mortier (maçonnerie)
mortier (maçonnerie), matériau de construction obtenu par le mélange d'un liant, généralement de la chaux ou du ciment, avec du sable et de l'eau. Il est utilisé depuis l'Antiquité pour assembler les briques, les pierres et divers éléments de maçonnerie, mais également comme enduit de protection ou de finition sur les murs et les plafonds. Grâce à sa capacité à durcir après sa mise en oeuvre, le mortier assure la cohésion des ouvrages et contribue à leur stabilité, à leur étanchéité et à leur durabilité.
Le mortier joue un rôle fondamental dans la construction. Placé entre les éléments de maçonnerie, il permet de compenser les irrégularités de surface, de répartir les charges et d'assurer une liaison solide entre les matériaux. Il sert également à combler les joints, à sceller certaines pièces de construction et à réaliser des couches de finition destinées à protéger les ouvrages contre les intempéries et l'usure.
Le mortier de chaux est l'une des formes les plus anciennes de mortier. Il est constitué principalement de sable et de chaux éteinte, ou hydroxyde de calcium (Ca(OH)2), substance blanche obtenue par l'action de l'eau sur la chaux vive. Pour préparer ce mortier, on mélange généralement un volume de chaux éteinte avec trois ou quatre volumes de sable soigneusement tamisé. On ajoute ensuite une quantité d'eau suffisante afin d'obtenir une pâte homogène, souple et facile à appliquer sur les matériaux de construction.
Après sa mise en place, le mortier de chaux durcit progressivement au contact de l'air. Ce phénomène résulte de l'absorption du gaz carbonique atmosphérique par la chaux, qui se transforme lentement en carbonate de calcium. Ce processus, appelé carbonatation, peut se poursuivre pendant une longue période. Grâce à cette propriété, les mortiers de chaux possèdent une certaine souplesse qui leur permet d'accompagner les mouvements naturels des bâtiments anciens sans se fissurer excessivement.
Le mortier de chaux présente toutefois certaines limites. Il ne durcit pas correctement sous l'eau ou dans des environnements constamment saturés d'humidité. Sa résistance mécanique demeure également inférieure à celle des mortiers à base de ciment. Malgré cela, il reste très apprécié dans la restauration du patrimoine historique, car il est compatible avec les matériaux traditionnels tels que la pierre, la brique ancienne ou certains enduits décoratifs.
Le mortier de ciment, apparu plus récemment avec le développement des ciments industriels, offre une résistance beaucoup plus élevée. Il est obtenu en mélangeant du ciment, du sable et de l'eau dans des proportions adaptées à l'usage recherché. Après sa prise, il développe une résistance importante à la compression et aux intempéries, ce qui le rend particulièrement adapté aux ouvrages modernes, aux fondations, aux murs porteurs et aux structures soumises à de fortes contraintes.
Le meilleur mortier de ciment est généralement préparé à partir de ciment Portland, de sable propre, d'eau et d'une faible quantité de chaux. L'ajout de chaux améliore la plasticité du mélange, facilite sa mise en oeuvre et augmente son pouvoir d'adhérence aux matériaux. Cette combinaison permet d'obtenir un mortier à la fois résistant, durable et relativement facile à appliquer sur le chantier.
Selon les besoins, différents types de mortiers peuvent être formulés. Certains sont destinés à la maçonnerie courante, d'autres à la réalisation d'enduits, de joints, de scellements ou encore à des travaux spéciaux nécessitant une résistance accrue à l'eau, au gel ou aux produits chimiques. Des adjuvants peuvent également être incorporés afin de modifier la vitesse de prise, la résistance mécanique ou les propriétés d'étanchéité du matériau.
Aujourd'hui, le mortier demeure l'un des matériaux les plus utilisés dans le domaine du bâtiment et du génie civil. Qu'il soit à base de chaux, de ciment ou d'un mélange des deux, il constitue un élément indispensable à la construction des murs, des fondations, des ouvrages d'art et de nombreux travaux de rénovation. Sa simplicité de fabrication, son coût relativement faible et sa grande polyvalence expliquent son utilisation continue depuis plusieurs millénaires dans les constructions du monde entier.