| Fiche technique | |
|---|---|
| Type de produit : | Système d'exploitation |
| Auteur : | Digital Research |
| Date de publication : | 1973 à 1983 |
Introduction
Le CP/M est un système d'exploitation développé par l'entreprise Digital Research, fondée par Gary Kildall au début des années 1970. Son nom est l'abréviation de Control Program for Microcomputers (ou parfois Control Program/Monitor selon les documents historiques). Il fut l'un des tout premiers systèmes d'exploitation largement diffusés pour les micro-ordinateurs équipés de microprocesseurs Intel 8080, Zilog Z80 et de plusieurs processeurs compatibles. Grâce à sa conception relativement simple, portable et modulaire, il est rapidement devenu une référence incontournable dans le monde de la micro-informatique naissante.
Il existe toutefois beaucoup de confusion concernant le nom CP/M, car celui-ci désigne souvent le système d'exploitation CP/M-80, alors qu'il représente en réalité toute une famille de systèmes d'exploitation développés par Digital Research. Au fil des années, de nombreuses variantes furent créées afin de prendre en charge différentes architectures matérielles. On retrouve notamment CP/M-86 pour les processeurs Intel 8086 et 8088, CP/M-8000 destiné au microprocesseur Zilog Z8000 utilisé notamment par l'ordinateur Olivetti M20, CP/M-68K pour la famille Motorola 68000, ainsi que plusieurs autres adaptations destinées à des constructeurs ou à des marchés spécifiques. Malgré leurs différences techniques, toutes ces versions conservent la même philosophie de fonctionnement et une organisation logicielle similaire.
Durant la seconde moitié des années 1970 et au début des années 1980, CP/M s'imposa comme le système d'exploitation de référence pour un très grand nombre de micro-ordinateurs professionnels. Des centaines de fabricants adoptèrent cette plateforme, permettant ainsi à de nombreux logiciels d'être facilement portés d'une machine à une autre. Cette standardisation joua un rôle essentiel dans l'essor de l'industrie de la micro-informatique en offrant aux développeurs une interface relativement uniforme, indépendamment des caractéristiques propres à chaque ordinateur.
L'architecture de CP/M repose sur plusieurs composants bien distincts, notamment le CCP (Console Command Processor) chargé d'interpréter les commandes de l'utilisateur, le BDOS (Basic Disk Operating System) responsable de la gestion des fichiers et des périphériques logiques, ainsi que le BIOS (Basic Input/Output System) adapté spécifiquement au matériel de chaque constructeur. Cette séparation entre les fonctions générales du système et les routines matérielles facilitait grandement le portage de CP/M vers de nouvelles plateformes, puisqu'il suffisait généralement de réécrire uniquement le BIOS pour rendre le système compatible avec un nouvel ordinateur.
Bien que CP/M ait progressivement été remplacé par MS-DOS après l'arrivée de l'IBM PC, son influence demeure considérable dans l'histoire de l'informatique. De nombreux concepts introduits par CP/M, comme l'organisation des fichiers, la ligne de commande, les lettres de lecteurs logiques ou encore certaines commandes système, ont directement inspiré les systèmes d'exploitation qui lui ont succédé. Aujourd'hui encore, CP/M reste un système d'exploitation emblématique, étudié par les passionnés d'informatique rétro et par les historiens des technologies pour son rôle déterminant dans le développement des premiers micro-ordinateurs.