| Fiche | |
|---|---|
| Nom : | Ouranosaurus |
| Signification du nom : | " lézard brave " |
| Classification : | Ordre : Ornithischia Famille : Ornithopoda, Styracosterna, Hadrosauriformes |
| Époque : | Crétacé, Aptien à Cénomanien (125-94 millions d'années) |
| Habitat : | Deltas, zones humides et plaines fluviales de l'Afrique |
| Taille adulte : | 7 à 8 mètres (23-26 pieds) x crâne ~0,67 mètre (2,2 pieds) |
| Poids estimé : | 2 à 4 tonnes |
| Répartition : | Afrique - principalement Niger, fossiles connus dans la formation d'Echkar et autres localités |
| Régime alimentaire : | Herbivore, spécialisé dans le broutage de végétation basse et tendre |
| Date de découverte : | 1976 (décrit par Philippe Taquet) |
Ouranosaurus
Ouranosaurus, dont le nom signifie «lézard brave», a été décrit par le paléontologue Philippe Taquet en 1976. Ce dinosaure herbivore appartient à l'ordre des Ornithischia, sous-ordre Ornithopoda, et plus précisément au groupe des Styracosterna et Hadrosauriformes. Il vivait au cours du Crétacé inférieur à moyen, entre l'Aptien et le Cénomanien, dans ce qui est aujourd'hui l'Afrique, notamment au Niger. Les fossiles retrouvés incluent deux individus presque complets, offrant une excellente base pour comprendre son anatomie et son mode de vie.
Ouranosaurus mesurait entre 7 et 8 mètres de long, avec un crâne d'environ 67 centimètres. Ses membres antérieurs étaient proportionnellement plus courts que ceux des Iguanodon, ce qui l'indique comme étant adapté à une posture quadrupède majoritaire, même s'il pouvait sans doute se redresser sur ses pattes arrière. La disposition des doigts montrait un pouce en forme d'éperon et des doigts centraux robustes, adaptés au soutien du poids lors de ses déplacements et à l'interaction avec la végétation.
Ouranosaurus possédait un large bec corné et des rangées de dents adaptées à la consommation de plantes tendres et basses, comme les jeunes pousses et les roseaux. La faible force de morsure et la présence d'un diastème suggèrent qu'il se nourrissait principalement de végétation facile à mâcher, éventuellement en arrachant plusieurs plantes en même temps. Les dents arrière, disposées en rangées, remplaçaient progressivement les anciennes, assurant un processus de mastication continu.
La longueur réduite des membres antérieurs par rapport aux postérieurs permettait à Ouranosaurus de garder sa bouche proche du sol, facilitant le broutage de plantes basses dans les deltas et zones humides. Le cinquième doigt, moins flexible que celui de l'Iguanodon, ne servait pas à tirer la végétation vers la bouche, mais contribuait à réduire la pression exercée au sol sur les membres lors de la marche sur des sols humides et mous.
Les narines d'Ouranosaurus étaient placées haut sur le crâne, ce qui permettait d'éviter que de la boue ne les obstrue pendant le broutage. Deux excroissances osseuses entre les narines et les yeux pourraient avoir servi de signaux de reconnaissance entre individus ou de dispositifs d'affichage. Cette configuration combinée à la large mâchoire et au bec corné rendait Ouranosaurus particulièrement efficace pour exploiter les végétaux des bords de cours d'eau.
Ouranosaurus possédait des épines neurales très hautes sur les vertèbres dorsales, sacrales et caudales, formant une structure qui pouvait être interprétée comme une voile ou une bosse. Cette structure pourrait avoir servi à réguler la température corporelle, stocker des réserves de nourriture ou constituer un signal visuel pour attirer les partenaires ou intimider les rivaux. Sa ressemblance avec les épines de Spinosaurus et Suchomimus suggère une adaptation possible aux conditions environnementales des deltas africains.
Ouranosaurus vivait dans un environnement où il pouvait rencontrer de grands prédateurs, notamment des spinosauridés comme Suchomimus, ainsi que des crocodiles géants tels que Sarcosuchus. Les jeunes individus étaient particulièrement vulnérables. Cependant, la plupart des adultes, grâce à leur taille imposante et à leur posture quadrupède stable, pouvaient échapper à la prédation, tandis que la présence de grands troupeaux et la mobilité facilitée par ses longues pattes arrière augmentaient ses chances de survie.