| Fiche | |
|---|---|
| Nom : | Scipionyx |
| Signification du nom : | " Griffe de Scipion " |
| Classification : | Ordre : Saurischia Famille : Compsognathidae |
| Époque : | Crétacé inférieur, Albien (environ 113 à 100 millions d'années) |
| Habitat : | Environnements côtiers et insulaires, probablement des zones lagunaires ou proches de cours d'eau, caractéristiques de l'Italie du Crétacé |
| Taille adulte : | Environ 2 mètres (≈ 6,6 pieds) de longueur × 0,6 mètre (≈ 2 pieds) de hauteur au niveau des hanches |
| Poids estimé : | Environ 0,02 à 0,04 tonne (20 à 40 kilogrammes) |
| Répartition : | Europe méridionale, Italie (unique spécimen connu) |
| Régime alimentaire : | Carnivore (petits vertébrés tels que lézards, poissons et probablement insectes) |
| Date de découverte : | Découvert en 1981, décrit et nommé officiellement en 1998 |
Scipionyx
Scipionyx, dont le nom signifie «la griffe de Scipion», est un petit dinosaure théropode carnivore ayant vécu durant l'Albien, au Crétacé inférieur. Il appartient à la famille des Compsognathidae, un groupe de dinosaures bipèdes de petite taille, rapides et agiles. Bien que modeste par ses dimensions, Scipionyx occupe une place exceptionnelle dans l'histoire de la paléontologie. Sa notoriété ne tient pas tant à sa taille qu'à l'état de conservation unique de son fossile. En effet, ce dinosaure est surtout célèbre pour la préservation remarquable de tissus mous internes, un fait extrêmement rare chez les dinosaures.
Le seul spécimen connu de Scipionyx est un individu juvénile presque complet, découvert en Italie en 1981 par l'amateur paléontologue Giovanni Todesco. Toutefois, cette découverte ne fut portée à la connaissance du public qu'en 1993, et ce n'est qu'en 1998 que Marco Signore et Cristiano dal Sasso décrivirent officiellement le genre et l'espèce Scipionyx samniticus. Le fossile est d'autant plus remarquable qu'il s'agit du premier dinosaure découvert et nommé en Italie. Cette découverte a ainsi marqué une étape importante pour la paléontologie européenne, en démontrant que des fossiles exceptionnels pouvaient aussi être trouvés dans cette région.
Au moment de sa découverte, le spécimen fut initialement interprété comme un oiseau primitif, ce qui poussa son découvreur à lui ajouter artificiellement une queue en résine de polyester. Cette modification fut retirée avant la description scientifique officielle, révélant alors des traces inattendues de tissus mous internes. C'est précisément cette révélation qui a fait de Scipionyx un fossile d'une importance capitale. Les impressions de tissus internes ont ouvert une fenêtre directe sur l'anatomie interne des dinosaures, domaine habituellement inaccessible à partir des seuls os fossilisés.
Scipionyx était un compsognathidé, c'est-à-dire un petit théropode situé relativement bas dans la chaîne alimentaire des prédateurs. Le spécimen juvénile mesure environ 50 centimètres de long, mais les adultes sont estimés à environ deux mètres de longueur. Comme chez beaucoup de dinosaures, les proportions corporelles du jeune individu différaient probablement de celles des adultes. Le museau du juvénile est très court, un trait fréquent chez les jeunes dinosaures, et il est supposé qu'il s'allongeait avec l'âge pour ressembler davantage à celui d'autres compsognathidés connus.
L'un des aspects les plus fascinants de Scipionyx est la préservation de nombreux tissus mous, incluant muscles, ligaments, cartilage, vaisseaux sanguins, intestins et parties du système respiratoire. Des taches rougeâtres visibles dans la roche sont interprétées comme des résidus d'organes riches en sang, tels que le coeur ou la rate. Ces colorations proviennent probablement de l'oxyde de fer contenu dans l'hémoglobine, qui s'est fixé dans la roche lors de la fossilisation. De telles découvertes ont permis d'étudier directement la physiologie interne d'un dinosaure, un cas presque unique à ce jour.
Le tube digestif de Scipionyx est partiellement conservé et constitue une source précieuse d'informations sur son régime alimentaire. Bien que l'estomac lui-même ne soit pas préservé, des contenus digestifs et des matières fécales fossilisées ont été identifiés. Ceux-ci révèlent que le jeune Scipionyx se nourrissait de poissons et de petits lézards. Cela confirme que les compsognathidés étaient des prédateurs de petites proies, une stratégie probablement conservée à l'âge adulte, avec la possibilité occasionnelle de charognage sur des carcasses plus importantes.
Le système respiratoire de Scipionyx a suscité un important débat scientifique. Une étude publiée en 1999 suggérait la présence d'un diaphragme, ce qui rapprochait son mode de respiration de celui des crocodiliens plutôt que des oiseaux. Cependant, des recherches ultérieures ont remis cette interprétation en question, indiquant que certaines structures observées résultaient du processus de préparation du fossile. Le consensus actuel tend à considérer que Scipionyx, comme les autres théropodes, possédait un système respiratoire plus proche de celui des oiseaux modernes. Ainsi, ce petit dinosaure continue de jouer un rôle central dans la compréhension de l'évolution physiologique des dinosaures vers les oiseaux.