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Fiche
Nom : Canardia
Signification du nom : " canard "
Classification  : Ordre : Ornithischia
Famille : Hadrosauridae
Époque : Crétacé supérieur, Maastrichtien tardif (environ 67,5 - 66 millions d'années)
Habitat : Milieux côtiers et continentaux variés, incluant lagunes, marais tidaux, plaines alluviales et zones fluviales sur l'ancienne île ibéro-arméricaine.
Taille adulte : ≈ 7 à 8 mètres (23 à 26 pieds) de longueur × ≈ 2,5 à 3 mètres (8 à 10 pieds) de hauteur (taille estimée, aucun adulte complet n'ayant été retrouvé)
Poids estimé : ≈ 2 à 3 tonnes (estimation basée sur des hadrosauridés lambeosaurinés de taille comparable)
Répartition : Sud-ouest de l'Europe, principalement France (Haute-Garonne, Occitanie), sur l'ancienne île ibéro-arméricaine.
Régime alimentaire : Herbivore, se nourrissant de végétation terrestre (feuilles, tiges, plantes basses), grâce à un bec et une batterie dentaire adaptée au broyage.
Date de découverte : 1999

Canardia

Canardia est un genre éteint de dinosaure hadrosauridé appartenant au groupe des lambeosaurinés, connu à partir de fossiles découverts dans le sud-ouest de la France. Il vivait à la toute fin du Crétacé supérieur, durant le Maastrichtien tardif, il y a environ 67,5 à 66 millions d'années. Les restes proviennent principalement de la formation géologique des Marnes d'Auzas, située dans le département de la Haute-Garonne, en région Occitanie. Canardia est particulièrement remarquable car il figure parmi les tout derniers dinosaures non aviens ayant vécu en Europe avant l'extinction de masse Crétacé-Paléogène. Son existence se déroulait sur l'ancienne île ibéro-arméricaine, un vaste ensemble insulaire comprenant une grande partie de la France et de l'Espagne actuelles.

L'espèce type, Canardia garonnensis, a été décrite et nommée en 2013 par Albert Prieto-Márquez et ses collègues. Le nom du genre fait référence au mot français « canard », en allusion au bec caractéristique des hadrosauridés, souvent surnommés dinosaures à bec de canard. L'épithète spécifique garonnensis renvoie directement à la Haute-Garonne, région où les fossiles ont été découverts. Avant cette reconnaissance officielle, certains ossements avaient été provisoirement attribués à un autre genre européen, Pararhabdodon. Ce n'est qu'après des études détaillées que les chercheurs ont identifié Canardia comme un genre distinct.

Les fossiles de Canardia sont uniquement connus à partir de spécimens juvéniles, ce qui limite la compréhension de son apparence adulte. Les os retrouvés comprennent des éléments du crâne, tels que des maxillaires, des quadrates et des dents, ainsi que des os postcrâniens comme des scapulas, un humérus et une partie du pubis. Les dimensions modestes de ces os indiquent clairement qu'ils appartenaient à des individus immatures. Certains spécimens proviennent d'environnements continentaux, tandis que d'autres ont été retrouvés dans des dépôts marins, suggérant un transport post-mortem par des cours d'eau jusqu'à la mer.

Sur le plan anatomique, Canardia se distingue principalement par la morphologie particulière de son maxillaire. Celui-ci présente une large expansion rostrodorsale formant une sorte de rebord vertical, une caractéristique partagée avec le genre asiatique Aralosaurus. Toutefois, plusieurs différences notables, notamment dans l'orientation de la surface ectoptérygoïdienne et la forme du préfrontal, permettent de séparer clairement les deux genres. Les dents montrent une structure typique des hadrosaures, avec des carènes bien marquées adaptées au broyage efficace des végétaux. Ces traits confirment le régime strictement herbivore de Canardia.

La position phylogénétique exacte de Canardia demeure débattue parmi les paléontologues. Initialement, il a été classé avec Aralosaurus dans un groupe basal appelé Aralosaurini, en raison de similitudes morphologiques. Des analyses plus récentes proposent toutefois de regrouper tous les lambeosaurinés européens et nord-africains au sein d'un clade unique nommé Arenysaurini. Dans ce cadre, Canardia occuperait une position plus dérivée, sans lien étroit direct avec Aralosaurus. Ce débat reflète la complexité de l'évolution des hadrosaures en Europe à la fin du Crétacé.

L'existence éventuelle d'une crête osseuse chez Canardia reste incertaine, faute de crâne complet. Les lambeosaurinés sont généralement connus pour leurs crêtes creuses spectaculaires, mais aucun élément direct ne permet de confirmer la présence ou la forme de cette structure chez Canardia. Si certains groupes apparentés possédaient des crêtes bien développées, d'autres présentaient des structures plus discrètes ou internes. Cette incertitude souligne les limites imposées par le caractère juvénile et fragmentaire des fossiles disponibles.

Du point de vue paléoécologique, Canardia évoluait dans un environnement varié, allant de lagunes côtières et marais tidaux à des plaines alluviales plus continentales. La formation des Marnes d'Auzas témoigne de cette transition progressive des milieux. La faune associée comprend des poissons, des amphibiens, des tortues, des crocodiliens, des ptérosaures géants et plusieurs autres dinosaures, indiquant un écosystème riche et diversifié. Canardia s'inscrivait ainsi dans un paysage dynamique, peu avant l'un des événements d'extinction les plus marquants de l'histoire de la vie sur Terre.




Dernière mise à jour : Vendredi, le 7 février 2025