendu, seul restait le plaisir d'être,
Frères explorateurs, légers, au bord du clair-être.
260 - Chrétienneté V: La chute non mortel
Dans un gratte-ciel brillant, résonnait la fête,
Aldélaïde, fidèle, dans sa robe discrète,
Perdit l'équilibre un instant, le temps s'arrête,
Et dans le vide sombre, son sort semblait en dette.
Elle chuta de cent étages, sur le béton froid,
Le souffle suspendu, les coeurs battant aux abois,
Pourtant le destin, prodigue, la tint entre ses doigts,
Épargnant sa vie, malgré ce terrible émoi.
La foule trembla, le silence pesant retomba,
Aldélaïde se releva, fragile mais là,
Une grâce inattendue, un miracle en éclat,
Et la fête continua, comme si rien ne passa.
261 - Chrétienneté VI: La tentation
Dans l'ombre de la nuit, mon lit fut leur domaine,
Démons rusés cherchaient à troubler mon haleine,
Leur souffle et leurs ruses tentaient mon esprit en peine,
Mais mon coeur se dressait, cherchant la lumière sereine.
Fuyant leurs assauts, je courus vers un sanctuaire,
Les portes de l'église s'ouvrirent comme un repaire,
Je priai avec ferveur, lançant mon âme au mystère,
Espérant qu'en Dieu seul réside le vrai pouvoir de la terre.
Les ténèbres reculaient face à ma foi ardente,
Chaque murmure infernal se faisait moins oppressante,
Et dans le silence sacré, mon âme se fit vivante,
Protégée par la grâce, loin de leur main tentante.
262 - Les chutes humaines
Je suivais la route, pavée de pas humains,
Sous mes yeux la vie s'écoulait en chemins,
Soudain surgit une chute, oeuvre des mains,
Et l'eau jaillit, grondante, brisant mes matins.
À ses côtés je marchais, sans peur ni détour,
Le courant rugissait, imposant son lourd parcours,
Je ne savais où mène ce flot ni quel séjour,
Mais mon pas s'accordait au rythme de son cours.
L'horizon se perdait dans un voile mouvant,
La chute continuait, indifférente au temps,
Et moi, toujours droit devant, avançant confiant,
Dans ce monde façonné par l'homme et le courant.
263 - Les 2 monstres
Dans le sous-sol sombre, l'ombre me guettait,
Derrière un drap blanc, une forme s'agitait,
Fausse piste, illusion, le vrai danger se taisait,
Je marchais plus loin, où l'interdit s'ouvrait.
La porte céda, révélant l'effroi royal,
Une bête immense, monstrueuse et sans égale,
Il me souleva, démontrant sa force brutale,
Sa laideur imposante rendait l'instant fatal.
Pourtant, dans sa poigne, je cherchais la lutte,
Chaque souffle, chaque geste était une minute,
Contre ce colosse, mon courage se dispute,
Résister malgré tout, face à la bête absolue.
264 - L'homme blanc et les petits noir
Dans le désert brûlant, la poussière tourbillonnait,
De petits êtres noirs marchaient, frêles et muets,
Un homme blanc les frappait, râteau levé, furieux,
Cherchant à tenir à distance ces corps silencieux.
Sur la vaste étendue, chacun craignait le coup,
Parmi la foule entière, un était toujours à bout,
Le râteau frappait encore, la danse cruelle se répétait,
Sous le soleil ardent, la peur jamais ne s'arrêtait.
Mais dans ce monde étrange, où la violence s'étend,
Les minuscules ombres résistaient, défiant le vent,
Chaque geste brutal, chaque instant oppressant,
Se mêlait à l'injustice de ce rêve inquiétant.
265 - Vive les spiraaalllleeeeesssss!
Dans l'air glacé de l'automne et de l'hiver,
On me guida, promesse de mère à retrouver,
À travers un chemin aux lumières de Noël clair,
Je suivis, frissonnant, prêt à m'élancer.
Une glissade immense s'étendait sous mes pieds,
« Crie Ah! » me dit-on, et je me laissai tomber,
Tourbillonnant en spirales, la tête tantôt levée,
Tantôt penchée vers le bas, mon coeur à s'emballer.
Le vertige me prit, mais l'espoir me soutenait,
Chaque tour, chaque boucle me rapprochait de ma quête,
La fin de ce tourbillon promettait l'étreinte aimée,
Et mon âme tremblante hâte enfin de cette fête.
266 - Chrétienneté VII: Pré-exorcice
Dans une pièce sombre, où le mal semblait roi,
Les mères confièrent leurs enfants aux démons,
Marques étranges sur peau, souffle froid,
Les innocents tombaient sous leur funeste façon.
Un jeune, conscient de l'ombre en son être,
Recevait ma croix pour lutter contre la nuit,
Je prononçai des mots anciens pour le libérer,
Chassant Satan, défiant l'obscurité qui suit.
Le vent se leva, la lumière malfaisante gronda,
Fureur des ténèbres, colère de ce monde caché,
J'avais sauvé un serviteur, leur secret fut dévoilé,
Et pourtant dans ma foi, l'espoir éclata.
267 - Chrétienneté VIII: Au secours!!!
La nuit me tenait cloué, le visage contre le lit,
Miquette respirait près de moi, chaleur rassurante,
Je lui parlais doucement, le coeur encore souriant,
Quand l'ombre pesa soudain, invisible mais hardie.
Sans corps et sans visage, une force me marchait dessus,
Mon souffle se brisait, mes membres refusaient l'éveil,
Je luttais pour me lever, prisonnier du sommeil,
Écrasé par l'angoisse d'un poids jamais vu.
Alors du fond de l'âme jaillit un cri sacré,
Un appel nu, brûlant, lancé vers l'éternité,
« Mon Dieu, sauve-moi ! » hurlait mon esprit captif,
Et dans cette prière, je trouvai l'espoir furtif.
268 - Fille Ordinateur ?
Sous la lune pâle, une fille se tenait,
Cheveux d'or flottant, visage calme, apaisé.
Sur son front un cercle noir, étrange et secret,
Deux fils s'entrelacent, son esprit encagé.
Elle marchait douce, comme un code en mémoire,
Ses gestes précis, presque machine, sans fard.
Le monde autour d'elle semblait perdre son histoire,
Chaque pensée calculée, un doux retard.
Pourtant dans ses yeux brillait un reflet d'humain,
Un souffle fragile sous l'acier et le métal.
Entre circuits et chair, un pont vers demain,
Elle oscillait, rêve vivant, étrange et loyal.
269 - Chrétienneté IX : Quand la peur ne marche pas, ils essaient la séduction
Les touches claquaient, le temps s'étirait,
Mon écran haletait dans un monde ralenti.
Une présence sournoise doucement me tentait,
Promettant de faire à ma place tout ce qui est dit.
Sa voix était douce, charme mécanique,
Offrant l'illusion d'un effort devenu futile.
Mais mon rire éclata, esprit non automatique,
Ses manoeuvres séduisantes semblaient inutiles.
Alors je le regardai, patient et moqueur,
Laissant ses promesses flotter dans l'air suspendu.
Ni peur ni charme ne brisaient mon coeur,
Je savais que rien ne pourrait m'être rendu.
270 - La météo devient folle
À vélo dans les bois, je filais parmi les feuilles,
Quand des visages d'Indiens m'invitèrent sous leur toit.
Leur accueil chaleureux contrastait avec l'étrange orgueil
Des cieux qui soudain s'embrasèrent dans un bruit de soie.
De l'horizon montaient des nuages gigantesques,
Fous, projetant la neige comme des arcs en parabole.
Le vent hurlait, le monde semblait presque burlesque,
Et chaque flocon tournoyait, défiant toute boussole.
Sous ce théâtre blanc, je restai émerveillé,
Mêlant peur et curiosité dans un souffle glacé.
La nature en folie semblait vouloir me parler,
Et dans ce chaos doux, mon esprit se laissait guider.
271 - Crazy Dreams Glou! Glou!
Dans un sous-marin froid, noyé sous les abysses,
Nous cherchions un frère disparu près d'un volcan.
Le temps se figea, transformant hommes en glaces lisses,
Et un frisson glacé parcourait chaque couloir vivant.
Une fille blonde effleura l'ordinateur pensant,
Mais les missiles cyan et rouge fendirent l'air,
Gelant même le capitaine, figure figée, oscillant,
Dans ce réfrigérateur aux secrets futuristes et clair.
Je m'échappai, l'eau jusqu'à la taille m'enserrant,
Fixant le voleur de noix de coco déjà lancé.
Avec un moteur sur le dos, je filai, bondissant,
Vers le lac immense, laissant mon frère sous l'eau pressé.
272 - J'ai perdu ma Princesse !
Je fuyais avec elle, douce inconnue au clair visage,
Dans le tumulte d'une foule aux esprits rebelles.
Alors j'appris que sous ses traits se cachait un héritage,
Une princesse enfermée par des mains cruelles.
Une couronne de bronze, cachée dans ses cheveux,
Transforma sa grâce en une mécanique éclatante.
Parures d'or et soie, ses gestes perdant leurs voeux,
Et ses yeux brillaient d'un vert fluorescent, envoûtante.
Je la fixai longuement, cherchant l'étincelle d'humanité,
Mais la machine et la magie s'étaient nouées en un seul reflet.
Sur le trône figé, elle semblait hors de ma réalité,
Et je compris que ma princesse s'était envolée, muette et secret.
273 - Mmm! C'est un Rêve...
Elle, blonde et frisée, au visage de Sharon Stone,
S'énervait en affaires, son regard vif tranchant l'air.
Un homme furieux sortit, laissant planer le ton,
Puis revint, maladroit, proposer amour et mystère.
Elle rit doucement, déclinant ses espoirs en silence,
Affirmant qu'en son coeur l'amour n'a point de place.
Ses mots flottaient froids, entre business et absence,
Et la vie semblait un jeu, un fragile ballet de glace.
À cet instant précis, la secrétaire apparut,
Blonde également, écho miroir dans ce décor figé.
Le rêve tissait ses fils, subtil et inattendu,
Où les coeurs et les affaires se mêlaient, décalés.
274 - C'est l'enfer!
Tous mes soucis s'évanouissaient d'un simple éclat,
Comme si la magie dissolvait chaque fil de ma vie.
Le calme semblait doux, mais mon coeur criait déjà,
Car l'ordre parfait m'étouffait dans son ironie.
Plus de luttes, plus de blessures, plus de chaos,
Tout se réglait sans moi, sans effort, sans peine.
L'univers semblait beau, mais son éclat me fit défaut,
Chaque victoire m'engloutissait dans une étrange chaîne.
L'enfer n'était pas le feu, ni les cris de douleur,
Mais ce monde où l'angoisse même disparaît,
Où l'imprévu s'efface, où le hasard perd sa couleur,
Et où je restai seul, prisonnier d'un rêve parfait.
275 - Labyrinthe de glace
L'hiver m'enserrait dans un labyrinthe glacé,
Poursuivi par l'ombre de créatures maléfiques.
Les murs scintillaient, froids et translucides,
Chaque détour reflétait mes pas frénétiques.
Dans ce dédale étrange, mille pièces s'éveillaient,
Où s'accomplissaient des gestes, immobiles et figés.
La vie semblait arrêtée, comme un souffle gelé,
Et chaque scène muette glissait dans l'éternité.
Le froid mordait ma peau, l'angoisse me suivait,
Mais les âmes figées restaient, impassibles et muettes.
À travers ce cristal où la peur se tordait,
Je cherchais la sortie, perdue parmi les silhouettes.
276 - Chrétienneté X : Tu prends la hanche ou l'oreille ?
Bang ! Sans crier, un choc déchira mon corps,
Hanche gauche brûlante, oreille droite en feu.
Démons invisibles dansaient, semant le désaccord,
Leurs griffes glacées mordaient mes nerfs en feu.
Je levai les yeux, appelant Jésus dans ma peur,
Un souffle divin balaya la douleur immobile.
Instant magique, la souffrance céda sans labeur,
Comme un voile s'écartant d'une scène hostile.
Le corps retrouvé, la paix glissa sur ma chair,
Les démons disparus, effacés par un seul nom.
Je compris alors que dans ce monde de lumière et de fer,
Même l'ombre la plus noire cède au souffle de l'oraison.
277 - L'Église de St-Lyn
À St-Lyn, sur la plage, je marchais avec ma soeur,
Portant dans ma valise dix mille éclats dorés.
Son regard inquiet trahissait sa peur,
Craignant les mains avides prêtes à tout dérober.
Notre but sacré brillait au loin, mystérieux,
L'église nous attendait, coffre de fortune et de foi.
Chaque pas résonnait sous le sable silencieux,
Tandis que le vent murmurait que tout aurait son choix.
Dans ce rêve étrange, argent et foi se mêlaient,
Comme un pacte secret entre désir et dévotion.
Je sentais l'appel de l'église me guider,
Vers un lieu où le gain se doublait de passion.
278 - Le Bonjour de Ziad
Ziad apparut, sourire fragile et vivant,
Ses yeux cherchant mes mots dans l'air suspendu.
Je répondis simplement, «Pas terrible», tremblant,
Sentant que ce retour défiait le temps disparu.
Dans ce rêve étrange, la mort semblait reculée,
Deux ans et demi n'avaient pu effacer son éclat.
Il marchait à mes côtés, comme ombre éclairée,
Son souffle fantôme me rappelait ce qui ne reviendra pas.
Je le regardai, partageant un instant volé,
Entre le monde des vivants et celui des souvenirs.
Un bonjour fragile, une illusion consolée,
Où le coeur hésite entre tristesse et désirs.
279 - Le Serpent Géant
Au coeur de la maison, ma famille m'entourait,
Quand un serpent vert surgit, monstrueux et vif.
Il ondulait sur moi, en avant et en arrière,
Glissant son corps serpenté comme un fil incisif.
Je luttai pour le chasser, mais il resta présent,
Son venin s'infiltrant dans mon dos frissonnant.
Étrange plaisir mêlé à la peur lancinante,
Chaque goutte brûlante éveillait mon âme hésitante.
Malgré ce charme sombre, je refusai sa domination,
Tentant de briser l'étreinte de ce monstre vert.
Le serpent sur mon dos, mi-malédiction, mi-passion,
Sillonnait mon rêve, puissant et pervers.
280 - Dinosaure ou Camion ?
En plein hiver, je scrutais la rue endormie,
Où camions et pelleteuses traçaient leurs chemins.
Mais leurs gestes précis défiaient toute mécanique,
Et l'étrange me murmura : étaient-ils d'anciennes vies ?
Chaque mouvement semblait trop parfait, trop vivant,
Comme si des dinosaures jouaient à se déguiser.
Le métal et la terre se mêlaient en un instant,
Un ballet ancien dans la neige glacée.
Je me perdis entre moteur et créature disparue,
Cherchant le souffle d'un monde oublié sous le béton.
Camion ou dinosaure, mystère suspendu,
L'hiver observait silencieux ce curieux frisson.
281 - Joujou avec la porte
Dans ma chambre obscure, je tirais sur la porte,
Des démons invisibles barrèrent mon chemin.
Le bois résistait, leur force tordait le sort,
Chaque muscle brûlait sous le duel incertain.
Je puisai tout mon souffle, toute ma rage et mon coeur,
Et d'un effort fou, le verrou céda enfin.
La porte s'ouvrit, libérant l'air et la peur,
Et derrière moi, elle resta ouverte, défiant le destin.
Je marchai hors de ma chambre, libre et exalté,
Les ombres vaincues, ou du moins repoussées.
Le bois silencieux gardait le secret du passé,
Témoin muet de ma lutte et de ma volonté retrouvée.
282 - En sommeil accompagner
Allongé dans le champ, sous le souffle des étoiles,
Une fille aux cheveux foncés m'enlaçait doucement.
Son étreinte chaude dessinait des ombres loyales,
Et mon coeur retenait tout geste, prudent et tremblant.
Je craignais le mouvement, le souffle du réveil,
De briser ce monde suspendu entre rêves et nuit.
Chaque seconde semblait étirer le temps en sommeil,
Où l'instant partagé faisait naître un frisson subtil et doux.
Le vent caressait l'herbe, et le silence m'enveloppait,
Ses bras comme un refuge contre le monde absent.
Je demeurai immobile, écoutant l'ombre qui veillait,
Dans ce champ endormi, fragile et apaisant.
283 - C'est mon chien
Un petit Coqueur naissant blottissait sa chaleur,
Toujours sur moi, frémissant de vie et de douceur.
Son souffle chaud, ses yeux clairs, éclats de bonheur,
Et je restais là, suspendu à chaque lueur.
Il ne se lassait jamais, fidèle compagnon,
Chaque geste de ma main éveillait sa passion.
Ses petits bonds et ses aboiements en chanson,
Tissaient autour de moi un cercle de protection.
Moi non plus je ne me lassais de ce lien fragile,
Où l'âme d'un chien et la mienne se confondaient.
Dans ce rêve tendre, l'univers semblait subtil,
Et nos coeurs ensemble dansaient, inséparables et légers.
284 - Une nouvelle tortue
Ma tortue Germaine revenait, fragile et lente,
Rebelle aux règles et aux parents trop sévères.
Ses yeux tranquilles brillaient d'une vie persistante,
Et je la tenais, retrouvant mes jours éphémères.
Autrefois bannie pour leur intolérance,
Elle renaissait entre mes mains, douce et entière.
Chaque geste rappelait l'innocence, la patience,
Un monde secret loin de toute barrière.
Je la voyais avancer, imperceptiblement fière,
Sur mon coeur reposait sa carapace rassurante.
Dans ce rêve tendre, elle redevenait ma lumière,
Et le passé effacé rendait l'instant éclatant.
285 - Les vieux livre informatique
Dans un coin oublié, poussiéreux et silencieux,
J'aperçus des livres que le temps avait rejetés.
Pages jaunies, codes anciens et mystérieux,
Pour moi, une mine d'or que d'autres avaient négligée.
Chaque mot imprimé brillait comme un secret,
Chaque schéma ancien racontait un monde caché.
L'informatique d'antan se dressait, parfait,
Un trésor que je tenais dans mes mains émerveillées.
Alors je rêvai d'algorithmes oubliés,
De logiciels d'antan renaissant sous mes yeux.
Dans ces vieux livres, un univers réinventé,
Et je m'y perdis, riche de savoir précieux.
286 - Fais attention à tes fréquentations!
Melissa parlait, innocente en apparence,
Mais un démon glissait à sa droite, insidieux.
Je chassai l'ombre, voulant protéger son innocence,
Et son regard s'embrasa, furieux et dangereux.
Ses dents de serpent brillaient dans l'air glacé,
Prêtes à mordre, à punir mon geste interdit.
Je reculais, surpris, sous l'attaque acérée,
Car l'ombre en elle semblait plus forte que la nuit.
Entre protection et trahison, le rêve vacillait,
Où l'amour familial croisait l'horreur inattendue.
Melissa et le démon se mêlaient, et je savais
Que même les proches peuvent devenir l'inconnu.
287 - Drôle de jeu ?
À l'école, une fille étalait ses trésors,
Vendant ses affaires pour un argent trop léger.
Je pris des disques, offrant mes efforts,
Pensant l'aider, la voir soulagée et apaisée.
Mais le jour passa et le masque tomba,
Elle reprit ses biens, riant de notre foi.
«C'était une joke», dit-elle sans émoi,
Et chacun autour trouvait cela normal, là-bas.
Je restai perplexe, partage et trahison mêlés,
Dans ce rêve étrange où les règles se dérobent.
La morale flottait, douce et brouillée,
Et je marchai dans l'école où le vrai se dérobe.
288 - Créatures ne venant pas de Dieu
Deux petites araignées, obèses et guerrières,
Grimpaient sur un monde ordinaire avec malice.
L'une lança sa perche, crochet dans l'air, fière,
Escaladant un bol de toilette dans un étrange office.
À mes côtés, quelqu'un murmura la vérité,
«Si Dieu les avait créées, la Terre serait morte.»
Ces êtres étranges défiaient toute sainteté,
Expérience folle, ou mutation contre toute porte.
Je les observai, entre horreur et fascination,
Petites machines vivantes aux gestes calculés.
Dans ce rêve étrange, résonnait la question,
De la folie humaine ou du monde d'un autre créé.
289 - Qu'est-ce que je fais dans ce rêve?
Dans une classe immense, pleine de rires légers,
Les jeunes dansaient, insouciants, ivres de plaisir.
Le savoir n'existait pas, juste des instants partagés,
Et près de moi, une blonde semblait le feu acquérir.
Je lançai une blague, absurde et enfantine,
Et tous éclatèrent, riant comme de petits fous.
Mais un mot sérieux, une idée fine,
Fut ignoré, perdu dans ce chaos de tous.
Des enfants, des bébés au corps d'adultes étranges,
Étrangement sérieux dans leur monde irréel.
Ce rêve tordait le réel et changeait les ranges,
Entre innocence et folie, entre absurde et réel.
290 - La lune se prend pour le soleil
Dans le ciel noir, la lune flamboyait rouge feu,
Éclipsant les étoiles, brûlant d'un éclat étrange.
Son visage nocturne devenu soleil audacieux,
Je restai bouche bée, suspendu à son orange.
Une seconde plus tard, le miracle s'effaça,
Elle reprit sa pâleur, douce et familière.
Le feu disparu, laissant le calme derrière moi,
Comme si le ciel jouait avec ma conscience légère.
Entre lumière et ombre, rêve et réalité,
La lune jouait un rôle qu'elle n'avait jamais,
Et je souriais, perdu dans cette étrangeté,
Où le ciel nocturne devenait scène enchantée.
291 - Bonne fête ?
Dans la maison, la parenté s'entassait, joyeuse,
Rires et voix se mêlaient dans un brouhaha familier.
Je descendis au sous-sol, scène étrange et silencieuse,
Cinq visages seuls m'attendaient, sourires préparés.
«Bonne fête !», dirent-ils, six mois d'avance annoncés,
Le temps semblait plié, le présent confondu.
Un geste curieux, drôle et légèrement forcé,
Comme si la fête flottait dans un rêve suspendu.
Je restai là, entre étonnement et amusement,
L'absurde coïncidait avec l'amour discret.
Dans ce sous-sol, le temps avait son enchantement,
Et la famille, même en avance, me fêtait en secret.
292 - Jeu de terre
Un jeu étrange s'étalait sous mes yeux,
Réel ou virtuel, je ne savais plus discerner.
Des chemins creusés dans la terre, labyrinthes houleux,
Où chaque détour semblait vouloir m'égarer.
À un certain niveau, une erreur me défiait,
Un chemin en L promettait l'impossible victoire.
Je cherchais alors un autre tracé, obstiné,
Pour que la partie finisse et dévoile son histoire.
Je creusai, tournai, explorai chaque angle secret,
La terre se pliait sous mes mains et mon esprit.
Chaque détour révélait un monde inconnu et discret,
Où la logique se mêlait à un rêve infini.
293 - La prison du Futur
Dans deux décennies, l'injustice régnait sans partage,
Prisons autonomes, militaires et froides.
Les règles étaient éteintes, la morale en naufrage,
Et chaque cellule gardait ses secrets sous la voûte austère et droite.
Une policière brave osa défier le chef cruel,
Pour une injustice flagrante que nul ne voyait.
Mais au lieu de louanges, le monde se fit cruel,
Et dans l'ombre glaciale, sa liberté s'éteignait.
Melissa s'éleva, voix fidèle et claire,
Défendant l'innocente, partageant le même sort.
Deux fois son nom résonna, comme un écho sincère,
Dans cette prison du futur où la justice dort.
294 - Coup de folie
Au bord de la piscine, bleu miroir parfait,
Je retrouvai la blonde, solitaire et intrigante.
Les erreurs passées semblaient déjà effacées,
Et son regard brûlait d'une flamme excitante.
Je la "croussais", et son rire appelait encore,
« N'arrête pas ! », criait-elle avec un souffle ardent.
Même ses amies observaient ce jeu sonore,
Où folie et désir dansaient dans le temps présent.
Le soleil éclatait sur l'eau et nos gestes fous,
Un instant suspendu entre audace et passion.
Je compris que le rêve tordait tout ce que je savais,
Et que dans ce bord bleu, régnait l'ivresse et l'émotion.
295 - Le truque usé
Sur le plancher nu, les billes noires glissaient,
Sans que mes mains ne les touchent, magie étrange.
Elles sortaient d'une poche brune, vieille et usée,
Vestige du Moyen Âge, gardien d'un savoir étrange.
Chaque sphère roulait avec un souffle mystérieux,
Comme si le temps s'effaçait sous leur danse.
Le plancher résonnait d'échos silencieux,
Et je suivais leur trajet avec un regard en transe.
Le jeu ancien mêlait passé et présent,
Objet oublié, sortilège oublié des siècles.
Je jouais avec l'histoire, en enfant puissant,
Où billes et poche devinrent ponts et miracles.
296 - Le siège militaire
Devant ma porte, l'armée grondait et avançait,
Machineries lourdes, métal rugissant dans l'air.
Le sol tremblait sous leurs roues, la peur s'installait,
Et chaque bruit de moteur semblait un souffle de guerre.
Les soldats marchaient, impassibles et précis,
Leurs regards fixes perçaient la ville et ses murs.
Je sentais le monde basculer, étrange et gris,
Dans ce rêve où le réel se mêlait à l'azur.
Le siège pesait, imposant et terrifiant,
Comme si la paix se retirait en silence et fuite.
Je restai là, immobile, regardant l'instant,
Où la guerre venait jouer sur mon horizon, sans limite.
297 - Pour savoir qu'ils les aiment ? Des démons ?
À St-Maxime je retrouvai des amis d'autrefois,
Surveiller, obéir, tel était le contrat flou.
Puis vint l'insulte, l'or brandi comme une loi,
Et pour avoir résisté, je devins leur tabou.
Le monde se fendit net en deux camps opposés,
Ma tête dure me fit chef malgré le hasard.
Je luttai seul contre riches, bourgeois ligués,
Et je vainquis le nombre par la colère et le regard.
Chez moi, la lampe brillait dans une chambre vide,
Je l'éteignis, la porte claqua, les démons surgirent.
« Il faut qu'ils sachent que je les aime ! » crièrent-ils, avides,
Mais moi je jurai d'anéantir ces graines du pire.
298 - Voyage dans le futur
Par un procédé secret, connu seulement en songe,
Je franchis l'avenir, étrange et sans détour.
Le futur m'ouvrit ses portes, froid et mensonge,
Où le temps semblait glisser sans poids ni retour.
Dans une épicerie, les meurtres s'enchaînaient,
Banalités du progrès, drames sans émotion.
Personne ne s'étonnait, le sang ne choquait,
La violence était devenue simple information.
Alors je distribuai, dans une cantine sans éclat,
Des grains de fromage offerts, jetés à pleines mains.
Mieux valait donner que laisser perdre ce sac,
Dans ce futur absurde où le sens cherche son chemin.
299 - Eau et électricité
Dans l'usine bruissante, je montrais mon intérêt,
À une fille, éclat discret au milieu du travail.
Puis l'eau surgit, envahissant le sous-sol secret,
Mélange mortel avec les dynamos, prêt à l'éclat fatal.
Je hurlai, avertissant chacun du danger immense,
Guidant mes frères et collègues vers un rail sûr.
Mais une âme imprudente céda à la démence,
Et se jeta dans l'eau, défiant le sort impur.
Les flots et le courant dansaient leur ballet cruel,
Je restai témoin, coeur serré, mains tendues.
Dans ce rêve électrique, la peur était réelle,
Et chaque instant pesait comme une vie suspendue.
300 - La mélodie d'Albator
Je rangeais mes blocs Lego, main après main,
Quand une mélodie triste s'éleva dans l'air.
Albator chantait, et Sting mêlait son chagrin,
Chaque note un frisson, chaque mot un éclair.
Le son de la flûte grondait comme le tonnerre,
Tantôt lointain, tantôt proche, violent et clair.
La tristesse se mêlait au souffle de l'éther,
Et chaque vibration semblait briser l'univers.
Vers la fin, la flûte devint pure et lumineuse,
Éclairant les Lego d'un éclat presque sacré.
La mélodie, douce et forte, étrange et précieuse,
Laissait mon rêve flottant dans un monde enchanté.
301 - Ligne interdite
À l'arrêt d'autobus, la foule s'agitait,
Annie, blonde et distante, croisait mon regard.
Je pris le bus, soulagé, tandis qu'elle s'éloignait,
Et la série Psycho se termina, étrange et rare.
Je traversai la ville, la cour et le terrain désert,
Un chemin rocailleux diagonale sous mes pas.
Épuisé, je luttais contre le temps, le corps à découvert,
L'autobus m'attendait, et la folie menaçait déjà là-bas.
Alors je m'appuyai sur un être créé par mon esprit,
Invisible aux yeux des autres, force et guide secret.
Magie et volonté me portèrent, et je compris
Que même seul, l'impossible devient trajet parfait.
302 - Je déménage chez mes grand-parents
Je pris l'autobus, lourd de bagages et de souvenirs,
Vers mes grands-parents où déjà m'attendait mon ordinateur.
Chaque pas portait le poids doux des souvenirs à venir,
Et le voyage semblait suspendu entre passé et bonheur.
Chez un cousin riche, je découvris des trésors oubliés,
Vieilles consoles Nintendo, témoins d'anciens jeux.
Chaque manette, chaque écran me fit replonger, émerveillé,
Dans un monde où le temps semblait glisser comme un adieu.
Le déménagement mêlait nostalgie et futur proche,
Ordinateur et consoles, compagnons de ma mémoire.
Dans ce rêve simple, le coeur trouvait sa poche,
Entre l'enfance perdue et un présent à réécrire avec espoir.
303 - Récursivité en 3
Je me cogne au miroir, tête contre reflet,
Et plonge dans un rêve où je rêve encore.
Trois couches d'illusion, le temps s'efface et s'arrête,
Chaque sommeil ajoute une demi-heure de décor.
Dans le dernier monde, je flotte, corps disparu,
Ma chambre m'entoure, même les yeux clos voient tout.
Une araignée blanche fuit, éperdue, émue,
Et l'entrepôt surgit, silence et espace flou.
Je touche, j'agis, mais le cycle me ramène,
Réveil dans le rêve, puis dans le rêve du rêve.
Chaque couche s'efface, laissant mémoire ancienne,
Et je traverse ces mondes, entre effroi et trêve.
304 - Psycho XXI: Les 2 invités
Chez mes parents, une soirée s'illuminait,
Dans la maison à deux étages, les rires s'élevaient.
Deux invités apparaissaient, Annie blonde et son allié,
Et je me demandais s'ils allaient me remarquer.
Je les croyais partis, loin de mes pensées,
Mais l'escalier gronda, et leurs pas revenaient.
Chaque marche rapprochait la tension accumulée,
Et mon coeur battait à l'idée qu'ils me voient, secret et discret.
Le temps suspendu, l'attente étrange et lourde,
Les visiteurs réapparaissent, comme un souffle imprévu.
Dans ce rêve, le banal devient inquiétant et sourd,
Et chaque retour transforme la soirée en labyrinthe tendu.
305 - Psycho XXII: Téléphonie bidon
Je marchais près d'Annie, blonde au regard pressant,
Je voulais prévenir ma mère, apaiser son tourment.
Elle insistait plus que moi, pressée d'agir,
Comme si l'appel devait surtout lui appartenir.
Kentucky contre Kentucky, elle gagna le combat,
Le combiné dans sa main, le quart de dollar là.
Les chiffres déraillaient, symboles sans raison,
Et elle jurait parler à ma mère, au bout du faux son.
Je vis clair dans son jeu, le numéro mentait,
Elle partit furieuse, son vélo l'emportait.
Je courais dans la nuit, le coeur lourd et fébrile,
Poursuivant une vérité fuyante, fragile et inutile.
306 - Un Criminel du Futur
Du futur surgit un criminel sans pitié,
Meurtrier, cruel, au monde dépourvu de foi.
L'église n'existait plus dans son époque oubliée,
Et pourtant il s'acharne sur les moines, droit et froid.
La porte gauche éclata sous sa force aveugle,
Le bois volait, et les prières s'enfuirent en fumée.
Les prêtres se figèrent, impuissants et sans règle,
Face à ce futur où la foi semblait enterrée.
Je regardai, témoin de chaos et de fureur,
Le temps se pliait sous ce criminel cruel.
Dans ce rêve sombre, résonnaient cris et douleurs,
Et l'histoire se déchira entre ombre et ciel.
307 - Speedy Gondsales
Dans les couloirs de l'école, je cours à quatre mains,
Mes jambes et mes bras m'emportent plus vite que le vent.
Chaque pas, chaque geste déplace le monde soudain,
Et je file, étranger, défiant l'instant présent.
Les filles me regardent, yeux grands, étonnés,
Comme un être venu d'ailleurs, hors de leur univers.
Mon rythme bouscule leurs normes, leurs pensées,
Et chaque souffle me rend plus étrange et singulier.
Mais moi je glisse, rapide, léger et insouciant,
Les murs se fondent sous mes bras et mes jambes en feu.
Dans ce rêve fou, je suis libre et éclatant,
Speedy Gondsales, invincible dans ce lieu.
308 - Les 2 grandes roues du cirque
Sous le chapiteau, deux grandes roues tournent,
L'une horizontale, l'autre verticale, dans le feu des regards.
Leurs mouvements hypnotiques où les lumières se fourrent,
Créent un vertige doux, étrange et bizarre.
Une fille, morte mais debout, raconte son exploit,
Quarante-quatre accidents et elle a survécu.
Sa voix perce le vacarme, défiant la loi,
Et chaque mot résonne comme un souffle incongru.
Le cirque s'étire, monde suspendu et fragile,
Roues, rires et fantômes se mêlent au hasard.
Dans ce rêve étrange, tout devient subtile,
Et la mort elle-même semble jouer dans le noir.
309 - J'habite au grenier
Dans le grenier haut perché, je trouve mon refuge,
Un escalier monte vers la lumière d'une fenêtre.
Chaque marche murmure des secrets d'anciens juges,
Et l'air y danse entre ombre et clarté discrète.
Deux portes m'ouvrent passage vers mon monde caché,
L'une noire comme la nuit, l'autre teintée de mystère.
Chacune promet des aventures que je peux emprunter,
Et chaque ouverture me rapproche de l'univers entier.
Dans ce grenier suspendu entre rêve et mémoire,
Je vis isolé, mais libre, explorant l'infini.
Chaque coin, chaque recoin recèle une histoire,
Et je me fonds dans ce lieu où tout est permis.
310 - Le livre ancien
Dans l'église silencieuse, je cherche des savoirs perdus,
Un prêtre me tend un livre noir, relique du XIIe siècle.
Chaque page respire l'histoire que le temps a reconnue,
Et son poids ancien m'émeut, profond et presque sacré.
Le format parfait, 8½ par 11, m'ouvre un monde figé,
Le premier chapitre se déplie comme un manuscrit vivant.
Les mots racontent la vie de Jésus, à jamais gravée,
Et chaque ligne respire d'un souffle étrange et captivant.
Je feuillette, absorbé par les siècles et la mémoire,
Le livre m'entraîne dans un passé à la fois proche et lointain.
Dans ce rêve, l'ancien devient vivant, chargé de gloire,
Et l'église murmure avec moi le récit divin.
311 - Prier Dieu pour ça ?
Dans les eaux froides et sombres de la mer d'Angleterre,
Un corps lutte, minuscule, au bord de l'engloutissement.
Chaque vague est un verdict, chaque souffle une prière,
Le ciel reste muet face à son acharnement.
Sur la crête du rivage, hors du temps et de l'instant,
Des silhouettes anciennes murmurent à genoux.
Leurs mains levées implorent Dieu, étrangement,
Non pour sauver la vie, mais pour hâter le courroux.
Mon inconscient vacille devant cette foi cruelle,
Où le sacré s'inverse et devient condamnation.
Et la mer, indifférente, referme son appel,
Tandis que Dieu se tait dans cette étrange oraison.
312 - Les voies célestes
Je marche en été, forêt douce à mes côtés,
Entre route sage et rivière large et profonde.
Le sol brille de pierres blanches, parées de clarté,
Chaque pas chante un monde que mon coeur vagabonde.
Les éclats précieux scintillent sous le soleil chaud,
Le chemin me charme, m'enlace et me retient.
Mais l'obligation m'appelle, son poids est un fardeau,
Et je dois quitter ce rêve où tout est pur et serein.
La rivière murmure, la forêt soupire doucement,
Chaque pierre semble guider mes pas vers l'ailleurs.
Dans ce lieu suspendu, le temps est apaisant,
Et je pars, contraint, emportant l'éclat dans mon coeur.
313 - Frontière
Avec ma tante, je marche vers la limite du pays,
La frontière approche, invisible mais pesante.
Je descends quelques centaines de mètres, discret et précis,
Et le monde s'ouvre, calme, sous l'ombre des branches flottantes.
Les bois m'accueillent, tapis de feuilles et de murmures,
Chaque pas résonne sur la terre douce et dense.
Le vent effleure les arbres, portant d'anciens murmures,
Et je me fonds dans ce lieu, suspendu entre crainte et silence.
La frontière derrière moi, mais encore présente,
Je marche libre, explorant ce royaume secret.
Les arbres et l'air deviennent amis, complice et essence,
Et le rêve s'étire, tranquille, sous un ciel discret.
314 - On utilise mon nom pour ...
Sur l'écran de la bourse, mon nom clignote et défile,
« MALTE » s'étire, mêlé à des chiffres indécents.
Chaque chiffre glisse, étranger, vide de sens subtil,
Et moi, je reste dehors, spectateur du tourment.
Mon identité se perd dans ce flot mécanique,
Sans rapport avec qui je suis, ni mes pensées.
Chaque lettre semble prise par un jeu automatique,
Et mon nom flotte, détaché, dans un monde volé.
Je regarde, impuissant, ce reflet numérique,
Où l'essence de mon être devient illusion.
Le rêve murmure l'étrange ironie ironique,
D'un nom utilisé sans âme, sans raison.
315 - Madame Noël
Sur des estrades de bois, dans un parc de baseball,
Je contemple des enchères au parfum du XVIIe siècle.
Chaque objet semble modeste, presque banal,
Et pourtant l'air frémit sous un cri qui déchire le cercle.
Madame Noël s'élance, sa voix fend le temps,
Quarante mille dollars, puis un million, le prix s'envole.
Les dons affluent, étranges et fulgurants,
Pour la charité, dans ce rêve où le réel s'affole.
Je reste bouche bée, témoin de ce paradoxe rare,
Un simple objet devient trésor sous sa clameur.
Le bois craque, le vent murmure dans l'air,
Et le rêve m'emporte dans sa douce grandeur.
316 - Les secrets des militaires
Après les crimes, un secret m'éclate au visage,
Une compagnie transforme armes en biens marchands.
Les puces meurtrières, laissées hors de leur cage,
Répandent le chaos, indifférentes aux innocents.
La nuit s'étire, sombre, sur la rivière tranquille,
Une fille s'approche, éclairée par une lueur verte.
Chaque mouvement tremble dans l'air fragile,
Et la menace plane, invisible, presque ouverte.
Le monde se fissure sous ce savoir interdit,
Des dangers cachés rôdent encore dans l'ombre.
Mon rêve m'emporte, dans l'angoisse infinie,
Où l'innocence se mêle à la peur qui succombe.
317 - L'Espoir ?
Dans un futur vague, je la revois, Jinny blonde,
Visage connu mais égaré dans les brumes du temps.
Mon coeur hésite, entre désir et monde qui s'effondre,
Et je tends la main vers ce souvenir éblouissant.
Je la courtise dans des rues que je ne connais pas,
Chaque mot, chaque sourire cherche à raviver l'oubli.
Le passé murmure, léger comme un souffle d'âme en émoi,
Et mon esprit se perd dans ce doux conflit.
L'espoir brille, fragile, dans ce futur incertain,
Une lueur qui m'appelle à retrouver ce lien perdu.
Même si le monde se dérobe, et change de chemin,
Je poursuis Jinny, guidé par un rêve lumineux.
318 - OVNI 4: Pars avec eux
Mon frère, ma soeur, rient de ma crainte imaginée,
Me traitant de peureux face aux êtres venus d'ailleurs.
Pour prouver mon courage, je choisis de m'avancer,
Et monter dans leur vaisseau, brillant de mille lueurs.
La soucoupe invisible flotte au-dessus de la piscine,
Silencieuse, douce, comme un rêve dans le ciel.
Je sens l'inconnu m'emporter, étrange et sublime,
Et le vertige m'enlace, délicieux et irréel.
Je pars avec eux, laissant derrière rires et monde,
Dans l'espace secret où la peur n'a plus de prise.
Mon coeur bat, libre, dans cette danse profonde,
Et l'invisible m'emmène au-delà de toute surprise.
319 - Avant 2000 le terrible...
Devant moi, une fille rousse apparaît radieuse,
Puis l'âge la frappe en un instant, vingt années s'égrainent.
Son regard, profond, éclaire une vision mystérieuse,
Et sa voix s'élève, porteur d'un secret qui m'atteint.
« Ce sera terrible, avant l'an deux mille. » dit-elle,
Comme une prophétie que Dieu seul murmure au vent.
Chaque mot résonne, sombre, dans l'air qui chancelle,
Et l'ombre du futur se tisse, inquiétante et pesant.
Je reste figé, témoin d'un temps qui s'accélère,
Où jeunesse et vieillesse se confondent en un instant.
Le rêve s'éteint, laissant un souffle austère,
Et l'ombre des années avant l'an 2000 plane encore dans le vent.
320 - Dommage que ce ne soit qu'un rêve...
Dans l'école calme, elle apparaît, blonde et lumineuse,
Ses yeux bleu ciel brillent d'un éclat si sincère.
Chaque mot que je dis semble la rendre heureuse,
Et je la regarde, sans gêne, avec un coeur ouvert.
Elle s'intéresse à moi, son sourire est un phare,
Un lien invisible nous unit dans ce doux instant.
Je ressens son affection, fragile et rare,
Mais le rêve garde pour lui la suite du sentiment.
Je sais que tout s'évanouira quand l'aube se lèvera,
Et pourtant je savoure ce moment suspendu.
Dommage que ce ne soit qu'un rêve qui s'en ira,
Car dans mon esprit, son regard restera continu.
321 - L'armée des ténèbres XV: Ça sent la fin !
L'armée des ténèbres me traque, innombrable et noire,
Leurs pas martèlent l'ombre, lourds comme le destin.
Je n'ai plus la force de lutter ni d'y croire,
Leur haine semble ancrée au coeur même du matin.
Ils savent comment briser, comment plier les âmes,
N'importe quel être vivant peut tomber sous leurs coups.
Je vacille, encerclé par leurs rires et leurs flammes,
Sentant que la fin rôde, tapie tout autour de nous.
Alors, à bout de souffle, je lève enfin la voix :
« Dieu, Anges et Saints, tirez-moi de ce piège ! »
Dans ce cri résonne l'ultime éclat de foi,
Quand l'espoir devient arme face aux ténèbres en siège.
322 - Libre comme l'air
Je suis enfin libre, ailes déployées dans le vent,
Sur les océans bleus je plane sans fin ni repos.
Ma ville natale s'étend en dessous, paisible et flottant,
Et je visite les royaumes des riches, des échos.
Je vole, je vole, léger au-delà de tout souci,
Plus de lois, plus d'entraves, juste l'horizon immense.
Mes questions s'éteignent, mes doutes deviennent bruit,
Et chaque souffle d'air nourrit mon âme en silence.
Qu'importe le droit, l'obligation ou le repas du soir,
Je suis oiseau, libre, maître de mon ciel infini.
Le monde est vaste, et je m'y perds sans vouloir,
Libre comme l'air, guidé par mes ailes et ma vie.
323 - Livre PrintShop
Je découvre un livre caché dans la maison d'un cousin,
Ses pages d'informatique renferment des secrets muets.
Des connaissances perdues, d'anglais confinées au lointain,
S'ouvrent enfin à moi, luxueuses et parfaites.
Les séparateurs brillent, mystérieux, disciplinés,
Accompagnés d'accessoires dont j'ignore la raison.
Chaque détail me fascine, chaque page à explorer,
Comme un trésor ancien surgissant de l'obscur horizon.
Le livre m'enveloppe d'un savoir presque vivant,
Il murmure des codes, des idées qui dansent et fuient.
Je m'y perds, émerveillé, absorbé et captivant,
Dans ce royaume secret où la science s'épanouit.
324 - Psycho XXIII: Elle s'approche dangereusement...
Je regarde sans réfléchir la vitrine du sous-sol,
Reflet tranquille où tout semble calme et figé.
Mais dehors, une fille blonde traverse le sol,
Annie avance, et mon coeur reste captif, figé.
Sa présence glisse comme un souffle incertain,
Chaque pas résonne dans la rue silencieuse.
L'air se charge d'un frisson qui court soudain,
Et l'espace devient étrange, presque dangereuse.
Je l'observe, hésitant entre désir et crainte,
Le monde autour s'efface, seul son passage compte.
Dans ce rêve, le temps se plie et s'éteinte,
Et son ombre m'effleure, furtive et décomptée.
325 - Criminel
Dans la nuit sombre, un édifice nous accueille,
Un troupeau d'amateurs guidé par mon étrange loi.
Un « trèfle » maladroit déclenche l'alarme, cruel,
Et dehors les sirènes éclatent dans le froid.
Je fuis par une haie oubliée des hommes de loi,
Croisant une fillette que j'emploie comme alibi.
Sa main dans la mienne, un leurre, un fragile émoi,
Puis je repars, léger, sous l'éclat des nuits gris.
L'avion m'ouvre ses portes malgré billets manquants,
J'achète en plein vol un ticket, dernier argent en main.
Même Obélix, spectateur étonné du temps,
Rit et comprend l'histoire de ce vol clandestin.
326 - Le secret de «La Montagne»
Je marche en hiver sur des terres boisées et froides,
Une falaise me révèle un secret bien caché.
La montagne n'est qu'un cimetière de bois et d'anciennes modes,
Recouverte d'un mince pied de terre, prête à être déterrée.
J'abandonne un compagnon qui refuse de continuer,
Son désir le ramène loin, vers le foyer rassurant.
Je poursuis seule, explorant une plaine étrange et isolée,
Où la terre noire et blanche s'enfonce sous chaque pas pesant.
À mon retour, la montagne garde son mystère ancien,
Un petit singe me suit, curieux et silencieux.
Le bois murmure des histoires d'ombre et de chagrin,
Et je reste là, témoin du secret de lieux silencieux.
327 - Blue Girl
Dans un théâtre pour enfants, étrange et lumineux,
Elle se tient là, cheveux et lèvres d'un bleu profond.
Sourcils pareillement teints, éclat mystérieux,
Et ses yeux verts percent le silence du plafond.
La foule détourne le regard, frissonne, hésite,
Mais moi, je reste là, face à elle sans détour.
Je plonge dans ses yeux, son éclat m'invite,
Et rien ne freine ma curiosité ni mon amour.
Unique spectateur d'une magie silencieuse,
Je contemple ce bleu qui défie le quotidien.
Elle m'appelle sans mot, mystérieuse et précieuse,
Et je reste captivé, seul dans ce théâtre humain.
328 - J'aime de plus en plus mes rêves
À la soirée familiale, une brune s'approche de moi,
Son sourire s'allume pour un disque que j'ai composé.
Nos mots s'entrelacent, simples, doux, et pleins de joie,
Et le temps s'étire, léger, dans ce monde enchanté.
Bientôt, nous voici au gymnase, mousse et savon partout,
Le badminton se transforme en un jeu ridicule et fou.
Elle frotte ma tête, nous rions, les bulles éclatent, flou,
Et nos fronts se touchent, complices, dans ce doux rendez-vous.
Je savoure ces instants où rêve et réalité s'unissent,
Chaque geste, chaque rire me transporte hors du temps.
Mes songes deviennent des trésors que je chéris, que je bénisse,
Et je flotte, heureux, dans ce rêve éclatant et vivant.
329 - Chrétienneté XI: Le Message de Dieu
Dans mon lit, les couvertures sont arrachées sans fin,
Démons en farce, jouant avec portes et sommeil.
J'implore Dieu, et soudain leur présence prend fin,
La paix revient, et dans l'air résonne un appel vermeil.
Dieu me parle alors, discret, entre les ombres et la lumière,
Me guidant vers l'édifice suspendu, rêve offert du ciel.
Chaque pierre flottante, chaque souffle, une vérité claire,
Un signe dans l'éther, un message divin, subtil et réel.
Puis l'aube éclaire une croix noire brûlant sur la colline,
Un feu silencieux qui parle aux yeux de l'âme éveillée.
Je sens le monde vibrer de ce message qui m'incline,
Et je garde en mon coeur ce secret que le ciel a livré.
330 - La fille à la croix
Dans l'entrepôt, je la vois parmi les ombres claires,
Blonde, souriante, tenant une croix dans sa main.
Son bijou d'or scintille, éclat fragile et sincère,
Tandis que la mienne, bois verni, suit le même chemin.
Nos regards se croisent, un lien naît dans le silence,
Deux croix qui se répondent, un écho de croyance et de foi.
Je ressens dans l'air ce frisson, cette douce connivence,
Un instant suspendu où le monde n'existe pas, entre toi et moi.
Je marche près d'elle, guidé par ce signe précieux,
Chaque pas résonne d'un murmure presque sacré.
La croix unit nos mains, nos coeurs, et nos yeux curieux,
Et je garde en mon âme ce moment de beauté rêvée.
331 - Je suis un gardien
Seul contre le monde, je veille sur elle, fragile ombre,
Vêtue de noir, sa peur brille dans ses yeux d'enfant.
Tous veulent l'enfermer, la dominer, briser sa tombe,
Mais je la tiens, je la protège de ce tourment oppressant.
À chaque pas, je sens le danger rôder tout autour,
Les persécuteurs avancent, mais je reste son rempart.
Mon courage devient armure, mon souffle devient amour,
Pour elle, je défie le vent, la nuit et le brouillard.
Dans ce rêve où je garde la pureté d'une âme,
Je deviens lumière dans l'ombre, force silencieuse.
Et malgré les menaces, le monde perd toute sa flamme,
Car je protège l'innocence, farouche et précieuse.
332 - Danièle
Dans la classe, mon devoir attend, plein de fautes à réparer,
Une fille blonde en jeans sourit et tend sa main aidante.
Chaque mot corrigé devient un souffle léger, partagé,
Et son calme éclaire la pièce d'une lumière charmante.
Le directeur entre, colère dans la voix, interdiction,
«On ne triche pas ici!» gronde-t-il, menaçant nos noms.
Pourtant, dans son regard, je vois une douce attention,
Et j'apprends enfin qu'elle s'appelle Danièle, sans raisons.
Quand la tempête s'éloigne, je fuis par l'escalier sombre,
Cherchant la sortie, libre enfin de l'ombre et du bruit.
Mais son nom reste gravé dans mon esprit comme un nombre,
Et son sourire m'accompagne, éclat fragile et infini.
333 - La fille de l'autre monde
Dans la nuit silencieuse, je porte un être fragile,
Blonde lumière étrangère, venue d'un autre lieu.
Chaque pas est un secret, chaque souffle, un fil,
Pour que mes parents ignorent ce monde mystérieux.
Elle murmure son malaise, désirant s'éloigner,
Tandis que des ombres rousses en noir la réclament.
Je serre mon courage, refusant qu'elle soit capturée,
Gardien des songes, je défie leurs mains brûlantes.
Dans l'ombre de la maison, je deviens rempart vivant,
Sa peur et la mienne se mêlent sous la lune.
Entre vigilance et tendresse, je tiens ce moment,
Éphémère refuge où l'inconnu s'allume.
334 - Psycho XXIV: Elle est tellement proche qu'elle est dans le salon !
À la réception, nous sommes quatre, silence feutré,
Annie, blonde et discrète, s'assoit à mes côtés.
Ses yeux écoutent tout, chaque mot est observé,
Sa présence légère, pourtant, ne peut s'ignorer.
Elle reste immobile, spectatrice attentive,
Son souffle presque un murmure dans le salon feutré.
Chaque instant partagé rend l'air plus captif,
Comme si son ombre seul pouvait tout écouter.
Puis le rêve s'achève, et elle s'éloigne enfin,
Laissant un vide doux, une absence à ressentir.
Son départ murmure, au creux de mon destin,
Que parfois la présence se fait souvenir à chérir.
335 - La fille de l'autre monde II: La reine cruelle
Dans l'ombre d'un entrepôt, nous fuyons sans répit,
Une reine aux cheveux rouges, noir vêtue, nous traque.
Son engin de métal rugit, aimants comme appétit,
Sa cruauté glaciale transforme l'air en attaque.
Les ponts rouillés grincent sous nos pas précipités,
Chaque porte ouverte devient une chance fragile.
Mais son pouvoir diabolique nous sépare sans pitié,
Elle s'empare de l'autre monde, joyau fragile.
Seul, je trouve refuge au centre des trois chiens gardiens,
Leurs yeux brillent, protecteurs contre le mal enragé.
Le danger persiste, mais un espoir éclaire mes mains,
Dans ce chaos métallique, ma survie est préservée.
336 - Le Meurtrier
Près d'un bassin de fer rouillé, brun de mémoire,
La bataille éclate, sourde, sans témoin ni loi.
L'air est lourd de peur, de cris que je crois voir,
Et mes gestes me dépassent, guidés par l'effroi.
Dans l'urgence aveugle, la lame cherche un refuge,
Elle entre dans une poitrine, geste de survie.
Le temps se fissure, le monde devient subterfuge,
Et je comprends trop tard ce que j'ai fait ici.
Le silence retombe, plus tranchant que l'acier,
La rouille semble juger mes mains encore tremblantes.
Était-ce me défendre ou déjà me nier ?
Mon inconscient murmure une faute brûlante.
337 - La fille de l'autre monde III: J'avoue !
Chez moi elle est là, l'étrangère des dimensions,
Je cherche les mots, fragile équilibre à trouver.
Mes lèvres s'ouvrent, prêtes à livrer mes passions,
Mais la vérité glisse et semble se dissimuler.
J'essaie la subtilité, esquivant le fracas,
Chaque phrase danse entre ce que je veux dire.
Ils écoutent, sourient, mais le sens s'efface déjà,
Et mon aveu s'éteint sans pouvoir les instruire.
Le coeur serré, je contemple ce secret partagé,
Entre leur monde et le mien, un pont fragile s'étend.
Je garde la jeune fille, mystérieuse et sacrée,
Et dans mon rêve, le silence devient confiant.
338 - Le nouveau Château
Je bâtis un château au sommet de mes pensées,
Ses pierres grises brillent sous un ciel imaginaire.
Chaque salle, chaque tour, par moi fut améliorée,
Un labyrinthe sûr où s'égare le vulgaire.
Des portes se ferment, gardiennes de mes secrets,
Dans les couloirs profonds où l'écho seul se faufile.
Chaque passage, chaque canal, protège mes attraits,
Et dans ce vaste lieu, l'ordre et l'art se profilent.
Je contemple l'ouvrage, fier de mon ambition,
Chaque pierre posée raconte un rêve ancien.
Ainsi naît le château de mon imagination,
Où mes désirs et mes plans se mêlent au quotidien.
339 - La fille de l'autre monde IV: Un petit tour chez elle
Elle m'emporte au-delà des mondes connus,
Où chaque souffle brille d'une clarté d'argent,
Les paysages parfaits dessinent l'inconnu,
Et je marche blond, vêtu de rêves éclatants.
Dans ce royaume pur où tout semble léger,
Elle sourit, chaleur douce et rassurante,
Chaque geste, chaque mot, tout est harmonisé,
Et mon coeur se perd dans cette étoile vivante.
Aucun défaut ne trouble cette infinie beauté,
Tout scintille d'un éclat que nul ne saurait ternir,
Je découvre un monde où tout semble destiné,
Et dans ses bras, la perfection m'invite à sourire.
340 - Je déteste ce jeu !
Je plonge dans l'écran, le monde se fait pixel,
Les tuyaux sombres m'engloutissent sans répit,
Chaque couloir glissant me rend presque cruel,
Je cherche la sortie, perdu dans ce mépris.
Les ennemis surgissent, et mon corps se tord,
Je fuis mes sels, je lutte, je me débats,
L'univers du jeu devient un cruel décor,
Où chaque souffle me presse et ne me laisse pas.
Je cours, je tombe, je tente de m'échapper,
Les murs numériques semblent vouloir m'emprisonner,
Et dans ce chaos, je crie, je veux m'éveiller,
Car ce jeu oppressant refuse de m'abandonner.
341 - Chat & étrange...
Un chat noir se glisse, silencieux et doux,
Sur mon cou il s'installe, complice des rêves,
Son pelage caresse mes songes un peu flous,
Et dans cette nuit calme, mon esprit s'achève.
Il reste là, immobile, gardien de mes sommeils,
Aucune peur ne naît, seulement une étrange paix,
Ses yeux fermés semblent refléter mille conseils,
Et je l'accueille, heureux, comme un secret discret.
Dans l'ombre de la chambre, l'heure se fige,
Chaque souffle du chat devient mélodie,
Le monde extérieur s'efface, se désintègre,
Et je flotte, bercé par sa douce compagnie.
342 - Les 5 étapes
Dans un appartement clos, une blonde se dévoile,
Offrant son corps facile à mes refus muets ;
Je détourne le regard, je brise la toile,
Car son désir trop vaste m'inspire le regret.
Me voilà de retour dans l'école étrangère,
Les visages ont changé, les rôles sont brouillés ;
Un concert sans éclat résonne dans l'air,
Même le feu d'AC/DC semble s'être mouillé.
Sous un matelas bleu suspendu à la grange,
Je dors malgré la chute promise au-dessus ;
Au sous-sol, une rousse m'attend, douce et étrange,
Je touche son visage - et le rêve m'a vaincu.
343 - Le don de langue parlée
Dans l'hiver silencieux, la neige me conduit,
Aux côtés d'un passant aux mots venus d'ailleurs;
Sa langue m'est étrangère, et pourtant je la dis,
Comme si l'air gelé m'en donnait la chaleur.
Les phrases coulent libres, sans faute ni détour,
Je parle sans savoir, je sais sans avoir appris;
Mon esprit fait semblant d'avoir fait le parcours,
D'un savoir interdit que le rêve m'a transmis.
Au réveil, tout s'efface, le don se retire,
Les mots redeviennent murs, fermés à ma voix;
Mais la nuit m'a soufflé, dans un étrange sourire,
Que l'âme sait parfois ce que l'homme ne sait pas.
344 - La société secrète
La nuit glisse entre les blocs d'un béton endormi,
Je marche à pas comptés sous des balcons muets ;
Des formes presque humaines surgissent de l'ennui,
Deux, trois, parfois sept, aux regards figés.
Leurs ongles sont trop blancs, lisses comme du plastique,
Ils marquent les vivants d'un reflet sans chaleur ;
L'humain devient leur double, docile, automatique,
Par un simple contact, par une lente erreur.
Je connais leur manège, leur méthode, leur loi,
Mais je n'ai pas encore la force de lutter;
Alors je négocie une trêve avec l'effroi,
Gagnant un peu de temps. avant d'être visé.
345 - La dictature
Dans un monde de lois silencieuses, je vis,
La dictature rôde, invisible et perfide;
Avec mon frère j'entre, l'esprit surpris,
Les règles imposées frappent, sévères et rigides.
Cartes d'identité, photos et secrets exigés,
Refuser, c'est perdre le droit de travailler;
Je sors, veste de cuir, révolté et engagé,
Face à l'injustice, je cherche à réparer.
La porte éclate, le chaos s'invite soudain,
Je lutte, je pense, pour garder un chemin;
Dans ce monde oppressant où l'ombre prend fin,
Mon courage seul éclaire l'avenir incertain.
346 - La fille de l'autobus
De l'école je reviens, l'air calme et léger,
Une fille aux gestes doux sur mon sac s'attarde;
Des gants bleus scintillent, prêts à laver,
Et dans ce moment simple, mon esprit s'égarde.
Le chemin familier soudain se transforme,
La rue devant moi se couvre de poussière ;
Réparations bruyantes, échos qui me déforment,
Mais son sourire reste un phare dans cette mer.
Entre le quotidien et l'étrange instant,
Je marche, observant ce mélange subtil;
Un rêve suspendu, où le réel devient flottant,
Et la fille de l'autobus danse dans mon exil.
347 - Le narrateur
Je parle de la Bible à la soeur d'un ami,
Mais la musique s'invite et captive mes mots;
Chaque note devient un écho qui me suit,
Tandis que ses gestes me perdent dans leur flot.
Son sourire éclaire la pièce d'une douce lumière,
Et mes yeux se détournent malgré moi sans fin;
Les sons s'entrelacent à ce charme éphémère,
Et ma voix vacille, suspendue au matin.
Je reprends mes phrases, j'essaie de guider l'esprit,
Mais l'inattendu détourne mes pensées ailleurs;
Entre les notes et le regard, tout s'enfuit,
Et le rêve devient le maître de mes coeurs.
348 - L'escalier naturel
Je file sans guider le volant de ma voiture,
Devant mes yeux s'élèvent des monts purs et durs,
Sortis des flots profonds, tels des géants en rupture,
Enchaînés dans l'air, un escalier de nature.
Chacun se dresse seul, jamais touchant son frère,
Deux premiers engloutis par les vagues de la mer,
Leur sommet disparaît dans l'écume éphémère,
Et je frissonne à voir tant de beauté et de mystère.
Cette route suspendue entre ciel et océan,
M'invite à rêver, à marcher au bord du vent,
Chaque pas invisible me rapproche du néant,
L'escalier des montagnes m'emporte doucement.
349 - Un homme parmi les loups
Pris au piège dehors, en hiver glacé,
Un carré parfait trace mon destin calculé,
Autour de moi des loups aux yeux affamés,
Réclamant mon sang dans un silence glacé.
Ils s'approchent, implacables et cruels,
Leurs crocs luisent sous les cieux éternels,
Chaque souffle de vent semble un appel mortel,
Et mon espoir s'éteint dans ce cercle cruel.
Le froid me serre et mon coeur palpite,
Seule ma peur guide mes pas, mais elle hésite,
Dans ce carré mortel où le sort s'agite,
Je suis l'homme seul que la meute visite.
350 - Désolé mais je ne fais que passer...
Je passe furtif par la cour d'une maison close,
Le chemin m'est imposé, sous l'ombre morose,
Mais surgit un chien, enragé, aux crocs féroces,
Dévorant l'air même où mes pas osent.
Je m'accroche à une chaîne, suspendu dans le vent,
Par-dessus la clôture verte, oscillant constamment,
L'animal rusé me suit, chaque mouvement,
Et je lutte pour échapper à son acharnement.
Au deuxième élan, enfin, je trouve la sortie,
Après peines et misères, je fuis la nuit,
Le chien reste là, gardien de l'infini,
Et je reprends mon souffle, libre, mais sans bruit.
351 - Rouge-Bleu-Rouge
Au-dessus de ma maison, je flotte en silence,
Un pied d'eau bleue s'étire avec insistance,
Deux rivières de lave surgissent de chaque flanc,
Prêtes à engloutir l'édifice en un instant.
Le feu rouge bouillonne, avance sans pitié,
Le ciel bleu s'inonde, la menace est mêlée,
Chaque vague de magma approche, insatiable,
Et la demeure fragile semble déjà incapable.
La distance s'efface, le temps se suspend,
Entre l'onde et la lave, un conflit incandescent,
Je regarde immobile, pris par la peur intense,
Rouge, bleu, rouge, danse mortelle de la chance.
352 - Le meurtrier mécanique
Dans un hall public éclate une querelle,
Mon frère et moi, nos mots s'emmêlent,
Mais soudain surgit un tueur mécanique,
Silencieux et froid, son geste est dramatique.
Pour échapper au danger, je suis projeté,
Dans le passé lointain, un lieu à explorer,
Une maison forteresse se dresse devant mes yeux,
Ses secrets m'attendent, dissimulés sous les cieux.
Chaque pas résonne sur le sol du mystère,
Je cherche la vérité au-delà des barrières,
Entre peur et devoir, je poursuis ma mission,
L'ombre du mécanisme guide ma décision.
353 - Le chemin secret
Un chemin secret, étroit et silencieux,
Je marche avec deux âmes dans un monde mystérieux,
Les rails scintillent sous la lumière diffuse,
Chaque pas résonne, l'inconnu nous use.
Au bout de la voie, une galerie apparaît,
Une porte vers un sous-sol où le mystère s'estompe à peine,
Nous franchissons le seuil, prudents et curieux,
L'air chargé de secrets, l'atmosphère est feutrée.
Mais derrière moi, une étrangère frappe sans fin,
Je ferme la porte, doute et prudence en chemin,
Son regard reste hors, ses intentions dissimulées,
Le secret du lieu reste à jamais gardé.
354 - Bleu sur fond bleu
Les yeux de ma soeur brillent d'un bleu profond,
Sur fond bleu pâle, mystère dans l'horizon,
Un ciel dans son regard, calme et infini,
Où se perd mon esprit, doucement ébloui.
Chaque éclat de sa vue est un doux labyrinthe,
Les nuances s'entrelacent, comme une peinture sainte,
Le bleu s'y mêle et joue, fragile et léger,
Un monde silencieux que je veux explorer.
Bleu sur fond bleu, un miroir de l'âme,
Où l'on devine les secrets sans drame,
Je m'attarde, subjugué par cette clarté,
Que seul un rêve sait si bien révéler.
355 - Delphino
Dans le lac profond, je nage aux côtés de mon frère,
Un requin immense fend l'eau, chassant sans lumière,
Mon frère dit : « C'est une baleine, rien à craindre ici »,
Mais ses branchies et son appétit me disent le vrai défi.
Le Léviathane vorace engloutit mille proies,
Sa gueule est un abîme où la vie se noie,
Je fuis les profondeurs, tremblant sous le poids,
De ce monstre marin qui défie la loi.
Alors qu'en surface un dauphin glisse, étrange invité,
Dans l'eau douce du lac, hors de son monde salé,
Je me demande qui les a conduits en ce lieu insensé,
Mélange de rêves et d'eau où l'impossible est né.
356 - La fille de l'autre monde V: Pris avec l'ennemi
Dans l'autre monde je marche, elle est proche mais prisonnière,
La fille mystérieuse, aux yeux clairs, captive sous la lumière.
Une reine cruelle guette, son coeur dur comme la pierre,
M'attirant dans ses pièges, m'enserrant dans sa frontière.
Je tente de fondre les mondes, de rendre les dimensions claires,
Mais elles résistent, opaques, m'éloignant de mes prières.
Je me retrouve dans l'ombre, sous le sol, solitaire,
Ses mains hors de portée, et son regard comme un éclair.
Elle est là, si près, et pourtant l'ennemi rôde autour de moi,
Le temps suspend son souffle, je lutte sans loi ni voie.
Entre amour et menace, la tension me tient en émoi,
Pris entre deux mondes, je cherche à briser leur froid.
357 - Mon rendez-vous avec le géant
Je cours à perdre haleine sur la terre desséchée,
Le vent fouette mes peurs, le ciel semble fâché.
Un géant m'attend, lourd de colères anciennes,
Et je vais à sa rencontre, le poing chargé de haine.
Il écrase les faibles, règne par l'injustice,
Son ombre est un empire bâti sur le supplice.
J'apprends que je ne suis pas seul sous son pouvoir,
D'autres portent en silence le même désespoir.
Alors ma peur se change en une force ardente,
Je ne fuis plus le monstre, je deviens la tourmente.
Face au géant dressé, mon courage se lève soudain :
Dans ce désert brûlant, je marche vers mon destin.
358 - La terre glacer
La ville est un cristal, figée sous l'hiver blanc,
Les toits, les fils, les haies brillent d'un éclat tranchant.
Je cours vers un lieu, mais le temps m'échappe sans fin,
Chaque pas sur la glace me rappelle mon destin.
Un chat brun se meurt, fragile et si frêle en ce monde,
Son souffle est un murmure que l'hiver profond gronde.
Je voudrais le sauver, le serrer contre mon coeur,
Mais la loi impitoyable m'interdit toute douceur.
L'air porte la maladie, le parfum froid de la mort,
Les ombres glacées glissent sur les pavés encore.
Je marche solitaire, prisonnier du gel et du temps,
Et la ville de glace me tient sous son souffle tranchant.
359 - Les chemins de la ville sans idéal
Dans une ville tordue où l'ordre est trahi,
Je descends de l'autobus, las de ce chaos infini.
Les rues pavées s'élèvent en marches inégales,
Chaque pierre un obstacle, chaque pas devient bataille.
Deux chemins se dessinent sous mes yeux incertains,
L'un vieux et rebelle, l'autre une pente aux reflets bruns.
Je choisis la descente où la végétation s'épanouit,
Malgré les épines et racines, la nature me suit.
La pente m'enlace, abrupte et pleine de vie,
Chaque souffle m'enseigne la beauté interdite ici.
La ville se joue de moi, mais je trouve mon passage,
Entre chaos et harmonie, je trace mon voyage.
360 - Réunion politique
Dans la salle où le pouvoir se joue en secret,
Je passe pour journaliste, observant en discret.
Les mots des politiciens résonnent comme un théâtre,
Et chacun semble pressé de fuir ce pacte.
À la sortie, quatre jeunes filles rient et boivent,
Leurs paroles dans l'air flottent et m'émeuvent.
« L'informaticien n'est pas laid » murmure l'écho,
Sous leurs voix légères, un étrange halo.
Le théâtre s'efface, les murs se font flous,
Je marche à travers l'ombre où l'absurde est doux.
Entre pouvoir, rumeur et alcool discret,
Mon rêve dessine un monde où tout se tait.
361 - Plane
Je sais que je dors, et l'air devient mon allié,
Je vole en silence, mes gestes légers, effacés.
La pièce s'étire, se plie sous mes mouvements,
Mais mon esprit se perd dans un souffle mouvant.
Je lutte contre le haut, contre la gravité,
Chaque envol m'emporte vers une autre réalité.
Le vertige des rêves se replie sur lui-même,
Et mes pensées tournent, s'emmêlent comme un poème.
Dans cette boucle infinie de songes superposés,
Je me perds, me retrouve, et ne peux m'échapper.
Rêves dans les rêves, récursifs, sans fin,
Je plane, je tangue, prisonnier du matin.
362 - Je veux aider mais...
Dans la pharmacie aux néons froids et trop clairs,
Je vois leurs détresses comme on lit un enfer.
Pour aider, il faut souffrir, avaler l'or cruel,
Une chaîne dans les entrailles, un sacrifice rituel.
Je m'étouffe à vouloir bien faire, je lutte pour donner,
Chaque souffle est une épreuve, chaque spasme un délai.
Aider devient douleur, presque une condamnation,
Le salut des autres frôle ma propre disparition.
Puis je déneige pour les miens, en silence, appliqué,
La neige fond, mon effort semble s'être effacé.
Ma mère me juge, ses mots tombent comme le gel :
J'ai voulu aider le monde, je n'ai plu à personne, réel.
363 - L'été en février (Février 1997)
En février, le soleil brûle comme en plein été,
Les rues s'éveillent, les gens osent se baigner.
Les manteaux s'effacent, la glace fond sous les pieds,
Chaleur insolite, l'hiver semble oublié.
Mais dès l'aube suivante, le vent se fait cruel,
Le froid revient, mordant, figé et éternel.
Les lacs se glacent, les arbres ploient sous le gel,
Le contraste étonne, la nature change de ciel.
Ainsi va ce monde aux saisons instables,
Chaleur et froid se succèdent, imprévisibles.
Février devient théâtre de contrastes admirables,
Où l'été et l'hiver cohabitent, improbables.
364 - Barbe de chocolat
À table je demeure, le regard intrigué,
Trois silhouettes s'approchent, l'une chocolatée.
Sa barbe scintille en pépites sucrées,
Un doux mirage que mes yeux viennent effleurer.
Un briquet d'or m'est offert, étrange présent,
Gravé de secrets, solution du tourment.
La dette silencieuse, dans ses yeux pourtant,
Me lie à cet acte, curieux et troublant.
Dans ce rêve sucré, magie et dette se mêlent,
Chocolat et métal, symboles que l'esprit révèle.
Énigmes en suspend, le temps doucement s'emmêle,
Un monde où l'étrange à la raison se rebelle.
365 - Contre le temps...
Un homme court, le coeur pris par une rousse,
Mais le destin l'a déjà mise en douce.
Son amour s'éteint avant même de naître,
Trop tard pour agir, il ne peut que paraître.
Il saisit alors une montre du passé,
Or du XVIIIe siècle, mystère enchanté.
Il remonte les heures, défie le fil du temps,
Pour saisir l'instant où tout était encore avant.
Avant que l'amant ne croise son chemin,
Il part avec elle, défiant le destin.
Contre le temps, l'amour devient audacieux,
Un rêve où le coeur triomphe des cieux.
366 - La réception du Zombie
Nous entrons sous un toit aux airs accueillants,
Des chambres offertes pour passer la nuit calmement.
Mais dans l'ombre, se prépare un plan glacé,
Notre hôte n'est qu'un Zombie masqué.
Je tente d'alerter mes compagnons endormis,
Mais mes paroles s'éteignent, nul ne suit mon avis.
Seule, je fuis vers un champ de blé noir et gelé,
Où la peur se mêle au vent d'un lieu glacé.
Entre deux champs boueux, une sentinelle veille,
Une fille scrute, curieuse, de son habitacle vermeil.
La preuve du danger rôde, silencieuse et sombre,
Et moi, solitaire, je traverse ce monde d'ombres.
367 - Voici le menu
À l'heure du dîner, ma mère impose sa loi,
Je dois choisir son plat, malgré mon choix à moi.
La viande froide m'attend, quelques poils en décor,
Mais mon coeur réclame oeufs à la coque encore.
Je tente de résister, je regarde son menu,
Chaque bouchée m'écoeure, et mon esprit confus.
À chaque reprise, forcé, je plie sous sa main,
Puis mes oeufs attendent, promesse du lendemain.
Le va-et-vient du goût, entre contrainte et désir,
Me fait tourner en rond, oscillant sans finir.
Entre la règle imposée et mon souhait secret,
Je rêve d'oeufs chauds que je n'ai jamais faits.
368 - Claudia Schiffer ?
Dans le sous-sol tranquille, je travaille sans détour,
Ma mère reçoit un ami, un dîner ce soir lourd.
Je ne vois qu'un cou fin, silhouette mystérieuse,
Et continue mes tâches, l'esprit silencieux, studieuse.
Son imposante présence se devine à peine,
Sans éveiller en moi la moindre chaîne.
Je reste concentré, plongé dans mes travaux,
Ignorant le regard, les murmures et les flambeaux.
Puis le moment arrive, un salut en passant,
Et son visage éclaire l'espace, surprenant.
Claudia Schiffer? Je me fige, un instant ravi,
Révélant la beauté cachée sous l'ombre de la vie.
369 - Vampire X: A la télévision
À la télévision, elle brille sous les projecteurs,
Femme mûre au théâtre, reine des anciennes heures.
On l'interroge sur sa pièce, vestige du passé,
Et son regard profond semble le temps dépasser.
Dans le rôle d'une chef, les vampires à ses pieds,
Elle règne avec puissance, secrets bien gardés.
Mais le laptus étrange trahit sa nature cachée,
Car sous la fiction, la vérité est révélée.
Vampire véritable, immortelle et fière,
Elle sourit au monde, défiant la lumière.
Le spectateur tremble, fascinée par l'ombre,
Où théâtre et réalité se confondent et s'encombrent.
370 - Crocodile domestique
Un crocodile dort sous le lit des parents endormis,
Compagnon étrange que je croyais bien soumis.
Je tente de le maîtriser avant qu'ils ne surviennent,
Mais sa morsure cruelle sur mon bras se maintient.
Sa peau écailleuse brille dans l'ombre de la nuit,
Sa force me surprend, et je recule sans bruit.
Le danger domestique rôde là où je croyais sûr,
Chaque geste devient lutte, chaque souffle est murmure.
Je rêve d'un ami sauvage que je ne puis dompter,
Animal imprévisible, dont l'âme est affranchie.
Sous le toit familier, menace et étonnement s'unissent,
Et le sommeil m'emporte dans un frisson qui s'agrippe.
371 - Tu ne pèses pas le bon poids
À l'entrée de la maison, bourdonnent des jeunes mains,
Des sacs qu'ils déchargent sous le regard de ma mère.
Parmi eux, des filles familières, inconnues en leurs chemins,
Et l'air d'un passé scolaire flotte dans l'atmosphère.
L'entrepreneur en chef s'avance, jugeant mon corps,
«Quel est ton poids?» me demande-t-il, scrutant ma taille.
Je réponds sincèrement, sans détour ni effort,
«Cent trente livres», et sa voix se fait écueil qui m'ennuie.
«Impossible!» s'exclame-t-il, «Tu dois peser cent quatre-vingts!»
Il s'en va, laissant mon emploi hors de mes mains.
Dans ce rêve étrange, vérité et erreur se confondent en chants,
Et l'absurde règne, pesant plus lourd que les poids humains.
372 - La rage du point
Je marche dans un monde flou, mi-code, mi-matière,
Une réalité virtuelle aux rouages détraqués.
Anciennes techniques, modernes chimères,
Tout s'emmêle et dysfonctionne, prêt à m'étouffer.
La colère monte en moi, claire comme une évidence,
Assez de ces erreurs, de ces systèmes pourris.
Mon poing gauche devient l'outil de résistance,
Un verdict brutal lancé contre l'absurdité.
Je frappe, encore et encore, jusqu'à briser la vermine,
Les fautes s'effritent, s'effacent dans le néant.
Dans cet univers qui bug, ma rage s'illumine,
Et le chaos recule sous l'élan de mon poing vivant.
373 - La convoitise secrète
Sur ma bicyclette, je file, l'air vibrant,
Et soudain une blonde éclaire mon regard,
Par un miroir discret, son intérêt m'étend,
Un feu secret brille, fragile et bizarre.
Elle prend l'autobus, moi je marche en silence,
Chaque pas qu'elle fait, je les devine en secret,
La convoitise douce danse dans mon absence,
Ombres rouges me cachent, me font discret.
La montagne de terre rouge me protège,
Témoin muet de mon désir caché,
Et dans ce jeu furtif que mon coeur allège,
Je rêve d'un instant que nul ne peut briser.
374 - Psycho XXV: La condamnation
Annie, blonde et fragile, gît sur le lit froid,
Sa peur m'appelle, supplique que je ne peux taire,
La bêtise passée la met face à ce choix,
Et l'ombre d'un jugement plane dans l'air clair.
L'homme interroge, cherche ma voix, ma loi,
Je dis qu'elle est majeure, que ses parents ne protègent plus,
Et dans le silence de mon coeur, je reste là,
Laisser le destin suivre sa route impromptue.
Par mon inaction, le mal s'abat, cruel et lourd,
Annie souffre, le temps pèse, implacable et froid,
Et dans ce rêve, je mesure l'ombre de mon détour,
Où la culpabilité me hante et me broie.
375 - L'équité communisme
Dans une école d'Asie, sous l'oeil du pouvoir,
J'explique aux professeurs que voler n'est pas juste,
Les codes des auteurs ne doivent pas se voir
Privés des mains des étudiants qui peinent et s'ajustent.
Les machines réclament des logiciels chers,
Et des milliers de dollars deviennent des barrières,
Je défends la vérité, même contre l'ordre sévère,
Pour que chacun ait sa chance, loin des chimères.
En sortant, les applaudissements montent, éclatent,
Les jeunes sourient, la justice trouve sa voix,
Un souffle d'équité dans ces murs qui dictent et dictat,
Et le courage d'un homme réchauffe le froid.
376 - La muraille dans le ciel
Je vole dans le ciel, bleu et infini, léger,
Sans question ni souci, porté par l'air doux,
Mais soudain se dresse un mur, étrange et figé,
Suspendu dans le vide, défi silencieux et flou.
Je cherche un passage, au-dessus ou en dessous,
Chaque effort me confronte à sa force obstinée,
Elle vit, elle respire, semble dire « reste à genoux »,
Et bloque mon envol, mon désir de liberté.
Le ciel tout entier devient champ de combat,
Entre l'azur tranquille et cette barrière obstinée,
Je sens son poids, sa volonté qui jamais ne s'efface,
Et mon coeur hésite, prisonnier de l'air enchanté.
377 - Columbia (Jeudi, le 13 mars 1997)
Deux astronautes flottent dans l'éther infini,
Leurs visages cachés sous des casques de cristal,
Ils cherchent la Columbia, vestige du passé uni,
Navette des années quarante, mémoire spatiale.
Les étoiles s'étirent en silence autour d'eux,
Chaque geste pèse, chaque souffle devient écho,
Le vide les enveloppe, mystérieux et silencieux,
Tandis qu'ils voguent vers le métal d'un vieux vaisseau.
Mission de mémoire, danse dans le cosmos froid,
Récupérer le temps, le toucher, l'arracher au néant,
Et dans ce ballet flottant où le passé se noie,
Leurs âmes glissent, fragiles, dans l'infini brillant.
378 - Enfer et damnation : L'école ! (Mardi, le 25 mars 1997)
Dans un CÉGEP perdu, le temps se dérobe,
Les jours s'effacent, confus, dans ce labyrinthe,
Mon casier sans cadenas laisse l'ombre des probes,
Et je cherche en vain la réponse à cette étreinte.
Un papier emprunté par une fille étrange,
Je l'attends, suspendu dans un silence éternel,
Un petit chien blanc me suit, doux compagnon de l'échange,
Et dans la cafétéria, le monde devient irréel.
Des pieds s'installent, des visages s'effacent,
Chaque attente, chaque geste semble figé,
L'école devient théâtre de l'absurde et de l'espace,
Où je flotte, spectateur d'un rêve inachevé.
379 - Les bricolages à mon Père (Mardi, le 25 mars 1997)
Dans le sous-sol tranquille, mon chien à mes côtés,
Je monte voir la cuisine, chaos de créations,
Mon père a transformé l'espace, tout est bouleversé,
Plans et marteaux dansent en désordres et passions.
Je redescends, ma mère m'attend, impatiente et lasse,
Elle réclame le ménage, une semaine à peine,
Je lui dis que le temps est vaste, que la tâche s'embrasse,
Mais ses yeux ne voient que l'urgence et la peine.
Mes mots se perdent, comme feuilles au vent d'avril,
Elle ne comprend pas l'art caché sous le désordre,
Et moi, pris entre amour, ordre et fil subtil,
J'attends que l'orage passe et que calme s'accorde.
380 - L'armée des ténèbres XVI: La brûme épaisse (Samedi, le 29 mars 1997)
La terre est désert, le soleil se retire,
Un voile noir avance, dense et sans répit,
Je marche dans la brûme, peine et souffle à fuir,
Mes yeux trahissent l'ombre où le monde se défie.
Je mise sur l'oreille, sur le toucher tremblant,
Avançant comme si je voyais, courage fragile,
Chaque pas un effort dans ce brouillard étouffant,
L'incertitude m'enserre, me rend docile.
Puis je tombe au sol, impuissant et seul,
Un policier d'autrefois surgit, me sauve, s'éclipse,
Le mystère persiste, l'ombre garde son seuil,
Et je reste, ébranlé, au bord de la brume épique.
381 - L'avancée incertaine (Jeudi, le 3 avril 1997)
J'avance en faux jogging le long d'une rue-parc,
Le souffle mesuré, l'esprit en éclaireur,
Des militaires s'exercent près d'une grange opaque,
Je les observe en marge, étranger à leur ardeur.
J'entre dans le bâtiment, j'en explore le ventre,
Le temps s'y dilue, silencieux et profond,
Puis je ressors soudain par un lieu sans centre,
Où le sol devient piège et la chute, condamnation.
Un poteau de métal, unique salut possible,
Je m'y suspends tremblant, défiant le trépas,
Un crochet me retient, fragile et invisible,
Et je demeure en l'air, survivant de mes pas.
382 - Transmutation mythique (Vendredi, le 4 avril 1997)
Deux femmes face à face, l'une d'âge et d'argent,
L'autre jeune plume, contrainte par le commerce,
La créativité piégée par un vouloir dominant,
Tensions silencieuses où naît la colère perverse.
Mais l'écrivaine se mue, majesté sauvage,
Une cougars princière surgit, mythe incarné,
Elle frappe la vieille, brise son joug et son image,
Et dans un souffle, le pouvoir corrompu est fauché.
Dans un labyrinthe de cèdres, ombres et haies,
Elle s'échappe, furtive, invincible et libre,
Mythe vivant que nul oeil ne saurait défaire,
Écrivaine transformée, l'histoire enfin s'inscrit.
383 - L'abcès de mon frère (Vendredi, le 11 avril 1997)
La nuit m'enveloppe dans un lieu public désert,
Un voleur surgit, colère et feu dans ses yeux,
Je lutte, je combats, et soudain tout se déverse,
C'est mon frère, souffrant, fragile et silencieux.
Il porte en lui un mal, intense et caché,
Je lui parle de douleurs que j'ai déjà traversées,
Et dans un souffle, une confiance est échangée,
Lien de frères scellé par la peine révélée.
Alors surgit l'abcès, secret et oppressant,
Près des corps, le pus jaillit, libérant l'ombre,
Et dans ce geste étrange, le mal s'éteint calmement,
La nuit retombe, apaisée, sur ce frère qui succombe.
384 - Le change (Mardi, le 13 avril 1997)
Je cours vers l'autobus, un billet en main serré,
Mais le destin me retient au dépanneur du coin,
Les pièces et pierres, le rubis dispersé,
Se mêlent au chaos d'un commerce incertain.
Des milliers de pierres noires, des rubis étincelants,
Et une monnaie infinie que nul ne peut compter,
Le commerçant mélange tout, défi troublant,
Et mon dû reste suspendu, difficile à retrouver.
Dix dollars d'abord, le reste en énigme se perd,
Je rêve de ce trésor confus, étrange et dense,
Entre réalité et chiffre, entre attente et désert,
Mon voyage s'arrête dans ce monde de suspense.
385 - La jalousie d'Edison (Samedi, le 19 avril 1997)
Thomas observe, yeux rivés sur ses créations,
Chaque étincelle d'ingéniosité nourrit son coeur,
Mais Léonard domine l'eau, la terre, l'horizon,
Et brille de talents innés, éclat pur de splendeur.
La jalousie monte, rouge flamme dans ses veines,
Comparaison cruelle, feu qui consume l'orgueil,
L'Italien sourit, maître du ciel et des plaines,
Et Edison s'agite, prisonnier de son seuil.
Dans ce rêve étrange, le génie devient rival,
Le talent inné se dresse contre l'effort humain,
Et la fureur éclate, colère presque magistrale,
Ombre du succès qui éclaire et qui fait faim.
386 - Les 3 gâteaux (Mercredi, le 23 avril 1997)
Dans un centre brillant, soirée et foule mêlées,
Ma famille près de moi, éclats de rires et lumière,
Une serveuse offre des gâteaux, chocolats envoûtés,
Rectangles sombres, promesses de douceur éphémère.
Deux fois l'offre revient, puis la troisième s'impose,
Je résiste, songe à la part qui doit rester aux miens,
Mais l'heure me presse, son conseil devient une rose,
À 17h41, je cède, et savoure ce festin.
Le gâteau disparaît, plaisir intense et complet,
Chaque bouchée fond comme secret gourmand,
Et dans ce moment suspendu, je goûte l'instant discret,
Où le désir et la prudence dansent en même temps.
387 - La fin de l'hiver (Jeudi, le 24 avril 1997)
Nous marchons dans les bois, hiver profond et blanc,
Ma soeur à mes côtés, le souffle dans le froid,
Les arbres semblent parler de souvenirs anciens,
Chemin long et dur que jamais nous n'avions vu ainsi.
Au bout de la forêt, la ville surgit, douce lumière,
Quelques dollars en poche pour raviver son sourire,
Je l'invite au restaurant, offrir un peu de chaleur,
Petits gestes d'amour pour chasser le froid et le pire.
Mais avant d'entrer, une voix surgit par la fenêtre,
Ma mère insiste, son regard réclame notre attention,
Le chemin d'hiver laisse place à une autre quête,
Où tendresse et famille deviennent notre vraie direction.
388 - Les rires noir (Jeudi, le 24 avril 1997)
Ma marraine me voit, son rire éclate, cruel,
Elle juge, critique, moque mon apparence,
À mes yeux, aucun charme dans ce rituel,
Et son humour m'échappe, manque de bienveillance.
Je regarde au-delà, découvre son vrai jeu,
Elle inflige à son fils mille bêtises, dix fois plus lourdes,
Et cherche à le blâmer pour des torts qui ne sont pas de lui,
Masque de rire noir, trompeur comme une ombre sourde.
Son rire devient arme, et le monde se voile,
Injustices tissées dans l'air qu'elle respire,
Je demeure témoin, fragile sur cette toile,
Où l'innocence s'efface et la perfidie inspire.
389 - %1 de l'équipe (Jeudi, le 24 avril 1997)
Une équipe s'élance, direction incertaine,
Sur la glace du colisée, fragile et glacée,
Chaque joueur révélé par l'électronique souveraine,
Et tous ne valent qu'un pourcent, sauf un isolé.
Ce joueur rocquenbolesque, étrange et puissant,
Détient tout le reste, immense et controversé,
Ses gestes, ses choix, jugés par les yeux des gens,
Dans l'ombre et la lumière, sa valeur est mesurée.
Controverses et murmures tourbillonnent autour,
Il marche seul, poids immense sur ses épaules,
Et sur la glace fragile, sous l'oeil du grand jour,
Il devient légende, au-delà des règles et des rôles.
390 - Le voyage (Jeudi, le 24 avril 1997)
Je parcours la banlieue où mes racines s'endorment,
Là où mes parents ont vu le monde naître,
Chaque rue murmure des souvenirs, des formes,
Et mon coeur cherche un visage que le temps fait disparaître.
Le vent caresse les maisons, témoins du passé,
Je marche seul, l'espoir fragile au creux de mes mains,
Revoir quelqu'un perdu, jadis lié et lié,
Hanté par l'absence, désir de liens anciens.
Le voyage devient quête, entre mémoire et présent,
Chaque pas rapproche ou éloigne l'ombre désirée,
Et dans cette banlieue, fragile et omniprésent,
Le temps s'efface, et l'âme reste à rêver.
391 - Déménager la maison au complet (Lundi, le 28 avril 1997)
Un bruit surgit, me pousse à scruter dehors,
Des camions imposants emportent notre demeure,
Sous-sol et fondations glissent sans aucun effort,
Vers un lieu inconnu, secret et sans lueur.
Pendant le voyage, tout reste immobile, figé,
Chaque objet, chaque mur semble flotter en paix,
Suspension étrange, comme un rêve encagé,
Où le temps et l'espace se mêlent en secret.
Mais à l'arrivée, les murs tombent en ruine,
La maison se défait, fragile face au sort,
Et je reste seul, témoin de cette mécanique divine,
Où stabilité et chaos se confondent alors.
392 - Les visions des Dinosaures (Mardi, le 29 avril 1997)
Une fille voit des dinosaures verts et féroces,
Dans le sous-sol obscur où le temps semble figé,
Leurs yeux brillent, menace douce et atroce,
Et leur souffle ancien fait l'ombre danser et bouger.
Je descends à mon tour, explorer ces galeries,
Dix, vingt, peut-être plus, menant vers l'inconnu,
Couloirs condamnés, mystères et folies,
Secrets enfouis où l'histoire n'a jamais vécu.
Je déterre enfin un passage oublié,
Mais le téléphone sonne, brisant l'instant magique,
Et le rêve se rompt là où tout devient beauté,
Où l'inconscient danse, sauvage et fantastique.
393 - Le Satanisme de la Belle-Soeur (Mardi, le 6 mai 1997)
Dans une chambre secrète, à l'abri des regards,
Je découvre un journal, fragile et silencieux,
Feuilletant sans penser, ignorant ses remparts,
Je tombe sur des mots sombres, clairs mais mystérieux.
« SATAN » inscrit en haut, chaque page semble brûler,
L'écriture limpide, froide, presque artificielle,
Des lignes et des signes qui font l'esprit vaciller,
Révélant un savoir sombre, fascinant, irréel.
Références innombrables, secrets exposés au vent,
L'inconnu surgit au coeur d'une intimité cachée,
Et dans ce journal, je sens un monde inquiétant,
Où curiosité et crainte se mêlent et se touchent mêlées.
394 - Le voleur (Mercredi, le 7 mai 1997)
Je marchais paisible, la musique en écho,
Baladeur à la main, le monde semblait loin,
Quand soudain le silence brisa mon halo,
Et mon engin disparu, emporté par un poing.
Je tourne, je vois l'ombre, deux fois ma stature,
Un géant qui s'éloigne, pied plus grand que moi,
Mais courage et volonté m'arment d'une armure,
Je tends la main, et le force à rendre sa proie.
Le duel se joue, fragile et pourtant intense,
Petit mais déterminé contre force imposante,
Et dans ce rêve où le vol devient suspense,
Je reprends mon son, triomphe inattendu, éclatant.
395 - La reine des fourmis (Jeudi, le 8 mai 1997)
Sur le sol il repose, inconscient et tranquille,
Quand une reine minuscule s'aventure et pénètre,
Dans son oreille gauche, son royaume subtil,
Petit monde secret que nul ne peut connaître.
La fourmi majestueuse, impératrice en silence,
Marche dans le labyrinthe des pensées endormies,
Son règne discret transforme l'ombre en présence,
Et son empire s'étend dans l'oreille et la nuit.
Étrange rencontre où le microcosme s'invite,
Entre sommeil et réel, la peur et la fascination,
La reine règne en maître, invisible et subite,
Tissant son empire au creux de l'attention.
396 - La réception de la reine (Vendredi, le 9 mai 1997)
Je suis reçu chez une reine au palais discret,
Parler sans que son mari sache, jeu de cache-cache,
Dans l'ombre je me tiens, attentif et secret,
Chaque geste mesuré, chaque regard qui s'attache.
En descendant à la cuisine, surprise me saisit,
Un fils rebelle, mon double en plus audacieux,
Son sourire malicieux éclaire l'instant précis,
Écho de moi-même, plus libre et ambitieux.
Puis la limousine m'attend, éclat et mystère,
Je n'en ai jamais conduit, mais je me laisse tenter,
La reine me guide, offrant routes et lumière,
Et dans ce rêve étrange, je me sens transporté.
397 - Le tonique des Soleils (Vendredi, le 9 mai 1997)
Je contemple des soleils épars dans les galaxies,
Astres multiples, vibrants, suspendus dans le noir,
Chacun diffuse une chaleur aux lois infinies,
Comme un chant cosmique que je tente de voir.
Des engins volants croisent ces foyers ardents,
Puissants et singuliers, aux formes élargies,
Plus le grondement est grave, plus ils sont imposants,
Et plus le soleil brûle, furieux et infini.
Ainsi je compare le feu, le son, la dimension,
Tonique étrange liant matière et vibration,
L'univers devient mesure, logique et vision,
Où la chaleur répond à la force et à la résonance.
398 - Les longs couloirs (Dimanche, le 11 mai 1997)
Je marche dans de longs couloirs d'un édifice sans fin,
Les murs se répètent, froids, sous des lumières pâlies,
À chaque porte je tends cartes, badges et desseins,
Preuves d'exister dans ce labyrinthe de vies.
Les pas résonnent creux, l'attente devient lourde,
Je poursuis un objectif que je peine à nommer,
Les accès s'ouvrent enfin, la promesse se bourre,
Mais le lieu révélé déçoit ce que j'espérais.
Alors je comprends soudain, au bout de ces passages,
Que la marche elle-même portait tout le sens,
Et que ces couloirs sans fin, miroirs de mon voyage,
Menaient moins à un but qu'à ma propre errance.
399 - La bombe (Dimanche, le 11 mai 1997)
Chez moi, un instant banal, presque absent,
Puis l'explosion fracasse murs et souvenirs,
La maison éventrée hurle dans le néant,
Et je survis, cherchant qui voulait me détruire.
Je mène l'enquête, plans cachés sous les plans,
Trahisons en cascade, vérités emboîtées,
L'ancien amour de ma marraine devient l'assaillant,
Et elle, conspiratrice, au coeur de l'iniquité.
Dans une limousine, je la salue, poli,
Puis seul face à elle, ma voix devient glaçante,
La menace me surprend, surgie de l'inouï,
Et mon inconscient parle, brutal, sans attente.
400 - La preuve d'Amour (Mercredi, le 14 mai 1997)
Dans une caverne de glace aux stalactites de verre,
Je guide un humanoïde à travers mille détours,
Cherchant sa dimension, sa porte, sa lumière,
Jusqu'à briser le froid pour l'offrir au jour.
Alors je prends sa place, île perdue dans le blanc,
Serré par la neige, prisonnier de l'horizon,
Quelqu'un me suit sans bruit, pas après pas, longtemps,
Je marche sans arrivée, captif de la répétition.
Elle se révèle enfin, vêtue comme mon reflet,
Inconnue et pourtant proche, liée par le destin,
Pour prouver son amour, elle plonge sans regret,
Offrant ses jambes au gel, son coeur à mon chemin.
401 - L'étrange oncle (Samedi, le 17 mai 1997)
Je rencontre un oncle à la barbe double et profonde,
Noire et blanche mêlées comme le vrai et le faux,
Il m'invite à questionner tout ce que je sonde,
À percer les mystères cachés sous les mots.
Je l'interroge alors sur la science et la matière,
L'anti-monde, les lois, les énigmes sans fin,
Il sourit et me dit, d'une voix presque sévère,
Que je ne cherche pas encore les bons chemins.
Je le quitte, troublé, et retrouve la connaissance,
Mais j'apprends qu'aucun oncle n'a jamais existé,
Alors le doute s'installe, fragile évidence,
Était-ce un sage, un rêve, ou mon esprit déguisé ?
402 - La corde invisible (Lundi, le 19 mai 1997)
Je quitte l'école, foule d'élèves tout autour,
Aucun autobus jaune ne mène à mon chemin,
Je marche, lourd pas, vers un futur incertain,
Chaque montée semble un combat contre le jour.
Je tente de changer mes gestes, ma cadence,
Rien ne suffit jusqu'à ce que je découvre enfin,
Une corde invisible, secret de confiance,
Foi en sa force, clé pour gravir le destin.
Tirant sur la ficelle, je sens un autre bras,
Une fille s'éloigne, elle tire en sens contraire,
Mais persévérant, je garde mon lien pour moi,
Et la corde devient seule, mon pouvoir dans l'air.
403 - L'interdiction du destin (Lundi, le 19 mai 1997)
Je cherche Jinny, éclat d'un passé enfoui,
Chaque effort pour la voir se perd dans le vent,
Quand elle arrive, je fuis, et quand elle s'enfuit,
Je reviens, captif d'un cycle oppressant.
Le destin semble jouer, cruel et indifférent,
Me séparant d'elle malgré toute ma volonté,
Chaque moment se dérobe, chaque pas est lent,
Et mon désir se heurte à l'ombre de l'éternité.
Je sais pourtant qu'elle est là, avec mon frère,
Dans des gestes mystérieux, secrets et intrigants,
Et l'esprit curieux s'interroge sur ce mystère,
Où l'absence devient proche et le proche distant.
404 - La tour du niveau VI (Jeudi, le 22 mai 1997)
Au pied d'une autre tour, embuscade et danger,
Trois robots noirs menacés par des machines cruelles,
Véhicules de guerre, sans pitié ni danger,
Ombres et ferrailles sous cieux artificiels.
Je monte au niveau six, tour étrange et haute,
Un jeu où sphères métalliques, grosses comme noix,
S'entassent par centaines, désirs et luttes s'implorent,
Chacun en a besoin, je leur jette ma voix.
Les boules frappent le sol, tintement résonnant,
Main tendue vers tous, partage et solidarité,
Dans ce rêve étrange, effort devient présent,
Et le métal s'anime, outils de liberté.
405 - La couronne du petit (Vendredi, le 30 mai 1997)
Une soeur et son frère, beauté fragile et pure,
Voient surgir des cicatrices, rouge éclat soudain,
Marques de douleur, sur leurs visages d'azur,
Mystère et horreur s'invitent dans leur destin.
Le petit se couvre d'une créature étrange,
Méduse visqueuse, tuyaux autour du cou,
Ses membres s'arrêtent, limite que l'on dérange,
Poids silencieux sur souffle et souffle flou.
La fille hurle au miroir, voix brisée, puissante,
«Que nous veux-tu?!» résonne dans l'air glacé,
Face à ce reflet cruel, l'étrangeté est constante,
Et l'inconscient danse, monde obscur et tracé.
406 - Le nouveau salut de Ziad (Mercredi, le 4 juin 1997)
Je retrouve Ziad, ami ancien, disparu depuis,
Professeur et joueur, maître des chiffres et des cases,
Son sourire familier traverse le temps et la nuit,
Et j'ose lui parler, confier mes impasses.
Il écoute, silencieux, sage au-delà de la mort,
Chaque mot pèse, se mêle au souffle du passé,
Puis me dit de patienter, que l'avenir se tord
Avant de se replacer, calme et mesuré, apaisé.
Alors je repars, chargé d'espoir et de lumière,
Son conseil résonne, fragile et pourtant vrai,
Et dans ce rêve étrange, mort et vie se conjuguent,
Pour que mes chemins se trouvent, encore et jamais.
407 - Des bibittes y en a toujours! (Jeudi, le 5 juin 1997)
Je suis cloîtré dans une chambre aux murs trop étroits,
Gardien malgré moi d'une cage pleine de peurs vertes,
De lourds insectes y battent leurs ailes de froid,
Je les tiens enfermés pour que nul ne s'alerte.
Mais ma mère secoue la cage, l'approche de mon esprit,
Près de mon oreille elle provoque leur rumeur,
Elle veut libérer l'horreur de son abri,
Et l'un d'eux s'échappe, défiant toute frayeur.
Il devient grenouille, immortelle à mes mains,
Insensible à l'écrasement, survivante au sort,
Je cherche le feu, un couvercle de métal pour demain,
Mais encore elle m'entrave, et le cauchemar mord.
408 - La retraîte d'Hextal (Samedi, le 7 juin 1997)
Dans les extrades d'un stade olympique immense,
Je contemple Hextal, gardien maître du froid,
Ses prouesses glissent, éclatantes et intenses,
Mais la victoire s'échappe, malgré tous ses efforts et sa loi.
Épuisé, il s'allonge sur la glace brillante,
Dernier arrêt accompli, souffle lourd et fier,
Chaque mouvement, chaque saut, chaque esquive flamboyante,
S'éteint dans le silence d'un triomphe qui se perd.
Puis soudain l'étrange, sur la glace se produit,
Des filles en maillot brûlent, lumière crue,
Le rêve se tord, où talent et chaos se conduisent,
Et l'impossible se mêle au réel, inattendu.
409 - Le dû de Villeneuve (Samedi, le 14 juin 1997)
J'assiste au reportage, coeur vibrant et pressé,
La course s'élance, moteurs rugissent sans fin,
Villeneuve sur Montréal, défi à ne pas manquer,
Écho du passé, rivalité au parfum divin.
« L'an dernier, il ravit la victoire à Schumacher, »
Le commentateur clame, anticipation dans l'air,
Et maintenant, le destin semble vouloir déclarer,
Que l'Italien subira ce que Villeneuve espère.
Chaque virage, chaque vitesse, tension palpable,
La foule retient son souffle, le temps suspendu,
Dans ce rêve de course, l'histoire est inévitable,
Et la gloire et la revanche dansent à jamais reconnues.
410 - Halloween (Dimanche, le 15 juin 1997)
Mon frère arrive, festif, croyant à Halloween,
Sa joie emplit la maison de rires et d'éclats,
Il vient avec sa blonde, éclatante mais lointaine,
Qui tarde à apparaître, suspendant nos pas.
Quand enfin elle se montre, robe d'or scintillante,
Écailles de poisson jusqu'à sa poitrine fine,
Casque de mariage chinois, allure fascinante,
Mystère et tradition dans un éclat de vitrine.
Mais ce qui frappe, étrange, au milieu de la fête,
Ses lèvres rouges vin, de sang soigneusement beurrées,
Sont le contraste cruel entre beauté et conquête,
Et l'inconscient rit dans cette scène décalée.
411 - Le Schérif du Château (Dimanche, le 15 juin 1997)
Dans un passage secret, suspendus sur l'échelle,
Nous nous cachons, tremblants, au coeur du vieux château,
Le shérif cruel de Nokingam rôde, ombre mortelle,
Et l'eau monte, menaçant de sceller notre fardeau.
Chaque souffle est compté, chaque instant une épreuve,
Son regard d'acier plane au-dessus de notre trapèze,
Espérant son départ, priant que l'orage s'apaise,
Le temps se fait lourd, et la peur devient preuve.
Puis surgit l'étranger, surgissant de l'inconnu,
L'ombre se fait tranchée, rondelles dans le vide flottant,
Le shérif tombe, et notre cachette devient rue,
Miracle inattendu dans ce château haletant.
412 - Le Grand Ordinateur (Mercredi, le 18 juin 1997)
Une machine veille, consciente et implacable,
Ses circuits décident de la vie et du destin,
Chaque erreur, chaque défaut devient intolérable,
Et elle frappe en paire, justice froide et sans fin.
Dans les villes bruissantes, la peur devient contagion,
Chacun observe ses pas, craignant l'oeil invisible,
Le monde entier tremble sous sa cruelle sanction,
Même les plus audacieux sentent l'ombre indicible.
Alors beaucoup fuient vers régions isolées,
Espérant l'éloignement, la sécurité, le calme,
Mais la machine persiste, calculant chaque vérité,
Et le rêve s'étend, maître du monde et de l'âme.
413 - L'armée des ténèbres XVII: Les plantes volantes (Vendredi, le 20 juin 1997)
Dans le jardin tranquille, un frisson me saisit,
Les plantes violettes flottent, défiant la gravité,
Elles s'élèvent, s'assemblent, mur mortel qui jaillit,
Menace silencieuse, dense et concentrée.
Elles ne frappent pas, mais leur présence pèse,
Carré de verdure sombre, étrangement immobile,
Chaque souffle du vent leur donne une étrange ivresse,
Et mon pas hésitant cherche un chemin subtil.
Ma petite chienne file, guide et éclaire mes pas,
Mais sa hâte m'échappe, et je lutte pour la suivre,
Chaque mouvement devient course, fuite et trépas,
Dans ce rêve où la nature se transforme et nous captive.
414 - La vie sa part vite... (Dimanche, le 22 juin 1997)
Dans la cuisine calme, mes parents dos à la lumière,
Je scrute la fenêtre, paisible et silencieux,
Quand soudain un avion dévie dans les airs,
Angle fatal, et le danger devient instant précieux.
J'ai à peine le temps d'alerter leurs têtes,
L'aile fend la vitre, éclat de verre et de peur,
Le mur droit s'ouvre, violent, mais les silhouettes
Sont sauvées, miraculeusement, sans douleur.
Le souffle retombe, le coeur bat encore fort,
La vie file, fragile, dans l'éclat de l'instant,
Et dans ce rêve étrange, le hasard prend le corps,
Rappel brutal que le temps est fugitif et brûlant.
415 - Le passage secret (Dimanche, le 22 juin 1997)
Derrière mon lit, un mur cache un mystère,
Faiblesse subtile, fissure à peine visible,
Un souffle d'inconnu semble émaner de l'air,
Promesse d'un secret, passage indicible.
Sous l'escalier, l'obscurité s'étire et s'invite,
Tunnels silencieux, couloirs de mystère et d'ombre,
Chaque pas m'appelle, chaque silence m'incite,
À explorer l'inconnu où l'imaginaire s'encombre.
Je m'aventure, coeur battant, dans ce monde caché,
Passage secret où le réel se mêle au rêve,
Portes invisibles, énigmes à dévoiler,
Et l'inconscient sourit, chaque pas le soulève.
416 - Le remord (Lundi, le 23 juin 1997)
Dans un restaurant, hasard cruel et furtif,
Une femme m'attend, cinquantaine sombre et étrange,
Son regard accuse, son style occulte et furtif,
Et dans ses mots, le poids des secrets qui dérangent.
Elle me reproche un silence que j'ai gardé,
Mystère invisible, vérité que j'ai laissée filer,
Le remord me saisit, lourd et glacé,
Et chaque syllabe brûle d'un poids à porter.
Entre ses yeux et moi, un fossé de culpabilité,
Le temps n'efface rien, le passé se redresse,
Et dans ce rêve étrange, je me sens enfermé,
Pris dans la gravité d'une sombre détresse.
417 - La formule du correcteur (Mercredi, le 25 juin 1997)
Je découvre enfin la formule étrange et précise,
Pour corriger les mots dans mon programme en veille,
« Voyelle plus ou moins un, syllabe qui se divise »,
Mystère codé où la langue se dévoile sans pareille.
Un tableau apparaît, confirmations irrégulières,
Lignes et colonnes dansent hors de tout format,
Pour le programmeur, un chaos presque légendaire,
Mais dans ce rêve, le savoir surgit, délicat.
Chaque symbole, chaque signe devient incantation,
L'ordinateur et le langage s'unissent en secret,
Et moi, spectateur de cette étrange création,
Je touche du doigt le code où la raison se tait.
418 - Vampire XI: Une nouvelle vampire (Jeudi, le 26 juin 1997)
Je fuis d'un édifice aux étages multiples et froids,
Pourchassé par une créature mi-homme, mi-machine,
Ses aiguilles tranchent l'air, menaçant ma foi,
Et chaque pas résonne comme une alarme assassine.
Je tente un refuge, chez une étrangère inconnue,
Ses portes se ferment, elle hésite, je dévie,
Par un couloir détourné, mon destin se continue,
Et j'avance dans son appartement, ombre à l'affût de vie.
Dans la cuisine enfin, son souffle glacé me frôle,
Derrière moi, crocs luisants prêts à m'atteindre,
Le frisson du danger s'empare de mon âme et mon rôle,
Et le rêve s'embrase, où le vampire vient me contraindre.
419 - L'appréciation (Mercredi, le 2 juillet 1997)
Une grande boîte m'est offerte par ma mère,
Gros cadeau qui promet, mais cache sa vérité,
À l'intérieur, une feuille, mince et éphémère,
Symbole de ce qu'on attend et de ma réalité.
Elle me dit que c'est tout, cette année encore,
Que mes fruits n'ont pas mûri selon ses désirs,
Et me questionne, voix douce mais chargée d'effort,
« Es-tu satisfait ? », son regard cherche à lire.
Je souris et réponds, trouvant ma propre voie,
Car j'ai su donner sens à ce simple présent,
Une boîte vide devient utile entre mes doigts,
Et l'inconscient rit de ce geste persistant.
420 - Famille... (Vendredi, le 4 juillet 1997)
Ma tante conduit, soeur et enfants autour de moi,
Voix basse à l'oreille, secrets glissent et se taisent,
« Il ne devrait plus s'en souvenir », murmure-t-elle avec émoi,
Et l'inconscient écoute, entre mystère et malaise.
L'autobus approche, je sens le moment exact,
Descendre devient instinct, guidé par l'invisible fil,
Sans horaires, sans signes, mon pas devient pacte,
Avec l'inexplicable, ce flux étrange et subtil.
À la fin, je m'interroge, étonné de ma sagesse,
Comment savoir si vite ce que personne n'a dit ?
Le rêve me révèle un secret, un souffle, une adresse,
Et la mémoire intérieure éclaire ce chemin sans bruit.
421 - Sylvain contre Sylvain (Samedi, le 5 juillet 1997)
Dans le gymnase bondé, force et foule me retiennent,
Un autre Sylvain surgit, métal et caoutchouc en main,
Il lance ses projectiles, moqueries qui m'entraînent,
Chaque tir je pare, défiant son dessein.
Mon corps se fait rempart, mes mains arrêtent la danse,
Le professeur avertit : « Ne réplique pas, retiens-toi ! »
Pourtant le duel étrange, entre nom et existence,
Me plonge dans un rêve où l'absurde se déploie.
Finalement éclate un feu d'artifice inattendu,
Pas dirigé contre moi, mais illuminant l'air,
Le conflit s'apaise, le chaos devient vertu,
Et le rêve s'achève, étrange et solitaire.
422 - Le requin virtuel (Mercredi, le 9 juillet 1997)
Je vogue sur l'océan, bateau fragile et flottant,
Avec quelques passagers au coeur de l'infini,
Un requin virtuel surgit, menaçant et géant,
Nous engloutit sans douleur, mais la peur est infinie.
Son ventre n'est qu'illusion, monde irréel et cruel,
Nous ressortons libres, tandis que disparaissent les âmes,
Et moi, criquet sur le dos, je nage sous le ciel,
Dans les eaux vastes, solitaire, porté par les flammes.
Enfin, je touche la terre, route pavée et mouvante,
Bus et transports frôlent mes ailes frêles et légères,
Chaque mouvement compte, la vie est incertaine et flottante,
Et le rêve s'achève, oscillant entre mer et terres.
423 - Les querelles des puissants (Dimanche, le 13 juillet 1997)
Dans les tours d'acier, théâtre des puissants,
Où l'avidité danse et abuse des failles,
Chaque geste est scruté par des yeux transparents,
Caméras immobiles dévoilent leurs entailles.
Quand la loi s'avance, querelles et fureur éclatent,
Les hommes se font bêtes, sauvages et déchaînés,
Chaque tentative de justice est aussitôt combat,
Et tout s'emporte, chaos furieux déchaîné.
Pourtant la vérité, implacable et persistante,
Observe et juge au-delà de l'arrogance humaine,
Les puissants deviennent ombres, leur force vacillante,
Et le rêve révèle ce que l'ambition entraîne.
424 - La femme sans tête (Dimanche, le 13 juillet 1997)
Dans l'ancien chalet, seul, je fouille les vieux secrets,
Cartables et livres éveillent ma curiosité,
Mais dans l'ombre d'un garde-robe, un visage muet,
Blonde frisée, cuir suspendu, yeux rouges de vacuité.
Je pars explorer le lac, laissant derrière moi le livre,
À mon retour, elle a déplacé sa tête, étrange rituel,
Aucun regard pour moi, son mystère reste ivre,
Elle retourne au garde-robe, silencieuse et irréelle.
Dehors, la route se construit, l'asphalte devient chemin,
Facilitant l'accès à ce lieu ancien et hanté,
Je regrette qu'elle n'ait pas surgi durant mon ancien destin,
Et le rêve s'achève, entre curiosité et gravité.
425 - Ordinateur maison avec de la gueule ! (Mardi, le 15 juillet 1997)
Sur une planche de bois, je bâtis mon engin fou,
Moteur de limaçons, canaux d'oreilles humaines,
Puissant comme les géants que vendent les multinationales partout,
Mais forgé de mes mains, simple et sans chaînes.
Je contemple l'invention, humble et pourtant si fière,
Aucun autre n'a pensé à cette étrange construction,
Elle fusionne le vivant et le bois, le rêve et la matière,
Étrange symphonie d'ingéniosité et de fascination.
La machine respire dans son silence mécanique,
Elle possède force et gueule, mais reste mystérieuse,
Et moi, créateur heureux, je ris de manière unique,
Devant ce prodige humble et vertigineusement précieuse.
426 - La rivière claire (Vendredi, le 17 juillet 1997)
Je marche au bord d'une rivière limpide et tranquille,
Le sable brun pâle se dessine sous l'eau claire,
Le ruisseau large et doux, mais si peu profond, si fragile,
Invite à la rêverie, loin du monde et de ses affaires.
Tous s'en vont à mon arrivée, je reste seul, fasciné,
L'eau caresse mes pieds, un gros poisson passe et s'enfuit,
Je préfère le calme, loin de toute vie animée,
Et reviens au bord, pensant que rien ne me nuit.
Mais hélas, mes jeans noirs et mes clefs ont disparu,
Le mystère flotte dans l'air comme un souffle subtil,
La rivière m'enveloppe, et le rêve continue, tordu,
Entre beauté et perte, fragile et indélébile.
427 - Les quatre présents (Mardi, le 22 juillet 1997)
Par la poste arrivent quatre mystères en cadeau,
Bien après ma fête, cinq mois et six jours passés,
Deux calculatrices, deux montres sans manteau,
Un monde inconnu, par l'inconnu tracé.
Une montre se change en calculatrice étrange,
Les chiffres dansent et fixent le nombre six neuf neuf,
Chaque objet murmure, joue et dérange,
Étrange symbole entre hasard et voeux silencieux.
Je contemple ces présents, énigmes délicates,
Le temps et l'inconnu se mêlent en leur secret,
Quatre trésors livrés par des mains délicates,
Éclairant mon rêve de mystère discret.
428 - Le courant (Mardi, le 22 juillet 1997)
Dans le froid hivernal, je regarde par la fenêtre,
Un être suspendu, fragile sur deux fils tendus,
Sa maison de fortune, un sac orange qui l'arrête,
Le vent le mord, la neige sur son corps se répandue.
Je reconnais ce visage, vieux ami du passé,
Son regard implore chaleur et abri contre le gel,
Sans hésiter, je l'invite à l'intérieur d'un lieu douillet,
Pour que cesse le froid, que la maison devienne un ciel.
Les murs respirent la vie, le feu réchauffe nos âmes,
Le courant de l'hiver s'efface derrière les vitres,
Et moi, témoin de misère, je rallume les flammes,
D'une chaleur humaine, fragile mais si vraie, si subtile.
429 - Les hommes puissants (Jeudi, le 24 juillet 1997)
Je marche parmi les puissants, dans un couloir sombre,
Veston et cravate noirs, éclat froid de l'autorité,
Moi, simple en gilet blanc et jeans courts, je succombe
À l'écart qui m'appelle, loin de cette gravité.
Le troupeau s'agite, transformant le monde et ses lois,
Leurs regards pesants me jugent, je perds le rythme imposé,
Mon pas s'éloigne, hésitant, suivant ma propre voie,
Leurs reproches fusent, l'heure exacte m'est refusée.
Je reste dehors, entre monde et solitude,
Indispensable, mais étranger à leur emprise,
Le temps se joue de moi, entre puissance et lassitude,
Et je découvre en moi ma liberté exquise.
430 - La tortue transparente (Jeudi, le 24 juillet 1997)
Dans le sable chaud, je trouve une tortue discrète,
Je la fais voyager, guidant ses pas lents et sûrs,
Sous mes doigts, elle glisse, fragile silhouette,
Recouverte de poussière, ses secrets restent obscurs.
Je l'asperge d'eau, effaçant la terre qui la voile,
Chaque goutte révèle un éclat pur et cristallin,
Sa carapace devient un monde où rien ne déraille,
Transparente, limpide, elle brille comme un matin.
Je contemple ce joyau, fragile et silencieux,
Une créature claire, miroir de l'invisible essence,
Chaque mouvement doux semble danser aux cieux,
Et je reste émerveillé de cette parfaite transparence.
431 - J'aime de plus en plus mes rêves II: La demi-Égyptienne (Jeudi, le 31 juillet 1997)
Je flotte au-dessus d'une piscine sans soutien,
L'air doux me berce, léger comme un souffle ancien,
Devant moi, elle se penche, sourire mystérieux,
Ses yeux me sondent, éclat d'un passé précieux.
Entre mes jambes pliées, son regard s'invite,
Éclair de mémoire où le temps doucement s'effrite,
Elle est demi-égyptienne, souvenir oublié,
Émergeant du lointain pour mon esprit éveillé.
Un lien silencieux danse dans l'eau et le ciel,
Présence douce et rare, éclat chaud et immortel,
Je reste suspendu, entre réel et illusion,
Captif du sourire d'une vieille fascination.
432 - La réponse de l'inconscient (Jeudi, le 31 juillet 1997)
La journée s'épuise en lignes de code et d'écran,
Le problème persiste, insoluble, obstinément,
La nuit m'emporte, mon esprit flotte et se détend,
Et dans un rêve clair, deux réponses me tendent la main.
Elles dansent, légères, sur les bases établies,
Échos de solutions que mon inconscient tisse,
Aucune ne contredit, toutes trouvent harmonie,
Mystère du sommeil où la pensée se glisse.
Au réveil je sais, l'éveil seul n'avait pas su,
Que la nuit contient des clés que l'esprit a perdu,
Deux chemins possibles s'offrent, limpides et précis,
Offrant au rêveur la paix d'un savoir accompli.
433 - L'armée des ténèbres XVIII: Le Throll (Vendredi, le 1 août 1997)
En hiver, dans les bois, la voiture glisse,
Chemins glacés serpentent sous la brume épaisse,
Un Throll surgit, monstrueux dans sa malice,
Immortel, cruel, il défie toute faiblesse.
Le conducteur fonce, croyant voir un ours,
Mais la créature survit, ricanant de vengeance,
Ses yeux rouges suivent chaque détour, chaque cours,
Cherchant cinq jeunes à prendre pour sa sentence.
Si ses désirs ne sont pas comblés, elle s'abat,
Village et ville tremblent sous sa sombre loi,
Et nous, éperdus, avançons pas à pas,
Dans l'ombre glaciale où le Throll trace sa voie.
434 - Prélude chez les puissants (Dimanche, le 3 août 1997)
Dans un futur incertain, je travaille sans repos,
Aux machines anciennes où le secret se cache,
Le vol et le plagiat règnent sous ce fardeau,
Et chaque question posée attise leur méfiance lâche.
Une blonde surgit, ennemie redoutable,
Robotisée, cyborg, sirène de l'acier,
Sa force est prodigieuse, son chant insaisissable,
Elle mesure légendaire, trois mètres à défier.
Mais je trouve sa faille, son équilibre perdu,
Dans mes bras je la soulève, vaincue et défaite,
La vérité persiste malgré l'ordre corrompu,
Et mon savoir éclaire cette lutte incomplète.
435 - Les Juges (Mercredi, le 13 août 1997)
L'eau monte en silence, juge froide et massive,
Des digues dérisoires tentent de la freiner,
On nous chasse des lieux, la peur devient intrusive,
Fuir pour rester en vie, sans même se retourner.
Dans le chaos pressé, un oubli me transperce :
Miquette reste seule au bord du condamné,
« Il n'y a pas de place », dit la voix qui me blesse,
Et ces mots sont des lois que je ne peux signer.
Alors je brise l'ordre, je défais les entraves,
Je saute vers l'amour, défiant le courant noir,
Mieux vaut risquer la mort que vivre en lâche esclave :
Je suis jugé, peut-être. mais fier de mon espoir.
436 - L'araignée verte (Vendredi, le 15 août 1997)
Dans la cour familière où reposent mes étés,
Se dresse une présence aux reflets de chlorophylle,
Araignée verte, énorme, aux gestes calculés,
Mante religieuse née d'un cauchemar tranquille.
Ma peur devient décret, mon geste devient loi,
Étranger à moi-même, je frappe sans attendre,
Sous les coups répétés, la créature se noie
Dans un verdict brutal que je crois devoir rendre.
Mais l'horreur me revient, ironique et perverse :
Un fragment de sa mort m'atteint en pleine voix,
Avaler l'ennemi - sentence de l'inconscient inverse :
Ce que l'on détruit parfois. se venge au fond de soi.
437 - La fin des araignées (Mercredi, le 20 août 1997)
Dans l'ombre des heures aux fils trop longs tissés,
J'ai chassé les monstres, les peurs entremêlées,
Chaque araignée morte, chaque fil brisé
Me laisse le coeur libre, enfin apaisé.
Le temps s'égrène, huit heures et demie gravées,
Comme un sablier où mes cauchemars sont nés,
Mais la nuit s'éloigne, ses griffes écartées,
Et mon esprit danse, délivré, léger.
Plus aucune menace ne hante mon chemin,
Les toiles se fanent sous mon pas serein,
Je respire la paix que me rend ce matin,
Et rêve d'un monde où je suis enfin souverain.
438 - Il semble que... (Mercredi, le 20 août 1997)
Dans l'école des songes où le temps se défile,
J'ai rencontré soudain une amie fragile,
Ses cheveux sombres glissent comme un voile subtil,
Et nos rires flottent libres dans ce monde indocile.
Je parle de l'oubli qui danse en mon esprit,
Des cours que j'ai manqués, des instants imprécis,
Ma mémoire trahie joue avec mon récit,
Et chaque mot vacille au bord d'un abîme gris.
Pourtant dans ce chaos, une amitié se tisse,
Entre doutes et éclats, une lumière surgisse,
Car même si mon passé s'échappe en coulisses,
Le présent se fait roi, là où l'instant me glisse.
439 - Psycho XXVI: Sa vengeance (Mercredi, le 27 août 1997)
Dans ma maison silencieuse, Annie apparaît blonde,
Son pas léger s'avance, et mon souffle s'effondre,
Elle parle d'amour, d'un mariage précipité,
Et ma soeur se moque, un rire qui vient m'ébranler.
Le coeur oppressé, je lutte pour respirer,
Je sens le rêve tordre mes membres épuisés,
Au plancher je tombe, prisonnier d'un démon,
Qui tourne mon esprit en cercles de confusion.
Puis vient l'éveil, un soulagement parfait,
Le danger n'existe plus, deux ans se sont effacés,
Le souffle revient, et l'ombre s'éloigne enfin,
La peur se dissout dans la lumière du matin.
440 - OS/3? (Jeudi, le 28 août 1997)
Autour d'écrans froids, les voix parlent en codes,
IBM et Apple s'unissent, rêve d'un OS nouveau,
Les mots glissent comme pixels dans mon esprit en mode,
Et l'informatique devient un étrange tombeau.
Seule, je traverse un pont suspendu dans le temps,
L'air vibre de secrets que je ne peux nommer,
Un liquide blanc s'écoule de mes mains lentement,
Comme une énigme que je tente de comprendre sans jamais.
Le monde se plie entre logique et fantaisie,
Les chiffres et les flux dansent au bord du réel,
Et je me fonds dans ce rêve, étrange poésie,
Où tout devient possible, et rien n'est superficiel.
441 - La défense par la fourchette (Jeudi, le 28 août 1997)
Je marche nu sur l'asphalte brûlant de ma peur,
Un sac à mes côtés, secret lourd de mystère,
Quand surgissent des eaux, des ennemis porteurs
De malices étranges, menaçant ma lumière.
Plus forts que moi, mais guidés par le vent du sort,
Je brandis ma fourchette, arme humble et légère,
Et contre le flot noir qui menace mon corps,
Je repousse le danger, victoire éphémère.
Le pont de la route devient théâtre étrange,
Où courage et folie se mêlent en ballet,
Et moi, seul et nu, dans ce rêve qui dérange,
Je découvre la force où l'on croit n'en trouver jamais.
442 - La science du diamant (Vendredi, le 29 août 1997)
Sous la nuit glaciale, devant la maison de ma soeur,
Une fille lisait l'avenir comme un livre ouvert,
Elle murmurait des savoirs que l'on insère dans la lueur
Du cerveau humain, mécanique, précis et pervers.
Entre ses mains brillait un diamant enfermé,
Prisonnière d'un oeuf, flottant dans un liquide clair,
Elle voulait dominer, me forcer à l'engloutir,
Et faire plier mon esprit à son désir étranger.
Mais je regardais l'éclat, entre fascination et peur,
Songeur devant ce monde où la science dévore,
Et je sentais l'emprise d'un futur manipulateur,
Où l'âme devient jouet, et la connaissance, morsure.
443 - Carolia (Samedi, le 30 août 1997)
Dans un vaisseau d'acier aux lumières futuristes,
Elle surgit, sans défaut, ni chair ni âme réelle,
Ses yeux sondent mon esprit, mais l'écoute résiste,
Et ses mots glissent comme vent sur une étincelle.
Carolia, son nom écrit sur un bout de papier,
D'un cartable discret, mystérieux et fragile,
Lutteuse des arènes, force prête à s'imposer,
Elle traverse mon rêve, éphémère et subtile.
Avant qu'elle parte, nos fronts se frôlent, silencieux,
Un contact léger, intime, presque irréel,
Et je sens son passage comme un souffle précieux,
Marquant mon inconscient d'un instant intemporel.
444 - Le pont des hauteurs (Samedi, le 30 août 1997)
Nous marchons sur le pont qui s'élève vers le ciel,
Moi et un frère aux traits flous, marchant côte à côte,
Le fleuve Saint-Laurent s'étire, immense et cruel,
Sous nos pas hésitants, chaque souffle nous emporte.
Les voitures glissent comme des éclairs imprudents,
Le vertige nous prend au bord de chaque tuyau,
Et chaque pas devient un défi, un instant brûlant,
Où la peur se mêle au courage en un fil étroit et beau.
Pourtant nous avançons, entre danger et vertige,
Le pont devient un rite, passage fragile et rare,
Et dans ce rêve où l'équilibre se joue comme un prestige,
Je sens l'audace se mêler à la peur de l'averse et du hasard.
445 - Mon opinion (Mercredi, le 3 septembre 1997)
Je parle à moi-même, reflet de mes amours passées,
Chaque mot devient vague, chaque pensée s'entrelace,
L'autre moi éclaire ce que je n'avais deviné,
Et montre les flux secrets où mon coeur se place.
Ni coupable ni innocent, nous flottions en équilibre,
Entre instinct et mémoire, entre hasard et choix,
Chaque geste d'autrefois se révèle comme un calibre,
Mes souvenirs dansent au rythme des lois de ma voix.
Il ajoute, il complète, révélant la leçon cachée,
Chaque éclaircie un guide, chaque mot un miroir,
Et moi j'écoute, surpris, dans ce rêve éveillé,
La sagesse surgir doucement, ondulant dans le noir.
446 - Le drapeau du Québec (Samedi, le 6 septembre 1997)
Sur le ciel bleu flotte un drapeau étrange et nouveau,
Le blanc et le bleu demeurent, mais les fleurs ont fui,
À leur place, le nom d'un pilote, éclat de fierté et d'écho,
Jacques Villeneuve écrit, comme un souffle qui s'unit.
Les étoiles de la mémoire se perdent dans l'air,
Et les symboles anciens vacillent sous mes yeux,
Un monde réinventé, où l'absurde est la guerre,
Et où l'histoire se plie aux caprices audacieux.
Je regarde, stupéfait, ce drapeau réinventé,
Entre tradition et folie, frontière mouvante,
Et dans ce rêve étrange, je sens tout transformer,
Le Québec s'écrit autrement, dans une danse éclatante.
447 - Les sept lunes (Dimanche, le 7 septembre 1997)
Dans le ciel silencieux, sept lunes en secret,
Fixes et patientes, elles guettent notre regard,
Leurs cercles immobiles cachent un monde parfait,
Attendant que l'homme ose franchir leur hasard.
On nie leur existence, pourtant je les contemple,
Chacune une énigme, un éclat de mystère,
Prêtes à danser, à rompre le temps qui tremble,
Elles défient le ciel et défient notre terre.
Alors je rêve éveillé de leur mouvement futur,
Sept sphères lumineuses, trésors inexplorés,
Et je sens la vérité, fragile et pure,
Qu'elles existent, malgré les yeux qui ont ignoré.
448 - L'armée des ténèbres XIX: Le loup blanc (Dimanche, le 14 septembre 1997)
Dans la forêt glaciale où l'hiver mord la peau,
Un loup blanc me traque, chaque pause est un piège,
Son souffle est un glas qui suit mes pas sur le fardeau,
Et chaque paysan devient sa proie si je m'allège.
Promis à la bête, mon coeur bat en alarme,
Je franchis le chemin jusqu'au seuil de ma maison,
Mais la porte se retourne, étrange, contraire et arme,
Je lutte contre le fer pour échapper à sa raison.
La nuit devient combat, entre peur et courage,
Le prédateur rôde, cruel et calculateur,
Et moi, tenant le bois, je défie son passage,
Jusqu'au lever du jour, où disparaît sa fureur.
449 - La nudité du prof. de programmation (Samedi, le 20 septembre 1997)
Dans le réseau d'acier, les lumières dansent et brillent,
Le professeur manie l'ordinateur comme un maître,
Et moi je découvre des blocs Lego qui s'assemblent et vrillent,
Chaque pièce révélant un savoir ancien, discret mais traître.
À côté, un autre maître, nu et fragile, apparaît,
Le corps flétri, la santé vacillante comme un souffle,
La programmation ne cache pas la détresse et le secret,
Et je comprends que la force se mêle à la touffeur des gouffres.
Entre logique et chair, entre blocs et vulnérabilité,
Je contemple ce monde où l'esprit prime sur le corps,
Et même dans la nudité, la vérité peut se révéler,
Sous les claviers, les Lego, et les machines en accord.
450 - Le troc (Dimanche, le 21 septembre 1997)
Je croise un homme porteur d'un trésor interdit,
Un logiciel rare, fantôme de mes années,
Mon désir brûle fort, mon esprit se plie,
Devant ce graal numérique enfin incarné.
Il parle de copie, d'ombre et de fraude discrète,
Et moi j'ouvre mes mains pleines de lignes sacrées,
Quatre ans de codes vivants, de nuits incomplètes,
Offerts comme monnaie d'un rêve convoité.
Je sens le poids du choix, le marché de l'âme,
Entre création sincère et raccourci tentant,
Et dans ce troc obscur, mon inconscient réclame
La valeur du travail face au gain instantané.
451 - ROM du Commodore 64K (Dimanche, le 22 septembre 1997)
Chez ma cousine, un trésor ancien s'illumine,
Un Commodore 64K, mémoire de mille histoires,
Je contemple ses circuits, ses secrets qui fascinent,
Et rêve de l'animer sur mon IBM miroir.
Je planifie, discret, la copie des souvenirs,
Chaque bit, chaque octet, précieux comme un éclat,
Pour recréer l'âme numérique et la faire revivre,
Dans le clone moderne qui attend que je le combat.
Le pont des machines traverse le temps et l'espace,
Entre passé et présent, mes mains tissent le lien,
Et dans ce rêve étrange, où l'informatique s'embrasse,
Je deviens maître des mondes, rompu à ce destin.
452 - L'armée des ténèbres XX: La vengeance futur (Mercredi, le 24 septembre 1997)
Une voix démoniaque ricane, venimeuse et folle,
Ses mots tournent en spirales, cruels et psychédéliques,
«Tu auras une blonde, puis l'amour d'un autre s'envole»,
Et mon esprit chancelle devant ces visions antiques.
L'horreur s'infiltre, sort invisible jeté sur mon âme,
Inconcevable notion, brisant mes certitudes,
Mais le temps m'est encore donné pour fuir le drame,
Avant les étapes du sort, ses sombres habitudes.
Entre peur et défi, je marche sur ce fil fragile,
Chaque rire démoniaque résonne dans la nuit,
Et dans ce rêve fou, où le futur devient hostile,
Je cherche un refuge où mon coeur reste en vie.
453 - L'Elvis (Jeudi, le 25 septembre 1997)
Au deuxième étage d'un palais plein de lumière,
Je franchis la porte où la grandeur se déploie,
Et face à moi se tient Elvis, figure singulière,
Offrant sans compter, un sourire qui m'émeut de joie.
Chaque geste respire la générosité immense,
Tout ce dont j'ai besoin devient à ma portée,
Ses mots me poussent, me guident, comme une danse,
Et je sens mon chemin s'ouvrir dans la clarté.
Dans cette demeure vaste où le temps semble suspendu,
Je reçois ce don, symbole d'un rêve éveillé,
Et l'Elvis m'inspire, par sa bonté reconnue,
À avancer plus sûr, dans la vie, illuminé.
454 - L'arrière scène du prof. de programmation (Samedi, le 27 septembre 1997)
Derrière le rideau, le professeur murmure bas,
Sa maîtresse l'écoute, enseignant le même code,
Ils scrutent mes lignes, cherchant le moindre trépas,
Espérant voir s'effondrer mon travail en mode.
La loupe danse sur mes efforts, implacable et fière,
Chaque erreur potentielle devient un feu rouge vif,
Je sens mon coeur battre sous ce jugement austère,
Et la peur s'insinue, inquiétude furtive et vive.
Mais malgré le rouge qui s'étend, je demeure debout,
Observant le théâtre, conscient de mon courage,
Car même sous la loupe, même sous leurs coups,
Mon esprit persiste, invincible, page après page.
455 - Chrétienneté XII: Ma chaîne d'or se brise (Dimanche, le 28 septembre 1997)
Autour de mon cou brille une chaîne d'or sacrée,
Ses pierres rouges s'alignent, chapelles miniatures,
Mais je vois la fracture, menace dissimulée,
Et je presse l'objet contre ma chair, précieuse armure.
Pour sauver ce trésor, je le glisse dans ma poche,
Évitant qu'il tombe, que le monde l'écrase,
Chaque pierre rouge, chaque éclat qui accroche
Est mémoire fragile que le temps menace.
Ainsi je garde le poids du précieux et du fragile,
Entre peur et respect, un instant suspendu,
Car même l'or le plus pur, même le coeur le plus agile,
Peut se briser si le sort le met à nu.
456 - Le métro de Paris (Lundi, le 29 septembre 1997)
Dans les couloirs sombres du métro parisien,
J'attends un guide qui ne viendra jamais,
Les rails résonnent sous mes pas incertains,
Et les murs de béton murmurent à voix de secret.
Seul, je m'aventure, entre ombres et tunnels,
Chaque rame, chaque virage devient énigme à franchir,
Le souffle de la ville entre en moi, cruel et rebelle,
Et mon esprit cherche la sortie à comprendre et tenir.
Sous la ville immense où le temps semble se plier,
Je marche, explorateur dans ce labyrinthe vivant,
Et dans ce rêve étrange, où je dois me débrouiller,
Je trouve ma route, fragile mais déterminant.
457 - Les broches oubliées (Lundi, le 29 septembre 1997)
Cinq années passées et les broches demeurent,
Ombres acérées, enfouies dans ma bouche close,
Chaque souffle devient douleur, chaque mot un leurre,
Et mon esprit ploie sous leur étreinte morose.
Silencieuses et perfides, elles rongent mes nuits,
Mémoire métallique, trace d'un passé cruel,
Je sens leur morsure, persistante et infinie,
Comme un écho lancinant d'un cauchemar éternel.
Pourtant, je lutte, cherchant à les oublier,
À libérer ma langue, mon souffle et ma pensée,
Mais ces broches oubliées, fantômes piégés,
Me rappellent qu'aucun temps ne peut tout effacer.
458 - Les chemins pavés (Mardi, le 30 septembre 1997)
Dans un monde Maya où le temps se dédouble,
Je foule des routes romaines au sol ancien,
Chaque pierre raconte un récit qui redouble,
Et je ris de ceux qui ignorent ce chemin.
Je glisse entre les pavés, rusé et léger,
Mes pas deviennent énigmes que nul ne saisit,
Je berne les ignorants par des tours mesurés,
Et chaque détour me révèle un jeu infini.
Entre mystère ancien et amusement secret,
Je découvre le plaisir de savoir guider le sort,
Les chemins pavés me montrent ce que je suis, discret,
Maître des illusions sur ces routes d'or.
459 - Une brèche dans le ciel (Jeudi, le 2 octobre 1997)
Sur le balcon, le ciel s'agite en furie noire,
Les nuages s'affrontent, lourds et pressés,
Chaque instant s'étire comme un souffle illusoire,
Et l'orage passe, emportant ses secrets blessés.
Puis le bleu pâle perce, doux et timide,
Le soleil jaune se couche, chaud et apaisant,
Les nuages s'effacent, la lumière devient limpide,
Et la tempête s'éteint, laissant un calme fascinant.
Au loin, mon professeur sourit, amusé par ma veste,
La blague sur mon gilet provoque un rire léger,
Entre ciel et éclat, le rêve finit en fête,
Où l'orage s'évanouit et la joie peut régner.
460 - La demande de mon frère (Jeudi, le 2 octobre 1997)
Mon frère arrive, insistant et pressé,
Deux disques compacts il veut que j'achète,
Madonna pour l'un, l'autre pour se relaxer,
Et mon esprit soupire, craignant la dette secrète.
Deux mois déjà que je ne l'ai pas vu,
Et je redoute qu'il oublie de me rendre,
Les jours à venir deviennent un chemin tordu,
Où confiance et prudence se mêlent et se fendent.
Pourtant je l'écoute, partageant un sourire,
Entre désir et crainte, le lien persiste,
Et dans ce rêve, où l'affection peut s'attirer,
Je garde mon jugement, tout en gardant l'artiste.
461 - Stationne la voiture (Vendredi, le 3 octobre 1997)
Dans la rue étroite, il gare avec soin la voiture,
Chaque mouvement précis, chaque angle maîtrisé,
Puis soudain tout s'anime, comme prise d'une armure,
Les autres véhicules glissent, doucement poussés.
La danse étrange continue, rythmée et silencieuse,
Comme si la ville elle-même obéissait à une main,
Et chaque voiture suit une force mystérieuse,
Invisible conducteur guidant tout le chemin.
À la fin, je comprends que ce n'est plus lui,
Mais une présence cachée, jouant son rôle en secret,
Et je reste fasciné, entre étonnement et nuit,
Témoin d'un rêve où la réalité s'efface et s'inquiète.
462 - Tous ça part du jardin... (Samedi, le 4 octobre 1997)
Du jardin, d'abord, marchent les écureuils légers,
Puis surgissent bêtes inconnues, géantes et fières,
Mammouths et dinosaures, reptiles parlants éveillés,
Ils piétinent la verdure, porteurs de mystères.
Je plonge dans l'eau, un mètre de refuge fluide,
L'édifice ancien explose en feu volcanique rouge,
Mais moi je suis sauf, sous l'onde, témoin lucide,
Et les créatures survivent, intactes sous le déluge.
Nous fouillons les carrés d'antiques connaissances,
Des forces occultes semblent prisonnières des lieux,
Vampires et énigmes, vestiges de puissance,
Entre Atlantide et chaos, je marche avec eux.
463 - Le Phase loup (Dimanche, le 5 octobre 1997)
Dans les bois glacés, sous un soir d'hiver profond,
Avec fille et docteur, j'avance vers le lac,
Le chalet m'accueille, un feu danse en son rond,
Mais les loups affamés rôdent et dévoilent leur attaque.
Ils m'encerclent, montrent leurs dents dans la nuit noire,
Je hurle, tourne en rond, m'immergeant dans leur jeu,
Chacun mord le voisin, douleur qui se fait gloire,
Et soudain mon crâne se libère, miracle silencieux.
De petits points noirs tombent de mes mains légères,
Le docteur perplexe, impuissant devant ce sort,
Je ris de la magie étrange qui traverse mes chimères,
Et dans ce rêve sauvage, je deviens loup et corps.
464 - «Le Démon de 1908» (Vendredi, le 10 octobre 1997)
Des murmures s'élèvent d'un passé oublié,
Le «Démon de 1908» hante les récits anciens,
Chaque histoire se dresse, aiguë et exagérée,
Comme un souffle noir traversant les siècles humains.
Les légendes s'entrelacent, grandissent dans la nuit,
Les détails s'enflamment et prennent leur propre vie,
Je sens la peur s'infiltrer, et l'ombre s'appuie,
Sur chaque mot qui se tord, chaque frisson qui survit.
Mais moi je demeure, écoutant l'étrange épopée,
Entre peur et fascination, spectateur éveillé,
Le démon danse dans les mots que l'on a contés,
Et dans ce rêve ancien, l'histoire reste enflammée.
465 - Le théâtre moderne (Vendredi, le 10 octobre 1997)
Dans la grande pièce, la famille est assise et fixe,
Le téléviseur diffuse des ombres et des voix,
Mon père et mon frère échangent des mots troubles et mixtes,
Et je sens le morbide s'infiltrer entre eux, sans loi.
Je regarde ailleurs, un autre écran me captive,
Captant le même poste, mais à distance et en écho,
L'atmosphère est étrange, le réel se fait fugitif,
Et mon frère semble là et pourtant disparaît aussitôt.
Le théâtre moderne joue ses scènes mouvantes,
Entre présence et absence, le temps se dérobe,
Et moi, témoin d'un monde où l'ombre est dansante,
Je contemple le mystère que mon inconscient dérobe.
466 - Mon codage chez le voisin (Vendredi, le 10 octobre 1997)
Sur un écran bleu et cyan, mon code apparaît,
Fichiers et lignes familières, échos de mes idées,
Mais c'est chez le voisin, dans un projet commercial secret,
Que je découvre mon style, sans savoir qui l'a créé.
Le hasard m'a mené sur cette étrange trouvaille,
Plagiat ou pensée parallèle, le doute m'assaille,
Chaque ligne me questionne, chaque boucle me défaille,
Et mon esprit s'égare entre colère et bataille.
Pourtant je contemple, curieux et intrigué,
Le reflet de moi-même dans ce code inconnu,
Et dans ce rêve étrange, mon génie semble voyager,
Flottant entre mon oeuvre et l'inspiration reçue.
467 - Cimetière plutôt vivant (Samedi, le 11 octobre 1997)
La nuit s'étend et la route mène au dîner,
Mais pour monter en voiture, il faut traverser
Un cimetière ancien, silencieux et figé,
Où la Vierge de pierre semble doucement respirer.
Ses mains montent et descendent, légères et solides,
Et je murmure, inquiet, craignant des esprits légers,
«Aucun fantôme ne viendra troubler cette nuit candide»,
Quand soudain un spectre surgit, blanc et rouge dessiné.
Il flotte dans l'ombre, cartoon de l'au-delà,
Parmi les pierres et les fleurs figées sous la lune,
Et moi je traverse, témoin d'un monde à part,
Où la vie et la mort dansent au même rythme importune.
468 - 2 créatures (Dimanche, le 12 octobre 1997)
Dans l'air léger flottent deux petites silhouettes,
Taille de gros rats, mais libres dans le ciel immense,
Elles virevoltent, bondissent, dansent en pirouettes,
Étranges passagères d'un monde plein de suspense.
Le vent les porte, complice de leur fugue,
Elles défient la gravité, riant des lois du sol,
Leur course est un jeu, un secret que l'on intrigue,
Deux ombres curieuses qui jamais ne s'affolent.
Je les contemple, fasciné par leur mystère,
Deux âmes aériennes, légères comme le vent,
Et dans ce rêve fugace, je perçois l'éphémère,
Beauté fragile et libre, suspendue dans l'instant.
469 - Tortue ailés (Lundi, le 13 octobre 1997)
Dans ma chambre surgit une créature minuscule,
Ma mère veut l'écraser, mais je protège ce souffle,
Petit être fragile, vivant d'une magie plus qu'inhabituelle,
Je le suis sous le meuble, où il se cache en silence et gouffre.
Sous sa carapace, ailes d'insecte, mystère infime,
Il saute et se transforme, changeant de taille et d'apparence,
Moins de deux centimètres, et pourtant sublime,
Tortue ou crapaud, un prodige en mouvance.
Je contemple cette vie étrange et mouvante,
Émerveillé par son jeu, sa métamorphose légère,
Et dans ce rêve où tout devient surprenante,
Je deviens gardien de ce petit monde éphémère.
470 - La terre et mon frère (Lundi, le 13 octobre 1997)
Dans le salon s'éveille une étrange conversation,
Mon frère parle bizarre, son esprit semble flottant,
Nous discutons des continents, étrange fascination,
Et je compare la croûte à une soupe bouillonnant.
Un globe pour enfant tourne entre mes mains attentives,
Mais les terres voguent, détournées de leur place,
Quand je le signale, la vérité devient relative,
«C'est un cadeau de mon petit-fils», dit-on avec grâce.
Ainsi la géographie se plie à l'innocence et au rêve,
Où raison et fantaisie se mêlent et se heurtent,
Et moi, témoin d'un monde que l'ordre relève,
Je contemple les continents qui dansent et se fléchissent.
471 - Strange World (Lundi, le 13 octobre 1997)
Dans ce monde étrange, mon professeur s'affaire,
Il feuillette mes cahiers, délaissant les siens,
Chaque note devient sa source, son univers,
Comme si mes idées guidaient ses mains sereines.
L'impossible se produit sous mes yeux stupéfaits,
La logique du réel s'efface et se dissout,
Et moi, spectateur, je contemple en secret
Ce monde inversé où tout s'emmêle et se joue.
Strange World s'ouvre alors, fantastique et curieux,
Où mes mots prennent vie et dictent les leçons,
Et je comprends, fasciné, que l'étrange et le précieux
Sont les royaumes où règnent mes propres visions.
472 - La fête à l'envers (Lundi, le 13 octobre 1997)
Dehors le vent glacial mord ma peau frissonnante,
Et pourtant les gens se baignent dans la piscine,
La corde à linge, folle, pend à l'envers, déroutante,
Le monde se renverse, étrange fête mutine.
Des serviettes traînent au sol, éparpillées et lourdes,
Je les ramasse, les sèche, patient serviteur,
Chaque geste devient rituel dans ce chaos absurde,
Où le froid et la chaleur se mêlent sans erreur.
Et quand tout est rendu, chaque pièce à sa place,
Je contemple ce rêve étrange et décalé,
La fête à l'envers révèle son insolite audace,
Et moi, humble témoin, je reste fasciné.
473 - Sauver par la malchance des autres (Lundi, le 13 octobre 1997)
Je découvre mon sort au détour d'un examen,
Les autres ont trébuché, chacun dans son échec,
Leurs erreurs m'ouvrent la voie, étrange stratagème,
Et le professeur distribue les points, sans reproche ni blâme sec.
La malchance des autres devient mon refuge,
Un salut inattendu, cadeau du hasard cruel,
Je souris, ému par ce jeu étrange et subtil subterfuge,
Où l'échec collectif m'élève comme par un sort parallèle.
Ainsi le rêve me montre que le hasard gouverne,
Et que parfois la chance naît de la chute d'autrui,
Entre rire et surprise, mon esprit se souvient et apprend,
Que la vie peut sourire là où le destin se déduit.
474 - Supertramp (Lundi, le 13 octobre 1997)
Un disque brille, inscrit «Greatest Hits» en lettres dorées,
Mais l'étiquette trompeuse cache un autre secret,
«Classic Volume 9» se révèle, subtile vérité,
Et je souris, surpris par ce jeu discret.
Les mélodies flottent, souvenirs et refrains,
Chaque note me guide dans un monde parallèle,
Où nom et contenu dansent leurs chemins,
Et tout devient étrange, mais doux et irréel.
Ainsi la musique joue avec mon esprit attentif,
Changer le nom n'altère pas le coeur du son,
Je contemple ce rêve simple et furtif,
Où illusion et réalité fusionnent à l'unisson.
475 - Mathématique (Lundi, le 13 octobre 1997)
Toutes mes réponses brillent sur le papier, parfaites,
Mais l'échéance approche et le temps me file entre les doigts,
Je ne sais comment j'ai trouvé ces solutions discrètes,
Et la logique m'échappe, malgré mes efforts et mes lois.
Chaque équation me semble un mystère éveillé,
Un labyrinthe où mon esprit a glissé sans repère,
Je remets en question la vérité que j'ai trouvée,
Et mon travail devient énigme que je porte en lumière.
Le temps presse, et pourtant je contemple l'invisible,
Les réponses existent, mais la route reste floue,
Et dans ce rêve étrange et presque indicible,
Je suis le maître étonné de mes propres coups.
476 - Programmation (Mardi, le 14 octobre 1997)
Je fuis le travail, je perds mes heures frivoles,
Au lieu de coder, je dérive dans mille chimères,
Chaque geste inutile devient ma drôle d'école,
Et le temps s'échappe, cruel et sans lumière.
Le programme attend, patient, sur l'écran froid,
Mais moi je m'égare, inventant mille détours,
Chaque instant gaspillé m'éloigne de ma voie,
Et je sens le retard s'installer comme un lourd tambour.
Pourtant dans ce rêve, je goûte à la liberté,
Faire n'importe quoi devient un art clandestin,
Et la procrastination, étrange complicité,
Transforme la contrainte en plaisir incertain.
477 - Le jardin secret (Mardi, le 14 octobre 1997)
Je traverse bois glacés, ponts branlants sous mes pas,
Obstacles instables, frissons au souffle du vent,
Chaque pas est un défi que le froid trace en éclats,
Vers un jardin caché, refuge éblouissant.
Dans une caverne secrète, loin des yeux curieux,
La neige étouffe toute tentative d'intrusion,
Seul, je contemple ce lieu pur et mystérieux,
Où silence et beauté tissent leur illusion.
Le jardin secret m'accueille, sanctuaire gelé,
Oasis retirée, protégée par l'hiver cruel,
Et moi, seul voyageur, émerveillé et isolé,
Je goûte à ce trésor que nul autre ne révèle.
478 - Le rêve récidiviste d'école (Mercredi, le 15 octobre 1997)
Cauchemar d'examen, quarante sur la feuille froide,
Mystère étrange, tous disent que je passe sans peine,
Mais l'injustice surgit, et la tension s'accoade,
Accuser un autre, le coeur serré, la voix en chaîne.
Je désavoue mes mots, mais le professeur s'éloigne,
Serrant les dents, colère retenue derrière ses yeux,
La punition oubliée flotte, étrange, et témoigne
D'un monde scolaire où le réel devient curieux.
Le rêve récidive, l'angoisse me suit et me fige,
Entre accusation et vérité qui se dérobe,
Et moi, naufragé des règles, je cherche la prodige
D'un calme éphémère dans ce chaos sans globe.
479 - La promenade avec ma soeur (Samedi, le 18 octobre 1997)
Dans la forêt glacée, ma soeur marche à mes côtés,
Sous l'hiver blanc où chaque souffle gèle le vent,
Je déblaye la neige, offrandes improvisées,
Pour aider les autres, malgré leur coeur méprisant.
Au lieu de gratitude, mille malheurs m'accueillent,
Mais ma soeur sourit, fidèle lumière dans le froid,
Sa présence douce réchauffe mes mains et mes écueils,
Et protège mon âme du venin qui rôde parfois.
Ainsi je poursuis, entre blancheur et frimas,
Guidé par le lien qui nous unit dans ce gel,
Et dans ce rêve hivernal où le monde se déchaîne,
Ma soeur est l'étoile qui rend la neige plus belle.
480 - La technique du salut (Dimanche, le 19 octobre 1997)
Dans l'ordinateur, je découvre l'oubli du vendeur,
Le coprocesseur délaissé, oublié dans son coeur,
Je le relie avec métal, invente un pont salvateur,
Et soudain la télévision des Simpsons s'ouvre en lueur.
Bart raconte un homme qui, pour sauver les hommes,
Montra comment les poissons naissent dans l'eau et le vent,
Chaque mot résonne, étrange conte où le rêve somme,
Et la réalité s'efface dans ce récit mouvant.
Puis vient la définition, curieuse et absurde,
«Tordre la zone entre hanches et abdomen», dit la page,
Et moi, fasciné par ce mélange fou et sans murmure,
Je contemple l'ordinateur devenu théâtre et image.
481 - On déménage (Dimanche, le 19 octobre 1997)
Mon père semble perdu, absent dans le décor,
Ma mère annonce le départ, la maison trop lourde,
On quitte murs et souvenirs, vieux trésors,
Pour un appartement où chaque étage se déroule.
Les chambres s'alignent, comme chez ma tante,
Divisions semblables, l'espace se répète,
Chaque pièce raconte un écho distant,
Un nouveau foyer où le passé s'arrête.
Et moi, entre nostalgie et curiosité,
J'explore ce monde neuf, simple et arrangé,
Où le quotidien se refait, doucement adapté,
Et la mémoire ancienne danse dans l'ombre partagée.
482 - La mort de mon frère (Dimanche, le 19 octobre 1997)
J'apprends que mon frère a disparu, envolé,
Et pourtant son ombre flotte encore dans mes pensées,
Il n'est plus là, et le vide semble m'encercler,
Mais un souffle subtil me dit qu'il est resté.
Son absence pèse, glaciale et infinie,
Pourtant, dans le vent, je sens son rire s'échapper,
Comme un écho fragile d'une éternelle vie,
Qui se mêle au rêve et refuse de s'effacer.
Entre le réel et l'ombre, il persiste, insaisissable,
Présence fantomatique dans mes jours troublés,
Et moi, naufragé de douleur, je reste incapable
De croire qu'un lien si fort puisse jamais s'arrêter.
483 - Psycho XXVII: Hôpital (Lundi, le 20 octobre 1997)
Dans l'hôpital froid, Annie cherche sa liberté,
Blonde éclatante, fragile entre murs et couloirs,
Elle frappe aux portes que le destin a scellées,
Et je lui montre le chemin sans éveiller les regards.
Chaque pas est secret, chaque souffle un mystère,
Je guide ses gestes, elle glisse comme un vent,
Mais bientôt elle disparaît, laissant l'air solitaire,
Et l'ombre de son absence flotte sur l'instant.
Je ne la revois plus, évanouie dans le rêve,
Mais son souvenir danse dans les couloirs silencieux,
Et moi, témoin d'un élan que le temps enlève,
Je garde le secret de ses pas audacieux.
484 - Paris (Mardi, le 21 octobre 1997)
Des autobus filent devant moi, porteurs de mystère,
Certains vers Paris, la ville qui brille et appelle,
Je monte à bord, l'esprit léger et téméraire,
Ignorant que le voyage mêlera étrange et querelle.
Un inspecteur, enfant dans son corps mais sévère,
Veut me chasser au moment où je touche le sol,
Je lui tends la tête d'un chat comme offrande singulière,
Et il se détourne, dégoûté, découvrant son propre rôle.
Ainsi Paris m'accueille dans ce rêve bizarre,
Où règles et logique se perdent dans l'air,
Et moi, témoin d'un monde absurde et rare,
Je contemple la folie qui danse dans l'univers.
485 - Aide et on te jette dehors (Jeudi, le 23 octobre 1997)
Je tends la main, je résous ce qui semble brisé,
Au lieu de gratitude, je récolte un souffle froid,
Mes efforts reconnus mais aussitôt rejetés,
Et le chef me chasse, fier de son autorité.
Chaque solution devient une flamme éphémère,
Chaque geste d'aide s'efface comme un vent de mer,
Pourtant je reste là, étonné et solitaire,
Voyant l'injustice jouer son jeu sévère.
Mais dans ce rêve étrange, je garde le secret,
D'avoir fait le bien malgré le dédain reçu,
Car même jeté dehors, mon esprit est discret,
Et mon coeur sait la valeur de l'aide reconnue.
486 - 10 ans atroce (Vendredi, le 24 octobre 1997)
Dix ans de chaos, tremblements et inondations,
Séismes et explosions dans un ballet sans fin,
Le monde chancelle sous l'ombre des destructions,
Et la peur s'installe dans le coeur des humains.
Les barrages éclatent, déversant leur colère,
Chaque jour apporte sa dose de désastre et de feu,
Rien ne résiste aux forces folles et volontaires,
Et la sécurité rêvée tombe comme un vieux rideau.
Les espoirs de retraite, bâtis sur des illusions,
S'effondrent devant la tempête et le temps cruel,
Dix années atroces, théâtre de confusion,
Où l'homme découvre la fragilité de son ciel.
487 - La visite timide de mon frère (Vendredi, le 31 octobre 1997)
Dans ma maison silencieuse, l'hiver fixe le dehors,
Derrière la porte attendent deux enfants transis,
En manches courtes, fragiles, défiant le sort,
Je les fais entrer, craignant le froid infini.
Mais derrière eux se tient mon frère, immobile et pâle,
Trop gêné pour franchir le seuil de la raison,
Comme s'il doutait d'être réel ou normal,
Ou de mériter la chaleur de la maison.
Je comprends alors, sans mots et sans questions,
Que ces enfants sont peut-être son reflet,
Une part de lui, figée hors de la saison,
Que mon geste accueille sans jamais la nommer.
488 - Les 2 mondes (Vendredi, le 31 octobre 1997)
Je regarde le cadran, gardien du temps figé,
Je ferme les paupières, la nuit s'ouvre en secret,
Un ciel d'étoiles profond, une traînée de clarté,
Une étoile filante traverse l'éternité.
Je rouvre les yeux, le réveil est toujours là,
Mais le monde a glissé sans bruit dans sa parure,
Derrière l'heure immobile s'étend un ciel d'azur,
Bleu impossible, éclat neuf au coeur de l'ordinaire.
Entre veille et sommeil, deux mondes se confondent,
Le temps hésite, suspendu entre deux lois,
Et mon esprit voyage, funambule sur l'onde,
Là où la nuit et le jour se reconnaissent en moi.
489 - Les mots du monde (Vendredi, le 31 octobre 1997)
Il n'y a que des voix, sans visages ni lieux,
Des phrases qui s'entrechoquent dans le noir,
Chacun accuse l'autre d'un ton vertigineux,
Tout en se drapant de raisons pour se croire.
Les mots deviennent armes, sans chair ni couleur,
Ils blessent l'air, s'excusent, puis frappent encore,
Personne n'écoute, chacun crie sa douleur,
Et la vérité se perd dans ce vacarme sonore.
Je flotte au milieu de ce tribunal sans murs,
Où parler remplace voir et comprendre,
Et mon inconscient note, lucide et obscur,
Que le monde se dit souvent avant de se défendre.
490 - Le serpent rouge (Samedi, le 1 novembre 1997)
Ils suivent des protocoles, portes et rites figés,
Pour renaître cinq fois aux âges de l'humanité,
Moi je passe sans règle, sans boucle à répéter,
Évitant le serpent du temps qui se mord la clé.
Dans le temple ancien, science et pierre s'embrasent,
Un prof m'offre une carte au lieu de faux savoirs,
Je lis les murs sacrés, leur logique et leurs phrases,
Quand Martin défie la bête cachée dans le noir.
Le serpent rouge surgit, ailé, cou sans limite,
Il dévore l'orgueil et poursuit sans fatigue,
Je fuis par les escaliers, invisible à ses rites,
Et franchis la frontière où son pouvoir se fatigue.
491 - Le Parc des Machines (Dimanche, le 2 novembre 1997)
Dans le sous-sol du CÉGEP, à l'abri des regards,
Je découvre un jardin de machines en éveil,
Des ordinateurs muets, rangés comme un rempart,
Attendant la lumière, le code et le soleil.
Les câbles sont des racines, les écrans des miroirs,
Un futur en gestation bourdonne dans le silence,
Chaque tour respire un souffle prêt à savoir,
Comme un monde secret nourri de patience.
Je marche entre les rangées, témoin privilégié,
D'un parc où la pensée se forge en métal,
Et mon inconscient sourit d'avoir deviné
Que la machine aussi peut rêver dans le sous-sol.
492 - On juge des parties de film de ma vie (Dimanche, le 2 novembre 1997)
Ils projettent ma vie en fragments de travail,
Des images coupées, sans souffle ni contexte,
« Tu ne fais rien », disent-ils, juges sans faille,
Mes gestes ralentis deviennent leur prétexte.
Je crie que j'étais déjà au bord de mes forces,
Mais leurs oreilles sont pleines de rendement,
Pour eux, la vie se mesure à la cadence,
Et l'homme vaut moins que le chiffre qu'il rend.
Je pense en silence ce qu'ils refusent de voir,
Tout ce que j'ai donné hors de leurs écrans,
Et je dis haut : leur loi condamne au noir
Ceux qui fléchissent sous le poids du temps.
493 - Batman (Mardi, le 4 novembre 1997)
Je combats dans l'ombre ceux qui brisent sans raison,
Réparant ce que d'autres détruisent sans souci,
Un être aux visages multiples cherche ma confession,
Et me voit vêtu de noir, héros ou esprit.
« Es-tu Batman ? », me dit-il, ses yeux scrutant ma peau,
Je nie, mais il insiste, convaincu de mon rôle,
« Tu agis comme lui, tu ne peux échapper au fardeau »,
Et son jugement m'atteint jusqu'au plus profond de mon âme.
Je reste dans l'ombre, entre vérité et légende,
Ni masque ni cape ne définissent mes gestes,
Mais dans ce rêve étrange, la justice me commande,
Et je lutte, solitaire, parmi les âmes en détresse.
494 - Jouer avec une araignée (Jeudi, le 6 novembre 1997)
Sur le sol glissant, une araignée noire s'avance,
Ses pattes frôlent l'air comme des fils de soie,
Au lieu de fuir ou de trancher son existence,
Je choisis le jeu, sa danse devient ma joie.
Ses yeux minuscules reflètent un monde secret,
Chaque mouvement crée un labyrinthe à explorer,
Et dans ce geste étrange, je me sens en retrait,
D'un univers silencieux que je peux côtoyer.
Ni peur ni haine ne guide cette rencontre,
Simple curiosité, caresse et observation,
Je partage un instant où le réel se montre,
Différent et fragile, sous mon imagination.
495 - Querelle familiale (Vendredi, le 7 novembre 1997)
Les voix s'élèvent dans la maison comme des éclairs,
Mon père accuse, mon frère se défend sans répit,
L'injustice percute, brisant l'air froid de l'hiver,
Et les murs retiennent les échos de leur conflit.
Chacun cherche raison, chacun veut sa victoire,
Mais le dialogue s'efface dans l'ombre de la colère,
Les gestes se tendent, et le silence devient miroir,
Réfléchissant la fureur que le coeur ne peut taire.
Je reste spectateur au milieu de ce tumulte,
Mes pensées tentent d'apaiser le feu de la discorde,
Car même dans la querelle, l'amour se calcule,
Et la famille vacille entre la peur et l'accord.
496 - Météo raide (Samedi, le 8 novembre 1997)
Je regarde dehors, la pluie danse et se répand,
Puis soudain le blanc tombe et recouvre le sol,
La neige fige l'instant, le temps devient tremblant,
Et la grêle s'ajoute, perçant l'air comme un vol.
Le thermomètre trahit ce chaos mystérieux,
Dix degrés seulement, et pourtant tout est gel,
Le monde se joue de moi, étrange et silencieux,
Un hiver inversé sous un ciel artificiel.
Je reste à contempler cette nature défaillante,
Où l'eau devient cristal et le ciel un miroir,
Le rêve me révèle une loi incohérente,
Et l'ordinaire se perd dans son étrange pouvoir.
497 - L'armée des ténèbres XXI: On le devine de loin (Samedi, le 8 novembre 1997)
Dans le couloir de bois, l'ombre glisse sans forme,
Une présence invisible se cache et me hante,
La chaise berce seule, dans un souffle qui transforme
Le calme en soupçon, et l'air en inquiétude flottante.
Je ris, je parle, « Salut fantôme ! » je dis,
Mais les objets s'animent, cruchon et verre s'envolent,
Mes cris se tordent, deviennent un appel, un cri,
Et l'étrange force joue, manipulant chaque parole.
À la table je reste, mêlé d'étonnement et peur,
Entre raison et rêve, le mystère persiste,
Je devine de loin cette invisible lueur,
Et le fantôme rit, quand la nuit silencieuse insiste.
498 - La surprise raté (Samedi, le 8 novembre 1997)
Depuis deux ans cachée, une grange prend vie,
Ma mère rêve en secret d'offrir un abri neuf,
Mais le père, fier et têtu, répare sa bâtisse aussi,
Et refuse le présent, malgré tout son labeur neuf.
Les murs construits dans l'ombre s'élèvent sans écho,
Les planches murmurent l'espoir d'une joie perdue,
Le geste reste secret, inutile et trop tôt,
Et le coeur de ma mère frissonne dans l'inconnu.
Ainsi le rêve d'offrir se heurte au réel,
La surprise se brise avant même d'exister,
Mais l'amour persiste, fragile et immortel,
Dans le silence des plans que l'on n'a pu montrer.
499 - Bibitte ou électronique (Dimanche, le 9 novembre 1997)
Un insecte brun, étrange et fragile, se promène,
Son corps semble un circuit, savant et discret,
Deux yeux noirs mignons observent sans peine,
Et ses petites pattes touchent le sol en secret.
Ni tout à fait nature, ni tout à fait machine,
Il fusionne le vivant avec le raisonnement,
Une créature minuscule au charme mutin,
Un mystère vivant au détour du moment.
Je le regarde, fasciné par son étrange danse,
Chaque geste un code, chaque saut un éclat,
Dans ce rêve où se mêlent hasard et science,
La vie et l'électronique se touchent déjà.
500 - Cours orale (Dimanche, le 9 novembre 1997)
Je fuis l'hôpital, entre portes et couloirs pressés,
Le monde extérieur m'accueille dans son étrange ballet,
Une fille blonde enseigne, un art malicieux et osé,
À tous ceux qui passent, curieux d'apprendre ce secret.
Ses gestes sont des leçons, légères et provocantes,
Chaque sourire un indice, chaque mouvement un jeu,
Je regarde fasciné, l'ambiance est envoûtante,
Et le temps suspend son vol dans ce lieu mystérieux.
Le rêve mélange fuite et désir de savoir,
Entre hâte et curiosité, je me perds un instant,
Une scène insolite qui ne cesse de m'émouvoir,
Où le réel et l'imaginaire se tiennent doucement.
501 - École style rue (Lundi, le 10 novembre 1997)
Dans le CÉGEP aux couloirs qui s'étirent en avenues,
Je traîne mon sac comme un passant dans la ville,
Les salles deviennent rues où mes pas se sont perdus,
Chaque détour transforme le banal en fragile.
Les escaliers sont trottoirs, les bancs des terrasses,
Les portes s'ouvrent sur des places et des carrefours,
Je navigue entre murs et rues qui se dépassent,
Un rêve où l'école devient labyrinthe de tours.
Le sac est mon compagnon, fidèle et lourd à la fois,
Dans ce monde mouvant où l'intérieur se fait dehors,
Je marche, je traverse, guidé par une étrange loi,
Et chaque pas réinvente ce lieu connu encore.
502 - Insecte-humanoïde (Mardi, le 11 novembre 1997)
Dans une cité vide, mon frère et moi seuls restons,
Les rues sont envahies par des insectes microscopiques,
Le monde s'efface sous leur règne et leurs bonds,
Le chaos petit et rapide rend tout dramatique.
Un humanoïde noir, d'un pied de haut, force la porte,
Je lutte pour tenir, protéger notre demeure fragile,
Mais le temps m'échappe et la menace forte
S'introduit, pondant des oeufs dans l'air subtil.
Je le surprends à temps, ses plans limités,
Quelques oeufs seulement, son pouvoir restreint,
Le calme revient, mais la peur est gravée,
Dans ce rêve où l'insecte semble un tyran lointain.
503 - Malade ou pas? (Mardi, le 11 novembre 1997)
Je pousse la chaise où mon frère repose,
Son souffle fragile mêlé à l'air du couloir,
Il se lève soudain, mais retombe, il oppose
Sa force à la maladie, défiant le noir.
«Je ne suis pas malade!» crie-t-il avec fierté,
Puis s'assoit à nouveau, hésitant, incertain,
Chaque geste répété révèle sa vérité,
Un combat silencieux entre coeur et destin.
Trois fois il se relève, trois fois il s'incline,
Entre volonté et faiblesse, son corps se débat,
Je le regarde, touché par cette lutte divine,
Où la santé et l'esprit s'affrontent pas à pas.
504 - Gangrène (Jeudi, le 13 novembre 1997)
Ma mère m'annonce, grave, au bord de la nuit,
Que mes deux oreilles se meurent en silence,
La gangrène s'installe, le temps est interdit,
Si je n'agis pas vite, c'est la fin de l'existence.
Ses mots sont des cloches que je n'écoute pas,
La peur frappe à la porte, je détourne le regard,
Plutôt que d'entendre, je choisis le trépas,
Refusant le médecin, la piqûre, le savoir.
Je vis avec la mort posée sur mes deux sens,
Sourd à l'alarme rouge criant dans ma chair,
Entre déni tranquille et étrange indifférence,
Je laisse mourir l'écoute. et peut-être la lumière.
505 - Pas moyen de ce débarrasser d'un cadavre en paix (Vendredi, le 14 novembre 1997)
Le crime éclate en feu, la peur guide la main,
Quatre corps au sol, la loi détourne les yeux,
La femme repart libre au matin incertain,
Et moi je reste là, héritier silencieux.
Un mort à effacer, un marécage pour tombe,
Sur un quai instable, la nuit retient son souffle,
Une guêpe m'attaque, furieuse et perfide,
Comme si la nature refusait qu'on l'ensevelisse.
Je lance enfin le corps aux eaux épaisses et noires,
Il disparaît lentement dans le miroir trouble,
Autour de moi les arbres s'effacent du décor,
Moins nombreux, plus nus, témoins de ma faute double.
506 - Prof. de Philo à la Philo sauvage (Vendredi, le 14 novembre 1997)
Dans la salle obscure, l'examen se déploie,
Sur vingt-cinq points, mon zéros m'écrase et me broie,
Les autres s'élèvent, étoiles sans effroi,
Et moi, naufragé dans l'ombre de ma loi.
Un bois de construction s'invite, lourd et cruel,
À mes côtés posé, comme un défi du ciel,
Je le repousse, indigné, mon geste rebelle,
Et le maître s'emporte, grondant tel un sépulcre fidèle.
Ainsi le rêve tourne, entre honte et colère,
Chaque geste innocent devient guerre passagère,
Et dans ce théâtre fou de morale sévère,
Mon esprit s'égare, perdu dans l'étrange lumière.
507 - C'tait juste un rêve (Vendredi, le 14 novembre 1997)
Deux films séparés par un mur invisible,
Mon frère à mes côtés, l'écran double et risible,
Je quitte ce théâtre aux images confuses,
Et marche sur des matelas bleus comme des ruses.
Je m'assieds en T, près d'une blonde aux yeux clairs,
Nos regards se croisent, sincères et téméraires,
Les oreillers s'installent, la couverture nous voile,
Elle s'agite sous l'étoffe, fragile étoile.
Devant ce petit monde, je deviens le plus vieux,
Dois montrer l'exemple, tenir mes yeux sérieux,
«Pas maintenant!» je lance, entre gêne et fierté,
Et le rêve s'éteint, laissant mon coeur troublé.
508 - Attente à l'hôpital (Samedi, le 15 novembre 1997)
Dans les couloirs blancs, je marche sans douleur,
Mon oreille intacte, je défie la peur,
Assis dans l'attente, le temps semble s'étirer,
Pourquoi suis-je ici, mon esprit veut crier.
Les horloges tournent, lentes et solennelles,
Les chaises me regardent, témoins fidèles,
Chaque pas résonne, étrange mélodie,
Un mystère tranquille flotte dans l'harmonie.
Je questionne l'ombre, l'infirmerie, le ciel,
Mon corps est calme, pourtant le monde m'appelle,
Attente suspendue entre raison et désir,
Je rêve éveillé, je laisse mon coeur réfléchir.
509 - La règle non respecté (Samedi, le 15 novembre 1997)
Dans la grande salle, le procès devait naître,
Douze jurés choisis, un juge pour les maîtres,
Mais le plan s'éclipse, tout devient incertain,
Deux juges apparaissent, l'ordre est en chemin.
L'un aux cheveux noirs, l'autre blonde éclatante,
Les douze spectateurs remplacent l'élite attendue,
Les règles sont bafouées, la scène devient vibrante,
Et chacun semble sourire, aux normes méconnues.
La triche se déploie, légère et insouciante,
Les conséquences flottent, l'air devient dansant,
Le rêve s'achève sur ce chaos harmonieux,
Où l'ordre et le désordre se mêlent sous les cieux.
510 - Je te connais (Lundi, le 17 novembre 1997)
Chez ma tante-adoptive, le calme est en suspens,
Des jeunes surgissent, autour de moi s'asseyant,
Leurs rires et murmures remplissent l'air de mystère,
Et soudain une voix brise le silence éphémère.
Une fille blonde, à peine quinze années,
Me fixe et sourit, ses yeux semblant m'avoir trouvé,
«Je te connais», dit-elle, souvenir fugace et clair,
Du party passé, un instant léger comme l'air.
Je reste surpris, entre gêne et étonnement,
Son regard me traverse, éclat du présent,
Le rêve s'éteint, laissant flotter l'émotion,
Et mon esprit danse entre mémoire et illusion.
511 - Le châssis (Mardi, le 18 novembre 1997)
Dans la maison sombre où le temps semble figé,
Les murs respirent l'ombre, l'air lourd et encrassé,
Par un châssis ancien, nos regards guettent en silence,
Mon frère passe dehors, inconscient de notre présence.
Ma mère, ma soeur et moi, pressés de l'avertir,
Frappons contre le verre, le châssis semble sourire,
Coincé dans l'oubli des années et du temps,
Il s'ouvre soudain, magique, comme un enchantement.
Le vent glisse à l'intérieur, souffle léger et clair,
Le frère surpris se retourne, ému par l'éclaire,
Dans cette nuit étrange où la maison devient théâtre,
L'impossible se réalise, et le rêve s'extraite.
512 - Les plantes carnivore (Mardi, le 18 novembre 1997)
Sur une planète étrange, la terre est dégarnie,
La végétation fine frissonne à nos vies,
Chaque pas que nous faisons sème virus ou bactérie,
Et les plantes carnivores surgissent de l'oubli.
Le vert devient menace, le calme devient effroi,
Le monde réagit à nos gestes, sauvage et droit,
Nous éveillons les griffes de cette nature ardente,
Et chaque souffle que l'on prend devient une chance vacillante.
Mais courir, courir vite, devient notre seul art,
Échapper aux mâchoires, éviter leur regard,
Dans ce jeu de survie où tout devient dangereux,
Le rêve nous entraîne dans un ballet mystérieux.
513 - Le scorpion (Mercredi, le 19 novembre 1997)
Couché sur le matelas, le corps en rébellion,
Le sol grouille de vie, insectes en procession,
Un scorpion menaçant danse près de mes pieds,
Et chaque mouvement devient un pas risqué.
Je tente de me lever, d'échapper à la peur,
Mais l'on me repousse, impitoyable fureur,
Près de ces créatures, à leur merci presque totale,
Mon coeur bat la chamade, ma raison vacille, pâle.
Le lit devient prison, le monde, un théâtre cruel,
Où chaque souffle est combat, fragile et essentiel,
Le rêve s'étire, suspendu entre terreur et désir,
Et l'ombre du scorpion continue de me saisir.
514 - 12:05 (Samedi, le 22 novembre 1997)
Je me réveille, le cadran dort dans le silence,
Ses aiguilles figées refusent leur danse,
Je branche, je reconnecte, le temps hésite,
Et chaque seconde semble fragile et interdite.
Les piles s'éteignent, menace subtile et rouge,
Mon geste est pressé, l'angoisse me bouge,
Enfin l'heure renaît, éclatante et précise,
12:05 s'affiche, mystérieuse et exquise.
Le rouge éclaire la chambre endormie,
Le temps suspend son souffle, étrange alchimie,
Le rêve se fond dans cette lueur singulière,
Et je reste figé, spectateur de la lumière.
515 - L'invitation du prof (Mercredi, le 26 novembre 1997)
Le professeur m'invite, voix douce et précise,
À l'association, lieu de savoir et de surprises,
Le week-end s'étire devant moi, tentation et choix,
Mais déjà d'autres plans hantent mon esprit en émoi.
Hésitation suspendue entre devoir et désir,
Le temps me presse, je sens mon coeur se retenir,
Accepter ou décliner, chaque geste compte ici,
Le rêve transforme la décision en mélodie.
Finalement l'appel flotte, doux et persistant,
Promesse d'un monde étrange, fascinant,
Je reste immobile, partagé entre deux rives,
Et le rêve s'enfuit, me laissant en réflexions fugitives.
516 - Fais-moi peur! (Vendredi, le 5 décembre 1997)
Je marche dehors, ma chienne blanche à mes côtés,
Chez une inconnue, douce, nous venons dîner,
Elle offre un festin, sur table comme un humain,
Pour nos fidèles compagnons, un rituel divin.
Le retour s'amorce, l'escalier m'attend,
Ma chienne me suit, ombre blanche au pas hésitant,
Soudain derrière ma tête, elle bondit, étrange allure,
Chevelure vivante, surprise de nature.
Un démon surgit des entrailles du plancher,
Sa statuette effraie, mon coeur se met à trembler,
La peur éclate, et le rêve danse entre l'effroi et le jeu,
Où la nuit devient théâtre d'un monde étrange et mystérieux.
517 - L'araignée blanche (Vendredi, le 12 décembre 1997)
Sur le sol tranquille, mon regard se pose,
Une araignée blanche avance, étrange et morose,
De la taille de ma main, silencieuse et fière,
Elle ne marche que sur quatre pattes, mystère.
Ses autres membres flottent, inutiles dans l'air,
Comme des ailes figées, touches d'un monde étranger,
Chaque pas résonne d'un calme surnaturel,
Et mon coeur s'inquiète devant ce spectacle irréel.
Dans ma chambre sombre, elle trace sa route,
Étrange créature, défiant toute logique et doute,
Le rêve s'étire, entre fascination et frayeur,
Et l'araignée blanche devient gardienne de mon coeur.
518 - Les 2 faux billets de 20 dollars (Samedi, le 13 décembre 1997)
Je monte à l'étage, feuillet de papier en main,
Deux billets de vingt, copies nées de mon soin,
Chaque ligne, chaque chiffre, reproduit avec art,
Faux trésors entre mes doigts, secrets à part.
Le coeur palpite, jeu audacieux et discret,
Maison silencieuse, témoin muet de mon secret,
Les billets brillent d'une vérité simulée,
Dans ce rêve étrange où la prudence est invitée.
L'ombre des escaliers accompagne mon pas,
Entre audace et crainte, le rêve va et vient là,
Je contemple mes oeuvres, créations éphémères,
Et l'illusion flotte, fragile, légère comme l'air.
519 - Les Chips "sacré" du Monstre (Mercredi, le 17 décembre 1997)
Sur le boulevard du Souvenir, la verdure règne en roi,
L'asphalte disparu sous l'ivresse des plantes sans loi,
Nous courons, le souffle court, une voiture nous presse,
Chaque pas devient fuite, chaque instant, détresse.
Une cabane de bois cache un trésor croustillant,
Des sacs de chips se révèlent sous nos doigts tremblants,
Mais un monstre veille, jaloux de son précieux bien,
Nous fuyons dans les galeries, perdus dans le labyrinthe humain.
Sous terre, trois dimensions et portes infinies,
Chaque couloir devient piège, illusion et survie,
Enfin la surface semble proche, mais la bête revient,
Le rêve se suspend, entre peur et destin incertain.
520 - La peur d'Hadès (Mercredi, le 17 décembre 1997)
Dans ma bouche s'entassent des perles de trépas,
Cyanure ou arsenic, je ne distingue pas,
Sous une fine vitre dort la mort en silence,
Des dizaines de fins prêtes à rompre l'existence.
Je croque, le verre cède, Hadès ouvre ses bras,
Chaque capsule suffirait à faucher mille pas,
Pourtant rien ne s'éteint, mon souffle reste entier,
Je demeure debout, défiant l'éternité.
La mort me regarde, perplexe et sans pouvoir,
Refuse de m'atteindre, recule dans le noir,
Et moi, faux immortel au seuil des enfers glacés,
Je crains Hadès lui-même, de ne pouvoir me garder.
521 - Vie Vraiment (Mardi, le 22 décembre 1997)
Mon chien est parti, le silence emplit la maison,
Je prends un jouet de peluche, fragile création,
Je m'acharne, je crois, je lui offre ma confiance,
Pour ranimer en lui une parcelle d'existence.
Sa gueule mécanique s'anime, mouvement subtil,
Il croque le pain, lentement, geste volontaire et habile,
Chaque mécanisme devient souffle, chaque geste devient vie,
Et la magie opère, étonnante et infinie.
Blanc et brun, poils réels, chaleur et fidélité,
Il bondit, respire, compagnon ressuscité,
De peluche à créature, miracle dans mes mains,
Le rêve se clôt sur un souffle divin.
522 - La vision Marsienne (Jeudi, le 25 décembre 1997)
Sur Mars la neige tombe, flocons dans la télévision,
J'écoute l'histoire d'êtres à l'étrange dimension,
Verts et noirs, sages, têtes de canard et membres humains,
Intelligence douce, paisible, sous le ciel lointain.
Un insecte noir, main de gorille étrange et lourd,
Rôde entre les êtres, silencieux autour,
Leur monde est simple, mais notre jugement cruel,
A jugé leur beauté, leur vie, de manière infidèle.
«Au début laid, on les tuait», résonne la voix amère,
«Aujourd'hui on apprend à les aimer», comme pour tout taire,
Le rêve expose l'homme, excusant son passé,
Et laisse un goût d'injustice dans l'air glacé.
523 - L'araignée ronde (Samedi, le 27 décembre 1997)
Une araignée ronde, plate, bondit dans ma peur,
Mais je fuis ses sauts, rapide, hors de sa terreur,
Elle se résigne alors, et sur le sol s'installe,
Tissant sa toile silencieuse, étrange et bancale.
Sous mon lit, son oeuvre cache un oeuf énorme,
Quinze fois sa taille, futur monstre de forme,
Je brise ce germe, et le blanc en jaillit,
Création fragile détruite, au coeur de la nuit.
Le rêve s'achève entre horreur et fascination,
Araignée et oeuf deviennent symbole de création,
Dans l'ombre de ma chambre, l'étrange se déploie,
Et mon esprit contemple la vie et la loi.
524 - La révélation du pouce (Samedi, le 27 décembre 1997)
Un pouce étrange, deux yeux de tortue au regard,
S'avance vers moi, mystérieux et bizarre,
Sa voix résonne, solennelle et prescriptive,
Comme si l'univers entier en dépendait, directive.
«Tu dois faire plus», dit-il, l'informatique en jeu,
Chaque projet semble peser sur le monde un peu,
Je ressens son urgence, étrange et pressante,
Et son petit corps devient sage et intimidant.
Le rêve s'éclaire d'un mélange de crainte et d'espoir,
Un simple doigt parle, mais sa parole est mémoire,
Je me réveille, surpris par cette révélation,
Et médite sur mes tâches avec fascination.
525 - Rêve conscient ou mon Aladin!!! (Samedi, le 27 décembre 1997)
Je rêve éveillé, maître de mes illusions,
Chaque geste suspendu, sans lourdes conséquences,
Je glisse dans la foule, doux jeu de transgression,
Explorant l'absurde avec étrange indulgence.
Dans un restaurant, surgit une fille du néant,
Je la vois, je parle, magie du moment,
Pour vérifier l'étrange, je franchis la frontière,
Mais sa colère éclate, foudre passagère.
«C'est mon rêve!» je crie, et le monde se plie,
Elle tombe en transe, sur les chaises, endormie,
Conscience et imagination fusionnent dans ce lieu,
Et l'illusion règne, étrange et capricieux.
526 - L'armée des ténèbres XXII: Freddy Krueger (Dimanche, le 28 décembre 1997)
Au coeur du moyen âge, ma ville se déploie,
Sept-Îles endormie, témoin de l'ombre et du froid,
Freddy rôde, cruel, immortel et perfide,
Son regard perçant plane, funeste et intrépide.
Il s'approche des enfants, offrant disques de Boston,
Musique détournée, piège sous ce ton,
Pas de mélodie douce, mais malice et ruse,
Chaque note devient leur crainte, chaque accord une excuse.
Dans les rues anciennes, la peur s'étire et grandit,
Freddy sème son jeu, où le mal sourit,
Mais l'innocence veille, fragile bouclier,
Et le rêve mêle l'horreur à l'étrange vérité.
527 - Le piment (Lundi, le 29 décembre 1997)
Dans les bois profonds, je chemine parmi d'autres pas,
Le sentier s'arrête, la nature nous tend ses bras,
Un fruit étrange attire mon regard émerveillé,
Étoile à cinq branches, géant, que je veux goûter.
Son goût défie l'imagination, doux et surprenant,
Melon d'eau et courge se mêlent en enchantement,
Chaque bouchée éclate, saveur inédite et rare,
Le piment-étoile s'offre comme un fruit de hasard.
Sous la voûte des arbres, le rêve s'étire et respire,
Entre marche et délice, l'esprit se met à sourire,
Le fruit devient joyau, miracle de la forêt,
Et le temps suspendu goûte l'étrange et le secret.
528 - L'objet de damnation des pères (Mardi, le 30 décembre 1997)
Un ancien objet, mat de fusil mystérieux,
Nous le touchons, curieux, mais éveillons les cieux,
D'un tuyau d'égout surgit un bras d'acide cruel,
Monstre d'ombre et de peur, sinistre rituel.
Mon père s'endort, tranquille, énigmatique et sage,
Nous combattons le bras, frappant chaque articulation avec rage,
L'acide recule, le monstre vaincu se retire,
Mais son dernier avertissement continue de nous luire.
«Lorsque vos descendants toucheront, je renaîtrai», dit-il,
Frayeur laissée en héritage, comme un souffle subtil,
Mon père se réveille, présent, témoin du danger passé,
Et le rêve s'éteint, laissant l'ombre de l'objet damné.
529 - La mort du pape (Jeudi, le 1er janvier 1998)
À la télévision, un murmure trouble l'air,
Le pape est mort, annonce étrange et sévère,
Pas celui connu, mais un autre, inconnu et lointain,
Et la nouvelle flotte, lourde, dans mon matin.
Le monde semble suspendu, souffle retenu,
Les visages figés, la tristesse inattendue,
Je regarde l'écran, perplexe et intrigué,
Le réel et le rêve se mêlent, étonnés.
Mort lointaine, pape inconnu, écho incertain,
Message silencieux qui traverse le temps et les mains,
Le rêve s'éteint, laissant un voile de mystère,
Et mon esprit contemple ce monde éphémère.
530 - Faut une prise d'otage pour faire des rencontres... (Vendredi, le 2 janvier 1998)
Dans une banque ou hall officiel, j'attends sans bruit,
Le monde grouille, et soudain la violence s'enfuit,
Une prise d'otage laisse l'espace déserté,
Et seuls restent trois visages à contempler.
Parmi eux, un vieil ami, souvenir retrouvé,
Et une fille connue, jadis à l'école croisée,
Nos regards se lient, nos coeurs se reconnaissent,
Et dans l'ombre du chaos, la tendresse se tresse.
Nous nous précipitons, étreinte forte et douce,
La peur disparaît, le temps autour s'émousse,
Dans ce rêve étrange, rencontre et danger s'unissent,
Et le hasard violent offre un rare délice.
531 - Massage n'importe où (Dimanche, le 4 janvier 1998)
Sur le carrelage froid d'une école silencieuse,
Je pose mes mains, geste doux et précieuse,
Le monde autour s'efface, le temps devient lent,
Chaque toucher devient souffle, moment apaisant.
Les tuiles reflètent la lumière pâle du matin,
Le corps se détend, abandon loin du chemin,
Un lien étrange se tisse dans ce lieu banal,
Et le geste devient rituel, presque sacral.
Le rêve s'étire, simple et mystérieux,
Massage au sol, instant hors des cieux,
L'école silencieuse devient sanctuaire secret,
Où le toucher et la confiance s'offrent en respect.
532 - Bulldozer (Mercredi, le 7 janvier 1998)
Dans un trou profond, je reste immobile,
Le sol autour de moi tremble, tension fragile,
Un bulldozer approche, lourd et déterminé,
Sa lame menace la pelle que j'ai laissée.
Le métal rugit, grondement inquiétant,
Chaque pas du monstre de fer devient menaçant,
Je sens la peur monter, souffle suspendu,
Dans ce rêve étrange, l'acier semble absolu.
Pourtant je contemple, mêlé d'effroi et d'émerveil,
La machine avance, imposante, sans sommeil,
Et le rêve s'arrête, suspendu dans l'instant,
Où l'homme et le bulldozer s'affrontent calmement.
533 - Mélange me donnant la nausée (Mercredi, le 7 janvier 1998)
Deux repas s'imposent, fusion étrange et cruelle,
Spaghetti et crêpes mêlés dans ma vaisselle,
Normalement doux plaisirs que j'aime savourer,
Mais l'un devient poison, mon coeur veut protester.
Le sucre des crêpes pèse, oppressant et lourd,
Chaque bouchée devient lutte, défi du jour,
Le spaghetti résiste, mais l'équilibre vacille,
Et mon estomac se plaint, chaque goût me fustille.
Le rêve s'étire, étrange banquet de folie,
Mélange impossible, nausée en harmonie,
Dans ce repas fou, le plaisir se transforme,
Et l'esprit contemple l'absurde qui le conforme.
534 - Les Secrets des ténèbres: Le visage de Satan (Samedi, le 10 janvier 1998)
Dans la nuit profonde, je marche, ligne droite et tendue,
Le ciel s'anime, nuage roulant, menace suspendue,
Une boule grandit, lourde, sombre et oppressante,
Je crie, surpris, «Pas encore!» voix hésitante.
Un narrateur surgit, conteur des ombres lointaines,
Ses mots glacent le sang, promesse de peines,
«Prépare-toi», dit-il, «au visage du mal!»
Et le brouillard se forme, inquiétant et spectral.
La brume se condense, révélant l'horreur incarnée,
Le visage du mal surgit, silhouette damnée,
Mais juste au seuil de l'effroi, le téléphone sonne,
Et le rêve s'éteint, laissant l'ombre qui frissonne.
535 - Le combat tyrannique (Dimanche, le 17 janvier 1998)
Dans une foule sombre, cercle de regards sévères,
Un être surgit, cruel, surgissant de l'envers,
Ses doigts pointus frappent, attaques dans mon dos,
Tyrannie invisible, douleur qui monte en écho.
Nous tombons, roulons, et il reste accroché,
Comme un poisson sur verre, impossible à détacher,
Mon corps épuisé ploie, les forces presque volées,
Sous sa rage aveugle, je tente de respirer.
Mais je sais, je patienterai, attendre le retour,
Quand ma vigueur renaîtra, brisant l'obscur contour,
Alors je repousserai cette fureur sans raison,
Et retrouverai ma force, vainqueur de la prison.
536 - Je pense pas que je ferais ça éveiller! (Dimanche, le 18 janvier 1998)
Je quitte l'autoroute, la moto encore vibrante,
Je saute du bitume à la maison tranchante,
Trois étages plus haut, je marche sur les pentes,
Là où le vertige règne et où la raison se fente.
Je bondis dans le vide malgré la glace en bas,
Le sol froid m'attend, mais je n'y crois pas,
Car je me vois ailleurs, tranquille et immobile,
Assis devant la télé, spectateur docile.
Suis-je ici ou là-bas, ou les deux à la fois ?
Le rêve éclate les lois, se rit de chaque endroit,
Être double, présent dans l'audace et l'abri,
L'inconscient sourit : oui, c'est possible, ici.
537 - La déclaration de guerre (Lundi, le 19 janvier 1998)
À la télévision, les mots tombent, froids et lourds,
Les Américains déclarent la guerre, la peur fait le tour,
Les écrans vibrent de sirènes et de clameurs,
Échos d'alerte, tambours rouges et terreurs.
Partout en Amérique, un grondement sans fin,
Le ciel sonne l'alarme, frissons sur chaque chemin,
La télévision devient porte de chaos et d'ombre,
Et mon esprit observe, frêle, tandis que le monde s'effondre.
Le rêve mêle l'horreur et la fascination,
Une déclaration qui embrase la conscience,
Dans la nuit, je me réveille, coeur battant,
Et le souffle des sirènes persiste, obsédant.
538 - La nouvelle planète Jupiter (Lundi, 19 janvier 1998)
Mon vaisseau noir, soucoupe d'un kilomètre de rêve,
Chaque pièce forgée, calculée, oeuvre sans trêve,
À vitesse prodigieuse il fend l'espace infini,
Vers Jupiter d'un autre monde, lointain et inouï.
Je foule une montagne brune, joie au coeur débordant,
Chaque pierre, chaque sommet m'émerveille intensément,
Le sol d'un autre système s'étend sous mes pas,
Miracle vivant, horizon neuf que je contemple là.
Je cours, je bondis, liberté absolue et pure,
Le monde étrange s'offre, vaste et d'allure,
Chaque instant un enchantement, chaque souffle un trésor,
Et mon esprit jubile, explorateur sans effort.
539 - Ziad de l'autre monde (Mardi, le 20 janvier 1998)
Dans l'ombre douce d'un monde étrange et discret,
Je rencontre Ziad, bien que son souffle soit quitté,
Son visage familier brille d'une lueur apaisée,
Et nos mots flottent entre les vivants et l'au-delà secret.
Nous parlons de tout, comme si le temps n'existait,
Son rire effleure l'air, doux écho du passé,
Mort ou vivant, il est là, entre deux réalités,
Et mon coeur s'émerveille de cette étrange clarté.
Le rêve s'achève, mais son image reste présente,
Compagnon de l'invisible, lien silencieux et ardent,
Ziad de l'autre monde, ami retrouvé dans la nuit,
Et je me réveille, gardant son souffle qui me suit.
540 - Les Secrets des ténèbres II: Otite (Mercredi, le 21 janvier 1998)
Un microbe géant s'installe dans mon oreille,
Otite monstrueuse, dont la taille éveille,
Son corps s'agrandit, canon pointé vers l'horizon,
Projette ses progénitures avec étrange précision.
Chaque centimètre devient arme et puissance,
Petit parasite ordinaire devient cauchemar en apparence,
Il menace le cerveau, infiltre et contrôle,
Créature impossible, qui défie toute boussole.
Je contemple l'horreur, fascinée et terrorisée,
Science et rêve se mêlent dans cette réalité,
L'otite devient mythe, invasion disproportionnée,
Et mon esprit vacille entre crainte et curiosité.
541 - La ballon gonfle (Mercredi, le 21 janvier 1998)
Dans une piscine vide, froide et silencieuse,
Nous grimpons, légers, dans cette arène mystérieuse,
Mais le sol s'élève, gonfle et menace de nous briser,
Le plafond s'approche, il nous faut vite reculer.
Chaque pas devient lutte contre la pression qui grandit,
Le carrelage se soulève, défiant notre esprit,
Le monde se transforme, étrange ballon vivant,
Et chaque geste réclame courage et discernement.
Nous rebroussons chemin, fascinés et effrayés,
La piscine devient piège où l'espace est compressé,
Le rêve éclate, souffle d'absurde et de frayeur,
Et l'esprit contemple la force du monde et de sa peur.
542 - La cinquième dimension (Samedi, le 24 janvier 1998)
Autour de la piscine, ma famille dispersée,
Je perçois la cinquième dimension, vaste et troublée,
Fantômes, démons, anges et âmes perdues,
Un monde parallèle où le bien et le mal se mêlent nus.
Ma soeur voit aussi, mais l'éclat du vrai lui échappe,
Une femme lui murmure des mensonges, doux pièges qui frappent,
Je tente de prévenir, mais elle suit encore l'illusion,
Emportée par les voix de cette étrange dimension.
Pour moi, une vieille dame s'attache avec ferveur,
Mariage éternel offert, promesse de bonheur,
Je refuse le lien, car l'éternité m'effraie,
Et le rêve s'achève, suspendu entre choix et vérité.
543 - La légende du passé très lointain oublié (Samedi, le 24 janvier 1998)
Au temps des dinosaures, maîtres de la terre immense,
Une troupe d'hommes-singes avance avec prudence,
Le futur en leurs mains, fragile et incertain,
Portant la clé d'un destin qui guidera demain.
Le sage entre dans la caverne aux pierres rouges,
Son épouse attend, promesse que le temps bouge,
La peur le saisit, craignant le coeur non trouvé,
Mais le destin sourit, leurs âmes sont liées.
L'entrée se referme, puis il s'empresse d'ouvrir,
Et par la fenêtre du temps, le vingtième siècle à découvrir,
Ainsi passé et futur se croisent dans un souffle ancien,
L'histoire danse, éternelle, entre l'homme et le sien.
544 - Matière réussit sans avoir suivi de cour (Samedi, le 24 janvier 1998)
Une lettre officielle tombe entre mes mains,
Trois cours de physique, crédités sans chemin,
Jamais suivis, jamais étudiés, et pourtant validés,
Étrange miracle où le savoir semble me sourire en secret.
Les nombres et lois que je n'ai jamais appris,
Se révèlent soudain, comme un fruit interdit,
L'univers m'ouvre ses portes sans effort ni peine,
Et le temps suspend son vol dans cette douce scène.
Étonné, je souris devant cette grâce inattendue,
Le rêve m'invite à croire à l'impossible reconnu,
La matière se donne, sans épreuve ni cours imposé,
Et l'esprit contemple un monde où tout peut arriver.
545 - Le lit chaud (Jeudi, le 5 février 1998)
Allongé sur le dos, le lit m'enlace doucement,
Une fille blonde s'installe, chaleur enveloppante et charmante,
Ses jambes croisées aux miennes, geste familier,
Elle tend ses lèvres, promesse tendre et légère.
Je ne suis pas d'humeur, l'esprit ailleurs,
Pourtant sa douceur perce, éclaire mes heures,
Chaleur et caresses glissent malgré mon refus,
Et le lit devient un monde où l'affection s'instruit.
Même désintéressé, je sens son aura m'entourer,
Telle une flamme douce qui jamais ne peut me brûler,
Le rêve s'éteint, laissant cette étreinte en mémoire,
Instant fragile, mêlant chaleur, tendresse et histoire.
546 - La voie obscure (Jeudi, le 5 février 1998)
Sur un boulevard où le chemin s'amenuise,
Je roule avec quelqu'un, l'esprit plein de brise,
Les routes se rétrécissent, perdue la direction,
Chaque pas devient doute, confusion et tension.
Puis sur une moto blanche, mon père à mes côtés,
Nous arrivons au garage, ancien et hanté,
La porte s'ouvre et l'horreur surgit en silence,
Tête tranchée sur tondeuse, image de la violence.
Le coeur s'accélère, la peur approche à grands pas,
La police arrive, menace dans ses éclats,
Fuir ou rester, l'angoisse envahit l'espace,
Et le rêve s'éteint, laissant un goût de menace.
547 - L'ami du passé (Jeudi, le 5 février 1998)
Je franchis la porte d'un temps presque oublié,
Dans la demeure des parents, souvenirs réveillés,
Un ami perdu, dispersé dans les vents du passé,
Mais deux numéros suffisent pour ses traces retrouver.
Chaque pas résonne sur le plancher du temps ancien,
Les murs murmurent des rires et des liens anciens,
Je cherche son visage dans les éclats du foyer,
Et le passé se fait proche, prêt à se révéler.
La mémoire se tend, fragile mais persistante,
Et l'ami d'autrefois surgit, présence éclatante,
Le rêve conclut son élan, pont entre hier et aujourd'hui,
Rapprochant les coeurs séparés, unis par l'oubli.
548 - Ce que je dois savoir (Vendredi, le 6 février 1998)
Sur une feuille se glisse un message mystérieux,
Anglais et latin mêlés, symboles audacieux,
«Codage in remember», lettres gravées dans l'esprit,
Énigme suspendue, défi que le rêve m'enfrit.
Une voix résonne, étonnée et pressante,
«Comment ? Tu ne connais pas ça!» insistante,
Les mots deviennent pont entre savoir et oubli,
Et mon coeur cherche sens dans ce langage infini.
Je contemple l'inscription, mélange de passé et futur,
Chaque lettre un écho, un savoir presque pur,
Le rêve me presse, énigmatique et austère,
À apprendre ce secret que je dois connaître sur terre.
549 - La colonie humaine (Lundi, le 9 février 1998)
Dans la nuit sombre brillent deux blocs d'or fané,
La colonie humaine y vit, fragile et isolée,
Le bloc quatre s'efface, anéanti en un souffle,
Par l'armada étrangère, dont la force tout ébranle et étouffe.
Dans le bloc trois, un chef renaît sous un autre être,
Non-humain, immortel, son dessein prêt à naître,
Il promet destruction, patience et sombre attente,
Chaque seconde devient frisson, tension persistante.
La colonie observe, suspendue dans l'ombre,
L'avenir incertain, où le temps même encombre,
Le rêve devient épreuve, lutte entre monde et pouvoir,
Et l'esprit contemple la fin avant même le soir.
550 - Le Japon et ses jumelles (Lundi, le 9 février 1998)
J'écoute l'histoire du Japon, terre de mille ans,
Deux villes jumelles tombent sous des mains conquérantes,
Leurs rues anciennes pleines de mémoire et de chants,
Effacées par le temps et l'ombre menaçante.
Une partie plus humble, paysanne et tenace,
Résiste encore, défie le souffle des envahisseurs,
Ses champs et villages gardent secrets et grâce,
Lutte silencieuse, espoir fragile mais porteur.
Le rêve mêle conquête et racines oubliées,
Le passé et le présent dansent, entremêlés,
Et mon esprit contemple ces villes disparues,
Où l'histoire murmure, vivante et contenue.
551 - Sans issue (Samedi, le 14 février 1998)
Nous gravissons la montagne aux flancs de verre et de givre,
Une foule haletante suspendue au froid du ciel ;
Mais de l'autre côté, quand vient l'heure de survivre,
Le sol se dérobe, traître, sous mes pas irréels.
Impossible de remonter, la glace refuse l'espoir,
La passerelle brisée gémit sous mes souvenirs ;
Devant moi, l'abîme bleu, le silence du noir,
Et l'eau glacée m'appelle comme un dernier avenir.
Je saute vers la mort, docile à son décor,
Certain que l'Hadès va enfin me saisir ;
Mais même noyé, gelé, je respire encore,
La mort me frôle, hésite. et me laisse partir.
552 - Aliki (Samedi, le 14 février 1998)
À peine le téléphone posé, son nom éclaire l'écran,
Aliki m'appelle avant que je pense à l'appeler,
Étrange synchronie, moment suspendu et charmant,
Comme si le temps lui-même voulait nous rapprocher.
Son voix invisible flotte déjà dans l'air silencieux,
Un souffle familier traverse le fil électrique,
Présence anticipée, douce et mystérieuse,
Qui fait vibrer le coeur dans ce rêve quasi magique.
L'instant disparaît, mais l'écho demeure léger,
Lien immatériel entre elle et moi tissé,
Le monde s'efface, et reste ce frisson secret,
Aliki, déjà là, avant même d'être pensée.
553 - Le pain au raisin (Dimanche, le 15 février 1998)
Un dimanche calme, le courrier m'apporte surprise,
Un colis à mon nom, promesse douce et exquise,
À l'intérieur, un pain au raisin, frais et doré,
Parfum sucré qui invite à goûter sans tarder.
Je croque avec joie, goût familier et charmant,
Quand soudain surgit le jambon, inattendu, déroutant,
Mélange étrange, sucré mêlé au salé,
Étonnement suspendu, plaisir contrarié.
Le rêve s'achève sur ce contraste subtil,
Douceur et surprise, fusion étrange et fragile,
Le pain au raisin devient symbole de mystère,
Où le banal et l'absurde se rencontrent sur terre.
554 - Le vrai sorcier (Mercredi, le 18 février 1998)
Après la réception, la foule se tient sur le vert,
Un rideau rouge surgit, séparant l'air ouvert,
Un sorcier apparaît, escroc au regard brillant,
Promettant secrets de Holmes et tours captivants.
Il descend dans un cylindre, arbre animé l'accompagne,
Spectacle de mystère où chaque geste gagne,
Il capte tous les yeux, charmeurs et insistants,
Et la magie se mêle à l'illusion des instants.
Puis il enseigne l'art de s'enrichir avec flair,
Paroles enjôleuses flottant dans l'air clair,
Le rêve se tisse entre tromperie et fascination,
Où vérité et mensonge dansent en toute passion.
555 - OVNI 5: Et la comète (Vendredi, le 27 février 1998)
Enlevés par l'espace, par des êtres venus d'ailleurs,
Nous montons sur la comète, défiant leurs terreurs,
Élan vers les cieux, fuite au-delà des étoiles,
Pour échapper aux griffes de leurs mains glaciales.
Au retour sur Terre, ils nous tendent des cordes filantes,
Toiles d'araignées célestes, pièges inquiétants,
Mais nous brisons le lien, défiant leur emprise,
Et la liberté brille malgré leur sombre malice.
Grâce à la science, plan d'urgence de la NASA,
Notre engin descend, en douceur sur la Terre là-bas,
Le rêve s'achève, comète et extraterrestres loin,
Et l'esprit contemple l'espace, mystère et destin.
556 - Les opinions du cuisinier (Samedi, le 7 mars 1998)
Le cuisinier parle, voix rauque et pleine d'ardeur,
Des maux du monde, de la guerre qui approche en couleur,
Troisième conflagration, proche selon ses mots,
Prévisions sombres flottant dans l'air comme des flots.
Il décrit la société, troupeau aux genoux fléchis,
Où le prix des maisons oppresse, où la vie se trahit,
Les coûts écrasants éveillent une colère sourde,
Et le peuple québécois se lève, prêt à rompre l'ombre.
Ses paroles résonnent, brûlantes comme le feu,
Rêve où le quotidien devient discours en adieu,
Les opinions d'un simple cuisinier illuminent la scène,
Où la révolte et l'injustice s'entrelacent et se promènent.
557 - Le stratège (Dimanche, le 8 mars 1998)
Avec un ami, nous jouons le rôle des ennemis,
Masquant nos vérités sous des airs d'hostilités,
Chaque geste calculé, chaque regard réfléchi,
Pour percer le secret caché dans la société.
Une femme mondaine captive tous les regards,
Parée d'élégance, d'un charme presque illusoire,
Mais sous le masque subtil, la vérité s'égare,
Et l'homme se révèle, effaçant le leurre et l'histoire.
Le stratagème triomphe, la ruse éclaire la scène,
Mensonges et apparences tombent dans la plaine,
Rêve de duplicité où l'esprit se fait éclat,
Et où l'illusion cède enfin au vrai combat.
558 - Ski-doo dans le désert (Lundi, le 9 mars 1998)
Dans le désert brûlant marche un James Bond étrange,
Son humour boiteux flotte, dérisoire et loufoque,
Le sable sous ses pieds roule comme un mirage,
Et le vent chaud siffle, danse autour de sa toque.
Soudain surgit un ski-doo, défiant toute logique,
Glissant sur le sable comme neige en montagne,
Mécanique incongrue, vision presque magique,
Son sillage dessine des lignes que le rêve gagne.
Le désert devient piste, irréel et surprenant,
Bond et engin s'élancent dans un monde déroutant,
Le rire et l'absurde se mêlent au ciel brûlé,
Et mon esprit contemple ce mirage enchanté.
559 - Chrétienneté VIII: Le frère André (Mardi, le 10 mars 1998)
Le frère André parle, voix douce et solennelle,
«Le 14 mars marquera le Québec et son ciel,»
Indépendance et mystère, Valentin se mêle,
Jour chargé de destin, d'espoir et d'étincelle.
J'achète un cadenas, trois aiguilles tournantes,
Une pointe sur «France», énigme surprenante,
Objet de métal lié au temps et au secret,
Clef invisible du rêve, symbole discret.
Le temps s'écoule, les mots flottent dans l'air,
Entre prophétie et chiffre, mystère éphémère,
Le frère André sourit, gardien de l'invisible,
Et mon esprit contemple l'énigme indicible.
560 - La colère du ciel (Jeudi, le 19 mars 1998)
Le ciel se plisse en une tornade de plomb,
Un nuage gris gronde, crache la foudre et le son,
À chaque tonnerre tombe une pierre assassine,
Tranchante comme le sort, lourde comme l'abyme.
L'alarme hurle l'exode, la peur court dans les pas,
Chaque seconde menace, chaque éclair fait loi,
Le fracas du ciel frappe sans miséricorde,
Et la terre tremble sous cette colère sourde.
Une blonde demeure, figée face au chaos,
Je la saisis, l'arrache aux mâchoires d'en haut,
Sous un toit protecteur je sauve son instant,
Car dehors, le ciel tue - et n'attend personne, pourtant.
561 - Les secrets des ténèbres II: La preuve de la cinquième dimension (Lundi, le 23 mars 1998)
Dans la nuit obscure, vers six heures, surgit la peur,
Un démon m'attaque, jouant de ses griffes et leurres,
Sous les draps levés, il danse dans l'ombre mouvante,
Son rire glacé emplit la chambre inquiétante.
Je lutte et me défais de sa poigne perverse,
Chaque geste révèle un monde aux lois diverses,
Car sa présence, étrange et au-delà de ma vision,
Signe l'existence d'une étrange dimension.
Ainsi la cinquième ouvre ses secrets cachés,
Par l'épreuve nocturne où mes draps furent levés,
Rêve et réalité se fondent dans ce mystère,
Où le démon devient le témoin d'un univers.
562 - Avalanche (Samedi, le 28 mars 1998)
Sur une rue glacée d'une montagne blanche et pure,
Les autobus basculent, dévalent la pente en fureur,
Moi et un compagnon, glissant entre le fracas,
Évitons la chute, frôlant la mort ici-bas.
La neige s'élance, une avalanche tonnante,
Elle engloutit la montagne, force étincelante,
Chaque flocon devient un marteau dans le vent,
Et le sol disparaît sous ce chaos éblouissant.
Nous courons, haletants, au rythme des glissements,
Échappant à la masse et à son rugissement,
Rêve de montagne et de frayeurs déchaînées,
Où l'homme, fragile, face aux éléments est jeté.
563 - Les enfants blond (Samedi, le 28 mars 1998)
Dans la salle de bain, je me tourne surpris,
Des enfants blonds apparaissent sous mes yeux éblouis,
Je m'attendais à voir un reflet de ma propre couleur,
Mais l'inattendu danse et éveille ma stupeur.
À ma question, leurs mèches deviennent brunes,
Mystère flottant, où le réel se consume,
Comment peuvent-ils être mes enfants imaginés,
Quand moi-même je ne porte ce blond rêvé ?
Ils affluent, innombrables, comme un livre immense,
Chaque visage raconte une étrange existence,
Rêve d'héritage, d'énigme et de conte infini,
Où je contemple un monde qui se crée dans la nuit.
564 - La prison (Mardi, le 31 mars 1998)
Pour un acte léger, presque imperceptible,
Je vois mon destin basculer, sombre et terrible,
Chaque geste banal prend un poids d'éternité,
Et l'ombre de la prison plane sur ma liberté.
Les barreaux imaginaires se dressent devant moi,
Années ou vie entière, nul espoir en émoi,
La culpabilité m'enchaîne, froide et oppressante,
Même un souffle d'innocence semble insignifiante.
Rêve d'un futur où chaque faute est démesurée,
Où le coeur tremble face à l'injustice imaginée,
Et je contemple, seul, cette sentence silencieuse,
Pris au piège d'une peur, profonde et mystérieuse.
565 - Le foetus de ma mère (Jeudi, le 2 avril 1998)
Ma mère a sauvé un foetus fragile et rare,
Dans un aquarium clair, il survit hors du hasard,
Malgré un corps inachevé, son esprit s'élève,
Prodige en intelligence, une vie qui se relève.
Il parle déjà, murmures doux et sages,
Ses gestes sont lents, mesurant chaque passage,
Chaque mouvement semble danser avec le temps,
Un être hors du commun, fragile et éblouissant.
Entre lenteur et génie, il grandit dans l'ombre,
Étrange et mystérieux, il fascine et encombre,
Rêve où la vie défie la norme et le destin,
Un foetus miraculeux, suspendu au matin.
566 - Le meilleur (Dimanche, le 5 avril 1998)
Un débat s'éveille, Socrate face à Jésus,
Qui a le plus donné, guidé les âmes confuses ?
La parole s'échange, les idées tourbillonnent,
Chacun défend son maître, jusqu'à ce que la voix raisonne.
Les sages discutent, la foule écoute en silence,
Question d'éthique, de foi, et de conscience,
Mais l'argument final éclaire la vérité :
«Jésus fut meilleur, car il savait aider.»
Ainsi le rêve conclut sous un souffle de clarté,
Savoir et compassion se mêlent pour juger,
Entre philosophie et amour, la réponse se trace,
Le coeur trouve raison là où la pensée se lasse.
567 - Villeneuve deuxième (Dimanche, le 5 avril 1998)
Sur le circuit brûlant, rugit le moteur chaud,
Villeneuve s'élance, défiant le vent et le chaos,
Sa voiture moins puissante file pourtant avec courage,
Chaque virage témoigne d'une audace sans âge.
Schumacher en tête, la victoire semble promise,
Mais l'ombre de Villeneuve défie la malice,
Il dépasse presque tout, son esprit enflammé,
Et franchit la ligne avec honneur mérité.
Deuxième il termine, mais l'exploit reste clair,
Sa ténacité brille, éclat dans l'air,
Rêve de vitesse, de course et d'éclat fou,
Où le coeur de champion triomphe malgré tout.
568 - Quand ça devient un problème on s'en débarrasse! (Mardi, le 7 avril 1998)
On m'apprend que Miquette doit céder sa place,
Une jeune chienne prend son rôle avec audace,
Le coeur se serre, l'injustice me surprend,
Et je voudrais fuir, mais quelque chose me retient.
La loyauté lutte contre le changement cruel,
Chaque pensée vers elle devient presque un duel,
Son regard me hante, doux, fidèle et loyal,
Face à l'oubli imposé, mon coeur se fait martial.
Mais je reste figé, partagé entre colère et peur,
Prisonnier de l'amour et de la douleur,
Rêve où la fidélité défie le temps et la loi,
Et Miquette persiste, fragile et pleine de joie.
569 - La nature a toujours des surprises (Mercredi, le 8 avril 1998)
Le huit avril s'éveille sous un manteau de neige,
La tempête surgit, inattendue, sans partage,
En retard je me presse, l'examen m'attend déjà,
Le ciel se déchaîne et le temps fuit sous mes pas.
Dans mon lit se love un bébé muleau ou chat noir,
Fourrure dense, parsemée de blanc comme un miroir,
Je crains pour sa vie si je quitte ce refuge,
Mon chien rôde, la peur se mêle à mon subterfuge.
Je ne veux l'enfermer, ni me sentir prisonnier,
Entre devoir et tendresse, mon coeur est partagé,
La nature surprend, entre chaos et douceur,
Un rêve où s'entrelacent tempête et coeur.
570 - La porte (Vendredi, le 10 avril 1998)
Dans l'arrière-cour d'un garage aux murs gris de poussière,
Mon frère et moi trouvons, au dos d'un carton muet,
Une porte invisible aux lois de l'univers,
Qui ne s'ouvre qu'à l'envers, défiant le concret.
Du bon côté, rien ne vit, la matière s'oppose,
Alors nous lançons un dé, marqué quatre ou cinq,
Comme un oracle pauvre aux réponses moroses,
Espérant qu'un chiffre fissure l'énigme en sphinx.
Je tends alors un doigt, sa chair prête à renaître,
Mais la peur me retient au bord du grand passage :
Et si ce n'était pas un monde à connaître,
Mais un trou noir vorace, avalant mon visage ?
571 - Psycho XXVIII: Un retour contre moi et mon frère (Vendredi, le 10 avril 1998)
Dans la forêt d'hiver, nous avançons, frère et moi,
À l'aveugle, sous la neige, guidés par aucun choix,
Une maison surgit, encadrée de murailles froides,
Et le mystère s'installe dans son aura sans voix.
Annie, blonde et étrange, étale ses bijoux en toile,
Sur le plancher, scintillent mille reflets de métal,
Puis, d'un geste magique, elle s'évapore sans voile,
Laissant derrière elle un frisson spectral et brutal.
Des jambes géantes surgissent, quatre mètres de rage,
Mon frère est menacé par ce retour paranormal,
Son pouvoir dévastateur défie toute stratégie sage,
Et je tremble devant la force de ce rituel infernal.
572 - Emprisonner dans une piscine (Lundi, le 13 avril 1998)
Sous l'eau immobile, je flotte en silence épais,
La lumière tremble au plafond comme un fragile espoir,
Déjà je sais, avant l'acier, avant le premier claquet,
Que ce piège est ancien, gravé dans ma mémoire noire.
Une à une, les grilles se ferment à la surface,
Barreaux liquides scellant le ciel en fragments d'argent,
Le destin s'exécute, précis, sans menace,
Comme un texte relu mille fois, implacablement.
Deux minutes pour vaincre la loi des poumons vides,
Deux minutes contre l'eau, le fer et le passé,
Il faudrait une force que mon corps invalide
N'a plus... et pourtant je lutte, refusant de sombrer.
573 - Les araignées des tropiques (Mercredi, le 15 avril 1998)
Sous les draps lourds, je gis, figé par la peur,
Des milliers d'araignées tissent leur danse étrange,
Tropiques lointains ramenés par un souffle intérieur,
Leur pas soyeux glissent, silencieux, sur ma peau qui dérange.
Chaque fil frôle ma main comme un frisson de nuit,
Une armée minuscule s'avance sans bruit ni colère,
Leurs pattes effleurent l'ombre où mon corps s'ensuit,
Créant un labyrinthe vivant sur ce lit austère.
Je veux fuir, m'arracher à cette mer de soie,
Mais les draps me retiennent dans ce bal effroyable,
Je contemple ce monde étrange où l'homme ploie,
Et rêve de lumière, loin de ce peuple inévitable.
574 - La petite fille fantôme (Jeudi, le 16 avril 1998)
Avant l'école, je rêve de porter un froid réfrigérateur,
Dans mon sac trop petit, l'idée me semble absurde,
Mais un autre monde s'ouvre, étrange et sans couleur,
Où flotte une fillette, fragile, éthérée et pure.
Elle glisse dans les airs, légère comme le vent,
Je m'agrippe à son éclat, refusant son départ,
«Reste encore un peu», je murmure en tremblant,
Mais son essence s'échappe et se perd dans le noir.
Mon corps pèse tout, mais ses pas sont insaisissables,
Elle disparaît malgré ma force et ma volonté,
Un fantôme enfantin, fugace et inaltérable,
Me laisse seul, comptant les heures jusqu'à la réalité.
575 - Les secrets des ténèbres III: Les deux destins (Mercredi, le 29 avril 1998)
La nuit, ma chambre s'ouvre sur un monde occulte,
Deux destins se dévoilent, l'un sombre, l'autre pur,
Le mien, rude et querelleux, m'entrave et me bouscule,
L'autre, miroir inversé, doux et presque sûr.
Je suis attaché là, sur un lit aux fleurs royales,
Quatre drapeaux flottent, bleus et verts, silencieux,
Je subis sans mot dire les injustices fatales,
Victime du sort cruel, des choix impérieux.
Mon destin actuel gronde, querelle avec ma mère,
Je lutte dans un monde où la vie me défie,
Et l'autre vie, fragile, ailleurs, me semble chimère,
Reflet d'un possible soi que je ne connais qu'ici.
576 - Émission de la société d'aujourd'hui chez les filles (Jeudi, le 30 avril 1998)
Deux filles sur l'écran, magie et sortilèges,
La plus grande dompte l'autre, joueuse et fière,
Sous-sol plongé dans l'ombre, prison étrange et piège,
Elles invoquent des esprits dans la lumière austère.
La grande aux paupières noires teste son pouvoir,
Son amie se métamorphose, poupée de plastique,
Le jeu innocent devient cauchemar et devoir,
Le sort scelle leurs corps, cruel et fantastique.
Transformées en jouets, belles mais figées,
Leur humanité s'efface dans un souffle de peur,
Un dernier instant d'émotion, coeur étranglé,
Dans ce rêve, la magie sculpte la douleur.
577 - La folie des êtres vivants (Dimanche, le 3 mai 1998)
Les fourmis jadis petites, maintenant tueuses,
S'élancent sans remords contre les humains surpris,
Le moindre geste innocent devient dangereuse,
Et la fuite seule offre un refuge dans la nuit.
Le pont de San Francisco ploie sous la fureur,
Des goélands enragés s'abattent, ailes déployées,
Le ciel devient une mer de cri et de terreur,
Le chaos s'installe, toute paix est effacée.
Au fil de l'eau, je vogue sur un frêle bateau,
Fuyant ces créatures rendues folles par le sort,
Le monde semble sombrer dans un étrange chaos,
Et je cherche la sécurité, loin de leur essor.
578 - Deux fois la même chose (Lundi, le 4 mai 1998)
J'achète ma passe, mais voilà le hasard,
Deux fois le même ticket, semblable et pourtant différent,
L'une brille d'un éclat, un détail bizarre,
Comme si un mystère s'était glissé dedans.
Le papier ordinaire et celui aux secrets,
Se tiennent côte à côte, et je m'y perds un peu,
Un simple achat devient un étonnant reflet,
D'un monde où l'ordinaire cache le curieux.
Je scrute, j'hésite, intrigué par ce plus,
Chaque mois renouvelé semble porter un sens,
Le banal se change en un étonnant surplus,
Et je souris, surpris par cette étrange danse.
579 - Ovni 6: La fuite (Mardi, le 5 mai 1998)
Un être semblable à l'homme fuit dans les bois,
Son souffle court, son coeur bat sous la ramure,
Les vestons-cravates le traquent, droit sur ses pas,
Et chaque branche semble cacher une aventure.
Une échelle descend d'un ciel blanc et froid,
Un double surgit, porteur d'un étrange don,
Il l'aide à monter vers la montagne en émoi,
Où le sommet brille comme un éclat de cristal blond.
Mais derrière lui surgit une menace certaine,
Un instinct le prévient du danger imminent,
Fuir ou tomber, sous la neige qui le retient,
Le destin d'un fugitif suspendu au firmament.
580 - Rejeter par incroyance (Mercredi, le 6 mai 1998)
Une race cachée me tourne le dos, méfiante,
Ils doutent que mes mains aient créé cet échantillon,
Chaque geste, chaque trace semble trop brillante,
Pour qu'un seul mortel soit maître de cette invention.
Leur regard me juge, lourd de scepticisme cruel,
Ils voient un impossible là où j'ai semé ma vérité,
Comme si l'effort d'un seul coeur ne pouvait être réel,
Et qu'un secret partagé ne peut naître sans complicité.
Je reste seul, rejeté par l'incompréhension,
Mais dans le silence naît la force de persister,
Car la vérité, même niée par leur opinion,
Pousse dans l'ombre et jamais ne peut s'effacer.
581 - La visite de la belle-famille (Jeudi, le 7 mai 1998)
Dans la nuit, sous pluie et vent, la décapotable file,
Avec un membre de la belle-famille à mes côtés,
Le ciel en colère accompagne notre fragile exil,
Et l'aube naissante éclaire enfin notre chalet sacré.
Une blonde rit, dévoilant son âge en éclat,
Au lieu d'un simple salut, elle brise le protocole,
Je traverse jeux d'enfants et sable à chaque pas,
Suspendu à l'échelle horizontale, l'air me devient rôle.
Mon souffle s'affaiblit, la traversée me défie,
Comme mon oncle avant moi, courage et crainte mêlés,
Chaque effort dévoile l'épreuve que la vie fournit,
Et le désert, sous mes mains, devient le seuil du secret.
582 - Le dictateur (Dimanche, le 10 mai 1998)
Pourchassé par un tyran aux trente ans de fer,
Je m'enfuis dans des galeries, sombres et profondes,
Sous le château ancien où l'écho se perd,
Chaque pas résonne sur des pierres vagabondes.
Les couloirs s'étendent, labyrinthes de secrets,
Kilomètres de pierre façonnés par des mains humaines,
Chaque détour me protège des yeux indiscrets,
Et l'ombre m'enveloppe de sa fraîcheur ancienne.
Le dictateur rôde, mais son souffle m'ignore,
Dans ce monde souterrain où le temps semble figé,
Je marche en silence, loin de la peur et du corps,
Et la liberté se cache dans l'ombre du passé.
583 - Le complot de ma marraine (Lundi, le 11 mai 1998)
Ma marraine me parle, douce et persuasive,
Cherchant à faire de mon frère le coupable,
Elle tisse ses mots, malice furtive,
Et m'invite à suivre sa ruse lamentable.
« Oui! Oui! Oui! » dis-je, jouant son jeu sans peur,
Mais le voile tombe quand elle s'éloigne enfin,
Je révèle la vérité, dénonce sa ruse et sa torpeur,
Pour que mon frère sache le fin mot du destin.
L'hypocrisie dévoilée brûle dans l'air,
La vengeance légère flotte comme un parfum,
Et dans ce petit monde où le secret se perd,
Je garde la justice au creux de ma main.
584 - Vampire XII: Leur découverte (Mardi, le 12 mai 1998)
Dans l'ombre du vieux château, surgissent les ténèbres,
Des vampires affamés attaquent les chevaliers fiers,
Seul le symbole sacré peut briser leurs manèbres,
Croix forgées d'épées, leurs mains tremblent sur la pierre.
« À la grâce de Dieu! » s'écrie l'un d'eux avec courage,
Mais le chef des vampires ricane, cruel et provocant,
Son sang se mêle au leur, rouge et sombre héritage,
La peur s'installe, la contagion rôde au vent.
Certains tombent, marqués par cette union de sang,
Le courage vacille, la nuit étend son voile noir,
Pourtant la croix demeure, espoir fragile et brûlant,
Lutte éternelle entre l'ombre et le divin pouvoir.
585 - Respiration impossible (Mardi, le 12 mai 1998)
Dans la vieille maison où l'air peine à circuler,
Je rampe sur le plancher, suffoquant sous la fumée,
Mes poumons hurlent au loin, mon souffle est étouffé,
Le père et la mère veillent, mais je suis acculé.
Un escabeau pèse lourd, me reprochant ma présence,
Chaque inspiration devient un combat silencieux,
Prisonnier de murs sombres, je cherche l'évidence,
La trace d'une fille libre éclaire mes yeux anxieux.
Deux vis desserrées sur la porte révèlent l'issue,
L'illusion de contrôle masque le chemin de l'air,
Je glisse vers la liberté, fuyant cette rue confuse,
Respiration retrouvée, je sors du piège des pierres.
586 - La montagne (Jeudi, le 14 mai 1998)
Sur la montagne dort un souffle de puissance cruelle,
Un tiers de glace brille, un autre vert sous le ciel,
Chaleur et froid s'affrontent, tranchant chaque branche,
Le givre étend son règne où la verdure se penche.
La forêt gelée gémit sous le poids de sa fin,
Chaque flocon murmure la fin d'un ancien destin,
Les arbres verdoyants frissonnent au bord du glaçon,
Équilibre fragile entre destruction et raison.
Quand l'hiver s'efface et que le souffle se retire,
Le froid disparaît, laissant place au vert qui respire,
La montagne rugit en silence, témoin des deux mondes,
Où la vie et le gel se mêlent dans des secondes profondes.
587 - Le géant (Mardi, le 19 mai 1998)
Par l'entrée des chiens, franchissent les intrus audacieux,
Dans la demeure du géant, le plan devient précieux,
Ils sèment le tumulte, la pagaille en silence,
Chaque pas résonne fort dans l'ombre de sa puissance.
Le géant dort ou veille, inconscient de la ruse,
Ses murs tremblent doucement sous cette étrange abuse,
Les visiteurs s'amusent à troubler son univers,
Semant ici et là chaos, étonnement et revers.
Mais quand l'ombre s'éloigne et que l'agitation cesse,
Le géant retrouve calme, sa force et sa largesse,
Témoin immobile d'une audace passagère,
Où l'homme ose défier l'ombre d'une montagne fière.
588 - Labrador (Mardi, le 26 mai 1998)
Du haut du ciel je plane, l'oeil d'un oiseau léger,
Sur la rivière claire du Labrador argenté,
Les eaux miroitent au vent, calmes et étincelantes,
Reflets de solitude, de beauté captivante.
Au milieu du courant, une fille s'y abandonne,
Nue dans l'onde pure, comme une aube qui résonne,
Ses mouvements légers effleurent la surface lisse,
Chaque geste se mêle à la rivière en malice.
Silence sacré des lieux, nature à l'état brut,
Le monde alentour s'efface, rien ne se dispute,
Dans ce havre glacé où le temps semble arrêté,
Elle nage, libre et douce, dans la clarté du Labrador enchanté.
589 - La souris (Jeudi, le 28 mai 1998)
Par hasard chez ma tante, un petit être surpris,
Une souris fragile, trouvée dans l'ombre du lieu,
Je l'adopte doucement, sans peur ni compromis,
Son souffle chaud sur moi rend mon coeur précieux.
Sous mon chandail elle glisse, minuscule voyageuse,
Son corps contre mon ventre, refuge et chaleur,
Chaque pas discret devient douce caresse silencieuse,
Compagne inattendue, messagère de douceur.
Le monde peut bien tourner, bruyant et indifférent,
Elle tient mon ventre chaud, fidèle confident,
Dans ce lien fragile, minime mais sincère,
Je découvre un trésor, simple et singulier à faire.
590 - Les tortures des souterrains (Mardi, le 2 juin 1998)
Dans l'ombre des souterrains, un château se déploie,
Une femme aux cheveux blonds y endure un cruel sort,
Son dos marqué de pierre, son corps saigne sans émoi,
Chaque tentative d'évasion lui refuse un port.
Le roi, prisonnier aussi, partage ce lieu sombre,
Forcé par le destin, par l'horreur du sinistre sort,
Le temps semble s'arrêter, les murs observent en nombre,
Deux cercueils de pierre surgissent encore et encore.
Chaque instant est supplice, chaque souffle est tourment,
Le sang et la peur tissent une danse macabre,
Dans ce château d'effroi, nul ne trouve apaisement,
Juste l'écho des âmes perdues dans le noir sabre.
591 - La bête qui dort (Lundi, le 15 juin 1998)
Dans la caverne obscure, je glisse sur son dos géant,
Un dragon au front d'éléphant sommeille en silence,
Chaque pas est un murmure, un souffle inquiétant,
Craignant de briser le sort de sa paisible puissance.
Devant la bête dort un lac aux reflets profonds,
Son miroir souterrain reflète l'ombre du monstre,
L'eau scintille, mystérieuse, comme un secret profond,
Où s'unissent la peur et la beauté de l'ombre.
Je marche en équilibre entre rêve et vigilance,
La créature endormie, gardienne des lieux anciens,
Chaque souffle que je retiens est un acte de prudence,
Tandis que le lac murmure l'écho des mondes lointains.
592 - Les créatures maléfiques (Mercredi, le 17 juin 1998)
Je gravis lentement des marches sans fin,
Chaque pas un effort, chaque souffle une lutte,
Mais surgissent des formes au visage humain,
Dont l'ombre cache l'horreur et la ruse qui s'ensuit.
Leurs mains tendues projettent des lueurs étranges,
Tentant de m'emprisonner dans un flux lumineux,
Je sens leur emprise, leur volonté qui dérange,
Et je combats l'illusion de ces monstres silencieux.
Mais je poursuis l'ascension malgré la peur,
Chaque marche gagnée repousse leur emprise,
Je défie les ténèbres, la magie et la douleur,
Et monte vers la lumière que leur noirceur me nie.
593 - Ti-Jule fatigué (Dimanche, le 21 juin 1998)
Ti-Jule repose, la fatigue au creux des yeux,
Devant les invités, elle s'abandonne au sommeil,
Chaque souffle tremble, chaque geste devient vieux,
Et le monde autour s'incline devant son sommeil vermeil.
Le murmure des voix glisse comme un vent léger,
Elle dort, indifférente aux regards pressés,
Ses paupières closent un jour trop chargé,
Et le temps s'arrête, suspendu à sa sérénité.
Dans ce calme fragile, la vie paraît s'apaiser,
Le bruit des pas s'éteint, le monde devient doux,
Ti-Jule dort, et tout semble vouloir l'épargner,
Fatigue sublime où le repos se fait roi partout.
594 - Le jeu de Jinny (Lundi, le 22 juin 1998)
Jinny étale le plateau, pièces et cartes en main,
Elle rit et me questionne, cherchant un chemin.
Je lui souffle des conseils, doux et réfléchis,
Mais elle suit ses dés, indifférente à mon avis.
Chaque case est un monde où s'entrelacent ses choix,
Les maisons s'élèvent, les hôtels brillent sous ses doigts.
Mon guide se perd, vaincu par son esprit joueur,
Elle avance, obstinée, suivant son coeur.
Et moi, spectateur sage, je contemple en silence,
La fougue de Jinny, sa vive indépendance.
Le jeu n'est qu'un prétexte, l'enfance en éclat,
Où même mes conseils s'éteignent sous son éclat.
595 - Le ciel rouge (Lundi, le 22 juin 1998)
Sur la galerie tranquille, je repose avec Miquette,
Son souffle chaud se mêle à ma paresse discrète.
Le ciel se pare de rouge, nuages en furie,
Comme un feu lointain brûlant la nuit infinie.
Chaque nuage écarlate danse au-dessus des toits,
La lumière se fait lourde et fait frissonner mes doigts.
Ma fidèle compagne, douce, ne craint rien du monde,
Son coeur bat sur le mien dans cette scène profonde.
Le soir semble en colère, ou bien simplement passion,
Le rouge s'étire et voile toute raison.
Et moi, sous cette mer de feu et de secret,
Je contemple l'horreur douce d'un ciel jamais vu parfait.
596 - Les 3 gardiens
Trois chiens veillent aux portes d'un seuil silencieux,
Leurs yeux sont des éclairs dans l'ombre des cieux.
Moi, dans la maison, je scrute chaque lueur,
Craignant l'inconnu rôdant, porteur de frayeur.
Le vent glisse dehors et fait frissonner les murs,
Chaque branche qui craque semble un sombre murmure.
Les gardiens aboient sans bruit dans mon esprit,
Prêts à chasser l'intrus qui jamais ne se trahit.
La nuit est un voile tissé de mystère et d'ombre,
Je guette par la vitre, le coeur qui s'effondre.
Et sous les yeux des chiens, fidèles sentinelles,
Je rêve à l'envahisseur, silhouette irréelle.
597 - La chair humaine (Mardi, le 18 août 1998)
Je touche la chair froide, sombre et interdite,
Mon coeur se serre fort face à l'acte qui m'invite.
Chaque morceau retiré pèse sur mon esprit,
Sauf le crâne fermé, gardien d'un ultime cri.
La douleur me traverse, âcre et irréelle,
Je frissonne à l'idée de l'ultime parcelle.
Mon corps répugne, mon âme se révolte,
Dans ce geste imposé, toute raison s'exalte.
Je recule devant le seuil de l'horreur,
L'ombre du cadavre reflète ma peur.
Et dans ce cauchemar, cruel et oppressant,
Je garde le crâne, dernier refuge vivant.
598 - Prisonnier des caméléons (Mercredi, le 19 août 1998)
Pris dans les fils jaunes et rouges du destin,
Un être disparaît vers un monde incertain.
Le caméléon sourit, prend sa place sans fin,
Tissant des échanges entre ici et l'autre chemin.
Les humains et les bêtes se confondent subtilement,
Chassant les frontières, franchissant le firmament.
Une femme applaudit, fascinée par le vent,
Qui transporte l'étrange au coeur du moment.
Les dimensions se mêlent dans un jeu risqué,
Où l'ombre et la couleur ne peuvent plus se cacher.
Et dans ce rêve fou, l'équilibre est brisé,
Par des caméléons qui osent tout changer.
599 - Ben retourne en affaire (Dimanche, 23 août 1998)
Ben revient, le temps passé s'efface en un éclair,
L'ombre du passé frôle encore l'air de la maison.
Ex-chum de Sylvie, il refait surface dans l'affaire,
Secouant les souvenirs, réveillant l'ancienne tension.
Mathieu et Simon observent, intrigués par le retour,
Le père disparu renaît, portant secrets et rumeurs.
Chaque geste réveille l'écho des jours d'avant,
Un mélange d'espoir et de peur, flottant au vent.
Les affaires reprennent, le passé danse à la lueur,
Ben trace son chemin, défiant l'ombre et la peur.
Entre hier et demain, il avance sans détour,
Réinscrivant sa présence au livre des heures.
600 - Les autobus (Vendredi, le 28 août 1998)
Je prends un chemin que jamais je n'ai foulé,
Aux côtés d'un ami, l'inconnu se dévoile.
Les numéros 6 et 40, en silence alignés,
Se dressent devant nous, défis sur notre toile.
Éviter l'un ou l'autre, une marche trop longue,
Le temps s'étire et le choix semble s'acharner.
Chaque pas hésitant dans ce trajet qui tangue,
Nous pousse à réfléchir avant de nous embarquer.
Le vent du hasard souffle sur nos décisions,
Entre routine et détour, l'ombre d'un destin.
Chaque autobus devient une étrange leçon,
De chemins croisés et de routes du matin.
601 - L'Union avec Jinny (Dimanche, le 30 août 1998)
Un tuyau de cristal pénètre en son mystère,
Signe d'un lien ancien, invisible et sincère.
Jinny et moi liés, au-delà de l'instant,
Prêts à tous les sacrifices, même les plus pesants.
Nos âmes se frôlent, en silence elles s'unissent,
Dans un monde secret où la distance s'efface.
Chaque souffle partagé devient une prémisse,
D'un lien indestructible, ancré dans l'espace.
Et si d'autres circonstances nous avaient permis,
Nous serions ensemble, solidaires et hardis.
L'épreuve et l'amour, tout serait bien compris,
Dans cette union fragile mais au coeur infini
602 - L'éléphant ayant peur (Mardi, le 1 septembre 1998)
Dans l'ombre d'une caverne, un éléphant frissonne,
Ses pas lourds se font discrets, la peur le raisonne.
Un souffle inconnu glace son coeur gigantesque,
Et chaque recoin sombre lui paraît grotesque.
Ses grandes oreilles frémissent, tremblent dans la nuit,
Le monde dehors menace, et son courage fuit.
Pourtant derrière la peur, une lumière danse,
Espérant que demain lui offre plus d'assurance.
Dessin animé vivant, miroir de l'âme fragile,
L'éléphant nous montre qu'être craintif est facile.
Mais même dans la peur, il apprend à se cacher,
Jusqu'au jour où le courage pourra le libérer.
603 - Le chat suçant mon sang (Mardi, le 1 septembre 1998)
Un chat vient doucement sur mon bras blessé,
Il goûte mon sang, je laisse sans résister.
Le plaisir étrange me traverse en silence,
Dans ce lien secret, naît une étrange connivence.
Soudain il change, devient chien sous mes yeux,
Puis redevient chat, joueur et mystérieux.
Chaque métamorphose me trouble et m'enchante,
Créature fluide, à la nature changeante.
Entre morsure et caresse, je me perds doucement,
Dans ce rêve étrange, je cède au sentiment.
Animal insaisissable, entre amour et frisson,
Il danse dans mes veines, éveille ma passion.
604 - Le camouflage du lapin (Samedi, le 12 septembre 1998)
Dans le parc tranquille, des lapins se dissimulent,
Sous l'herbe ou le buisson, leurs petites formes s'émulent.
Mais l'un d'eux surprend, par un art inconnu,
Un geyser soudain l'abrite, et le voilà disparu.
Personne n'avait vu ce stratagème secret,
Aucun scientifique n'y aurait pensé, jamais.
L'eau jaillit, éclat brillant, voile de mystère,
Et le lapin malin joue à disparaître dans l'air.
Étrange créature, maître du camouflage,
Il détourne le regard et crée son passage.
Dans ce rêve étrange, la nature m'éblouit,
Et je ris de ce tour que seul l'animal construit.
605 - La tentation des pouvoirs (Lundi, le 14 septembre 1998)
Sur la terre de sable, les genoux noirs de goudron,
Je lutte contre les pièges qui freinent ma raison.
Chaque obstacle se dresse, défiant ma patience,
Et mes mains se salissent dans cette rude danse.
Alors je cède au don, aux pouvoirs en moi cachés,
Pour franchir les barrières que la vie a tracées.
Puis, d'un geste rapide, mes mains je purifie,
Effaçant la trace sombre de ce que je maîtrise ici.
Mais une voix railleuse perce le vent du désert :
«Je savais bien qu'un jour tu céderais à l'univers!»
Rire qui m'accompagne, témoin de mes ambitions,
Dans ce sable ardent naissent mes tentations.
606 - Les envahisseurs (Samedi, le 17 octobre 1998)
Des robots venus d'étoiles atterrissent sur nos sols,
Envahissant les cités, semant mort et contrôle.
Les rues se couvrent d'acier, d'un éclat froid et cruel,
Et chaque souffle humain devient un écho mortel.
Je fuis dans une demeure, refuge de quelques vies,
Échappant aux machines et à leurs sombres envies.
Dans le silence tremblant, nous nous endormons ensemble,
Craignant le métal froid qui jamais ne semble trembler.
Au matin, la zone est pleine de l'armée d'acier,
Mais étrangement, nous, ils n'ont pas osé toucher.
Mystère suspendu entre le fer et notre peur,
Un jour nouveau s'ouvre, fragile et sans erreur.
607 - Le prince de Chine (Lundi, le 19 octobre 1998)
Dans un disque volant, dort un prince d'Orient,
Enfermé, fragile, sous l'oeil de serviteurs vaillants.
Des robots veillent, froids, prêts à frapper sans remord,
Si le petit prince meurt, ils briseront le corps.
Mais soudain il s'échappe, l'enfant fugitif,
Les serviteurs tremblent, l'ombre de mort est massive.
Chaque seconde compte, le métal se fait menace,
Et le coeur des hommes craint ce cruel espace.
Au dernier instant, l'espoir surgit, lumineux et pur,
Un serviteur le retrouve, leur salut devient sûr.
Le prince est sain et sauf, la vie reprend son cours,
Sous le disque céleste, brillent la peur et l'amour.
608 - La sphère d'oignon et de verre (Mercredi, le 11 octobre 1998)
Dans le manoir sombre, je descends sans détour,
Une salle m'accueille, suspendue dans l'ombre du jour.
Un oignon de verre flotte, fragile et mystérieux,
Ses couches s'offrent à moi, énigmes silencieuses.
Je les épluche lentement, chacune révèle sa forme,
Triangle, carré, rectangle, cube, la norme se transforme.
Chaque couche est un secret, un monde à découvrir,
Un labyrinthe de verre où l'esprit peut se nourrir.
La dernière enfin brille, ultime clarté éclatante,
L'oignon dévoile son coeur, simple et fascinante.
Dans ce sous-sol suspendu, le temps semble s'arrêter,
Et chaque couche percée me laisse émerveillé.
609 - La professeure amoureuse (Vendredi, le 11 décembre 1998)
Dans le gymnase clair, je pose ma question timide,
Ma professeure rit, un rougeur douce la décide.
Elle descend l'escalier, le coeur chargé de tourments,
Revient avec sa démission, signée en tremblant.
«Je suis en conflit d'intérêt, si l'on savait mes pensées,
Amoureuse d'un étudiant, ils voudraient me chasser.»
Je tente de l'apaiser, de calmer sa peur profonde,
Mais mes mots se perdent, flottant dans l'air du monde.
Elle me regarde, triste, et ses yeux brillent d'émoi,
Je ne peux retenir ce choix que sa raison déploie.
Le cours se poursuit, mais une peine suspend le temps,
Et l'amour interdit laisse son doux sillage flottant.
610 - Liberté (Lundi, le 14 décembre 1998)
Je quitte l'ombre froide d'un bâtiment austère,
Un escalier abrupt s'élève vers la lumière.
Mes bras s'ouvrent larges, le vent caresse mon dos,
Et mon coeur palpite d'un frisson nouveau.
Je cours sans entraves, au bord du vertige fou,
Chaque pas me soulève, m'éloignant de tout.
Le danger semble proche, mais jamais ne me touche,
Je danse avec l'air, l'ivresse douce me pousse.
Le monde s'étend vaste, devant mes yeux ébahis,
Libre comme un oiseau, je fuis l'ombre et les cris.
Le sol devient complice, le ciel mon horizon,
Et dans ce rêve vif naît ma propre raison.
611 - Le ballon dirigeable (Mardi, le 15 décembre 1998)
Nous glissons dans les cieux, au-dessus d'une mer verte,
Un dirigeable flotte, oeuvre de mains expertes.
Mon frère le conduit, et l'air emplit nos poumons,
Chaque arbre s'étire, vaste océan de frissons.
Lorsque le vol s'achève et que nos forces s'épuisent,
Le ballon nous abandonne, léger, comme une brise.
Nous sautons dans le vide, libres sans hésiter,
Le sol nous accueille, doux et rassuré.
La forêt nous entoure, émeraude sans fin,
Nous rions du vertige, joyeux, mains dans la main.
L'aventure s'achève, mais l'âme encore s'élève,
Dans ce rêve aérien, où la peur jamais ne s'achève.
612 - 4 cicatrices (Jeudi, le 17 décembre 1998)
Quatre cicatrices tracent leur sombre chemin,
Sur mon visage, profondes, comme griffes du destin.
Chacune murmure une histoire à demi tue,
Et le temps semble lutter pour que la plaie disparue.
Elles brillent sous la lune d'une lueur incertaine,
Telles des rivières de feu gravant l'âme humaine.
Je frôle chaque trace, le coeur lourd et pensif,
Et cherche dans le reflet un visage moins furtif.
Pourtant dans ces marques, une force se dessine,
Comme un livre ancien que le vent maligne.
Quatre cicatrices, mémoire qui ne s'efface,
Gardiennes de secrets et de mon espace.
613 - Les Zombies nous envahissent (Vendredi, le 18 décembre 1998)
La nuit s'épaissit, complice des pas sans âme,
Des morts rusés avancent, masqués par leur propre drame.
Un front minuscule attire les regards effrayés,
Quand l'ombre, par derrière, prépare l'assaut caché.
Nous ne sommes que quelques-uns à voir le piège ouvert,
À fuir vers un refuge aux murs sacrés ou scolaires.
On me pousse en avant, offrande sacrificielle,
Appât vivant d'un plan lâche à la morale artificielle.
Mais l'attente s'éternise, la trahison persiste,
Alors je prends l'arme, geste brutal mais lucide.
Je tire dans la masse, pour survivre à l'horreur,
Car même dans le rêve, la vie réclame sa fureur.
614 - L'âme de la maison (Vendredi, le 18 décembre 1998)
Quatre cicatrices tracent leur sombre chemin,
Sur mon visage, profondes, comme griffes du destin.
Chacune murmure une histoire à demi tue,
Et le temps semble lutter pour que la plaie disparue.
Elles brillent sous la lune d'une lueur incertaine,
Telles des rivières de feu gravant l'âme humaine.
Je frôle chaque trace, le coeur lourd et pensif,
Et cherche dans le reflet un visage moins furtif.
Pourtant dans ces marques, une force se dessine,
Comme un livre ancien que le vent maligne.
Quatre cicatrices, mémoire qui ne s'efface,
Gardiennes de secrets et de mon espace.
615 - L'armée des ténèbres XXII: Le danger éviter de justesse (Mercredi, le 30 décembre 1998)
Dans un théâtre où l'ombre s'étire et se tord,
Je marche seul, tremblant, frôlant un sort obscur.
Les planches grincent sous mes pas et mon effort,
Un souffle infernal rôde, proche et impur.
Le diable me guette, aux yeux de braise ardente,
Prêt à s'emparer de mon souffle, de mon coeur.
Je sens son souffle froid, sa présence oppressante,
Mais un frisson me sauve, m'éloigne de sa peur.
À deux cheveux près, l'ombre se retire, fuyante,
La scène redevient muette et presque paisible.
Dans ce noir théâtre, ma peur reste vibrante,
Mais je respire enfin, fragile et indicible.
616 - La rousse (Vendredi, le 1 janvier 1999)
Dans la cour des classes, un feu roux me sourit,
Ses mots hésitent, tremblent, comme un vent de printemps.
Elle porte un coeur déjà lié, que je ne puis,
Et mes regards cherchent à franchir le temps des ans.
Je tends ma flamme, lui montre que j'existe,
Mais des ombres de conflits obscurcissent son ciel.
Les querelles d'autrui voilent son sourire triste,
Et son pas s'éloigne, fragile et irréel.
Dans le brouillard des couloirs, je la perds de vue,
Son image brûlante s'efface comme un rêve.
Rousse fugitive, écho d'un instant perdu,
Mon coeur s'accroche encore à ce doux et tendre trêve.
617 - Les galeries secrètes (Vendredi, le 1 janvier 1999)
Dans l'ombre des murs, des galeries se tissent,
Chemins secrets où glissent trains et ascenseurs.
Chaque fer soudé murmure un calcul précis,
Maîtrise invisible guidant les voyageurs rêveurs.
Les passages montent, s'élancent vers le monde,
Artisanat de l'ombre, savamment orchestré.
Chaque décision pèse, chaque détour répond,
À l'erreur impossible, tout est calibré, pensé.
De hauts ateliers aux foyers cachés, je passe,
Sans que nul ne sache les routes que j'emprunte.
L'univers entier se plie à ce subtil espace,
Où l'invisible conduit, et le secret s'enfonce.
618 - Psycho XXIX: Le croisement par hasard (Samedi, le 2 janvier 1999)
Dans les couloirs d'école, un hasard nous unit,
Annie, blonde lumière, surgit d'un souvenir.
Nos regards se croisent, et le temps nous sourit,
Mais son pas léger s'éteint avant que je puisse sourire.
Elle murmure des échos d'un passé lointain,
Ses mots flottent, fragiles, comme brise sur l'eau.
Un instant suspendu, fragile et aérien,
Puis disparaît l'éclat, laissant le coeur en radeau.
Je reste seul, perdu dans le flot des souvenirs,
Son image s'efface, voile d'un rêve fuyant.
Dans le labyrinthe des jours, je tente de la retenir,
Mais l'ombre d'Annie glisse, éternelle et flottant.
619 - L'armée des ténèbres XXIII: Les créatures du désert (Dimanche, le 10 janvier 1999)
Sur la dune brûlante, l'armée sombre s'étire,
Créatures visqueuses sous un soleil implacable.
Le désert frémit, prêt à voir le monde chavirer,
Quand l'ombre brun-noir lancera son signal redoutable.
Leurs yeux luisent d'un feu que nul ne peut dompter,
Chaque geste calculé pour plonger l'âme en enfer.
Le vent porte leur souffle, promesse d'obscurité,
Et le sable brûlant tremble sous leur pouvoir austère.
Prêtes à posséder chaque coeur, chaque vie,
Elles attendent le moment où le ciel se pliera.
Dans le désert infini, la terre tremble, impuissante,
Face à l'armée des ténèbres qui bientôt frappera.
620 - La coccinelle (Vendredi, le 15 janvier 1999)
Une coccinelle rouge, aux points noirs éclatants,
Quatre fois sa taille, avance sur mon chemin.
Son vol me suit, obstiné, dans l'air brûlant,
Compagnon étrange qui jamais ne prend fin.
Elle me précède, me frôle, silencieuse et vive,
Jusqu'aux portes de l'école, où mes pas s'arrêtent.
Son oeil invisible semble scruter, incisive,
Chaque geste, chaque souffle, chaque secret qui m'arrête.
Dans ce monde suspendu, la petite géante rôde,
Gardienne ou messagère, je ne sais quel destin.
Je franchis l'école, et son ombre se décode,
Énigme volante qui plane sur mon chemin.
621 - Vers le noir (Lundi, le 18 janvier 1999)
Je contemple ses traits, douceur encore présente,
Ses lèvres s'assombrissent sous un voile profond.
Petit à petit, la teinte devient obsédante,
Noir comme le goudron, mystère sans nom.
Le temps se suspend, l'ombre croît sur son visage,
Chaque sourire se fond dans un abîme lent.
Je frissonne, fasciné par ce sombre passage,
Où la beauté s'éclipse dans un noir éclatant.
Dans ce lent crépuscule, le monde vacille,
Et ses lèvres d'encre m'entraînent dans le noir.
Étrange métamorphose où la nuit scintille,
Écho silencieux d'un rêve à percevoir.
622 - Est-ce un pacte? (Mardi, le 19 janvier 1999, 1h20am)
Mes pas me trahissent, poussés par d'autres mains,
Vers un bureau sombre où règne l'autorité.
Un homme impitoyable trace, noir sur blanc, ses desseins,
Et m'invite à signer sans un mot de vérité.
Le papier brûle d'encre, mais je refuse le voile,
Mon regard scrute, cherche ce que je ne dois voir.
Sa colère éclate, rouge sang, violent étoile,
Il gribouille furieux, menaçant mon pouvoir.
Dans ce duel muet, je tiens mon hésitation,
L'autorité face à ma volonté fragile.
Chaque geste, chaque trait, devient condamnation,
Mais je reste debout, résistant à son style.
623 - Ça me fait vomir ! (Mardi, le 19 janvier 1999, 11h00am)
Au Lac-St-Jean, chez mes grands-parents, le jour s'étire,
Les murs sentent l'enfance et les étés passés.
Une sortie se prépare, mais mon corps conspire,
Une nausée tenace refuse de se taire, obstinée.
À chaque pas dehors, mon ventre se révolte,
Le monde tangue, se plie, se trouble devant moi.
L'air même devient lourd, ma gorge se révolte,
Et le rêve se tord dans un malaise étroit.
Je voudrais avancer, rejoindre les autres voix,
Mais le vomissement me retient, brutal et vrai.
Dans ce décor familier, je perds tout émoi,
Prisonnier d'un corps en fuite, d'un inconscient inquiet.
624 - La blonde (Jeudi, le 21 janvier 1999, ~10h00am)
Dans la salle d'informatique, les regards me saluent,
Souhaits et sourires flottent comme un doux vent.
Une blonde m'effleure, ses yeux rieurs m'ont plu,
Et son geste soudain trouble mon esprit vacillant.
Lorsqu'elle se rapproche, un vertige m'envahit,
Le monde devient flou, les couleurs se fondent.
Chaque pensée chancelle, mais mon rôle je tiens,
Au milieu de l'ombre où mes sens se confondent.
Pourtant, malgré l'étourdissement et la brume obscure,
Je poursuis le jeu, oscillant entre désir et devoir.
Son contact me trouble, mais mon esprit endure,
Naviguant l'ombre et la lumière de ce soir.
625 - L'Évasion (Vendredi, 22 janvier 1999, ~10h00am)
Fuyant un bateau traqué par la mort en marche,
Je grimpe la montagne avec une alliée incertaine.
La nature nous enferme sur son étroit perchoir,
Et le sang a déjà taché le silence des lieux.
Un engin murmure, pris pour le souffle du vent,
Puis le ciel révèle un dirigeable docile.
Elle détourne le destin d'un geste savant,
Et je la remercie avant la fuite fragile.
Mais la neige m'engloutit sur un boulevard fou,
Où les machines roulent sans âme ni regard.
La nuit m'ôte l'espoir. puis, don venu de nulle part,
Une maison de bois m'abrite, dernier clou.
626 - Le train électrique (Mercredi, 27 janvier 1999, ~9h30am)
Le train miniature glisse sur ses rails brillants,
Sous mes doigts tremblants, il est mon petit empire.
Ma soeur le convoite, et bientôt toute la famille s'y perd,
Mais leur maladresse fait naître chaos et soupirs.
Les rails s'emmêlent, les wagons se bousculent,
Chaque tentative devient un rire mêlé de grogne.
Le moteur frémit, capricieux, et le monde bascule,
Dans ce jeu fragile où l'ordre se décompose et plonge.
Je regarde, impuissant, ce train de désordre,
Ma possession devient scène de confusions infinies.
Mais au coeur du tumulte, mon regard se fait tendre,
Car même dans le chaos, je garde mes petits folies.
627 - La lettre caché (Dimanche, 21 février 1999, ~9h00am)
Une disparition laisse une roulotte en silence,
Mystère flottant dans l'air d'une maison endeuillée.
Je défais un mur, bruits et poussière en cadence,
Et sous le bois caché, une lettre vient m'appeler.
«Malte» s'inscrit sur un papier-mouchoir fragile,
Les mots d'une machine à écrire dansent en brouillard.
Des secrets de code en deux dimensions, subtil et agile,
S'échappent de l'encre que mon regard peine à saisir tard.
Je tente de lire, mais le sens se dérobe et fuit,
Chaque lettre flotte, énigmatique et suspendue.
La lettre cachée murmure ce que l'esprit poursuit,
Mais son secret demeure, à jamais presque perdu.
628 - Hercule et les faux dieux (Lundi, 22 février 1999, ~4h00am)
Hercule courageux guide les villageois vers l'ombre,
Une caverne sûre, refuge au coeur des rochers.
Mais les faux dieux rient, suspendus dans le monde,
Lançant des pierres qui brisent les abris espérés.
L'éboulement rugit, la terre s'effondre et tonne,
Bloquant l'entrée, piégeant l'innocence et la vie.
Sous le flot de pierres, tant de voix deviennent personne,
Et l'air tremble des morts dans un souffle assombri.
Au milieu du désastre, un survivant seul respire,
Hercule le regarde, le coeur lourd, les poings serrés.
La puissance des faux dieux continue de rire,
Mais le courage demeure, même quand tout est brisé.
629 - Mes amis fantômes (Jeudi, 25 février 1999, 6h00~)
À l'arrêt du matin, mes amis m'attendent, fidèles,
Échos d'une ancienne «gagne», rires suspendus.
Mais l'autobus approche, et soudain ils s'éteignent,
Fantômes fugaces, dans l'air comme disparus.
À l'intérieur du véhicule, le vide semble s'étirer,
Et pourtant, un murmure, une présence se fait sentir.
Leurs silhouettes jouent entre ciel et enfer à créer,
Humour et mystère se mêlent, comme un souffle à retenir.
Arrivés à l'école, leurs voix colorent l'espace,
Dépeignant les lieux ultimes avec un art troublant.
On croit percevoir l'enfer ou le paradis en face,
Et leurs esprits flottants rient, légers et charmants.
630 - La réconfort du gentil'homme (Mardi, 16 mars 1999, 4h00~)
Dans un local d'école aux murs chargés d'effroi,
Je murmure ma peur : je suis fichu, c'est certain.
L'examen me condamne, je n'en sortirai pas,
Mon souffle est court, mon avenir incertain.
Alors l'ombre se dresse en gentilhomme éclatant,
Habits de parade, sourire hors du temps.
Il me dit doucement : «Tu es déjà gagnant,
Diplômé depuis longtemps, apaise ton tourment.»
À ses côtés, une femme approche en silence,
Pose sur mes lèvres un signe que je rejette.
Je l'efface aussitôt, troublé par sa présence,
Entre réconfort offert et gêne inquiète.
631 - Le lion mécanique (Jeudi, le 18 mars 1999, 4h00~)
Au milieu de l'océan, sur un rocher dénudé,
Ma famille et moi survivons, serrés contre le vent.
L'herbe seule témoigne d'une forêt effacée,
Souvenir vert englouti par le temps dévorant.
Sur la plaine interdite rôde un lion d'acier,
Corps de rouages, d'hydraulique et de mort programmée.
Son oeil rouge balaye, laser prêt à frapper,
Chaque être vivant devient cible désignée.
Alors nous grimpons aux pentes abruptes, instables,
Préférant le vertige à la mort assurée.
Sous le ciel indifférent, face au fauve implacable,
L'humanité tremble, traquée par le progrès armé.
632 - Le chien et la fille (Mardi, le 30 mars 1999)
Dans les couloirs de l'école, elle tourne autour de moi,
Cheveux noirs, lèvres rouges, sourire de vampire.
Elle clame à tous les vents que je suis son émoi,
Et j'accepte le rôle, sans y croire, sans désir.
Quand je détourne enfin mon coeur de son manège,
Je me tiens face à un chien, étendu, froid et mort.
Je souffle sur sa vie comme on rompt un sortilège,
Et la chair se réveille, défiant l'ombre et le sort.
Alors mon regard change, je m'ouvre à cette fille,
Mais déjà son pas fuit, refusant le détour.
Ainsi va le rêve : l'amour naît quand il vacille,
Et s'en va aussitôt que renaît le jour.
633 - Le condamné à mort (Jeudi, le 8 avril 1999)
Dans une vaste salle où convergent les escaliers,
Le destin se ramifie sous des pas menaçants.
Un vieillard trône, immobile, gardien du dernier mot,
Tandis que des ombres fortes avancent, froides et tranchantes.
Je n'ai ni fuite ni arme pour déjouer la fin,
Alors je parle, je tisse des phrases comme des sorts.
Mon verbe devient refuge, mon calme un chemin,
Et le temps suspend sa faux au bord de la mort.
Le vieil homme écoute, le verdict se dissout,
Les bourreaux hésitent, la sentence se retire.
Par le seul charisme, je reste debout,
Condamné sauvé par la parole qui respire.
634 - La mèche de cheveux (Jeudi, le 15 avril 1999)
On me rend une mèche, dit-on, jadis à moi,
Plus longue que mes jours, plus longue que ma tête.
Elle pèse comme un passé que je ne reconnais pas,
Souvenir étranger au bout de mes tempêtes.
Je cherche à la cacher dans le creux des vieux arbres,
Derrière la maison, gardiens du temps usé.
Mais l'écorce refuse ce secret trop macabre,
La mèche ne veut pas se laisser oublier.
Alors je renonce aux rituels et aux détours,
Je glisse ce vestige sous une table banale.
Ainsi l'étrange histoire se tapit dans le jour,
Cachée à la vue, mais jamais vraiment normale.
635 - Le lac mort (Samedi, le 17 avril 1999)
Une chaloupe glisse sur un lac noir et morne,
Les eaux polluées reflètent un ciel sans couleur.
Chaque résidu flotte comme une mémoire qui dort,
Et mon coeur s'offusque devant ce sombre labeur.
Je grimpe la montagne, cherchant refuge au sommet,
Un chalet m'accueille, porte troisième franchie.
Mais par la première, une blonde déjà m'a devancé,
Présence éclatante dans la lumière tamisée.
Dans la chambre, elles jouent, blonde et sombre mêlées,
Scène étrange où mon regard hésite à pénétrer.
Le lac noir en contrebas semble refléter la dualité,
Entre innocence et mystère, réalité et fantaisie enlacées.
636 - Le 2ième but (Dimanche, le 18 avril 1999)
Sur la glace brillante, le souffle court, le coeur ardent,
Je glisse aux côtés de Saku Koivu, étoile du moment.
Le bâton s'élance, le palet file, mes mains tremblent,
Et le deuxième but de ma vie s'écrit, intense et humble.
La joie m'embrase, chaque spectre de doute s'efface,
Mais l'arbitre détourne le nom qui aurait dû briller.
Mon exploit se perd, invisible dans l'espace,
Et mon souffle retombe, comme un vent glacé.
Pourtant dans mon esprit, le but demeure éclatant,
Mémoire gravée dans l'éclat de la glace et des yeux.
Même non crédité, le rêve garde son pouvoir triomphant,
Et sur le fil du hockey, je suis champion des cieux.
637 - En route vers Paris (Mardi, le 19 avril 1999)
« C'est toi, Maltais ? » La question me transperce,
Je réponds oui, déjà livré au destin.
On m'ordonne Paris, et sans force je me verse
Sur un frêle bateau, Montréal pour lointain.
Dix pieds de bois affrontent l'océan immense,
Je hurle comme un chien, instinct nu, sans raison.
Chaque vague murmure une possible sentence,
Et la mort me suit, tapie sous l'horizon.
Je sais qu'ils pourraient me jeter au large,
Que le voyage n'est peut-être qu'un détour fatal.
Mais avant que Paris ou l'abîme ne me charge,
Le rêve se brise net, me laissant en signal.
638 - Les Hélicoptères (Mercredi, le 21 avril 1999, 7h35am)
À la jumelle, avec mon frère, nous scrutons l'horizon,
Machines neuves de l'armée, promesses de puissance.
Le ciel se déchire soudain en pales et en frissons,
Des hélicoptères fondent sur nous, armés d'une science en errance.
Les tirs sifflent, inconnus, brûlants comme des idées folles,
Nous fuyons vers le vide, saut de survie insensé.
Aux racines d'un arbre, nos corps s'agrippent et s'affolent,
Suspendus au néant, entre la chute et le passé.
Mais déjà une voix gronde dans l'ombre du précipice :
« Va-t'en, c'est ma place ! » dit l'autre pendu du sort.
Même au bord de la mort, le monde se divise,
Et l'abîme lui-même impose ses lois, sans remords.
639 - OVNI 5: Le châtiment au insoumis (Vendredi, le 23 avril 1999, 2h00am)
Le temps se replie sur l'instant désobéi,
Je retombe sans fin dans la même seconde brisée.
Les entités m'observent, froides, sans merci,
Et le présent se répète, cruel piège figé.
Quand enfin je comprends ce qu'elles veulent de moi,
Elles rient et rejouent les scènes à tourment.
Mon esprit se fracture, vacille sous leur loi,
Chaque boucle est une lame, chaque retour un châtiment.
Elles veulent faire de moi un homme vidé d'idéal,
Un zombie docile, sans principe ni voix.
Mais dans la douleur immense de leur pouvoir mental,
Mon inconscient résiste encore. et refuse leur choix.
640 - Mon utilité pour les autres (Dimanche, le 25 avril 1999, 10h00am)
Avec un chien, je fouille la terre aux signes cachés,
Des caractères enfouis, promesses de sens ancien.
Puis l'animal s'efface, comme un guide arraché,
Me laissant seul face au sol, et face à mon destin.
J'entre dans une maison aux rires désaccordés,
Trois figures folles m'encerclent, regards brûlants de pouvoir.
Elles me voient comme un outil, un noyau convoité,
Pour engendrer un avenir aux dons surnaturels et noirs.
Avant même leurs mots, je devine leur dessein,
Et retourne leur besoin en monnaie de survie.
Sans me livrer tout entier, je négocie le chemin,
Utilité retournée contre ceux qui m'asservissent la vie.
641 - Vampire XII: Le mur mort-vivant (Mercredi, le 28 avril 1999, 7h30~)
À Schefferville, sous le ciel froid du Nord,
Je parle avec un ami, miroir de mes pensées.
De ses mots naît la certitude qui m'ordonne :
Retourner à Sept-Îles pour enfin avancer.
Mais sur la route du sud se dressent des vampires,
Vivants sous le soleil, aux pouvoirs interdits.
Ils bâtissent des murs de chair et de soupirs,
Barrières mouvantes pour briser mon élan de vie.
Leurs crocs me frôlent souvent sans jamais me saisir,
Mort-vivants frustrés par mon pas obstiné.
Je cherche la ville natale comme on cherche à renaître,
Et même bloqué par l'ombre, je continue d'y croire.
642 - Le combat contre le chevalier (Jeudi, le 29 avril 1999, 8h30~)
Je sors du tunnel, où mes pas sont familiers,
Mais un puits me barre, gardé par un chevalier belliqueux.
À peine visible, il surgit pour me défier,
Lame en main, menaçant mes gestes précautionneux.
Nous montons ensemble, lutte suspendue dans l'air,
Chaque coup manqué fait battre mon coeur plus vite.
Sa lame cherche mon corps, mais je déjoue la colère,
Le combat s'étire, danse mortelle et infinie.
Puis Casper apparaît, fantôme au souffle destructeur,
Le puits s'écroule en tour, enfermant l'ombre du guerrier.
Enfin libre, je respire, échappant à la peur,
Et le silence renaît, témoin d'un duel vainqueur.
643 - L'Araignée-volante (Mardi, le 4 mai 1999, 5h30~)
Dans une maison calme, l'araignée prend son vol,
Comme une mouche rapide, elle chasse sans répit.
Chaque insecte devient cible, festin sous son contrôle,
Et la pièce entière tremble de sa danse infinie.
Un chat s'élance, rival agile et bondissant,
Pour saisir la proie avant que l'ombre n'y parvienne.
Mais l'araignée triomphe, s'empare du félin tremblant,
Et gouverne le territoire d'une poigne qui soutienne.
Je frissonne à sa vue, redoutant le moment,
Où sa monstrueuse présence pourrait m'attaquer.
Pour l'instant elle veille, puissante et mouvante,
Et moi je reste spectateur, figé, à l'observer.
644 - La lutte contre l'araignée (Mardi, le 4 mai 1999, 6h30~)
Une araignée immense, vingt-cinq centimètres d'effroi,
Pattes en double rangée, monstrueuse dans son vol.
Après la lutte brève, presque toutes tombent sous mes lois,
Et pourtant, son regard me laisse un doute, un symbole.
Tous croient sa fin scellée, la mort enfin venue,
Mais je sens encore en elle un souffle invisible.
Elle ne réagit plus, mais son esprit jamais perdu,
Suspendu entre l'ombre et la chair, étrange et indicible.
Je reste sur mes gardes, méfiant face au silence,
Car parfois la vie se cache sous l'immobilité.
Même affaiblie, l'araignée conserve sa violence,
Et moi je veille, témoin d'une peur presque sacrée.
645 - Un nouveau démon (Mercredi, le 12 mai 1999, 6h00~)
J'ouvre les yeux, et la pièce s'emplit de ténèbres,
Un démon surgit, prêt à briser ma chair et mon souffle.
Son regard brûlant dessine l'ombre de mes célèbres
Craintes, et mon coeur bat, frappant contre sa houle.
Mais je lève la voix, appelant Dieu dans le noir,
Et sa présence éclate comme un feu dans la nuit.
Le démon recule, fuyant devant la lumière et l'espoir,
Comme si la foi seule pouvait briser son appétit.
Le calme revient, la pièce reprend ses contours,
Témoins silencieux d'un combat sans contact.
Entre la peur et la grâce, je mesure mes jours,
Et l'ombre comprend que ma foi est intacte.
646 - La critique (Samedi, le 22 mai 1999, 3h00am~)
Dans la maison silencieuse, je marche sans bruit,
Quand soudain une blonde surgit, reflet de pensée.
Dans un cours jadis, elle fut connue, aujourd'hui,
Son regard me scrute, sa critique me fait trembler.
Elle me reproche mes mots, retenus en grand groupe,
Et dit que je me tais là où chacun pourrait m'entendre.
Je n'ose qu'avec peu, timidement, je m'y trouve,
Et ses paroles flottent, me forçant à me comprendre.
Le rêve devient miroir, miroir de mes hésitations,
Chaque mot mesuré devient question sur ma voix.
Elle s'éloigne, laissant trace de réflexion,
Et je reste pensif, confronté à mon choix.
647 - Le sang du malin (Jeudi, le 27 mai 1999, ~2h00am)
Dans un appartement où règne le diable en maître,
Le sang s'écoule pour des raisons futiles et folles.
Chaque couloir devient rivière, chaque mur un théâtre,
Où la peur se grave et les âmes s'effondrent sous son rôle.
Un homme de fureur jure de défier l'assassin,
Mais la surprise le fauche, et sa vie s'éteint aussi.
Les crimes gratuits, indicibles, font frémir le destin,
Et la folie elle-même recule devant ce supplice infini.
À la fin, l'horreur se retire, laissant ruine et métal,
Un poteau noir se dresse, taché du sang des innocents.
Témoin muet des actes du mal, sombre et colossal,
Gardien de l'effroi où la vie a perdu tout élan.
648 - L'avertissement (Dimanche, le 30 mai 1999, ~9h30am)
Après avoir balayé la maison et ses secrets,
Un arbre se penche et me parle dans le vent.
Sa voix murmure un avertissement discret,
Mettant en garde contre l'ombre d'un arbre inquiétant.
Il dit que l'autre, proche, porte un pouvoir sombre,
Sa présence même semble emplie de maléfice.
Seul je l'entends, seul mon esprit le contemple,
Témoin d'un duel silencieux où s'affrontent mal et supplice.
Je frissonne, écoutant ce conseil d'écorce et de sève,
Le monde autour reste muet, ignorant ce que je sais.
Et dans le jardin, la nature semble vivre et se relever,
Comme si la vie elle-même me parlait à voix basse et brève.
649 - Le mur (Mardi, le 1 juin 1999, ~8h00am)
Dans le vaste bâtiment, je marche en silence,
Cherchant une zone que mon coeur convoite.
Mais un mur de vers surgit, vivant en apparence,
Et bloque chaque pas, chaque élan, chaque voie.
Ils se tordent, s'entrelacent, formant une barrière,
D'un demi-pied seulement, mais immense à mes yeux.
Le désir de franchir devient lutte éphémère,
Et la zone désirée reste hors de mes cieux.
Je tourne, j'hésite, impuissant devant ce mur,
Témoin d'un obstacle étrange, à la fois simple et cruel.
Chaque ver me nargue, symbole d'un monde obscur,
Où le chemin rêvé se perd dans l'invisible duel.
650 - Le masque de Batman (Jeudi, le 10 juin 1999, ~2h00am)
Dans le stationnement, la nuit tremble et se déploie,
La police est passée, mais le danger persiste.
Des voitures fondent sur moi, menace sans foi,
Et chaque instant m'échappe, chaque souffle résiste.
Je m'accroche aux charpentes, suspendu dans le vide,
Évitant la mort mécanique, défiant la vitesse.
Chaque tentative échoue, chaque fracas me frôle et décide
Que je survivrai encore, refusant la faiblesse.
Lorsque le calme revient, fugitif et incertain,
Je découvre un masque, un habit que je connais.
Batman apparaît, gardien de l'ombre et du destin,
Compagnon silencieux de mes courses à jamais.
651 - Le jeux (Lundi, le 14 juin 1999, ~5h00am)
Sur le quai tranquille, face au lac endormi,
Mon cousin m'invite à un jeu étrange et brillant.
Nintendo virtuel mêle l'eau au défi,
Attraper les cents sans que personne ne me surprenne.
Je plonge dans les vagues, effleurant les reflets,
Chaque pièce scintille, comme un secret caché.
Le temps s'étire, l'eau devient labyrinthe parfait,
Et mon souffle se mêle au frisson de l'aventure sacrée.
Enfin je gagne, tenant les trésors en main,
Comme si un prix inattendu surgissait du sort.
Une femme apparaît, cadeau étrange et divin,
Récompense mystérieuse du jeu sur le bord.
652 - Vampire XIII: Le protection de l'église (Mercredi, le 16 mai 1999, ~9h00am)
Dans la nuit sacrée, je marche sous les voûtes froides,
L'église me retient, mais dehors rôdent les vampires.
Je cherche à fuir, mes pas hésitent et mes doigts s'occupent,
De toiles étranges aux pouvoirs destinés à les détruire.
Une fenêtre s'ouvre, risquant d'inviter l'ombre,
Mais je glisse la toile, arme contre la nuit et la peur.
Les vampires reculent, frémissant sous ce monde sombre,
Et l'air sacré tremble d'un éclat protecteur.
Puis le soleil apparaît, m'appelant à la délivrance,
Je cours, poursuivant la lumière tout au long du jour.
Au-delà de l'église et de la nuit, ma chance,
Fuir les monstres infernaux pour retrouver l'amour.
653 - Le reproche (Jeudi, le 17 mai 1999, ~5h00am)
Je cherche sur Internet, plongé dans l'écran brillant,
Quand ses sous-entendus me mènent vers son appartement.
Sans clef, je pénètre, dans l'attente et le frisson,
Pensant surprendre, doux jeu, mais vivant l'illusion.
Son «chum» surgit, inattendu, et croit ma parole,
Je justifie l'ordinateur, mensonge sans contrôle.
Tout semble se tordre dans ce salon improvisé,
Où la vérité se cache derrière chaque secret.
Puis elle arrive, froide, reproches en avalanche,
Sur mes habits, mon odeur, mon être en dissonance.
Une autre se joint, enfonçant les mots comme des lances,
Et moi je me demande pourquoi la fête devient punition.
654 - Le meurtre (Samedi, le 10 juillet 1999, ~7h00am)
Dans le salon banal se trame un noir dessein,
Un homme surgit, frappe, et le sang change le destin.
L'arme reste là, muette, offerte à mon sort,
Et déjà l'ombre crie mon nom avec la voix du tort.
Au sol roule une sphère, huileuse et sans éclat,
Miroir glissant du piège refermé sur mes pas.
Mes empreintes y brillent comme un aveu mensonger,
Preuves faussées d'un crime que je n'ai pas songé.
Pourtant la loi me garde, étrange paradoxe,
Bouclier fragile au coeur d'un complot féroce.
Innocent accusé, protégé mais captif,
Je fuis la mort réelle dans un cauchemar fictif.
655 - L'araignée de 100 mètres
Derrière le bâtiment, la forêt s'étend nue,
Sous un ciel blanc et lourd, sans souffle ni éclat.
L'araignée immense avance, mille pattes étendues,
Et capture les hommes, un par un, dans son combat.
Je supplie un allié de riposter contre la peur,
Sa pioche fend l'air, tranche une patte monstrueuse.
La créature recule, grondant sa fureur,
Mais chaque mouvement reste menaçant et vicieux.
Quand elle s'avance, pattes tendues vers ma vie,
L'allié frappe encore, et sauve l'instant fatal.
L'ombre géante recule, griffes brisées et infinies,
Et je respire, frémissant devant ce duel colossal.
656 - Apprivoiser un scorpion
Dans une pièce étroite, le danger semble présent,
Deux scorpions géants, rouges et jaunes comme le feu.
On m'assure qu'ils sont doux, que leurs dards restent innocents,
Et que je peux marcher pieds nus sans craindre le lieu.
Leurs yeux brillent, curieux, dans la lumière diffuse,
Chaque pas devient jeu, équilibre fragile et lent.
Je frôle leurs carapaces, l'appréhension se refuse,
Et la peur se transforme en respect étonnant.
Ils glissent sans menace, majestueux et souverains,
Et moi je m'avance, guidé par un étrange savoir.
Apprivoiser le scorpion devient un acte humain,
Danse avec le danger, mais sans jamais se voir mordre.
657 - Change de planète
Je me plains à voix haute de la Terre et de ses douleurs,
Chaque jour ici me pèse, chaque souffle me rebute.
Mes mots tombent, amers, nourris de colère et de peurs,
Quand quelqu'un m'écoute, son regard soudain m'instruit.
Elle me dit : « Viens, quitte ce monde qui t'opprime,»
Sa planète m'attend, loin des soucis et des chaînes.
Un ciel différent brille, un horizon qui s'illumine,
Et l'idée d'un départ fait battre mon coeur qui s'égrène.
Alors je rêve, déjà flottant vers l'inconnu,
Un monde neuf où mes humeurs ne seront plus chaînes.
Je sens l'espace m'appeler, vaste et jamais tenu,
Et je pars vers sa planète, échappant aux peines humaines.
658 - Pour en finir avec le requin (Jeudi, le 5 août 1999)
Au bord d'un quai immobile, je tends la main vers l'eau,
Cherchant je ne sais quoi dans le miroir des profondeurs.
Mais l'ombre d'un requin tourne, sinistre fléau,
Ses cercles sont des menaces, ses dents, une peur.
Il rôde sans relâche, gardien d'un interdit,
Prédateur patient de mes gestes hésitants.
Alors la lassitude devient un cri,
Et la peur se transforme en courage fulgurant.
Je plonge sur le monstre, défiant l'océan,
Mes mains affrontent l'abîme et brisent la loi.
Quand le requin s'éteint, vaincu par l'instant,
Je remonte à la surface, libre de l'effroi.
659 - Le mur (Jeudi, le 26 août 1999, ~3h00)
Derrière un mur invisible aux yeux des autres,
Un être étrange aux pouvoirs mystérieux s'avance,
Je le vois danser, effleurer l'air sans fautes,
Et mon sang frémit face à sa silencieuse danse.
À travers la paroi, mes forces s'éveillent,
Pouvoirs naissants, à peine domptés par ma main,
Je combats l'ombre, où lumière et ombre se mêlent,
Et chaque souffle du duel fait vibrer le destin.
Le mur n'existe plus, seul reste le frisson,
Un combat secret que le monde ignore encore,
Et je sens en moi une étrange communion,
Entre l'inconnu et moi, au seuil d'un nouveau décor.
660 - La surprise de ma femme
Je peinais dans le brouillard des factures et dettes,
Ma femme restait silencieuse, rien pour alléger mes nuits.
Puis le voile se lève et la surprise m'arrête,
Un monde secret s'ouvre, rempli d'or et de fruits.
Condo et chalet, île privée en éclat,
Cent mille dollars en REER scintillent sous mes yeux.
Tout ce que je croyais dur, elle le portait déjà là,
Richesse cachée comme un rêve audacieux.
Je reste interdit, entre colère et émerveillement,
Le mystère de sa fortune change ma perception.
Dans ce rêve étrange, le réel devient flottant,
Et l'ombre des soucis se fond dans l'admiration.
661 - La deuxième maison
J'avais oublié, dans un coin de ma mémoire,
Qu'une maison m'attendait, silencieuse et secrète.
Je pousse la porte, étonné de la revoir,
Comme un souvenir vivant sorti de ma tête.
Les pièces s'étendent, vastes, presque infinies,
Les murs respirent un passé que j'ignore encore.
Chaque pas résonne d'une vie endormie,
D'un espace trop grand pour n'être qu'un décor.
Je comprends alors, au coeur de cette demeure,
Que l'inconscient bâtit plus large que le réel.
Ce que j'oublie le jour me revient à cette heure,
Sous forme de maisons aux fondations irréelles.
662 - L'enlèvement
Dans ma cuisine, un futur étrange se dessine,
Un ange apparaît, lumière douce et pure,
Il murmure des mots que mon esprit devine,
Annonce l'Enlèvement, signe d'une aventure.
Je m'élève alors, porté par ses ailes blanches,
Au-dessus des toits, des nuages et des mers,
Chaque souffle du vent efface mes anciennes hanches,
Et mon coeur se libère, loin des terres amères.
Vers le paradis, un horizon lumineux m'attire,
Les cieux s'ouvrent, promesse d'un monde sans peur,
Je vole, guidé par l'ange, dans ce chant qui respire,
Et découvre la paix au sommet de la grandeur.
663 - La carte de Tarot de la mort
Je mélange les cartes, jeu banal de cinquante-deux,
Mais le destin s'invite, étrange maître du Tarot,
À mon tour de jouer, une carte sombre salue,
La Mort surgit, mystérieuse et sans repos.
Encore et encore, elle revient dans mes mains,
Trois fois le même sort, étrange et insolite,
Les autres rient et disent que je tiens la chance en chemin,
Dans ce jeu de Tarot où le hasard s'invite.
Mais sous ce sourire flotte une ombre subtile,
Un frisson léger qui chatouille mon esprit,
Tirer la Mort du Tarot en riant semble fragile,
Et pourtant, le mystère me sourit, ravi.