route
route, voie de communication terrestre aménagée pour permettre la circulation des personnes, des animaux et des véhicules entre différentes localités, régions ou zones rurales. Elle constitue l'un des éléments essentiels des infrastructures de transport et joue un rôle fondamental dans le développement économique, social et culturel des sociétés. Par extension, le terme route est également utilisé dans des domaines variés, comme les routes maritimes empruntées par les navires, les routes aériennes suivies par les avions ou encore les « autoroutes de l'information » qui désignent les réseaux de télécommunications et de transmission des données. En milieu urbain, les routes prennent diverses appellations selon leur importance et leur fonction : rues, ruelles, avenues, boulevards ou quais. Les axes reliant les grandes agglomérations et supportant un trafic important sont généralement appelés autoroutes, voies rapides ou routes express. Ces infrastructures permettent le déplacement rapide des personnes et des marchandises tout en favorisant les échanges commerciaux entre les régions.
Histoire
La route est l'une des plus anciennes réalisations techniques de l'humanité. Son apparition remonte à environ 3500 avant notre ère, principalement en Mésopotamie, où elle servait à assurer l'approvisionnement des premières villes, leur défense et le développement du commerce terrestre. Les travaux étaient souvent réalisés par une main-d'oeuvre très nombreuse, composée notamment d'esclaves ou de travailleurs réquisitionnés par les autorités.
Très tôt, les grandes civilisations comprirent l'importance stratégique des réseaux routiers. Dès le XIe siècle avant J.-C., la Chine développa un vaste système de voies de communication dont l'axe majeur était la célèbre route de la Soie. Cette voie commerciale reliait l'Extrême-Orient à l'Asie centrale, au Moyen-Orient puis à l'Europe. Pendant près de deux millénaires, elle demeura l'une des plus longues et des plus importantes routes commerciales du monde, favorisant les échanges de marchandises, de technologies et de connaissances entre les civilisations.
Sur le continent américain, les Incas réalisèrent eux aussi un remarquable réseau de pistes à travers les Andes. Ces voies permettaient de relier les différentes parties de leur empire malgré un relief particulièrement accidenté. Les chroniqueurs antiques, tels qu'Hérodote et Strabon, mentionnent également l'existence de réseaux routiers sophistiqués dans l'Égypte pharaonique et dans les royaumes de Mésopotamie.
Cependant, ce sont les routes romaines qui ont laissé l'empreinte la plus durable dans l'histoire occidentale. Dès le IVe siècle avant J.-C., les Romains entreprennent la construction d'un réseau routier exceptionnel dont la célèbre voie Appienne constitue l'un des premiers exemples. À l'apogée de l'Empire romain, plus de 80 000 kilomètres de voies principales sillonnent les territoires contrôlés par Rome, auxquels s'ajoutent d'innombrables routes secondaires desservant les provinces. Ces routes étaient conçues selon des méthodes particulièrement avancées pour l'époque : plusieurs couches de pierres concassées et de mortier formaient la structure de la chaussée, tandis qu'une couche supérieure de dalles assurait une surface de roulement durable.
Après la chute de l'Empire romain, l'entretien de ce vaste réseau diminua progressivement et de nombreuses voies se dégradèrent. Toutefois, au Moyen Âge, de nouvelles routes furent aménagées pour répondre aux besoins du commerce et des pèlerinages. Les grandes abbayes contribuèrent à l'entretien et à la création de voies de circulation, tandis que les seigneurs locaux développaient des itinéraires commerciaux reliant les foires et les centres économiques importants.
En France, le réseau routier moderne commence véritablement à prendre forme avec la création du Service des ponts et chaussées en 1728. À la veille de la Révolution française, près de 30 000 kilomètres de routes relient déjà Paris aux principales villes et frontières du royaume. Sous le Premier Empire, Napoléon réorganise l'administration des routes et distingue les routes nationales des routes départementales. Cette organisation constitue la base du réseau routier français contemporain.
Parallèlement, la Grande-Bretagne développe un système mixte associant routes à péage exploitées par des sociétés privées et chemins entretenus localement. La France adopte à son tour une organisation similaire au XIXe siècle grâce au développement des chemins vicinaux, dont la construction mobilise les habitants sous forme de prestations obligatoires. En quelques décennies, plus de 550 000 kilomètres de voies locales sont ainsi aménagés.
Deux innovations techniques majeures favorisent cet essor. La première, élaborée par l'ingénieur français Pierre-Marie-Jérôme Trésaguet au XVIIIe siècle, repose sur une superposition méthodique de couches de pierres de tailles différentes. La seconde, mise au point par l'ingénieur écossais John Loudon McAdam au début du XIXe siècle, consiste à utiliser plusieurs couches de petits cailloux compactés. Ce procédé, appelé macadamisation, se révèle beaucoup moins coûteux et connaît un immense succès dans toute l'Europe.
Les programmes de construction de routes du XXe siècle
Au début du XXe siècle, la diffusion rapide de l'automobile transforme profondément les besoins en infrastructures routières. Les routes conçues pour les véhicules hippomobiles deviennent insuffisantes face à l'augmentation des vitesses et du trafic. Les ingénieurs commencent alors à recouvrir les chaussées de matériaux plus résistants, comme le goudron, les pavés bitumineux et l'asphalte.
Le développement de la bicyclette contribue également à cette évolution. Les cyclistes réclament des surfaces plus régulières et plus confortables, ce qui encourage les pouvoirs publics à moderniser les réseaux existants. Les rouleaux compresseurs mécaniques permettent d'obtenir des chaussées plus homogènes et plus durables.
L'apparition des autoroutes marque une étape majeure dans l'histoire des transports. La première autoroute moderne est construite en Italie en 1920 sous le nom d'« autostrada ». Quelques années plus tard, l'Allemagne développe le vaste réseau des Autobahnen, conçu pour accueillir un trafic intense et permettre des déplacements à grande vitesse. Ces infrastructures comprennent des chaussées séparées, des échangeurs et des voies spécialement adaptées aux véhicules motorisés.
Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pays européens lancent à leur tour d'ambitieux programmes autoroutiers. En France, les grands projets d'autoroutes se développent surtout à partir des années 1960 afin de répondre à la croissance économique, à l'augmentation du parc automobile et à l'expansion des échanges commerciaux.
Les routes modernes
Les routes contemporaines sont le résultat d'études techniques très poussées. Avant toute construction, les ingénieurs analysent les caractéristiques du terrain, la stabilité des sols, les conditions climatiques et le volume de circulation prévu. Ces informations permettent de déterminer la structure optimale de la chaussée.
Les chaussées modernes peuvent être souples ou rigides. Les chaussées souples sont constituées de couches de granulats liés par du bitume provenant du pétrole ou de l'asphalte naturel. Elles présentent l'avantage d'absorber les déformations provoquées par le passage des véhicules et les variations de température. Les chaussées rigides, quant à elles, sont réalisées en béton et offrent une grande résistance aux charges lourdes et à l'usure.
L'épaisseur de la structure routière varie selon l'intensité du trafic. Les routes peu fréquentées nécessitent des couches relativement minces, tandis que les autoroutes et les axes destinés aux poids lourds reposent sur des structures beaucoup plus épaisses, parfois renforcées par des armatures métalliques. Des couches intermédiaires de sable ou de granulats fins assurent une meilleure répartition des charges et améliorent l'adhérence avec le sol naturel.
Les autoroutes modernes sont conçues pour offrir un maximum de sécurité. Leurs courbes présentent de grands rayons afin de permettre une circulation rapide et confortable. Les croisements à niveau sont supprimés et remplacés par des échangeurs. Les chaussées réservées aux sens opposés de circulation sont séparées par un terre-plein central destiné à limiter les risques de collision frontale.
Les accotements larges permettent l'arrêt d'urgence des véhicules en difficulté, tandis que des aires de repos sont aménagées à intervalles réguliers pour les conducteurs. Les systèmes modernes de signalisation, d'éclairage, de surveillance et d'information en temps réel contribuent également à améliorer la sécurité et la fluidité du trafic.
Aujourd'hui, les réseaux routiers constituent un élément essentiel du fonctionnement économique des États. Ils assurent le transport quotidien des personnes, des marchandises et des services, tout en favorisant le développement régional et les échanges internationaux. Le réseau autoroutier français, qui s'étend sur plusieurs milliers de kilomètres, représente l'un des plus importants d'Europe et supporte une part considérable du trafic national.
Voir aussi : Route panaméricaine.