pêche (industrie)
pêche (industrie), exploitation industrielle et commerciale des êtres vivants qui peuplent les océans, les mers et, plus largement, certains milieux aquatiques. Cette activité englobe la capture, la collecte, la transformation et parfois la première mise en marché des ressources vivantes marines. La chasse aux mammifères marins (comme certaines espèces de phoques ou de cétacés dans des contextes historiques ou spécifiques) ainsi que la récolte du varech et d'autres algues marines font également partie du champ élargi de l'industrie de la pêche. Même si, quantitativement, la pêche amateur ou récréative reste marginale par rapport aux volumes industriels, son importance sociale et économique n'est pas négligeable : environ 10 p. 100 des Français s'y adonnent et près de 20 p. 100 des Américains, ce qui en fait une activité de loisir largement répandue et culturellement significative.
Localisation des pêches
La plupart des pêches ont lieu en mer, mais elles se pratiquent également dans les grands lacs, les estuaires et les rivières, selon les espèces recherchées et les traditions locales. Les eaux froides marines sont généralement plus riches en faune que les eaux chaudes, car elles favorisent la présence de nutriments et une meilleure oxygénation, ce qui soutient des chaînes alimentaires très productives. Les pêches les plus productives s'étendent au-delà des lignes côtières, à environ 80 km du rivage en moyenne, jusqu'à la limite du plateau continental, dans une zone où la profondeur reste généralement inférieure à 200 m. Grâce à des courants marins favorables, à des températures adaptées et à une flore marine abondante (plancton notamment), c'est là que se concentrent la plupart des poissons exploités à grande échelle.
Les zones de pêche sont particulièrement riches dans des régions d'upwelling, où des eaux profondes plus froides et riches en éléments nutritifs remontent vers la surface. Ce phénomène stimule la productivité biologique et attire de grandes quantités de poissons. La majorité des pêches mondiales provient aujourd'hui de régions bien identifiées comme la mer du Nord, la côte occidentale de la Grande-Bretagne, le Grand Banc de Terre-Neuve à l'est du Canada, ainsi que le large de la Nouvelle-Angleterre. On retrouve aussi d'importantes zones de pêche sur les côtes du Pacifique du sud-ouest des États-Unis, au large du Chili et du Pérou, dans la mer de Béring, dans le golfe de l'Alaska, autour des côtes du Japon, ainsi que le long des côtes occidentales de l'Afrique australe et des régions de la Mauritanie et du Sénégal.
Ce n'est que depuis quelques décennies que les pêcheries se sont également développées dans les régions tropicales : auparavant, elles concernaient surtout l'hémisphère Nord, où les eaux sont plus froides ou tempérées et plus riches en certaines espèces commerciales. Les zones de l'hémisphère Sud ont connu un développement important, mais fournissent encore moins d'un cinquième des pêches mondiales, ce qui reste relativement faible par rapport à l'immensité des surfaces océaniques concernées. L'océan Indien, en particulier, est probablement encore bien en dessous de son potentiel maximal d'exploitation en raison de contraintes technologiques et économiques.
Ce n'est que grâce à l'utilisation de très grands bateaux industriels et de techniques modernes de navigation et de détection (radars, sonars, satellites) qu'il a été possible de pêcher en grande quantité des poissons vivant à grande profondeur ou loin des côtes, au-delà du plateau continental. Toutefois, aujourd'hui encore, près de 95 p. 100 de la production piscicole mondiale proviennent de seulement 10 à 12 p. 100 de la surface des océans, ce qui illustre une forte concentration des activités de pêche. Le Pacifique fournit plus de la moitié du tonnage de poisson pêché, l'Atlantique un peu moins de 40 p. 100, tandis que l'océan Indien ne totalise qu'environ 5 p. 100 des captures mondiales.
La pêche d'eau douce représente environ 1/6 de la pêche d'eau de mer (soit environ 9 millions de tonnes), mais elle joue un rôle important dans l'alimentation locale de nombreuses régions. Les mers et les océans ont un rendement généralement situé au-dessous d'1 kg/ha, alors que les grands lacs offrent en moyenne un rendement de 5 kg/ha, et que certains petits plans d'eau très productifs peuvent atteindre jusqu'à 300 kg/ha dans des conditions particulièrement favorables.
Types de poissons pêchés
Les poissons qui fréquentent les eaux superficielles sont dits pélagiques : ils vivent en pleine eau, sont généralement migrateurs et voyagent souvent en bancs importants. Parmi eux, on trouve des espèces comme le thon, le saumon, l'anchois, la sardine et le hareng, qui constituent des ressources majeures pour la pêche industrielle mondiale. Les poissons benthiques, quant à eux, vivent à proximité ou sur le fond des océans ; ils sont souvent moins grégaires et ont des comportements plus territoriaux. Ce groupe comprend notamment la morue, le flétan, la sole, le haddock et le carrelet, espèces très recherchées sur les marchés internationaux.
Les invertébrés marins sont également abondamment représentés dans l'océan mondial, mais ils ne constituent qu'un faible pourcentage du poids total des captures, bien qu'ils aient une grande valeur économique. Ils sont surtout pêchés dans des eaux peu profondes ou côtières, où ils sont plus accessibles. On distingue notamment les crustacés comme les crevettes et les crabes, les coquillages tels que les mollusques bivalves (palourdes, moules, huîtres), ainsi que les mollusques céphalopodes comme les encornets et les calmars, qui font l'objet d'une pêche spécialisée.
Méthodes de pêche
Dans la pêche commerciale moderne, les filets sont soit tirés à la surface, soit chalutés le long du fond ou dans la colonne d'eau, selon les espèces ciblées et les techniques utilisées. Le filet de surface le plus rentable est la senne, un long filet ressemblant à un rideau géant suspendu dans l'eau par des flotteurs et parfois alourdi par des plombs. Il est remorqué sur un parcours circulaire afin d'encercler un banc de poissons, puis fermé par traction au fond, à la manière des cordons d'une bourse, ce qui permet de concentrer les captures.
L'araignée est un filet plus fin à mailles carrées, conçu de manière à laisser passer la tête du poisson mais à retenir l'animal par les branchies et les nageoires. Ces filets peuvent être utilisés en surface pour les poissons pélagiques, mais aussi fixés ou ancrés au fond pour capturer des espèces benthiques selon les besoins de la pêche.
Le chalut de mer est un grand filet en forme de poche, souvent constitué de deux panneaux latéraux, qui est traîné par un chalutier entre deux eaux ou sur le fond marin. Il permet de capturer une grande variété d'espèces, notamment des poissons benthiques comme la morue, et constitue l'un des outils principaux de la pêche hauturière industrielle. Il est remorqué par de longs câbles robustes, et son ouverture est maintenue par des panneaux divergents. Pour certaines espèces rapides ou dispersées, comme le thon, ou pour des espèces de fond comme le flétan, on utilise également des lignes longues munies d'hameçons appâtés, parfois étendues sur plusieurs kilomètres et fixées à des bouées ou à des structures flottantes.
Les mollusques et crustacés de haute mer sont généralement ramassés à l'aide de dragues motorisées, qui raclent le fond marin. Plus près du rivage, les huîtres sont également collectées par dragage ou à l'aide de pinces longues. Les palourdes intertidales sont pêchées à marée basse avec des râteaux spécialisés à dents longues. Les crabes sont capturés dans des pièges en fils métalliques ou des casiers, tandis que les homards sont piégés dans des nasses en bois ou en métal. Enfin, certaines espèces comme les calmars sont attirées par de fortes lumières artificielles, puis capturées à l'aide de filets ou de systèmes d'aspiration puissants embarqués sur les navires.