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Fiche
Nom : Amurosaurus
Signification du nom : " Lézard de l'Amour "
Classification  : Ordre : Ornithischia
Famille : Hadrosauridae
Époque : Crétacé supérieur - Maastrichtien (environ 72 à 66 millions d'années)
Habitat : Plaines alluviales, forêts et zones fluviales, associées à des environnements humides riches en végétation.
Taille adulte : Environ 6 à 8 mètres (20 à 26 pieds) de long x environ 3 mètres (10 pieds) de haut
Poids estimé : 2 à 3 tonnes
Répartition : Asie orientale, principalement Russie (Extrême-Orient, formation d'Udurchukan), près du fleuve Amour.
Régime alimentaire : Herbivore, se nourrissant de feuilles, de rameaux, de plantes basses et d'angiospermes.
Date de découverte : 1991, décrit par Yuri Bolotsky et Sergei Kurzanov

Amurosaurus

Amurosaurus est un dinosaure herbivore appartenant au groupe des hadrosauridés, plus précisément à la sous-famille des Lambeosaurinae, caractérisée par la présence de crêtes creuses sur le crâne. Son nom signifie « lézard de l'Amour », en référence au fleuve Amour, situé à la frontière entre la Russie et la Chine, région où ses fossiles ont été découverts. Ce dinosaure a été décrit officiellement en 1991 par les paléontologues Yuri Bolotsky et Sergei Kurzanov. Amurosaurus vivait à la toute fin du Crétacé, durant le Maastrichtien supérieur, peu avant l'extinction massive des dinosaures non aviens. Il constitue un témoignage important de la diversité des dinosaures herbivores asiatiques à cette époque tardive.

Du point de vue de la classification, Amurosaurus appartient au vaste groupe des Ornithischia, des dinosaures principalement herbivores, et plus précisément aux Ornithopoda, connus pour leur aptitude à se déplacer aussi bien sur deux que sur quatre pattes. En tant que lambeosauriné, il était probablement doté d'une crête osseuse creuse, semblable à celle observée chez Corythosaurus ou Parasaurolophus. Cette crête aurait pu jouer un rôle dans la communication sonore, la reconnaissance entre individus ou l'affichage sexuel. Les études anatomiques suggèrent qu'Amurosaurus partage de nombreuses caractéristiques avec les hadrosaures nord-américains, tout en présentant des traits propres aux formes asiatiques.

Les fossiles d'Amurosaurus proviennent principalement de la formation d'Udurchukan, en Russie orientale. Ils ont été découverts dans un vaste gisement appelé « bone bed », c'est-à-dire une accumulation de restes appartenant à de nombreux individus. Bien que les fossiles soient fragmentaires, leur abondance a permis aux paléontologues de reconstituer progressivement l'apparence générale de l'animal. Cette concentration de restes suggère un événement particulier, comme une catastrophe naturelle ou une mortalité de groupe. De nouvelles découvertes sont encore possibles dans ce gisement, laissant espérer une meilleure compréhension de ce dinosaure.

Amurosaurus atteignait au moins six mètres de longueur, et il est possible que certains individus aient été encore plus grands. Comme les autres hadrosauridés, il possédait un corps relativement massif, une longue queue servant de balancier, et des membres postérieurs puissants. Son bec aplati, semblable à celui d'un canard, lui permettait de couper la végétation, tandis que ses batteries de dents broyaient efficacement les plantes. Il se nourrissait probablement de feuilles, de rameaux, de plantes basses et d'angiospermes, qui se diversifiaient fortement à la fin du Crétacé. Ce régime herbivore en faisait une proie potentielle pour de grands carnivores.

Un aspect particulièrement intéressant d'Amurosaurus est son importance biogéographique. À la fin du Crétacé, les lambeosaurinés semblent avoir largement disparu d'Amérique du Nord, où les hadrosauridés sans crête, appelés saurolophinés, étaient devenus dominants. En revanche, Amurosaurus montre que les lambeosaurinés étaient encore bien présents en Asie à cette époque. Cette observation soutient l'hypothèse selon laquelle les lambeosaurinés auraient évolué en Asie avant de migrer vers l'Amérique du Nord via un pont terrestre, probablement la Béringie. Amurosaurus représenterait ainsi l'un des derniers témoins asiatiques de ce groupe.

Le gisement d'Amurosaurus a également livré des restes d'un autre hadrosaure, Kerberosaurus, indiquant que plusieurs espèces proches pouvaient cohabiter dans la même région. De nombreux os portent des marques de dents laissées par des dinosaures carnivores, preuve que ces animaux ont été consommés par des théropodes. Toutefois, il n'est pas possible de déterminer avec certitude si ces hadrosaures ont été chassés ou simplement charognés après leur mort. Parmi les prédateurs potentiels figure Tarbosaurus, un grand tyrannosauridé asiatique, redoutable chasseur de la fin du Crétacé. Ces interactions témoignent de la complexité des écosystèmes de l'époque.

Enfin, Amurosaurus occupe une place importante dans l'étude des dinosaures d'Extrême-Orient. Avec des formes proches comme Charonosaurus, découvert sur la rive chinoise du fleuve Amour, il montre que cette région était un véritable foyer de diversification des hadrosauridés. Malgré le caractère incomplet de ses fossiles, Amurosaurus contribue de manière significative à notre compréhension de l'évolution, de la dispersion et de la diversité des dinosaures herbivores à la fin du Crétacé. Chaque nouvelle étude ou découverte permet d'affiner son portrait et d'éclairer les liens entre les faunes asiatiques et nord-américaines. Ainsi, Amurosaurus demeure un taxon clef pour reconstituer l'histoire des derniers dinosaures.




Dernière mise à jour : Vendredi, le 7 février 2025