folkloriques, danses
folkloriques, danses, les danses folkloriques désignent un ensemble de danses de divertissement ou de cérémonie, profondément enracinées dans les traditions d'une communauté donnée et généralement exécutées par les membres de cette même communauté. Elles constituent un élément essentiel du patrimoine culturel immatériel, reflétant à la fois l'histoire, les valeurs et les modes de vie des groupes sociaux qui les pratiquent.
Plusieurs critères permettent de distinguer les danses folkloriques des autres formes de danse, bien que ces critères ne soient pas toujours absolus. On considère, par exemple, que les danseurs appartiennent souvent à une même classe sociale ou proviennent d'aires géographiques proches, ce qui favorise une certaine homogénéité culturelle. Les pas sont en général simples, répétitifs et accessibles, afin que chaque membre de la communauté puisse participer activement à la danse sans formation technique approfondie.
De plus, ces danses ne nécessitent pas nécessairement la présence d'un public extérieur, car elles sont avant tout destinées à ceux qui les pratiquent. Elles se transmettent également de génération en génération, souvent de manière orale ou par imitation, sans passer par une codification écrite. Toutefois, chacun de ces critères connaît des exceptions : certaines danses folkloriques peuvent être complexes, exécutées devant un public ou encore pratiquées en dehors de leur région d'origine. Il existe également des recoupements avec d'autres genres chorégraphiques, ce qui rend leur définition parfois délicate.
Contexte des danses folkloriques
Participants
Les danses folkloriques sont parfois associées à des communautés agricoles soudées, vivant selon des traditions anciennes. Cette vision correspond à la structure sociale de l'Europe préindustrielle, où une distinction nette existait entre les classes paysannes et l'aristocratie. Cependant, cette définition ne suffit pas à rendre compte de la réalité contemporaine.
Dans les sociétés modernes et urbanisées, certaines populations continuent de pratiquer des danses folkloriques introduites par des migrants venus de régions rurales ou de pays étrangers. Ces pratiques, bien que transplantées en milieu urbain, conservent leur caractère folklorique, car elles restent liées à une identité culturelle spécifique. De même, dans de nombreuses régions d'Afrique, des danses traditionnelles existent sans qu'il y ait eu historiquement une séparation comparable entre paysannerie et aristocratie, ce qui montre que le phénomène dépasse largement le cadre européen.
On considère souvent que les danses folkloriques ont pour but principal le plaisir des participants, et qu'elles n'ont pas vocation à constituer un spectacle destiné à un large public. Toutefois, ce critère peut être discuté. Si l'on se base uniquement sur le plaisir qu'elles procurent, ces danses se rapprochent alors de certaines danses de loisir modernes, comme la valse ou le disco.
Par ailleurs, certaines danses folkloriques possèdent une dimension rituelle ou cérémonielle et attirent, depuis longtemps, un public local, même s'il reste informel. C'est le cas, par exemple, des Morris dances en Grande-Bretagne ou des caluçarii en Roumanie, qui sont liées à des traditions anciennes et à des événements spécifiques. Lorsqu'une danse folklorique est adaptée pour la scène et présentée dans un cadre spectaculaire, elle peut perdre une partie de sa signification originelle, même si les pas et les gestes sont fidèlement reproduits.
Contrairement à l'idée reçue selon laquelle ces danses seraient simples et répétitives, certaines d'entre elles peuvent atteindre un niveau élevé de complexité. Elles peuvent inclure des variations techniques exigeantes, voire des solos virtuoses, comme dans le cas des Highland flings d'Écosse. De plus, bien que ces danses soient généralement considérées comme non professionnelles, certaines personnes en font leur métier en adaptant ces traditions pour des représentations scéniques.
Tradition
Les danses folkloriques sont également définies par leur mode de transmission. Elles se transmettent d'une génération à l'autre sans que l'on puisse en attribuer la création à un chorégraphe identifiable. Leur origine est collective et anonyme, ce qui les distingue des oeuvres chorégraphiques modernes.
Il existe toutefois des parallèles avec certaines danses populaires de société, comme le jitterbug, dont les créateurs restent également inconnus. Cependant, ces danses ne sont pas considérées comme folkloriques, car leur popularité est souvent éphémère et ne s'inscrit pas dans une tradition durable.
Les relations entre danses folkloriques, danses populaires et danses de cour peuvent être étroites. Certaines formes ont évolué d'un contexte à un autre au fil du temps. Ainsi, la valse, à l'origine danse villageoise des régions alpines, est devenue une danse de société très prisée dans les milieux urbains pendant plus d'un siècle.
Pour mieux comprendre la nature des danses folkloriques, il est utile de distinguer deux périodes dans leur évolution. Dans une première phase, elles font partie intégrante de la vie quotidienne d'une communauté. Elles participent à l'éducation des jeunes et évoluent naturellement avec le temps, en fonction des pratiques et des influences locales.
Dans une seconde phase, ces danses quittent leur contexte d'origine et sont pratiquées dans d'autres cadres, tels que des clubs urbains, des festivals ou des spectacles. Elles peuvent alors être enseignées de manière formelle, dans des écoles ou des ateliers spécialisés. À ce stade, elles cessent généralement d'évoluer de manière organique, mais donnent lieu à des variantes ou à des adaptations, parfois éloignées de la tradition initiale.
Rôle des danses folkloriques dans la société
Au cours de leur première période d'existence, les danses folkloriques sont souvent liées à des événements spécifiques de la vie communautaire, tels que les fêtes, les célébrations saisonnières, les rites religieux ou les moments marquants de la vie sociale. Elles peuvent également être propres à certains groupes particuliers, définis par l'âge, le sexe ou la fonction sociale.
Ainsi, les danses folkloriques jouent un rôle fondamental dans la cohésion sociale, en renforçant les liens entre les membres d'une communauté et en transmettant des valeurs culturelles communes. Elles constituent un moyen d'expression collective, permettant de partager des émotions, de célébrer des traditions et de perpétuer une identité culturelle à travers le temps.
Conditions de participation
La plupart des danses folkloriques sont ouvertes à l'ensemble des membres d'une communauté qui souhaitent y participer, sans exigence technique particulière dans leur forme la plus traditionnelle. Elles reposent souvent sur une logique d'inclusion, où la pratique collective prime sur la performance individuelle. Toutefois, certaines restrictions peuvent exister selon différents critères tels que l'âge, le sexe, les aptitudes physiques ou encore le statut social des participants.
Dans certains cas, les rondes, qui présentent un caractère ludique et proche du jeu collectif, sont principalement réservées aux enfants. D'autres formes de danses sont exclusivement pratiquées par des adultes, ou encore par des catégories spécifiques de la population, comme les jeunes filles célibataires, par exemple dans le cas du rejang balinais. Il est également fréquent que les hommes et les femmes dansent séparément, selon des traditions sociales ou culturelles bien établies.
Certaines danses exigent en outre que les participants aient atteint un certain statut social ou occupent une fonction rituelle particulière au sein de la communauté. Dans ces contextes, la danse devient un marqueur d'appartenance ou de hiérarchie sociale.
Par ailleurs, des clubs, fraternités ou sociétés secrètes détiennent parfois l'exclusivité de certaines pratiques chorégraphiques. C'est le cas, par exemple, des concheros mexicains ou des kachina chez les Indiens Pueblos, où la danse est réservée à des groupes initiés. Dans d'autres situations, des ensembles structurés, comme les adeptes de la Morris Dance à la fin du XIXe siècle, organisent entre eux des rencontres ou des concours afin de perfectionner et d'enrichir leur répertoire commun, contribuant ainsi à la transmission et à l'évolution de ces traditions.
Les occasions de danser
Dans les sociétés traditionnelles, la danse est étroitement liée aux événements collectifs et aux moments importants de la vie sociale. Elle est fréquemment pratiquée à l'occasion de fêtes religieuses ou civiles, mais également lors des étapes marquantes de l'existence individuelle et communautaire.
Des danses accompagnent aussi des cérémonies organisées par des groupes spécifiques liés par un métier, un statut social, une appartenance religieuse ou encore des liens familiaux, d'âge ou de genre. Elles constituent alors un élément essentiel du rituel social, renforçant la cohésion du groupe.
Les danses folkloriques peuvent revêtir un caractère religieux ou profane, bien que cette distinction soit souvent difficile à établir dans les sociétés traditionnelles, où la religion est omniprésente et profondément intégrée à la vie quotidienne. Dans de nombreux cas, les danses rituelles possèdent également une dimension sociale forte, ce qui a permis à certaines d'entre elles, initialement pratiquées dans un cadre cultuel, de survivre jusqu'à aujourd'hui sous forme de simples divertissements ou de représentations culturelles.
Danses saisonnières
Les danses saisonnières sont liées à des événements cycliques qui rythment la vie des communautés. Elles sont souvent associées à des activités économiques essentielles, telles que l'agriculture, la chasse ou la pêche, et marquent les différentes étapes de ces cycles de production.
D'autres danses célèbrent les changements de saisons, les phases de la lune ou encore les grandes dates du calendrier religieux, politique ou social. Elles participent ainsi à l'organisation symbolique du temps dans les sociétés traditionnelles.
Le cycle agricole, notamment les moments du labourage, des semailles ou de la moisson, a donné naissance à un grand nombre de danses rituelles et festives. Lors des semailles, les chorégraphies sont souvent associées à des symboles de fertilité et de renouveau. Au printemps, période marquant le réveil de la nature et l'apparition des premiers fruits, certaines danses prennent la forme de représentations symboliques d'un affrontement entre l'hiver et l'été.
Ces oppositions saisonnières se retrouvent dans de nombreuses traditions, notamment dans les danses opposant Maures et Chrétiens, présentes dans les Balkans et en Amérique latine. Le printemps est également la période des carnavals, souvent accompagnés de ballets rituels ou de formes plus laïques de célébration. Ces événements donnent lieu à des rites de renversement des valeurs sociales, durant lesquels pitres et mimes s'adonnent à des performances satiriques, burlesques et parfois volontairement désordonnées.
À la fin du printemps, diverses fêtes célèbrent le renouveau de la nature avec une abondance de symboles de fertilité. Les périodes de récolte constituent également des occasions importantes de danse, marquant la fin du cycle agricole et la gratitude collective.
Dans les sociétés de chasseurs, les cycles annuels sont quant à eux liés aux migrations et aux comportements saisonniers des animaux. Les danses qui en dérivent imitent souvent ces mouvements naturels et peuvent avoir une fonction symbolique, magique ou simplement divertissante.
Rites de passage
Les grandes étapes de l'existence humaine - naissance, initiation, mariage, ascension sociale et décès - constituent une autre catégorie essentielle d'événements associés aux danses folkloriques. Ces rites de passage sont fréquemment accompagnés de pratiques chorégraphiques qui marquent symboliquement la transition d'un état à un autre.
Les mariages comptent parmi les occasions de danse les plus répandues dans de nombreuses cultures. Les futurs époux ne participent pas toujours aux mêmes danses : par exemple, en Écosse, la mariée exécute souvent la reel avec ses demoiselles d'honneur, tandis que d'autres danses impliquent les invités ou les familles respectives. Bien que certaines danses de noces puissent avoir une dimension symbolique ou religieuse, elles ont le plus souvent un rôle festif et récréatif.
Les danses funèbres, quant à elles, sont moins fréquentes et varient fortement selon les cultures. Leur tonalité peut être grave et solennelle, comme chez les Torajas de l'île de Célèbes (Sulawesi), ou au contraire joyeuse et festive, comme dans certaines cérémonies de crémation balinaises, où la danse accompagne la célébration du passage de l'âme.
Les danses initiatiques sont généralement considérées comme distinctes des danses folkloriques, car elles relèvent souvent de traditions tribales ou religieuses spécifiques et remplissent une fonction rituelle précise. Lors de l'accès à un nouveau statut social, comme l'intronisation d'un roi au Swaziland, le bénéficiaire peut exécuter une danse solo exprimant sa puissance, son autorité ou au contraire son humilité. Dans d'autres contextes, c'est la communauté entière qui danse pour célébrer les nouveaux promus, comme lors des bals d'inauguration aux États-Unis.
Fonctions
Au-delà des dimensions rituelles liées aux cycles agricoles ou aux étapes de la vie, les danses folkloriques remplissent de nombreuses fonctions sociales et culturelles. Elles peuvent être des moyens de séduction, d'expression individuelle, de compétition ou simplement de divertissement, cette dernière fonction étant sans doute la plus répandue.
Certaines danses reproduisent ou stylisent les gestes du travail quotidien, transformant des activités pénibles en mouvements rythmés et harmonisés. C'est le cas, par exemple, des danses liées au repiquage du riz au Japon ou du renningen en Suède, associé aux gestes du tissage.
Enfin, les danses folkloriques jouent un rôle essentiel dans la création et le maintien du sentiment d'appartenance communautaire. Même lorsque leurs fonctions originelles disparaissent, comme dans le cas de danses rurales transférées en milieu urbain à la suite de l'exode rural, elles continuent de véhiculer une identité collective. Elles permettent ainsi aux danseurs de maintenir un lien symbolique avec leur région, leur culture ou leur nation, tout en contribuant à la transmission vivante du patrimoine immatériel.
Mouvements, musique et accessoires
Les danses folkloriques, présentes dans presque toutes les régions du monde, sont extrêmement diverses, ce qui rend leur définition difficile à établir de manière rigoureuse, si ce n'est en termes très généraux. Elles présentent une grande variété de styles, de formes d'expression et de dispositions spatiales des danseurs, reflétant les cultures locales dans lesquelles elles s'inscrivent.
Dans certaines traditions, les danseurs participent eux-mêmes à l'accompagnement musical, intégrant ainsi le son et le mouvement dans une même performance. Les costumes, les objets et les accessoires utilisés jouent également un rôle important dans la diversité de ce genre chorégraphique, en contribuant à son identité visuelle et sonore. Malgré cette grande variété, il est possible d'identifier certaines constantes fondamentales, même si des exceptions existent dans presque toutes les cultures.
Mouvements du corps
Les danses folkloriques étant conçues pour permettre la participation du plus grand nombre, elles reposent souvent sur des mouvements relativement simples, organisés en enchaînements courts et répétitifs. Ces séquences sont généralement faciles à mémoriser et à reproduire, ce qui favorise leur transmission collective.
Cependant, dans la majorité des sociétés, il existe une large gamme de danses folkloriques allant de formes très élémentaires à des structures beaucoup plus complexes et techniques. Les cultures occidentales ont principalement développé des pas codifiés et structurés, tandis qu'en Asie, en Afrique et en Océanie, la danse mobilise souvent l'ensemble du corps, avec une forte implication des bras, du torse et parfois même de la tête.
Dans de nombreuses traditions, hommes et femmes dansent selon des styles distincts, reflétant des rôles sociaux différenciés. Ainsi, les hommes privilégient souvent des mouvements puissants, avec des frappes de pieds énergiques et des sauts spectaculaires, comme dans le halling norvégien ou la lezghinka caucasienne. À l'inverse, les femmes adoptent généralement un style plus fluide et gracieux, avec des pas plus légers, des déplacements plus fins et des mouvements moins amples, privilégiant l'élégance et la continuité du geste.
Toutefois, certaines danses, comme le Square Dance américain, montrent une coordination totale entre hommes et femmes, qui exécutent les mêmes pas et mouvements de manière synchronisée, illustrant une forme d'égalité chorégraphique.
Disposition spatiale
La disposition des danseurs dans l'espace constitue un élément essentiel des danses folkloriques, souvent chargé de significations symboliques. Les formations varient considérablement selon les cultures et les contextes.
La forme circulaire est probablement la plus répandue. Elle favorise un sentiment d'unité et de cohésion entre les participants. À l'origine, ces cercles pouvaient symboliser la course du soleil ou de la lune, intégrant ainsi une dimension cosmologique à la danse. Parfois, ces formations circulaires tournent autour d'un élément central symbolique, comme un mât décoré de rubans.
Parmi les exemples de ce type de danse figurent le kolo serbe et la hora roumaine, qui illustrent parfaitement la dynamique collective du cercle.
Dans d'autres cas, les danseurs se déplacent en file indienne ou en lignes. Ces formations peuvent être droites, sinueuses ou en spirale, et sont souvent dirigées par un meneur. Les participants se tiennent par différentes parties du corps : mains, bras, taille, épaules ou ceinture, comme dans de nombreuses danses grecques traditionnelles. Il existe également des formes où les danseurs ne se touchent pas, tout en conservant une coordination collective.
Une autre configuration, plus rare, se retrouve dans certaines danses campagnardes britanniques, où les danseurs sont disposés en deux lignes parallèles. Hommes et femmes se font face et échangent leurs positions selon des schémas complexes et codifiés.
Dans certaines traditions océaniques, les danseurs sont organisés en plusieurs lignes parallèles et exécutent des mouvements synchronisés tout en restant sur place. Cette organisation peut concerner des danses mixtes ou non mixtes.
Les danses en couple présentent également une grande diversité de formes. Certaines, comme le Quadrille, le Square Dance ou la Country Dance, impliquent des échanges réguliers de partenaires. Dans d'autres cas, les couples restent unis tout au long de la danse, comme dans de nombreuses danses de salon.
La disposition spatiale peut évoluer au cours d'une même danse : les couples commencent parfois sur un cercle, puis se regroupent pour former des étoiles ou des roues, avant de revenir à des cercles simples ou concentriques. Dans d'autres contextes, les déplacements sont plus libres, comme dans la valse, où les couples suivent une trajectoire circulaire générale, ou dans les danses de discothèque modernes, où aucune organisation collective stricte n'est imposée.
Les danses individuelles, enfin, peuvent être exécutées en solo ou simultanément par plusieurs danseurs. Elles sont souvent plus techniques et complexes, permettant une grande virtuosité. Parmi elles figurent la danse des épées écossaise ou le gillie callum, où le danseur exécute des pas précis entre une épée et son fourreau posés au sol, ainsi que les claquettes, qui reposent sur la maîtrise du rythme produit par les pieds.
Plus une danse est difficile, plus elle est susceptible d'être présentée sur scène, où la virtuosité devient un élément central de la performance.
Éléments narratifs
Les danses folkloriques sont généralement dépourvues de narration explicite, se concentrant davantage sur le rythme, le mouvement et la répétition. Toutefois, certaines traditions constituent des exceptions notables.
C'est le cas du hula hawaïen, des chants mimés maoris ou encore de certaines danses indonésiennes, dans lesquelles les gestes des danseurs illustrent directement les paroles chantées. Dans ces formes, la danse devient un langage narratif à part entière.
Dans certaines danses d'épées européennes, les participants mettent en scène des récits, des personnages ou des actions symboliques, souvent liés à des traditions populaires ou rituelles. De même, on trouve dans plusieurs cultures des danses de combat, des danses de clowns ou encore des danses imitant le comportement des animaux, parfois à l'aide d'accessoires comme des chevaux de bois.
Certaines de ces formes se sont développées de manière autonome, sans influence extérieure identifiable. C'est le cas de certaines danses de bâtons pratiquées en Égypte, en Nouvelle-Zélande ou en Grande-Bretagne, qui témoignent d'une créativité locale indépendante.
Accompagnement musical
Si certaines danses folkloriques peuvent exister sans accompagnement sonore structuré, la grande majorité d'entre elles entretient un lien étroit et fondamental avec la musique. La dimension musicale est souvent essentielle à leur compréhension et à leur exécution.
De nombreuses danses sont associées à des formes musicales spécifiques, caractérisées par une mesure, un rythme et une structure déterminés. Par exemple, la valse et la mazurka reposent toutes deux sur une organisation en trois temps. Toutefois, dans la mazurka, le deuxième temps est particulièrement accentué, à la fois par la musique et par les pas du danseur.
Dans certaines régions, notamment dans les Balkans, les danses folkloriques se caractérisent par des rythmes complexes, souvent syncopés et irréguliers, qui demandent une grande maîtrise rythmique.
Il est fréquent qu'à une danse corresponde un air ou un chant spécifique, étroitement lié à son exécution. Inversement, une même composition musicale peut accompagner plusieurs danses différentes, ou une danse donnée peut être exécutée sur diverses mélodies selon les régions ou les traditions.
Les danseurs eux-mêmes participent souvent à l'accompagnement musical, ce qui constitue une caractéristique essentielle de la danse folklorique. Ils utilisent des instruments ou objets sonores tels que des crécelles, des castagnettes ou des accessoires fixés aux vêtements. C'est le cas des pagnes des danseurs de hula, qui produisent un son caractéristique, ou des clochettes attachées aux jambes dans les Morris dances.
Les sons produits par les chaussures jouent également un rôle important. Les frappes de pieds, les semelles de bois ou les chaussures spécialisées comme celles des claquettes deviennent parfois l'élément central de la performance, transformant le mouvement en véritable production sonore.
Les danseurs peuvent également produire des sons en claquant des doigts, en frappant des mains ou en utilisant leur corps comme instrument, comme dans le Schuhplattler bavarois, où les danseurs frappent différentes parties de leur corps. Dans les danses d'épées ou de bâtons, les armes elles-mêmes deviennent des instruments rythmiques.
Enfin, de nombreuses danses incluent une dimension vocale : les participants chantent, scandent des rythmes ou émettent des cris et vocalises, comme dans les traditions tyroliennes, renforçant ainsi la dimension collective et expressive de la performance.
Costumes
L'habillement des danseurs exerce une influence directe et importante sur la nature, l'amplitude et la qualité de leurs mouvements. Les costumes ne sont pas seulement décoratifs : ils conditionnent parfois la gestuelle elle-même et orientent la chorégraphie.
Ainsi, dans certaines traditions, les vêtements imposent des contraintes physiques significatives. Par exemple, les femmes japonaises portant des kimonos étroits voient leurs déplacements limités, ce qui influence la manière dont elles exécutent les pas, les rotations ou les inclinaisons du corps. Dans d'autres cas, les éléments du costume deviennent des accessoires chorégraphiques à part entière. La manipulation de jupes longues, de foulards, de capes ou d'autres pièces vestimentaires fait pleinement partie de la danse, comme dans la cueca chilienne, exécutée en couple, où le jeu avec le tissu participe au dialogue entre les danseurs.
Les costumes folkloriques sont souvent caractérisés par des couleurs vives, des motifs distinctifs et une grande richesse visuelle, ce qui renforce l'impact esthétique des performances. Ils contribuent à l'identité culturelle de la danse et facilitent sa reconnaissance immédiate.
Cependant, avec l'évolution des sociétés contemporaines, les modes vestimentaires se sont largement uniformisées à travers le monde. Dans de nombreux contextes modernes, les danseurs portent simplement leurs vêtements quotidiens pour danser, sans costume spécifique. Lors d'occasions plus formelles ou festives, ils peuvent revêtir des habits plus élaborés, mais ceux-ci restent généralement proches des styles vestimentaires contemporains.
Malgré cette tendance à l'uniformisation, le costume traditionnel conserve une importance particulière dans certaines danses modernisées ou réinterprétées. Il permet alors de souligner l'origine historique ou culturelle de la danse, même lorsque celle-ci a évolué dans sa forme ou son contexte.
Dans certains cas, l'identité d'une danse est aujourd'hui davantage reconnue par le costume que par les mouvements eux-mêmes, ce qui montre l'importance persistante de l'aspect visuel dans la transmission des traditions.
Tendances contemporaines
Au cours des derniers siècles, les danses folkloriques ont été profondément transformées sous l'effet de nombreux facteurs historiques, sociaux et culturels. L'industrialisation progressive des sociétés a entraîné un exode rural massif, provoquant une rupture avec les modes de vie agricoles traditionnels. Dans ce contexte, les danses liées aux activités rurales, aux saisons ou aux coutumes communautaires ont progressivement perdu leur fonction originelle et leur signification première.
Parallèlement, l'évolution rapide de la vie urbaine a favorisé l'apparition de nouvelles formes de danses, adaptées aux environnements modernes et aux nouveaux modes de sociabilité. La colonisation a également joué un rôle déterminant dans ces transformations, en mettant en contact des traditions chorégraphiques différentes. Dans de nombreux cas, les formes de danse indigènes ont fusionné avec les danses introduites par les colonisateurs, donnant naissance à des styles hybrides.
Aux Philippines, par exemple, de nouvelles formes chorégraphiques sont apparues à la suite de l'influence combinée des traditions espagnoles et islamiques sur les styles de danse locaux, créant un métissage culturel riche et complexe.
Tout au long de l'histoire, les danses ont circulé entre les pays et les régions, mais ce phénomène s'est considérablement accéléré au XXe siècle avec le développement massif des transports internationaux et des moyens de communication modernes. Les échanges culturels se sont intensifiés, favorisant la diffusion rapide des styles de danse à travers le monde.
Certaines régions, notamment l'Amérique du Nord, sont devenues des espaces particulièrement riches en diversité chorégraphique, en raison de l'immigration massive de populations d'origines variées, apportant avec elles leurs traditions dansées. Certaines de ces danses ont disparu avec le temps, mais d'autres ont été préservées et transmises.
Dans ce contexte de métissage, de nouvelles formes de danse ont émergé à partir de la fusion d'éléments issus de traditions différentes. La Square Dance, par exemple, résulte de la combinaison de plusieurs styles issus de groupes culturels distincts. De même, les claquettes trouvent leurs origines dans un mélange probable entre les danses britanniques, comme les gigues exécutées en sabots, et des influences rythmiques provenant d'Afrique occidentale.
Enfin, depuis environ un siècle, les danses folkloriques connaissent un renouveau significatif, tant dans leurs régions d'origine que dans leurs pays d'adoption. Les groupes qui les pratiquent contribuent ainsi à la préservation de leur patrimoine culturel tout en affirmant leur identité collective et en exprimant leur fierté nationale à travers la danse.