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Fiche
Nom : Alaskacephale
Signification du nom : " Tête d'Alaska "
Classification  : Ordre : Ornithischia
Famille : Pachycephalosauridae
Époque : Crétacé supérieur (Campanien tardif - Maastrichtien, environ 80 à 69 millions d'années)
Habitat : Régions terrestres de haute latitude, correspondant à des environnements froids et saisonniers, avec des plaines alluviales et des forêts boréales du Crétacé, dans la formation de Prince Creek.
Taille adulte : Environ 2,5 à 3 mètres (8 à 10 pieds) de longueur × environ 1,5 à 2 mètres (5 à 6,5 pieds) de hauteur
Poids estimé : Environ 0,3 à 0,5 tonne
Répartition : Amérique du Nord, uniquement connue à ce jour dans l'actuel État de l'Alaska (États-Unis).
Régime alimentaire : Herbivore, se nourrissant probablement de végétaux bas, de feuilles, de fougères et de jeunes pousses adaptés aux environnements froids du Crétacé.
Date de découverte : Décrit officiellement en 2006 (spécimen étudié et mentionné dès 2005).

Alaskacephale

Alaskacephale est un genre de dinosaure appartenant au groupe des pachycéphalosauridés, connu pour leurs crânes épais et souvent ornés. Il a vécu durant la fin du Crétacé supérieur, plus précisément entre le Campanien tardif et le Maastrichtien. Cette période s'étend approximativement de 80 à 69 millions d'années avant notre ère. Alaskacephale se distingue également par son aire géographique très restreinte, puisqu'il n'a été découvert que dans l'actuel État de l'Alaska. Cette localisation en fait un taxon particulièrement intéressant pour comprendre la faune des hautes latitudes à la fin de l'ère des dinosaures. Sa découverte contribue ainsi à enrichir la connaissance des écosystèmes polaires du Crétacé.

Le genre Alaskacephale a été officiellement nommé et décrit par le paléontologue Robert Sullivan en 2006. Le nom générique fait directement référence à l'Alaska, région où les fossiles ont été mis au jour. Ces restes proviennent plus précisément de la formation géologique de Prince Creek, connue pour livrer des fossiles de dinosaures adaptés à des environnements froids et saisonniers. Le nom de l'espèce, gangloffi, rend hommage au paléontologue Roland Gangloff. Ce dernier a joué un rôle important dans l'étude initiale du spécimen avant sa reconnaissance officielle comme nouveau genre. La dénomination scientifique reflète ainsi à la fois le lieu de découverte et l'apport des chercheurs impliqués.

À ce jour, Alaskacephale n'est connu que par un seul spécimen fossile, appelé holotype. Ce fossile correspond à un squamosal gauche presque complet, c'est-à-dire un os situé à l'arrière et sur le côté du crâne. Cet os présente une disposition caractéristique de nodules polygonaux, typiques de certains pachycéphalosauridés. Malgré la nature fragmentaire du matériel, ces éléments osseux se sont révélés suffisamment distinctifs pour justifier la création d'un nouveau genre. La bonne conservation relative de ce squamosal permet d'effectuer des comparaisons détaillées avec d'autres dinosaures à crâne épais. Ainsi, même un fossile isolé peut avoir une grande importance scientifique.

Les dimensions du squamosal indiquent qu'Alaskacephale était un dinosaure de taille moyenne parmi les pachycéphalosauridés. Il aurait mesuré environ la moitié de la taille de Pachycephalosaurus wyomingensis, l'un des représentants les plus massifs du groupe. En comparaison, il atteignait environ les trois quarts de la taille de Prenocephale. Sa taille était également proche de celle de "Prenocephale" edmontonensis et de Foraminacephale. Ces comparaisons permettent de mieux situer Alaskacephale dans l'éventail morphologique de sa famille. Elles suggèrent un animal robuste, mais moins imposant que les plus grands pachycéphalosauridés connus.

Avant sa description formelle en tant que nouveau genre, le spécimen d'Alaskacephale avait déjà fait l'objet d'études. En 2005, Gangloff et ses collaborateurs l'avaient décrit comme un pachycéphalosauridé non nommé. À cette époque, ils envisageaient même qu'il puisse s'agir d'un représentant du genre Pachycephalosaurus. Cette interprétation reposait sur certaines similitudes morphologiques observées sur l'os du crâne. Toutefois, l'absence d'une analyse taxonomique approfondie empêchait alors de tirer une conclusion définitive. Ce cas illustre bien l'évolution des interprétations scientifiques à mesure que de nouvelles études sont menées.

Gangloff et ses collègues avaient notamment décrit la présence d'une suture interdigitée entre le squamosal et le quadratum. Cette caractéristique n'avait auparavant été signalée que chez Pachycephalosaurus. Elle semblait donc appuyer l'idée d'un lien étroit entre les deux taxons. Cependant, cette observation allait être remise en question par des analyses ultérieures. La nature exacte de cette structure osseuse faisait débat au sein de la communauté scientifique. Ce type de discussion est courant en paléontologie, où l'interprétation des fossiles peut varier selon les chercheurs.

En 2006, Robert Sullivan proposa une interprétation différente de cette fameuse «suture». Selon lui, il ne s'agissait pas d'une véritable suture anatomique, mais plutôt d'une zone de fracture présente à la fois chez Alaskacephale et chez Pachycephalosaurus. Par conséquent, ce caractère ne pouvait pas être utilisé pour regrouper les deux dinosaures dans un même genre. Cette réévaluation a joué un rôle clé dans la reconnaissance d'Alaskacephale comme un taxon distinct. Elle montre l'importance de l'analyse critique des caractères anatomiques en systématique. Grâce à ces travaux, Alaskacephale a acquis une place propre dans la classification des dinosaures à crâne épais.




Dernière mise à jour : Vendredi, le 7 février 2025