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Fiche
Nom : Albalophosaurus
Signification du nom : " Lézard à crête blanche "
Classification  : Ordre : Ornithischia
Famille : Cerapoda incertae sedis (affinités avec les cératopsiens basal)
Époque : Crétacé inférieur (Valanginien-Hauterivien, environ 139 à 132 millions d'années)
Habitat : Régions terrestres du Japon au Crétacé inférieur, environnements continentaux riches en végétation et rivières, représentés par la formation de Kuwajima.
Taille adulte : Estimée à 2 à 3 mètres (6,5 à 10 pieds) de longueur × 1 à 1,5 mètre (3 à 5 pieds) de hauteur
Poids estimé : 0,2 à 0,4 tonne
Répartition : Japon, principalement dans l'île de Honshu (site de la formation de Kuwajima)
Régime alimentaire : Herbivore, se nourrissant de végétaux bas, feuilles et jeunes pousses.
Date de découverte : Découvert en 1997 par Yoshinori Kobayashi ; décrit scientifiquement en 2009 par Ohashi et Barrett.

Albalophosaurus

Albalophosaurus est un genre éteint de dinosaure cératopsien ayant vécu au Japon durant le Crétacé inférieur. Il fait partie des rares dinosaures de ce groupe identifiés en Asie orientale, et plus particulièrement sur l'archipel japonais. Son existence témoigne de la diversité encore mal connue des dinosaures herbivores dans cette région à cette époque. Les cératopsiens sont généralement connus pour leurs collerettes et leurs cornes, bien que les formes les plus primitives, comme Albalophosaurus, en soient dépourvues. Sa découverte a donc une importance particulière pour comprendre l'évolution précoce de ce groupe. Elle permet également de mieux reconstituer les faunes du Crétacé inférieur au Japon.

Le nom Albalophosaurus signifie « lézard à crête blanche », en référence aux sommets enneigés du mont Hakusan, situé près du site de découverte. Le fossile a été découvert en 1997 par le paléontologue Yoshinori Kobayashi. Le spécimen étudié, appelé holotype et référencé sous le numéro SBEI 176, est constitué d'un crâne incomplet et désarticulé ainsi que d'une mandibule gauche appartenant à un seul individu. Malgré son état fragmentaire, ce matériel a permis une première description scientifique du taxon. Le nom de l'espèce rend hommage à Ichio Yamaguchi et Mikiko Yamaguchi, qui ont découvert et préparé de nombreux fossiles provenant du même site. Leur travail a largement contribué à l'étude paléontologique de la région.

Albalophosaurus fait partie des très rares restes de cératopsiens identifiés au Japon. En dehors de ce genre, seuls quelques fossiles indéterminés attribués aux cératopsidés ont été signalés plus tard. Un autre taxon japonais, beaucoup plus énigmatique, est « Mihunekisaurus », connu notamment du grand public grâce à son apparition dans le jeu vidéo Fossil Fighters. Cette rareté rend chaque découverte particulièrement précieuse pour les chercheurs. Elle souligne aussi les lacunes actuelles dans le registre fossile japonais. Albalophosaurus occupe ainsi une place clé dans l'étude des dinosaures herbivores de l'Asie orientale.

Lors de sa description initiale, Albalophosaurus a été considéré comme un cératopsien basal sur la base d'analyses phylogénétiques. Cependant, le fossile ne présente qu'une seule synapomorphie ambiguë clairement associée au groupe des Ceratopsia. Cette faiblesse des caractères diagnostiques a rapidement soulevé des débats quant à sa position exacte dans l'arbre évolutif des dinosaures. Les scientifiques ont donc dû se montrer prudents dans son attribution taxonomique. Ce cas illustre bien les difficultés rencontrées lorsque les fossiles disponibles sont incomplets. Il met en évidence la complexité de la classification des dinosaures primitifs.

L'étude de la morphologie dentaire d'Albalophosaurus a apporté de nouveaux éléments au débat. Les dents montrent des similitudes avec celles des ornithopodes, un autre groupe de dinosaures herbivores. Pour cette raison, Ohashi et Barrett, en 2009, ont proposé de classer Albalophosaurus comme Cerapoda incertae sedis, c'est-à-dire de position incertaine au sein de ce grand clade. Cette proposition reflète l'incapacité à trancher définitivement entre une affiliation cératopsienne ou une proximité avec les ornithopodes. Elle démontre également l'importance de caractères dentaires dans l'interprétation des relations évolutives. Ainsi, Albalophosaurus reste un taxon problématique.

Des études ultérieures ont toutefois proposé une vision différente. Han et ses collaborateurs, en 2012, ont conclu qu'Albalophosaurus était bien un cératopsien. Selon eux, il serait plus dérivé que des formes très primitives comme Micropachycephalosaurus, Yinlong, Stenopelix et Chaoyangosaurus. En revanche, il resterait plus basal que les psittacosauridés et les cératopsiens plus évolués. Cette position intermédiaire lui confère un intérêt particulier pour comprendre les premières étapes de l'évolution des cératopsiens. Elle permet d'éclairer la transition entre les formes les plus primitives et les lignées plus spécialisées.

Du point de vue paléoécologique, Albalophosaurus provient de la formation de Kuwajima. La datation précise de ces couches géologiques est difficile, car elles ne contiennent pas de niveaux marins permettant l'utilisation de fossiles stratigraphiques de référence. Néanmoins, la formation est généralement attribuée au Crétacé inférieur. Les formations sous-jacentes et sus-jacentes suggèrent un âge compris entre le Berriasien et le Barrémien. Des études plus récentes proposent un âge valanginien-hauterivien, bien que cette estimation reste débattue. Cette incertitude chronologique reflète les défis de la géologie continentale et influence l'interprétation de l'environnement dans lequel vivait Albalophosaurus.




Dernière mise à jour : Vendredi, le 7 février 2025