Bournonville, August
August Bournonville (1805-1879) est un danseur, chorégraphe et maître de ballet danois, dont l'ouvre occupe une place fondamentale dans l'histoire du ballet européen. Son style et sa méthode chorégraphique ont été fortement influencés par la tradition française du ballet académique, tout en développant une identité propre devenue emblématique de l'école danoise.
Fils d'Antoine Bournonville, lui-même directeur de la danse au Ballet royal danois, August Bournonville grandit dans un environnement profondément marqué par la pratique chorégraphique et la tradition scénique. Très tôt, il est formé à la danse et reçoit un enseignement rigoureux auprès de plusieurs figures majeures de son époque, notamment Vincenzo Galeotti et Auguste Vestris, qui contribuent à affiner sa technique et son sens artistique.
En 1820, il s'installe à Paris afin de poursuivre sa formation et de développer sa carrière. Il rejoint alors le ballet de l'Opéra de Paris, où il débute comme danseur professionnel. Il y connaît rapidement le succès grâce à sa virtuosité et à son style élégant, et commence une carrière prometteuse sur les scènes parisiennes. Durant cette période, il partage notamment la scène avec Marie Taglioni, figure emblématique du ballet romantique, avec laquelle il forme un partenariat artistique remarqué.
De retour au Danemark en 1830, Bournonville est nommé chorégraphe du Ballet royal danois, fonction qu'il occupera pendant plusieurs décennies. À ce poste, il joue un rôle déterminant dans la structuration et le développement du répertoire national, en créant plus de cinquante ouvres chorégraphiques. Son travail contribue à établir une véritable école danoise du ballet, caractérisée par une grande musicalité, une légèreté d'exécution et une importance accordée à la narration.
Parmi ses ballets les plus célèbres figure Napoli (1842), ouvre emblématique de son style, qui mêle réalisme, lyrisme et énergie populaire. On compte également Kermesse à Bruges (1851), qui illustre son intérêt pour les scènes de genre et les ambiances festives, ainsi que Le Corps des volontaires du roi en Amager (1871), qui met en valeur des thèmes nationaux danois et une esthétique plus patriotique.
L'une de ses contributions majeures reste toutefois son adaptation de La Sylphide (1836), d'après Filippo Taglioni. Cette version devient l'un des piliers du répertoire romantique danois et demeure encore aujourd'hui un exemple essentiel de la tradition Bournonville, caractérisée par une danse fluide, légère et expressive, où la technique sert avant tout l'expression dramatique et la clarté du récit.
L'héritage d'August Bournonville dépasse largement son époque, et son influence continue de marquer le Ballet royal danois, qui conserve encore aujourd'hui une partie importante de son répertoire et de sa méthode d'enseignement.