| Fiche | |
|---|---|
| Nom : | Albertonykus |
| Signification du nom : | " Griffes d'Alberta du nord " |
| Classification : | Ordre : Saurischia (ou parfois classé dans Coelurosauria selon les analyses) Famille : Alvarezsauridae |
| Époque : | Crétacé supérieur, Campanien (environ 70 millions d'années) |
| Habitat : | Régions terrestres de l'Alberta, Canada, comprenant des plaines et forêts où le dinosaure pouvait trouver des insectes sous le bois mort et dans les troncs. |
| Taille adulte : | Environ 1,5 mètre (5 pieds) de longueur × 0,5 mètre (1,5 pied) de hauteur |
| Poids estimé : | Environ 15 à 25 kg (0,015 à 0,025 tonne) |
| Répartition : | Amérique du Nord, principalement dans le parc provincial Dry Island Buffalo Jump, Alberta, Canada |
| Régime alimentaire : | Insectivore, spécialisé dans la consommation de termites et autres petits insectes, utilisant ses membres antérieurs puissants pour déchirer le bois. |
| Date de découverte : | Découvert en 2002 lors d'une fouille dirigée par Philip Currie, décrit scientifiquement par Longrich et Currie en 2008. |
Albertonykus
Albertonykus borealis est un dinosaure oiseau-like appartenant à la famille des Alvarezsauridae. Ce genre est remarquable car très peu de fossiles de cette famille ont été découverts en dehors de l'Amérique du Sud et de l'Asie. Sa découverte en Amérique du Nord élargit donc considérablement la compréhension de la répartition géographique des alvarezsauridés. Albertonykus se distingue par son corps svelte et ses membres antérieurs spécialisés, qui montrent une adaptation particulière à son mode de vie. Ce dinosaure vivait il y a environ 70 millions d'années, pendant la fin du Crétacé.
Les membres antérieurs d'Albertonykus sont courts proportionnellement à son corps, bien plus que chez un Tyrannosaurus, mais ils sont très robustes. Selon les paléontologues Longrich et Philip Currie, ces bras puissants ne servaient pas à creuser des terriers, car ils étaient trop courts pour cela. Ils étaient probablement utilisés pour déchirer le bois à la recherche d'insectes, en particulier de termites, ce qui suggère un régime alimentaire spécialisé. Cette adaptation montre que même des dinosaures de petite taille pouvaient occuper des niches écologiques très spécifiques. Les fossiles indiquent ainsi une spécialisation comportementale unique.
Le spécimen d'Albertonykus étudié provient du Dry Island Buffalo Jump Provincial Park, en Alberta, au Canada, lors d'une fouille dirigée par Philip Currie en 2002. À ce site, les restes de plus de vingt individus d'Albertosaurus sarcophagus, un tyrannosaure, avaient également été découverts. Les os d'Albertonykus ont été placés dans les collections du Royal Tyrrell Museum et étudiés plus tard par Longrich pour comparer les griffes d'Albertosaurus avec celles d'autres espèces. Cette découverte illustre l'importance de fouilles approfondies et du réexamen des collections muséales.
Albertonykus borealis est le dinosaure le plus ancien et le plus complet de son type connu en Amérique du Nord. Sa présence fournit des preuves que ces dinosaures ont probablement migré vers l'Asie via le continent nord-américain. Cela permet de mieux comprendre les dispersions biogéographiques des alvarezsauridés et la circulation des espèces entre les continents au Crétacé. Cette découverte est donc essentielle pour reconstruire l'histoire évolutive de cette famille de dinosaures.
Nicholas Longrich, ayant étudié Albertonykus, est spécialisé dans l'étude des ancêtres des oiseaux à l'époque des dinosaures. Il a obtenu son doctorat à l'Université de Calgary sous la supervision du professeur de zoologie Anthony Russell. Ses recherches incluent également l'étude d'Archaeopteryx, considéré comme l'un des plus anciens ancêtres connus des oiseaux. Il a montré que ce dernier volait probablement avec ses quatre membres recouverts de plumes. Cette expertise lui a permis d'interpréter les adaptations particulières des membres antérieurs d'Albertonykus.
Le mode de vie d'Albertonykus illustre la diversité écologique des petits dinosaures carnivores ou insectivores du Crétacé. Ses bras puissants et courts étaient adaptés pour ouvrir le bois et accéder à des colonies de termites et d'autres insectes. Cette spécialisation montre que certains dinosaures occupaient des niches très précises, exploitant des ressources alimentaires difficiles d'accès pour d'autres espèces. Cela démontre également la complexité des interactions écologiques dans les écosystèmes de la fin du Crétacé.
La découverte d'Albertonykus souligne l'importance de revisiter les fossiles déjà conservés dans les musées. Comme l'a expliqué Longrich, beaucoup de nouvelles découvertes proviennent d'examens approfondis de collections existantes, plutôt que de nouvelles fouilles. L'étude continue des ossements anciens permet d'accélérer la connaissance scientifique et de révéler des espèces inattendues. Albertonykus borealis en est un exemple parfait, montrant que même des fossiles longtemps stockés peuvent transformer notre compréhension de l'évolution des dinosaures et de leurs modes de vie.