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calendrier

calendrier, système élaboré de mesure et d'organisation du temps, conçu pour répondre aux besoins variés de la vie quotidienne, sociale, religieuse et administrative. Le temps y est structuré et divisé en unités régulières telles que les jours, les semaines, les mois et les années. Ces différentes divisions reposent principalement sur l'observation des mouvements astronomiques, notamment ceux de la Terre autour du Soleil et de la Lune autour de la Terre, qui servent de base aux cycles naturels utilisés par les civilisations.

Un jour correspond au temps moyen nécessaire à la Terre pour effectuer une rotation complète sur son axe. L'année représente la durée de la révolution de la Terre autour du Soleil ; selon les méthodes de calcul et les références utilisées, on distingue l'année sidérale et l'année tropique. Cette dernière, qui sert de base au calendrier moderne, est composée de 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 45,5 secondes. Quant au mois, sa durée était autrefois déterminée soit par l'intervalle séparant deux pleines lunes successives, soit par le temps nécessaire à la Lune pour effectuer une révolution autour de la Terre, ce qui correspond à des mois de 29 ou 30 jours. L'année lunaire totalise ainsi environ 354 jours, ce qui crée un décalage d'environ 11 jours et un quart par rapport à l'année solaire. Le calendrier grégorien repose, avec quelques ajustements, sur l'année tropique. Un mois correspond approximativement à un douzième de l'année, avec une durée variant de 28 à 31 jours, ces variations étant destinées à maintenir la cohérence globale du calendrier. La semaine, composée de sept jours, trouve son origine dans la tradition judéo-chrétienne, qui institue un jour de repos régulier. Pour des informations détaillées concernant les noms et l'ordre des mois, on peut consulter des articles spécifiques consacrés à chacun d'entre eux.

Les différences observées entre les calendriers utilisés depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine résultent en grande partie de l'imprécision des premières mesures de la durée de l'année, ainsi que de la difficulté à diviser cette durée en unités entières comme les jours, les semaines ou les mois. Les premiers calendriers fondés sur les cycles lunaires finissaient souvent par se désynchroniser par rapport aux saisons, ce qui posait des problèmes pour l'agriculture et les fêtes religieuses. Pour corriger ces décalages, il devenait nécessaire d'ajouter périodiquement un mois intercalaire afin de réaligner les cycles lunaires avec l'année solaire.

calendriers antiques

Les civilisations antiques ont développé divers systèmes calendaires adaptés à leurs besoins. Les Babyloniens utilisaient un calendrier composé de 12 mois lunaires de 30 jours chacun, auxquels ils ajoutaient occasionnellement des mois supplémentaires pour maintenir l'accord avec les saisons. Les Égyptiens, quant à eux, adoptèrent un calendrier solaire de 365 jours, divisé en 12 mois de 30 jours, auxquels s'ajoutaient 5 jours complémentaires en fin d'année. Dans la Grèce antique, un calendrier luni-solaire de 354 jours était en usage ; les Grecs furent parmi les premiers à introduire des méthodes scientifiques pour déterminer l'ajout de mois intercalaires, en s'appuyant sur des cycles réguliers afin de corriger les écarts accumulés.

Calendrier romain

Le calendrier romain primitif, instauré vers le VIIe siècle avant J.-C., comportait initialement 10 mois pour une durée totale de 304 jours, l'année débutant en mars. Par la suite, les mois de janvier et de février furent ajoutés, mais cela ne suffit pas à résoudre les problèmes de décalage, et il fallut introduire un mois intercalaire environ une année sur deux. Les jours étaient désignés selon un système de comptage rétroactif à partir de trois repères : les calendes (début du mois), les ides (milieu du mois) et les nones. Ce système devint progressivement confus, notamment parce que les autorités romaines manipulaient le calendrier à des fins politiques, en prolongeant leur mandat ou en modifiant les dates des élections.

En 46 avant J.-C., Jules César entreprit une réforme majeure sur les conseils de l'astronome grec Sosigène. Il institua le calendrier julien, qui fixa l'année à 365 jours, avec une année bissextile de 366 jours tous les quatre ans, obtenue par l'ajout d'un jour supplémentaire en février. Il fixa également le début de l'année au 1er janvier, remplaçant ainsi l'ancien commencement au 1er mars.

Calendrier grégorien

Le calendrier julien présentait cependant une légère erreur : il dépassait la durée réelle de l'année solaire d'environ 11 minutes et 14 secondes. Ce décalage, accumulé au fil des siècles, entraîna un glissement des dates, si bien qu'en 1582, l'équinoxe de printemps survenait environ 10 jours plus tôt que prévu. Afin de corriger cette dérive, le pape Grégoire XIII décida de réformer le calendrier. Il supprima 10 jours du calendrier de l'année 1582 et introduisit le calendrier grégorien, qui modifie la règle des années bissextiles : les années séculaires ne sont bissextiles que si elles sont divisibles par 400.

L'adoption du calendrier grégorien s'est faite progressivement à travers l'Europe et le reste du monde. Par exemple, la Grande-Bretagne l'adopta en 1752, ce qui nécessita la suppression de 11 jours pour réaligner les dates. La Russie adopta ce calendrier en 1918, suivie par la Grèce en 1923, bien que certaines traditions religieuses continuent d'utiliser l'ancien calendrier julien.

Malgré ses améliorations, le calendrier grégorien présente encore certaines irrégularités, notamment en raison de la variation du nombre de jours dans les mois, ce qui fait que les dates ne correspondent pas toujours aux mêmes jours de la semaine d'une année à l'autre. Plusieurs propositions de réforme ont été avancées, telles que des calendriers à mois égaux ou à trimestres identiques, mais aucune n'a encore été adoptée de manière universelle.

Calendriers religieux

Le calendrier grégorien est avant tout un calendrier chrétien largement utilisé dans le monde occidental. Le calendrier liturgique de l'Église précise non seulement les jours saints, mais aussi les fêtes dédiées aux saints ainsi que les principales célébrations religieuses, en indiquant les correspondances avec les dates du calendrier civil. Certaines fêtes sont fixées à des dates immuables, comme Noël, célébré chaque année le 25 décembre, tandis que d'autres sont mobiles et varient selon les années, notamment celles qui dépendent de la date de Pâques, déterminée par des calculs astronomiques complexes. Après la Réforme, l'Église luthérienne allemande, tout comme l'Église d'Angleterre et plusieurs Églises anglicanes, conservèrent en grande partie le calendrier romain. En revanche, l'Église protestante épiscopalienne privilégia uniquement les fêtes directement issues des Saintes Écritures. Les principales fêtes du calendrier chrétien comprennent, dans leur ordre liturgique, l'Avent, période de préparation spirituelle, Noël, l'Épiphanie, le Vendredi saint, Pâques, l'Ascension, la Pentecôte et la Trinité, chacune ayant une signification théologique et symbolique particulière.

Le calendrier juif, issu de l'ancien calendrier hébraïque, est resté pratiquement inchangé depuis environ 900 après J.-C., ce qui témoigne de sa stabilité et de sa cohérence interne. Il constitue aujourd'hui le calendrier officiel de l'État d'Israël, tout en demeurant le calendrier religieux de référence pour les communautés juives à travers le monde. Ce calendrier est de type luni-solaire, c'est-à-dire qu'il combine les cycles de la Lune et du Soleil afin de maintenir les fêtes religieuses en accord avec les saisons. Les mois y durent alternativement 29 et 30 jours, reflétant les phases lunaires. Afin de corriger le décalage entre l'année lunaire et l'année solaire, un mois supplémentaire est ajouté périodiquement, généralement tous les trois ans, selon un cycle de 19 ans appelé cycle de Méton, ce qui permet d'assurer une synchronisation durable avec le calendrier solaire.

Le calendrier musulman, également appelé calendrier islamique, prend pour point de départ l'an 622, date correspondant à l'hégire, c'est-à-dire la migration du prophète Mahomet de La Mecque vers Médine. Ce calendrier est strictement lunaire et comporte 12 mois, chacun basé sur les phases de la Lune. L'année islamique s'inscrit dans un cycle de 30 ans, au sein duquel certaines années, précisément les 2e, 5e, 7e, 10e, 13e, 16e, 18e, 21e, 24e, 26e et 29e années, sont dites bissextiles et comptent 355 jours, tandis que les autres années en comptent 354. En raison de cette structure, les mois islamiques se déplacent progressivement par rapport aux saisons. Il est possible d'estimer la correspondance entre une date musulmane et une date du calendrier grégorien en utilisant une formule mathématique approchée : il suffit de multiplier l'année musulmane par 0,970224, puis d'ajouter 621,5774. La partie entière du résultat correspond à l'année grégorienne, tandis que la partie décimale, multipliée par 365, donne le jour approximatif dans l'année.

Dans le calendrier chinois traditionnel, on retrouve également une combinaison de cycles lunaires et solaires. Un cycle complet de 19 années comprend 12 années ordinaires composées de 12 mois lunaires et 7 années comportant un mois intercalaire supplémentaire, portant leur total à 13 mois. Ce système permet d'harmoniser les cycles lunaires avec l'année solaire, tout en conservant des repères culturels et astrologiques importants.

Voir aussi les articles consacrés à l'hégire pour le calendrier musulman et au calendrier républicain pour le calendrier révolutionnaire français. Enfin, pour obtenir des informations complémentaires sur les calendriers des civilisations précolombiennes, on peut consulter les articles relatifs aux Aztèques et aux Mayas, qui ont développé des systèmes calendaires particulièrement élaborés et sophistiqués.



Dernière mise à jour : Samedi, le 14 avril 2026