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Fiche
Nom : Dicraeosaurus
Signification du nom : " lézard à crête bifide " ou " lézard à deux pointes "
Classification  : Ordre : Saurischia
Famille : Dicraeosauridae
Époque : Jurassique supérieur (Tithonien, environ 155-150 millions d'années)
Habitat : Plaines et forêts d'Afrique de l'Est, zones fluviales du Tendaguru (actuelle Tanzanie)
Taille adulte : 12 à 14 mètres (39 à 46 pieds) de long x environ 4 mètres (13 pieds) de hauteur au niveau des épaules
Poids estimé : 4 à 7 tonnes
Répartition : Afrique (principalement Tanzanie), fossiles apparentés trouvés en Amérique et en Asie
Régime alimentaire : Herbivore (plantes basses et feuillages)
Date de découverte : Années 1930 (fossiles de Tendaguru, Tanzanie), étudié et nommé officiellement par les chercheurs modernes au 20e siècle

Dicraeosaurus

Les fossiles de Dicraeosaurus, découverts initialement sur le site de Tendaguru dans l'actuelle Tanzanie, ont longtemps été les seuls connus de la science, pendant environ 70 ans. Ces découvertes ont permis aux paléontologues d'étudier un genre de dinosaures sauropodes relativement peu connu et de mieux comprendre l'évolution des dicraeosauridés. Plus récemment, des fossiles apparentés ont été découverts en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique et en Asie, élargissant considérablement la répartition géographique de ce groupe. Ces nouvelles découvertes ont conduit les chercheurs à reconsidérer l'arbre généalogique et les relations évolutives des dicraeosauridés.

À ce jour, deux espèces de Dicraeosaurus ont été décrites : Dicraeosaurus hansemanni et Dicraeosaurus sattleri. La connaissance de ces espèces repose principalement sur deux squelettes partiels, surnommés "m" et "M", découverts à Tendaguru dans les années 1930. Le squelette "m" est le plus complet et le mieux préservé, offrant ainsi une base solide pour l'étude morphologique et l'exposition au public dans les musées. Le squelette "M", attribué à D. sattleri, est moins complet et provient de couches supérieures plus jeunes, ce qui a conduit les chercheurs à distinguer ces deux espèces.

Cependant, la distinction entre ces deux espèces est aujourd'hui remise en question. Les paléontologues, dont Amy Campbell du Museum für Naturkunde de Berlin, utilisent les connaissances modernes sur l'anatomie des sauropodes et les nouveaux fossiles découverts dans d'autres régions pour réévaluer la validité des diagnostics anciens. L'objectif est de déterminer si la séparation entre D. hansemanni et D. sattleri est réellement justifiée morphologiquement, conformément aux règles du Code international de nomenclature zoologique.

Pour ce faire, Campbell utilise des techniques avancées de numérisation et de modélisation 3D. Le squelette "m" est scanné pour reconstruire le crâne, le cou et la ceinture scapulaire avec les muscles, permettant ainsi de créer un modèle virtuel détaillé. Ce modèle numérique sert non seulement à combler les lacunes dans le fossile, mais aussi à comparer l'anatomie de Dicraeosaurus avec celle de sauropodes apparentés conservés dans d'autres musées.

L'étude en 3D permet également d'analyser la biomécanique du cou et des épaules de Dicraeosaurus. En testant l'amplitude des mouvements possibles, les chercheurs peuvent tirer des conclusions sur le comportement alimentaire de ces animaux et sur leur écologie. Cette approche fournit des informations inédites sur la manière dont ces dinosaures se nourrissaient et interagissaient avec leur environnement, offrant un aperçu de leur rôle dans les écosystèmes du Jurassique supérieur.

Le projet, intitulé Commitment to the morphological extreme - Revised systematics of the sauropod dinosaur Dicraeosaurus from the Late Jurassic of Tendaguru (Tanzania) and 3D articulation and biomechanics of the dicraeosaurid neck and shoulder girdle, vise donc à revisiter entièrement la systématique des dicraeosauridés de Tendaguru. Il combine la révision taxonomique avec des analyses biomécaniques innovantes, intégrant la technologie moderne pour améliorer la compréhension de la morphologie et du comportement de ces sauropodes.

Grâce à ces recherches, la famille des Dicraeosauridae bénéficie aujourd'hui d'une meilleure classification et d'une compréhension plus fine de son évolution. Les études en cours devraient également permettre d'éclairer la diversité morphologique et fonctionnelle des sauropodes, en particulier en ce qui concerne la mobilité du cou et la stratégie alimentaire. Le travail de Campbell et de son équipe illustre l'importance de combiner paléontologie classique et technologies modernes pour révéler de nouvelles perspectives sur des dinosaures longtemps étudiés.




Dernière mise à jour : Vendredi, le 7 février 2025