Bakst, Léon
Bakst, Léon (1866-1924), peintre, décorateur et illustrateur russe, est considéré comme l'un des pionniers majeurs de la scénographie moderne, ayant profondément renouvelé l'esthétique des arts de la scène au début du XXe siècle grâce à son sens aigu de la couleur et de la composition.
Né à Saint-Pétersbourg, Léon Bakst, de son vrai nom Lev Samoïlovitch Rosenberg, grandit dans un milieu cultivé qui favorise très tôt son intérêt pour les arts visuels et le théâtre. Il entreprend ses études à l'école des beaux-arts de sa ville natale, où il acquiert une solide formation académique en dessin et en peinture, tout en développant progressivement un style personnel. Désireux d'élargir ses horizons artistiques, il se rend ensuite à Paris, alors capitale internationale de l'art, où il entre en contact avec les courants les plus novateurs de son époque. C'est dans ce contexte qu'il fonde, avec son ami Serge de Diaghilev, le groupe d'avant-garde Mir Iskousstva (« le Monde de l'art »), mouvement influent qui prône un renouveau esthétique inspiré à la fois par le symbolisme, l'Art nouveau et les traditions artistiques russes.
En 1908, Bakst revient à Paris en tant que réfugié politique, fuyant les troubles qui agitent la Russie. Installé durablement dans la capitale française, il expose ses peintures au Salon, où son travail commence à être reconnu pour son originalité et sa richesse décorative. Toutefois, c'est surtout dans le domaine de la scénographie qu'il va marquer l'histoire de l'art. Il réalise en effet les décors et costumes des célèbres Ballets russes de Diaghilev, contribuant de manière décisive à leur succès international. Parmi ses créations les plus marquantes figurent celles de Schéhérazade (1910), Le Spectre de la rose (1911), Daphnis et Chloé (1912) et L'Après-Midi d'un faune (1912), ouvres dans lesquelles il déploie des décors somptueux et des costumes aux couleurs éclatantes.
Son style se caractérise par un goût prononcé pour l'exotisme, puisant son inspiration dans l'art perse, grec et oriental, qu'il réinterprète avec audace et modernité. Les harmonies de couleurs vives, les motifs décoratifs raffinés et les silhouettes stylisées qu'il imagine influencent durablement non seulement le théâtre, mais aussi la mode et les arts décoratifs de son temps. Sa collaboration en 1911 avec la danseuse Ida Rubinstein pour Le Martyre de saint Sébastien, ouvre associant le texte de Gabriele D'Annunzio et la musique de Claude Debussy, constitue un moment important de sa carrière. Cependant, ce projet provoque également des tensions avec Diaghilev, tensions qui seront à l'origine d'une brouille durable et entraîneront finalement la rupture de leur collaboration artistique, mettant fin à une période particulièrement féconde de sa vie.