| Fiche | |
|---|---|
| Nom : | Anabisetia |
| Signification du nom : | " En hommage à l'archéologue Ana Maria Biset?" |
| Classification : | Ordre : Ornithischia Famille : Iguanodontia |
| Époque : | Crétacé supérieur, Cenomanien-Turonien (environ 100-94 millions d'années) |
| Habitat : | Plaine et zones semi-boisées de l'actuelle Patagonie, Argentine |
| Taille adulte : | Environ 2 mètres (6,5 pieds) de long x 0,6 mètre (2 pieds) de haut |
| Poids estimé : | 0,05 à 0,1 tonnes (50 à 100 kg) |
| Répartition : | Argentine (Formation Cerro Lisandro, province de Neuquén) |
| Régime alimentaire : | Herbivore |
| Date de découverte : | 2002, par Rodolfo Coria et Jorge Calvo |
Anabisetia
Anabisetia est un petit dinosaure ornithopode herbivore découvert en Argentine et décrit officiellement en 2002 par les paléontologues Rodolfo Coria et Jorge Calvo. Son nom rend hommage à l'archéologue Ana Maria Biset, soulignant le lien étroit entre les sciences du passé humain et celles du passé naturel. Ce dinosaure a vécu durant une période charnière du Crétacé supérieur, entre le Cénomanien et le Turonien, une époque marquée par une diversification importante des dinosaures herbivores. Malgré la relative modestie de ses dimensions, Anabisetia occupe une place intéressante dans la compréhension de l'évolution des ornithopodes sud-américains. Les fossiles connus proviennent de la formation de Cerro Lisandro, un site riche en informations paléontologiques.
Sur le plan anatomique, Anabisetia était un dinosaure de petite taille, mesurant environ deux mètres de long. Sa morphologie générale correspond à celle d'un ornithopode agile, probablement bipède, capable de se déplacer rapidement pour échapper aux prédateurs. Les restes fossiles incluent principalement des éléments post-crâniens, complétés par une boîte crânienne partielle et une portion de mâchoire inférieure. L'absence d'un crâne complet rend difficile la reconstitution précise de son apparence, notamment la forme de sa tête et de son bec. Toutefois, sa taille réduite et sa constitution suggèrent un animal adapté à une vie active dans des environnements variés.
Anabisetia est souvent considérée comme un proche parent possible de Gasparinisaura, un autre petit ornithopode découvert en Patagonie. Cette parenté supposée repose sur plusieurs similitudes anatomiques observées dans les os post-crâniens, bien que l'état fragmentaire des fossiles impose une certaine prudence. Le manque de données crâniennes complètes empêche d'établir avec certitude les relations phylogénétiques exactes entre ces deux genres. Néanmoins, Anabisetia contribue à renforcer l'idée d'une faune locale composée de petits ornithopodes adaptés à des niches écologiques spécifiques. Cette diversité régionale témoigne d'une évolution indépendante partielle des dinosaures herbivores en Amérique du Sud.
La position évolutive d'Anabisetia au sein des Ornithopoda reste encore débattue. Initialement, Gasparinisaura était considérée comme un iguanodontien relativement basal, mais des analyses plus récentes suggèrent qu'elle serait plus proche de formes évoluées comme Thescelosaurus, connu en Amérique du Nord. Si cette hypothèse est correcte, Anabisetia suivrait une trajectoire évolutive similaire, indiquant des liens biogéographiques intéressants entre les continents du Gondwana et de la Laurussia. Ces relations soulignent l'importance des échanges fauniques anciens, rendus possibles par la configuration des continents à cette époque. Anabisetia devient ainsi un élément clef pour comprendre ces dynamiques évolutives.
En tant qu'herbivore, Anabisetia se nourrissait probablement de végétation basse, comme des fougères, des jeunes pousses et d'autres plantes présentes dans les plaines et zones semi-boisées de son environnement. Sa petite taille et sa dentition adaptée indiquent un régime alimentaire relativement spécialisé, nécessitant une sélection précise des ressources végétales. Il est possible qu'il ait vécu en petits groupes, ce qui aurait favorisé la vigilance collective face aux dangers. Cette stratégie sociale, bien que spéculative, est cohérente avec ce que l'on observe chez de nombreux petits herbivores actuels. L'étude de son mode de vie contribue à enrichir notre compréhension des écosystèmes du Crétacé sud-américain.
Anabisetia partageait son environnement avec plusieurs grands dinosaures carnivores, ce qui en faisait une proie potentielle. Parmi ses prédateurs probables figurent les abelisauridés, dont des fossiles ont été retrouvés dans la même formation géologique. Ces théropodes, connus pour leur robustesse et leur agressivité, représentaient une menace sérieuse pour un petit ornithopode comme Anabisetia. D'autres dangers pouvaient provenir de grands carnivores comme les carcharodontosauridés, notamment Mapusaurus, présent dans d'autres régions d'Argentine à la même époque. La coexistence avec ces prédateurs a sans doute façonné le comportement et les adaptations défensives d'Anabisetia.
Enfin, bien que les fossiles d'Anabisetia soient relativement fragmentaires, ils offrent une fenêtre précieuse sur la biodiversité des dinosaures herbivores du Crétacé supérieur en Amérique du Sud. La découverte de restes appartenant à au moins quatre individus permet d'envisager une certaine variabilité au sein de l'espèce Anabisetia saldiviai. Chaque nouvel élément fossile découvert pourrait affiner notre compréhension de son anatomie et de sa position évolutive. Ainsi, Anabisetia demeure un taxon important pour les recherches futures, illustrant combien même les dinosaures les plus modestes peuvent jouer un rôle majeur dans la reconstitution du passé de la vie sur Terre.